‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 1066 sur 1134 · K IMPRIMER · texte numérisé non relu

K IMPRIMER

Cependant les autres branches de la typographie ne restaient pas en arrière : les graveurs multipliaient les types, surtout pour les caractères de fantaisie et les vignettes, et luttaient avec la lithographie. A l'antique moule à fondre à la main, avec lequel un habile fondeur faisait à peine 6.000 à 7.000 lettres par jour, ont succédé les machines à fondre, qni produisent 35.000 à 50.000 lettres en 10 heures: d'où une diminution de prix de moitié. Il en est de même pour ce qu'on appelle les blancs, lingots, cadrats, interlignes, etc., obtenus aussi mécaniquement et vendus 1 fr. le kilog. au lieu de 3 et 4 fr. (Voy. Car.vctères d'Imprimerie.)

Stéréotypie. Photographie, Trichromie. — La .^téréotypie ou dicherie (voy. Cliché) est venue à la rescousse. Elle permet, en fournissant des empreintes en papier d'unecomposition, de multiplier celle-ci à l'infini, d'éviter des frais de recomposition, de réduire les frais de tirage en imprimant à la fois plusieurs compositions identiques, enfin de conserver les planches sans immobiliser le caractère.

1. Un ingénieur anglais, M. Green, vient d'inventer (mars 1900) un papier « electrograpbiqne » dont la comi>osition, encore tenue secrète, permettrait d'imprimer sans encre sous l'action d'un courant électrique. Ce nouveau papier ne serait pas d'un prix plus élevé que le papier ordinaire. M. Green relie le cylindre de la presse ordinaire au pôle positif d'une dynamo ou d'une batterie d'accumulateurs, en même temps qu'il fait communiquer le pôle négatif avec le cylindre ou la plate-forme qui porte le papier. Le circuit se trouve ainsi fermé à travers le papier, et seulement aux endroits où ce dernier est en contact avec la surface métallique en relief des caractères. Le papier électrographique éprouve alors une décomposition chimique qui le noircit, mais seulement au contact des caractères, qui se trouvent ainsi imprimés sans encre.

Ce système, qui supprime dans les machines les cylindres d'encrage en usage actuellement, serait plus économique que les procédés ordinaires ; les essais pratiqués en Amérique auraient donné (1901) des résultats satisfaisants.

Les pages de journaux sur les machines rotatives sont clichées en forme cylindrique.

La galvanoplastie, à son tour, reproduit, d'après des empreintes en gutta-percha ou en cire, les pages de texte destinées à un long tirage, les gravures à un nombre indéterminé d'exemplaires, évitant ainsi les frais d'une gravure multiple et permettant de ne pas mettre sous presse le bois original, quelquefois œuvre d'art très coûteuse, qui ne supporterait pas de nombreux passages à la machine. (Voy. Esta.m- PEs ET Gravures, Galvanos.)

La photographie {voy . ce mot), depuis quelques années, a produit une véritable révolution dans l'illustration. Les procédés photomécaniques donnent le relief, avec une grande perfection, de toute photographie, de sorte que celle-ci s'imprime typographiquement, sans gravure intermédiaire ; aussi, depuis l'emploi des autotypiesou simili-gravures, la gravure sur bois a-t-elle beaucoup perdu de son importance; elle est de moins en moins usitée pour l'illustration. Toutefois elle sera toujours préférée par les amateurs d'œuvres d'art, car elle est une expression artistique, tandis que la gravure chimique d'après photographie n'est que du procédé.

Une récente découverte photographique permet d'obtenir en trois clichés, avec des écrans de couleur appropriée, trois planches typographiques s'imprimant par superposition et donnant ainsi, en trois tirages, tous les tons de l'original, peinture, aquarelle ou objet quelconque. C'est ce qu'on appelle le procédé des trois couleurs ou trichromie: un cliché pour le jaune, un cliché pour le rouge, un cliché pour le bleu. Ces trois couleurs mères fournissent, par superposition, toutes les autres. Ce procédé, qui laissait à désirer au début, commence à se vulgariser en France et se perfectionne chaque jour. On est arrivé à d'excellents résultats, qui menacent la chromolithographie d'une sérieuse concurrence. (Voy. Lithographie.)

On met aussi en relief , pour être tirés typograpbiquement, tous sujets lithographiques reportés sur zinc ou sur cuivre et mordus ensuite à l'acide, comme les clichés photographiques.

La Composition typographique. — Quant à la composition typographique proprement dite, laquelle consiste à assembler des types mobiles pour en former des planches, soit des pages de livres, des tableaux ou travaux industriels et commerciaux, la manière de faire n'a guère varié, et pour cause, depuis les commencements de l'imprimerie, sauf cependant que les compositeurs d'aujourd'hui ont à leur disposition des ressources, en caractères variés et vignettes, que n'avaient pas les anciens et qui leur permettent de faire des compositions artistiques et originales. Les compositeurs qui se livrent à ces travaux d'art typographique, dits travaux de ville {Àccidentensetzer en allemand, Setzer les compositeurs de lignes seulement) ont chance de ne pas être atteints bientôt par la machine à composer qui commence à s'introduire un peu partout.

Depuis près de cinquante ans, nombre d'inventeurs ont essayé deconstruiredeces machines, mais tontes échouaient parce qu'elles exigeaient l'emploi de caractères mobiles. Le principe de la vraie machine à composera été trouvéen Amérique : les caractères mobiles y sont remplacés par des matrices, dans lesquelles la machine fond elle-même ses types. La machine qui, aujourd'hui, semble s'imposer, à l'ex-

TYPOGRAPHIE

TYPOGRAPHIE

clnsioD de toutes autres, est la linotype (voy. ce mot).

Cependant on a, tout récemment, trouvé le principe des machines à composer avec des caractères mobiles, lesquels se fondent au fur et à mesure que se fait la composition. Ces machines, telles que la monotype Lanston et l'électrotype Méray-Rozar, se composent de deux parties : l'une qui perfore des bandes de papier d'après les touches actionnées d'une sorte de machine à écrire; l'autre, la machine à fondre et à composer, qui lit automatiquement la bande perforée, fond, compose et justifie les lignes.

L'Imprimekie: Conditions et salaires, en France et à l'étranger. — L'imprimerie, de tous temps, a été réglementée, de Charles VIII à Napoléon III. En 1791 elle fut déclarée libre, mais Napoléon I" établit les brevets, qui subsistèrent jusqu'à la troisième République. Depuis l'imprimerie est réellement libre (voy. Imprimerie) et le nombre des imprimeurs a augmenté dans des proportions considérables. Il y avait à Paris, en 1870, 84 imprimeurs; il y en a aujourd'hui près de 600 ; il est vrai que la plupart sont de petits industriels employant un ou deux ouvriers et quelques apprentis. En 1899 on comptait en province 3.500 imprimeries, 100 en Algérie, 60 dans nos autres colonies.

Relativement à la population, la France possède moins d'imprimeries que les États-Unis, l'Allemagne, la Suisse, l'Angleterre ; plus que l'Italie, l'Espagne, la Russie; àpeu près autant que la Suisse, la Norvège, le Danemark, l'Autriche. (Voy. Presse : Journaux.)

On coraple en France environ 17.000 typographes hommes et 3.000 à 3.500 femmes. Le tarif parisien, pour les compositeurs, est de G fr. 50 minimum à la journée ; le prix du mille de lettres, de 0 fr. 65 à 0 f r. 85, selon les caractères ; un mille de lettres (caractère moyen) équivaut à une heure de travail. A Paris les journaux quoditiens se font généralement en commandite, c'est-à-dire que le salaire total est partagé également entre les hommes de l'équipe ; de jour, ce salaire est de 7fr. 50 à 9 fr. 50; de nuit, de9fr.50 à 12fr. 50, selon les journaux. Les femmes typographes, à Paris, sont payées 15 à 20 "A de moins que les hommes. En province les prix sont très variables. Dans certaines villes, comme Lyon, Marseille, le Havre, c'est presque le prix de Paris; dans d'autres grandes villes, le salaire est de 5 à 6 fr. ; la grande moyenne des salaires de province est de 4 à 4 fr. 50; ce taux se réduit, dans quelques petites localités de l'Ouest et du Midi, à 3 fr. 50 et même 2 fr.

Cette moyenne générale peut s'appliquer à presque tous les pays. Si à Bruxelles le tarif est de 5 f r. 50, le bon marché de la vie rétablit la proportion ; de même en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Italie, dans les pays Scandinaves. Les salaires sont plus forts à Londres et à New- Vork; plus faibles en Italie, en Espagne, dans les pays balkaniques et en Turquie.

Les typographes, aussi bien les ouvriers que les patrons, sont partout groupés en associations. En France, les patrons ont la Chambre des imprimeurs typographes et l'Union des imprimeurs de France; tous les ans ils se réunissent en congrès. Les ouvriers ont dans toutes les villes un syndicat et tous les syndicats se relient à la Fédération des travailleurs du Livre, dirigée par un Comité central, à Paris : on compte en France environ 9.000 fédérés. En Relgique, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Danemark, en Suède, en Italie, en Espagne et dans presque tous les pays, excepté la Russie, les typographes sont constitués en fédérations nationales, reliées entre elles par le secrétariat international,

dont le siège est à Berne. En Amérique ce sont les Unions, fédérées entre elles. L'Allemagne possède le plus graud nombre de typographes fédérés: près de 20.000, qui payent des cotisations très élevées : aussi leur fédération est-elle la plus florissante d'Europe.

Lks prix : Prix d'un volume. — En typographie le prix d'un travail s'établit sur la base des débours et des étoffes : on appelle « étoffes » les frais généraux augmentés du bénéfice, i'our avoir le prix d'un volume on compte les pages, les lignes à la page et les lettres à la ligne. Ce nombre de lettres s'obtient en mettant des alphabets du caractère employé bout à bout, si la ligne en contient plus d'un ; si c'est moins, on compte les lettres entrées seulement. Ainsi, un volume fait îiOO pages à 38 lignes de 55 lettres, soit 500 X 38 X 55 = 1.045.000 lettres à 0 fr. 65 le mille, soit 679 fr. 25 de composition brute ; plus la mise en pages (mettons in-8^), 2 fr. par feuille de 16 pages, soit, pour 32 feuilles, 6'tfr. : total 743 fr. 25. A ce prix il faut ajouter les corrections d'auteur, à la charge de celui-ci, à raison de 0 fr. 80 à 1 fr. l'heure, et au moins 50 7. d'étoffes, ce qui donnerait, pour la composition du volume de 500 pages in-8°, 1.050 f r. 80, plus les heures de correction d'auteur. Pour le tirage on compte en moyenne, pour une feuille de format carré : 1 rame, 9fr. ; 2 rames, 12 fr.;

3 rames, 22 fr. ; 6 rames, 30 fr.; au-dessus de 6 rames,

4 fr. 50 par rame ; au-dessus du carré, 0 fr. 50 de plus par rame pour les formats successifs : raisin, 0 f r. .50 de plus que le carré; jésus, 0,50 de plus que le raisin; etc. On donne à l'imprimeur une main par rame ou 5% de passe pour la mise en train et les déchets.

Passons au papier. Il vaut, selon qualité, de 40 à 250 fr. les 100 kilog. ; une rame de raisin de moyenne force pèse de 14 à 16 kilog. Pour le volume de 500 pages (32 feuilles) ci-dessus, tiré à 1.000 exemplaires, cela ferait 64 rames, plus 5Vo de passe. Le satinage après impression vaut, en carré ou raisin, 0 fr. 70 la rame, en jésus 0 fr. 85, eu colombier 1 fr. 10. La brochure, pour 32 feuilles, 10 fr. 25 le cent de volumes, assemblage en sus (environ 2 fr.).

Ces prix sont moyens; selon les cas, ils peuvent être modifiés légèrement en plus ou en moins. Il est entendu que le client doit fournir les clichés de toutes les gravures qui peuvent entrer dans le volume; que le tirage avec illustrations est majoré selon la nature du travail, de même que les impressions en couleurs. En un mot, l'imprimeur doit, à côté de la main-d'œuvre et des fournitures normales, n'oublier aucune des surcharges nécessitées par le travail, sous peine de perdre tout son bénéfice et parfois encore ses déboursés. (Voy. Liurairie.)

Travaux de ville, illustrations, clichés; journal, labeur, conscience. — Les prix des travaux de ville sont très variables et ne peuvent s'établir que de gré à gré; mais ces prix sont toujours basés sur les données ci-dessus : composition, tirage, papier, façonnage, surcharges, étoffes.

Les illustrations en gravure sur bois sont d'un prix variable, selon la valeur de l'artiste. Les galvanos de ces gravures valent de 2 à 3 centimes le cm. carré.

Les illustrations d'après procédés valent au cm. carré : zincogravure d'après épreuves sur chine et autographies, 4 centimes; photogravure au trait, 6 cent.; similigravure d'après photographie ou lavis, 15 cent. ; similigravure spéciale, de 20 à 35 cent. ; les clichés triples en zinc, pour trichromie, de 50 à 70 cent., selon dimensions; en cuivre de 66 à 80 cent.

Les clichés de texte pour labeurs, prospectus, annonces, etc., en plomb, valent : montés sur bois, 1 centime le cm. carré ; non montés et à biseaux, 7 millimes; montés sur matière et à noyaux, 2 fr. 25 le kilog. Les corrections dans les clichés en plomb valent 5 centimes la lettre.

Le prix des caractères courants est de 2 à 3fr. le kilog. pour les corps moyens; de 3 à 6 fr. pour les petits corps: de 1 fr. 75 à 2 fr. 50 pour les gros corps. Les prix des caractères de fantaisie et vignettes sont très variables, de 3 fr. à 18 fr. le kilog. (Voy. CARACThiRES u'imi'rlmerie.)

On peut diviser la typographie en trois branches : le journal, le labeur, la conscience, Le journal so

Page 1