inploi (les couleurs. Citons seulement les moulins
à indigo, à outremer, les tamis mécaniques, les
j itateurs mécaniques pour la cuisson des couleurs,
\ ers 1863 nne révolution profonde fut produite par la (léconverte des couleurs d'aniline, extraites du goudron de houille, et aujourd'hui l'industrie dispose de toute la gamme des nuances les plus variées, depuis le jaune citron jusqu'au violet noir, en passant par tous les tons de l'orange, du rouge, du violet, du bien, etc. Il y a plus de 800 couleurs nonvelles inscrites au catalogue général des couleurs artificielles. L'alizarine artificielle, entre antres, est destinée à supprimer l'emploi de la garance.
Nous avons vu plus haut que pour imprimer autrefois de riches dessins à fleurs multicolores il fallait commencer par imprimer des mordants de noir, de rouge, de rose et de violet, puis les teindre en garance, et rentrer après coup les jaunes, verts, bleus et gris, qu'on fixait par le vaporisage et que pour cette raison on appelait couleurs vapeur.
.\ujourd'hni, grâce aux couleurs d'aniline, on imprimesans interruption, à la planche on à la machine, tontes les nuances, et on les fixe toutes à la fois par la vapeur. La fabrication a, par conséquent, pu se faire beaucoup plus rapidement, et par le moyen de machines à imprimer qui emploient jusqu'à 12 et même 16 couleurs à la fois. De plus, la gravure en creux sur rouleaux de cuivre a permis de faire des dessins beaucoup plus fins et plus parfaits en tailledouce, au lien des touches grossières de l'impression à la main.
L'emploi des couleurs d'aniline imprimées au rouleau a permis aussi d'imprimer sur des tissus de luxe, tels que la mousseline de laine ou la soie, des dessins très délicats, qui, grâce à leur bas prix, ont lutté facilement avec l'indienne proprement dite, imprimée sur tissus de coton, et créé des articles de mode d'une grande élégance. Ainsi la mousseline de laine pour robes, imprimée à la machine, se vend environ 1 fr. le m., tandis qu'autrefois, faite à la main, elle se vendait 3 et 4 fr.
Les EFFETS DU PROTECTIONNISME. — Ccs dlvers articles, qui sont venus surtout d'Alsace, ont permis aux fabriques de cette province de retrouver momentanément quelques débouchés que le protectionnisme leur avait fait perdre. — En principe, on peut admettre qu'aucune industrie n'a souffert davantage du système protecteur. Mulhouse se trouve placé au centre de l'Europe, et comme l'industrie de l'impression y était arrivée à son plus haut degré de perfection, elle aurait pu y constituer une sorte de monopole, si les imprimeurs avaient pu produire au même prix que les Anglais, c'est-à-dire s'ils avaient pu se procurer au plus bas prix possible, sans la surtaxe produite par les droits d'entrée, les machines, les tissus et les matières colorantes, puis vendre leurs produits dans les divers pays, également avec la franchise douanière.
Mais le renchérissement des prix par le S3'stème protectionniste leur a enlevé la grande consommation et les pays étrangers, qui, imitant le protectionnisme français, ont développé chez eux l'indus trie des imprimeurs alsaciens. Ceux-ci ont perdu la
majeure partie des débouchés lointains qu'ils avaient en tant de peine à conquérir et qui formaient un gros appoint pour l'expert, française et parisienne. La Normandie aurait pu prendre leur place après l'annexion de l'Alsace à l'.XIIemagne, mais elle ne l'a pas fait : elle se bornait à exploiter le marché français, tandis que l'Alsace exportait la moitié de sa production. La France (c'est-à-dire en grande partie l'Alsace) exportait en 1859 plus de 3.000.000 de kilog. de coton, et bieu davantage plus tard, après les traités de commerce. Aujourd'hui elle n'en exporte pins que 480.100 kilog. en 1898, avec .•!"4.300 pour l'Algérie, en tout 854.600 kilog. Il est vrai que l'import. en France de tissus imprimés étrangers a baissé aussi et n'est plus que de 806.300 kilog. Nouvelle preuve de ce fait incontestable qu'un pays qui importe beaucoup exporte davantage, et que quand on veut avoir le monopole de la consommation intérieure, on perd la clientèle bien pins importante des pays étrangers. Le système protecteur ne peut être utile que pour des pays très peuplés, dont la population augmente rapidement ; car cette augmentation permet à l'industrie de se développer, d'augmenter sa production et de la pousser an maximum d'intensité, comme en Angleterre, en Russie et aux
I États - Unis d'Amérique. Les tableaux ci-dessous montrent bien que la production par machiné est en
: rapport avec le développement rapide de la vente. Statistique de l'industrie de l'impression sur étoffes dans le monde en 4896
GranJe-Bret.igne.
Russie
EUits-Unis
.\utriclie
France
.\lsace- Lorraine. .
.\llemagne
Espagne
Italie
Hollande
Mexique
Suisse
Belgique
Nombre
Nombre
de
de
machines
fabriques
imprimer
Production moyenne
Pièces de 100 mètres 18.000 22.000 20.000 15.000 12.000 6.000 15.000 12.000 20.000 10.000 25.000 8.000 10.000
Production
mojeime
par
pays
Pièces de 100 mètres 15.984.000
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