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TRI POLIT AINE

TROUSSES D'ORJECTIFS

reste, le paysan, dont les besoins sont modestes et que pressure le lise, ne sème et ne met en culture (|ue la snrlace jugée snlBsante pour les besoins de sa famille et de ses bêtes durant l'année à venir. Tous les travaux s'exécutent avec les procédés les plus primitifs. L'orge, principale récolte du vilaj'et, est fort estimée: le blé n'occupe que le dixième de la superficie consacrée à l'orge; les oliviers ont subi une crise récente et les nouvelles plantations sont difficiles, parce que la taxefrappeanssi bien les jeunes que les vieux arbres. Le dattier est le meilleur produit du pays: on reçoit des dattes tripolitaines à Malte, à Smyrne, en Crète, mais les droits rendent énpossiblo l'export. sur la Tunisie. Quant à l'alfa, il croît sans culture et on l'expédie en Angleterre.

Parmi les animaux que possède le paysan tripolitain, le chameau vient en première ligne, puis les moutons de Barbarie, les bœufs et les vacftes, les ânes, les chèvres, les chevaux : on exporte couramment ce bétail sur Malte.

Théoriquement les terres appartiennent au sultan ; en fait elles sont possédées par les tribus et les familles, qui payent au Gouvernement diverses taxes, notamment la dîme. Cependant la propriété individuelle existe dans certaines régions, et les terres y sont généralement louées, moyennant le payement en nature du quart de la récolte. Certaines terres appartieunent au premier occupant pour la durée de la nyse en culture. Une des impositions principales, le verghi ou miri, proportionnée à la pop. adulte et à la richesse de chaque région, est répartie par une commission et produit au total 9.182.000 piastres, du moins théoriquement: pratiquement, l'ensemble des perceptions ne dépasse pas 1 millions 1,/2 de fr.

Parmi les industries assez rares de la Tripolitaine, nous pouvons citer les pêcheries, qui portent sur diverses espèces de poissons et principalement snr les éponges, ces dernières se rencontrant sur 600 lieues de côtes; elles sont, du reste, de qualité inférieure à celles du Levant. (Voy. Éponges.) Il existe une taxe de saison sur ces pêcheries : 735 fr. par bateau à scaphandres, 70 à 140 par bateau à dragues, 92 par bateau à harpons, 230 par bateau à plongeurs. La Tripolitaine a été fort imparfaitement explorée au point de vue minier. Cependant on y exploite des gisements de carbonate de soude cristallisé; au Fezzan, les carrières de pierres de taille sont assez nombreuses; enfin on recueille du sel marin sur plusieurs points du littoral. L'industrie proprement dite est dans l'enfance : on tisse des étoffes grossières en coton et en laine, on confectionne des lapis médiocres et des nattes; il y a quelques savonneries modestes; une régie acquiert et manipule les tabacs indigènes et achète seule les tabacs étrangers.

Par sa situation la Tripolitaine devrait jouer nu rôle important entre les régions du Soudan et le littoral méditerranéen; récemment encore tout le négoce avec le lac Tchad et même avec Tombonctou et l'Egypte se faisait par Rhat et Ghadamès; mais les événements qui se sont produits du côté du Niger et du côté du Nil ont modifié cette situation.

Commerce et Navigation. — Tout le commerce extérieur du pays se fait par le port de Tripoli, dont les import, en 1899 ont été de 9.710.000 fr., 1.695.000 de France. Les export, ont atteint 10.150.000 fr., dont 2.800.000 pour la France, 260.000 pour l'.\lgérie et 250.000 pour la Tunisie. Les principales import, sont les tissus de coton (1 million 810.000 fr.), les farines et semoules (1.200.000), les tabacs

(750.000), les sucres (."iSO.OOO), les cotons filés (325.000) ; puis les soieries, les fruits et légumes, les combustibles, les drogueries, les thés, les riz, etc. La France importe surtout des farines, sucre, drogueries, soieries, cuirs, confections.

Pour les export., les principaux articles sont : l'alfa 2.400.000 fr., les laines et peaux 1.800.000, les plumes d'autruches 1.500.000, les éponges l.iOO.OOO, puis les céréales, les animaux, les œufs, le henné, les nattes, etc. La France continentale prend 600.000 fr. d'épongés, tout le commerce des plumes d'autruches, puis iOO.OOOfr. de peaux et 130.000 d'œufs.

Le commerce italien se fait une place de plus en plas importante en Tripolitaine.

Le port de Tripoli est desservi principalement par les bateaux de la compagnie Touache; la Compagnie de Navigation générale italienne touche ce port deux fois par semaine, et un de ses services met Tripoli en relations avec Malte et la Canée. Le mouvement de la navigation de Tripoli, qui représente en réalité celui de tonte la Régence, a été en 1899 de 874 nav. à l'entrée avec un tonnage total de 245.000 t.. dont 226.000 pour les vapeurs.

11 existe en Tripolitaine plusieurs lignes télégraphiques; un câble relie Tripoli à .Malte ; des lignes vont sur la Tunisie; plusieurs bureaux ne reçoivent du reste que des messages en langue turque ou arabe. La province de Benghazi n'est pas reliée télégraphiquement au reste du pays, bien que le mouvement commercial du marché de Benghazi ait été en 1898 de 7.324.500 fr. (3.204.500 pour les import, et 4.120.000 pour les export.) et en 1899 de 7.865.000 (soit 3.740.000 et 4.125.000 respectivement). (Voy. Be.n-

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