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TRESSE

naturel). Elle est mentionnée par les Egyptiens 1600 aus avant J.-C. Son emploi s'est développé de plus en plus et les procédés se sont perfectionnés en même temps que ceux de la sidérurgie. On trempe à l'eau, à l'huile, au plomb et même à l'air. Les armuriers de Damas refroidissaient en les agitant dans un courant d'air les célèbres lames qu'ils venaient de forger. Dans ces dernières années on a essayé de tremper des plaques de blindage par l'action d'un vent glacé lancé en petits jets. Ce procédé ne paraît pas avoir réussi.

La trempe, dans les ateliers ordinaires, se fait par les mains d'ouvriers spéciaux dont l'habileté est due surtout à la routine et à l'expérience de la pratique. Cela suffit pour des fabrications courantes, comme la fabrication des outils, la coutellerie, les plumes métalliques, etc. 11 faut des opérations mieux définies pour les fabrications spéciales, telles que les bandages, les ressorts, et surtout le matériel de guerre. La trempe ordinaire dépend, en général: l°de la teneur du métal en carbone; 2" de la nature du liquide employé; 3° delà différence de température; i" de la vitesse du refroidissement, laquelle peut être augmentée par l'agitation de la pièce à tremper dans le liquide choisi, ou l'emploi de jets d'eau, etc. Presque toujours on pousse la trempe plus qu'il n'est nécessaire^ : le métal est alors trop dur et trop cassant; on revient au point voulu par le recuit.

La théorie de la trempe n'est pas encore absolument définitive. Plusieurs sont en présence, dont on trouvera le résumé dans un travail de M. H. Le Chatelier, ingénieur en chef des mines, publié le 15 janvier 1897 dans la Revue générale des sciences pures et appliquées. Ce travail a pour titre : « Etat actuel des théories de la trempe de l'acier. » Pour le comprendre, il faut avoir au moins des notions sur la métallographie, la micrographie de la fonte, du fer et de l'acier, science toute récente dont beaucoup de points ne sont pas encore absolument établis, mais assez avancée déjà pour que les opérations de trempe, du matériel de guerre notamment, donnent des résultats satisfaisants; elles sont dirigées, presque partout, par les ingénieurs placés à la tête des laboratoires des grandes aciéries.

On a vu, à l'Exposition de 1900, quelles dimensions atteignent les canons, les projectiles, les plaques de blindage; ces dimensions connues, et par suite les poids, on comprend que la trempe de telles masses exige des installations gigantesques. Fours à chauffer, grues de manœuvres, cuves de trempe, fours à recuire, sont les principaux éléments de ces installations, où la vapeur, la pression de l'eau, le

1. Il résulte des remarquables études de M. Charpy que, pour toutes les variétés d'acier, en général, l'opération de la trempe produit des modifications analogues : augmentation de la charge de ' rupture, diminution de l'allongement, augmentation de la résistance à la flexion et au choc. L'importance de ces modifications varie notablement avec la composition chimique du métal et avec la nature du bain de trempe ; mais, dans tous les cas, elles se produisent presque complètement dans un étroit intervalle de température autour de TOO". D'une manière générale, on peut dire que, si le métal est chauffé au-dessous de 700% on risque de ne pas le tremper, et que, en le chauffant de 750° à 800», on n'a pas grand'chose à gagner.

D'après la Revue industrielle, un inventeur suisse, M. Taux, donnerait à l'acier une dureté exceptionnelle par lui procédé consistant à tremper les pièces, préalablement chauffées, dans un bain conducteur traversé par un courant électrique. Un foret trempé à l'électricité a percé un morceau de fonte d'obus deux fois plus vite que ne l'aurait fait un foret du meilleur acier obtenu par la trempe ordinaire; l'outil, examiné ensuite à la loupe, n'aurait présenté •aucune altération. (N. de la R.)

courant électrique donnent l'énergie nécessaire pour actionner tous les engins. Les portes des fours, ellesmêmes, s'ouvrent et se ferment mécaniquement. Comme les pièces sont trempées debout, pour éviter leur voilement, les cuves de trempe, installées dans des fosses énormes, atteignent et dépassent quelquefois une profondeur d'environ 15 m.

AaTHun RuBix,

Ingénieur des Arts et Manufactures.

TRESSE ou Lacet, Tresses de paille. La tresse ou lacet est un tissu très serré employé surtout dans la passementerie et comme bordure de vêtements : on distingue la tresse organsin, la tresse alpaga, la tresse mohair, la tresse cachemire. (Voy. I^acets.) C'est une des grandes spécialités de la fabrique stéphanoise. (Voy. Passe.menterie, Rubans, Saint- Étienne.)

Une sorte différente par la matière et par la fabrication est la tresse dite de paille, employée principalement à la confection des chapeaux et des. nattes.

Les chapeaux sont noués ou tressés. Les noué» viennent surtout de la Savoie, de la Suisse et de l'Alsace : ce sont les lutaniers et panamas français. Les rotins, qui sont des chapeaux doubles, viennent des îles de la Sonde, de Java et des Philippines, où la main-d'œuvre est beaucoup moins coûteuse qu'en Europe. Les manilles, doubles aussi, sont faits dans la ville de ce nom, avec des fibres de bambou, comme les rotins. (Voy. Chapeaux.)

Les tresses pour chapeaux proviennent de Chine et du Japon, d'Italie, de Suisse, de Belgique, de France (à Sept-Fonds et à Grenoble).

On blanchit tresses et chapeaux avec de l'eau oxygénée.

En Belgique, l'industrie du tressage de la paille a pour centre principal la vallée du Geer, localisation qui s'explique par la constitution géologique du sol, dont les terrains crétacés donneut aux feuillela souplesse, la force et la blancheur. Mais le très sage y subit, depuis quelques années, une cris provoquée par la concurrence italienne et hâtée pai les tarifs protectionnistes de l'Allemagne, de la France et des États-Unis, qui depuis 1850, avec la Suisse, se fournissaient en grande partie dans la vallée de la Geer; en 1875, M. Emile de Laveleyeévaluait à 5 millions le chiffre annuel des affairesde cette région et à 2 et 3 fr. par jour le salaire respectif des ouvrières et des ouvriers; le chiffre d'affaires est tombé aujourd'hui à 500.000 fr., et le salaire, tous frais décomptés (paille, cylindres à fendre les fétus, éclairage, chauffage, etc.), ne dépasse plus guère, par ouvrière, 50 centimes, souvent payés même en denrées, dont le prix est surfait par l'entrepreneur. La tresse de 56 à 60 m., qui valait jadis 7ou8fr., se paye aujourd'hui 2fr. 50 à la tresseuse.

En Italie, surtout en Toscane, la crise du tressage de la paille n'a pas été moins désastreuse depuiune trentaine d'années : depuis 1870, le prix des pièces a diminué de 300 "A; les oavrièves(trecciajolc' de Toscane et du Modénais doivent maintenant se contenter d'un salaire quotidien de 50 à 60 centimes pour 10 heures de travail. En 1840 le tressage au métier fit son apparition en même temps que l'adjonction à la paille du crin et de la soie: en 1867 on commença à ne plus coudre les tresses à la main et à employer une machine américaine; en 1870-

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