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VERTS

terre qae l'Italie achète et vend ces sortes d'articles. En 1899 elle a importé de France 5.315 qx et exporté en France 11.322 qx.

Une des principales verreries du royaume est établie dans on faubourg de Livoarne; elle produit surtout des lames blanihes et colorées, des cloches, des tuiles plates et des plaques courbes de verre : en tout 600.000 m. carrés par an, soit 27.000 qx, évalués en moyenne 35 fr. le quintal. Cet établissement occupe 370 ouvriers, dont 8 enfants et li femmes.

Russie. — En i883 on comptait en Russie d'Europe 196 verreries et en Pologne 31, occupant ensemble 18.140 ouvriers; la production était de 10.236.000 roubles; elle est, en 1900, de 14 millions de roubles, dont : 23 V. en services de table, autant en verres à vitres, 22 7. en bouteilles. I0*/o en miroirs et grandes glaces, 5*/. en cheminées d'éclairage et cylindres, 13 7. en articles divers. Les combustibles employés sont, en qualité et en quantité : bois 2.431.000 m. cubes, charbon 39.461 T. métriques, naphte 6.302. tourbe 10.636.

On estime que l'export. annuelle de la Russie est de 100.000 à 200.000 roubles par an pour la frontière d'.\sie et de 200.000 à 230.000 pour l'Ouest de l'Europe, qui du reste importe en Russie 1/8 on 1/10 du total de la consommation russe ; ces pays importateurs sont par ordre d'im-. portance : l'Autriche, la France, r.\!lemagne, la Belgique et r.\ngleterre.

VfiRROTEKlE. V. Verre, Verrerie.

YEKS -V SOIE. V. Cocons, Soie.

VERSAILLES. Chef-lien du département de Seineet-Oise, à 120 m. d'alt. et 17kil. S. -0.de Paris, par 48» 47' 06' lat. X. et 0» 12' 44' long. 0. de Paris. Pop. : 48.324 hab. en 1881, 54.874 en 1896. C'est «ne des pins belles villes de France, que son palais et son parc ont rendue célèbre. De nombreux étrangers la visitent. Tribunal de commerce.

Les établissements industriels sont pea importants. Ateliers de constructions mécaniques. Distilleries.

Succursale de la Banque de France : 10.681.000 fr. d'affaires en 1899 (la 107'), 13.254.000 en 1900 (la 106'), dont 3.011.000 en eflets escomptés. Succursale du Crédit Foncier, agences du Crédit Lyonnais et de la Société Générale.

Station du chemin de fer de l'Onest sur Granville et Rennes. Mouvement de la gare en 1899 :

Expéditions Amvages

Voyageurs March.(T.') Voyageurs March. (T.) G.V. P.V. G.V. P.V.

tiT(<r«it«. 1.153.071 1.266 3.188 i 1.163.731 776 36.915 RiregaBcke 689.310 467 > | 671.326 129 i

Tramways de Paris à Versailles.

VERSTE. Mesure de distance russe = 1.066 m. 80.

VERT CÉL.VDO>". V. FeldSP.VTH.

VERT DE C.\SSELM.\N.\, DE SCHEELE, DE SCHWEINTURT. V. Couleurs, Cuivre, Verdet, Verts.

VERT M.\LACHITE. Il y a fvov. Verts : Couleurs) deux sortes de vert malachite : l'un préparé avec la malachite ou carbonate de cuivre, l'autre avec l'aniline. Pendant plusieurs années, les alcools dénaturés destinés à l'industrie durent être colorés avec le vert malachite d'aniline.

Par décision du Ministre des finances en date dn 12 novembre 1900, cette coloration artificielle des alcools dénaturés n'est plus exigée.

VERTS. (Couleurs.) Dans le spectre solaire, le rayon vert (c'est-à-dire celui qui donne la sensation dn vert) est simple : on ne peut le séparer en plusienrs autres. Dans les arts, on produit le plus souvent les diflérents verts par des mélanges de bleu et de jaune. Les teinturiers opèrent presque toujours de cette façon.

Le xert Guignet, breveté en ISiJO, est depuis longtemps dans le domaine public. .Malgré son origine toute française, il n'est pas fabriqué en France, mais seulement en Allemagne. Quatre usines principales en produisent environ 300.000 kilog. par an. Son prix (6 à 7 fr. le kilog. en pondre sèche) est abordable même à la grosse peinture, car c'est nne couleur qui rend beaucoup. Il est vendu d'ordinaire sous le nom de vert émeraude ; on dit même vert émeraude vrai, pour le distinguer des mélanges qui s'en rapprochent d'assez loin. Il parait vert à la lumière du gaz ou des bougies : c'est nn vert lumière.

Dès 1860 ce vert a complètement remplacé les verts à l'arsenic pour la fabrication des feuillages pour fleurs artificielles. On ajoute du jaune pour avoir le vert printemps, du brun pour le vert laurier, etc. Cette application a valu le prix Montyon à l'auteur de ces lignes : car des ouvriers et ouvrières qui travaillaient aux feuillages, les dames même qui portaient des fleurs artificielles dans les cheveux éprouvaient fort souvent des accidents sérieux.

Le vert Guignet s'obtient en chauffant à 400» on mélange de bichromate de potasse ou de soude avec de l'acide borique. Ce mélange se boursoufle beaucoup, dégage de l'oxygène et donne un produit vert émeraude, qui est un borate double d'oxyde de chrome et de potasse. On lave à l'eau bouillante et on obtient un dépôt d'un oxyde de chrome hydraté, d'un très beau vert émeraude. Cet hydrate diffère complètement des autres hydrates de chrome par sa composition et ses propriétés : c'est le vert Guignet.

Cette couleur est transparente et convient admirablement pour les glacis dans la peinture d'art. Comme elle est inaltérable à la lumière, aux acides, à la chaux, etc., on peut la mélangera volonté avec les autres nuances. Les paysagistes composent ainsi des tons brnns verdàtres d'une « chaleur » extraordinaire.

Le vert émeraude est tout à fait inoffensif, on peut l'employer sans la moindre appréhension. Comme la couleur fournit beaucoup, avec 1/10 de vert et 9/10 de blanc de zinc on obtient des fonds verts d'eau inaltérables pour les cabinets de bains de Barège, etc. Étant insoluble dans l'eau, il ne peut servir pour la teinture, mais on l'imprime sur coton en le fixant à l'aide de l'albumine, ainsi que les autres couleurs insolubles (bleu d'outremer, noir de fumée, carmin, etc.); il se décompose à la chaleur rouge en dégageant de l'eau, de sorte qu'on ne peut l'employer comme couleur vitrifiable.

Les verts qui servent couramment pour les papiers peints, les peintures communes (treillages, etc.) sont désignés sous le nom de verts iîilori, de tontes nuances : du nom du très habile fabricant qui a réussi à produire des mélanges intimes de bleu de Prusse et de jaune de chrome. Comme le bleu de Prusse ne résiste pas bien à la lumière, les bancs de jardin, les treillages, etc., prennent en peu de temps des tons jaunâtres désagréables.

Les verts ^e cutrre sont beaucoup moins employés qu'autrefois.

Le vert de Brunswick est un oxychlornre de cuivre.

Le vert de montagne est du carbonate de cuivre artificiel, d'un joli ton, mais peu stable.

La malachite (carbonate de enivre naturel d'un

VERVIERS

VERVIERS

beau vert) est quelquefois employée comme couleur, après qu'on l'a finement broyée : c'est le vert ■malachite, qu'il ne faut pas confondre avec le vert malachite solubledans l'eau et dans l'alcool, appartenant à la nombreuse famille des couleurs dites û'aniline. On l'a longtemps employé pour dénaturer les alcools destinés à l'industrie.

Avec le vert malachite et autres on fabrique actuellement, surtout en Allemagne, de fort belles laques « vert lumière » qui ne sont pas solides, mais qui conviennent pour les papiers peints et papiers coloriés de toute sorte. Ces verts ont remplacé complètement les verts au cuivre et à l'arsenic (vert de Schweinfurt, vert Mitis, etc.),qui sont de très dangereux poisons. La substitution s'est faite avec la plus grande facilité, car le vert de Schweinfurt (vert fin, vert de Paris) coûte beaucoup plus cher que les nouvelles laques vertes.

Toutes les couleurs vertes tirées du règne végétal, vert des feuilles (chlorophylle), vert d'artichaut, vert de vessie, etc., ne sont plus guère employées et n'ont aucune solidité.

Pour les couleurs vitri fiables, les oxydes de chrome et de cuivre fournissent des verts très beaux et très solides. Ch.-Er. Guignet,

Ingénieur (E. P.) — Directeur honoraire des teintures aux Gobelins et à Beauvais.

VKRVEUX. Filet conique. (V. Abticles de Pèche.)

VERVIERS. Ville industrielle de la Belgique, chef-lieu d'arrond. (prov. de Liège), située sur la Vesdre, près de la frontière allemande, à 35 kil. E. de Liège, à 139 kil. de Bruxelles et à 393 kil. de Paris. Son étendue territoriale est de 455 hect. 63, dont 114 hect. bâtis. Pop. : en 1856, 27.115 hab., en 1899, 52.445, et 76.852 avec les faubourgs : Dison (12.802), Ensival (6.543), Hodmont (5.062).

L'arrond. de Verviers a une sup. de 99.737 hect.; il compte 12 cantons, 59 communes et 182.951 hab. Son industrie est puissante, son agriculture très importante. Les plateaux onduleux du pays de Hervé sont réputés pour leurs champs de céréales et leurs excellents pâturages. Hervé (4.843 hab.) est la cap. de cette région ; elle a donné son nom à un fromage qui a conquis la célébrité. De nombreuses Sociétés coopératives fournissent un beurre excellent pour l'export.

Verviers est le centre de l'industrie lainière en Belgique; les rues de ses faubourgs sont bordées de fabr. et la ville même compte beaucoup d'usines.

Dès la fin du XIII' siècle les draps de Verviers ■étaient très estimés. Ce n'est qu'au commencement du XIX* que le progrès commença dans l'outillage de l'industrie lainière verviétoise. Le tissage à un seul ouvrier par métier, appliqué en Angleterre par John Kay dès 1737, ne se propagea à Verviers qu'à partir de 1805. A cette époque apparurent les premiers assortiments à ploquets et les moulins gros ; les machines à lainer et à tondre furent introduites en 1820. Le premier assortiment à contion fut placé en 1840.

Le moulin gros avait 30 à 40 broches et nécessitait 3 ouvriers : un fileur tournant la roue et manoeuvrant le chariot, et deux gamins metteurs de ploquets, qui finissaient généralement par se déformer les jambes. Un second moulin, dit jeannette, servait à surfiler le fil fait au moulin gros; il avait généralement 60 broches. Le mull-jenny les remplaça : il avait 200 à 300 broches et nécessitait 3 ouvriers.

Le self-acting de 300 à 600 broches et le métier mécanique commencèrent à être employés vers 1865, mais ce n'est guère que depuis 1880 qu'ils le sont généralement. Aujourd'hui les métiers mécaniques accouplés, battant 100 duites à la minute et surveillés par un seul ouvrier, remplacent le métier à la main du commencement du siècle, où deux ouvriers n'en lançaient qu'une dizaine. L'assortiment de, 1 m. 80, qui n'exige qu'un seul ouvrier, et le self-v acting de 300 à 600 broches produisent 500 à 600 fois autant que le baudet et le rouet d'il y a cent ansJ Les fouleuses dites polka fonctionnent mécaniquement et deux ouvriers peuvent en suivre cinq ou six. La laineuse double, travaillant seule, remplace le lainage à la main, si fatigant; et la tondeuse longitudinale, qui réduit la besogne de l'ouvrier à sa plus simple expression, produit en une heure ce que le travail exténuant des tondeurs aux grands ciseaux (forces) produisait en un mois.

Il en est de même proportionnellement de toutes les autres opérations accessoires de la fabrication : séchage des laines et des draps, qui se faisait autrefois dans des greniers où les ouvriers travaillaient dans une atmosphère chargée de vapeurs et qui, aujourd'hui, a lieu automatiquement; battage, épluchage des laines, pressage des draps, etc.

En 1800 les laineurs et les tondeurs recevaient 25 sous (1 fr. 50), les fileurs 25 à 30 sous (1 fr. 50 à

I fr. 80), les femmes 12 à 15 sous (0 fr. 72 à 0 fr. 90), les enfants 6 sous (Ofr.36). Jusque vers 1850 les salaires ne subirent guère d'augmentation. A part les ouvriers fileurs et tisserands travaillant à la pièce et dont le rendement était très variable, les ouvriers à la journée ne gagnaient que 1 f r. à 1 fr. 50, les femmes de 60 à 90 cent, et les enfants de 40 à 75. La journée de travail était de 13 à 15 heures et les enfants commençaient à travailler à l'âge de 7 ans. Aujourd'hui les salaires ont doublé, triplé et quadruplé; la journée moyenne est de 10 h. 1/2 à

II h. et les enfants ne travaillent qu'après 12 ans. Le mètre de drap coûtait de 20 à 120 fr. de 1800

à 1810, 10 à 50 fr. de 1830 à 1850 : il coûte aujourd'hui de 2 à 15 fr.

Avec la transformation de l'industrie lainière on a dû s'occuper de fournir l'eau aux fabriques, car pendant l'été la ville est souvent à sec; on devait laisser chômer les machines. On décida d'établir un réservoir dans la montagne. On fit le barrage de la Gileppe, œuvre colossale due à la géniale conception du bourgmestre, M. Ortmans Hauzeur, et aux travaux de MM. Bidaut et Donckier. Le barrage a 47 m. de haut, 65 de large à la base, 15 au sommet et 235 m. de longueur au sommet sur 82 à la base. L'eau, retenue derrière le murpuissantque couronne un lion de 14 m. de haut, est d'une qualité exceptionnelle pour le lavage des laines et le foulage des étoffes. Un énorme appareil hydraulique fonctionne sous cette plaine liquide de 80 hect. de sup., pour la distribution de l'eau, qui est amenée à Verviers dans un aqueduc de 2 m. 50 sur 2 m. et de 12 kil. de longueur. A niveau plein le bassin contient environ 12 millions de m. cubes. Ce travail dépasse par ses proportions les digues du Furens, près Saint- Étienne (Loire). Le lac est très pittoresque, très poissonneux et rappelle vaguement celui de Wallenstadt; il a été inauguré .en 1878. En 1899 il a fourni à la distribution de l'agglomération verviétoise 13.512.800 m. cubes. Il a été délivré en outre.

VERVIERS

1639 — VÊTEMENTS COXFECTIONXfô

à la Vesdre, snr la réserve de 3 millions de m. cubes fixée par l'arrêté royal du 1" lévrier 18»)«), un contingent de 2.84(».477 m. cubes.

L'industrie lainière de Verviers comprend 120.000 broches pour laine peignée et iiS.OOO pour laine cardée; 1.800 métiers à tisser chez les fabricants et 1.000 chez les façonniers'. En 18G0 la production totale de Verviers était de 1. 000. 000 kilog. de fils, dont 927.000 pour l'export. et 1.080.000 kilog. de tissus, dont 1. «82.000 pour l'étranger. En 1899 la production pour la consommation du pays a été de 9 millions de kilog. en fils cardés ou peignés et tissus, et celle pour l'export. de 7 millions de kilog. d>' fils cardés, 2 millions de kilog. de fils peignés et 2 millions de kilog. de tissus de laine. L'agglomération de Verviers compte 40 filatures de laine cardée, dont une seule en Société anonyme, 10 filatures de laine peignée, presque toutes en Sociétés anonymes, 30 laveurs et épailleurs de laines ou déchets, 115 fabricants de draps, étoffes, flanelles, dont 6 de draps militaires et d'équipements militaires (en Sociétés anonymes), 10 fabr. de cardes, 26 constructeurs de machines, dont 3 en Sociétés anonymes, 15 fabr. de courroies, 10 tanneurs, 2 conditionnements publics, 20 teintureries, G fabr. de bnsettes pour la filature, 14 fonderies en fer ou en cuivre, dont une en Société anonyme.

Il y a à Verviers un tribunal de 1" instance et un tribunal de commerce, une école supérieure des textiles délivrant des diplômes d'ingénieur de l'industrie textile, une école professionnelle de garçons {600 élèves), une école professionnelle de filles (200 élèves), une école de musique, des écoles d'adultes, etc., de nombreuses Sociétés coopératives de production et de consommation, d'épargne, de secours mutuels, etc.

La ville de Verviers a établi l'impôt sur le revenu présumé; le rôle comprend 3.719 contribuables divisés en 39 classes de 2.000 à 2;». 000 fr. Le revenn le plus bas paye 4fr.30 par 1.000 fr., le plus élevé, 17 fr. 10 par 1.000 fr.

Le mouvement des opérations de l'agence de la Banque nationale de Belgique à Verviers a été en 1900 : recettes pour compte du Trésor public, 43 millions 297.000 fr.; eflets escomptés transmis à la Banque, 190.812 pour 166.944.000 fr. pour compte de la Banque sur la Belgique seulement : mouvement des comptes courants, en recettes 60.051. OOOfr., en payements 60.060.000 fr.; accréditifs délivrés, 12.630 pour 27.772.000 fr., payés 11.373 pour 42.212.000 fr.; effets présentés à l'encaissement par la Banque, 85.743 pour 175. 225. OOOfr.

Le mouvement des comptes courants de l'agence verviétoise de la Banque de Lhoneux, Linon et C'' a été en 1899 de 146.078.647 fr. au débit et 143.709.534 fr. au crédit Le Crédit Verviétois, capital 2 millions, a fait en 1899 un bénéfice net de 263.924 fr. Le mouvemeat des comptes courants a été de 338.712.288 fr. au débit et de 324. 129.301 fr. au crédit. La Banque de Verviers (capital 1.500.000 fr.) a fait un bénéfice net de 363.956 fr. : débit des comptes courants 445.086.049 fr., crédit 449.163.447 fr. Verviers a également une Union du crédit et une Banque populaire. Louis Str.vuss.

1. La filature et le tissage des laines occupent en Belgique 23.000 ouvriers dans les usines et 9.500 en ateliers, soit ensemble 32.500, dont la moitié dans l'agglomération verTiécoise.

Voyageurs partis

Transit »

I BiBLiooHAiMiiK. — Uiochurc de .M. Jules Garot, président de la Chambre de commerce de Verviers. 1 vESOU. .lus de canne à sucre fermenté. V. Alcool. ! VESOIL. Chef-lieu du département de la Hantei Saône, à 23;i m. d'alt., par 47''37'26'' lat. X. et i 3» 49' 6' long. E. de Paris. Pop. : 9.:j53 hab. en 1881, ' 10.083 en 1896.

Fabr. de limes, d'outils, de cirage et d'encre, de pAtes alimentaires, de meules d'émeri.

Snccnrsale de la Banque de France : 6.967.000 fr. d'affaires en 1899 (la 113*), 6.592.000 en 1900 (la 116'). dont 3.871.000 en eflets escomptés, .\gence de la Société Générale.

Stations des chemins de fer de Paris à l.yon sur Besançon et de l'Est snr Chanmont et Belfort. Monrement de

la Rare :

Marchandises (Tonnes) G.V. P. V.

Exp. Rccept. Eipéd. Rccept.

248 426 VÈTE5IEXTS CO.VFECTIOXXÉS. De temps pour ainsi dire immémorial il y eut à Londres, à Liverpool, à Dublin, etc., des magasins d'outfttters, des boutiques où les gens partant pour un long voyage trouvaient tout faits des vêtements de toute nature, ainsi que des malles, valises, sacs de nuit, brosses, etc. Le confection est en France beaucoup plus récente : elle est en partie née du besoin d'échapper aux fantaisies des marchands tailleurs, qui, ayant pris la mauvaise habitude de consentir à leurs clients de fort longs termes, se virent dans la nécessité de majorer de 50 et de 100 % les prix de vente raisonnables. On vendait autrefois quelques vêtements neufs au marché de la Tour-Saint-Jacques (ce quartier est resté de nos jours celui des principales maisons de confection pour hommes) et au marché delà Villette; mais ce n'étaient que des blouses et des bourgerons ou des vêtements en étoffes grossières pour campagnards ou ouvriers; on trouvait les vêtements d'occasion au Temple ou au marché des Patriarches.

Le véritable commerce des vêtements confectionnés de toutes formes et de tous prix pour toutes catégories de clients, a été inauguré en France par Parissot dans son petit magasin de la Belle Jardinière, qui depuis a si bien grandi et qui a eu tant d'imitateurs (voy. Belle Jardinière) à Paris et en province. La confection n'habilla d'abord que les petits employés, les petits rentiers et propriétaires à qui les prix des marchands tailleurs étaient inaccessibles ; puis elle s'étendit aux uniformes de tonte espèce, à ceux des lycées et pensionnats, aux livrées des domestiques, aux soutanes da clergé. (Voy. aassi Box Marché, Louvre.)

Le commerce d'export. prit naissance vers 1^0. Des pacotilleurs, des commissionnaires achetaient alors à Paris des douzaines de vêtements et les portaient à l'étranger, surtout dans les Antilles, l'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud; ils firent d'excellentes affaires en assurant que ces vêtements étaient à la dernière mode de Paris. Les commandes affluèrent; les confectionneurs envoyèrent des voyageurs et fondèrent des succursales; leur commerce prit un essor dont les statistiques ci-après montreront l'importance.

Il a existé, notamment de 1840 à 1860, un commerce de vêtements vieux, qui a disparu aujourd'hui

VÊTEMENTS CONFECTIONNÉS - 1640

VÊTEMENTS CONFECTIONNÉS

à peu près complètement, du moins n'en trouvonsnous plus trace dans les relevés des Douanes. En 1859 les import, de cette sorte donnaient un chiffre de 120 965kiIog. à 14fr., soit l.GDS.iilO fr., et les export, de 987.82o kilog. àl6 fr., soit 15. 803.200 fr., dont 188.000 kilog. à destination de l'Association allemande, 162.800 des États sardes, 156.300 de l'Algérie, 116.600 de la Belgique, 104.700 de la Suisse, 99.800 de l'Angleterre, etc. Ces vêteinents vieux pour l'export. étaient en grande partie des uniformes usés, plus ou moins o retapés », qui trouvaient un écoulement facile aux Antilles et au Brésil, notamment.

En 1854, l'apparition de la machine à coudre, qui permet de confectionner rapidement et à bas prix, favorisa la multiplication des maisons de confection à Paris, puis en province, où l'on en compte aujourd'hui dix fois autant qu'à Paris même. Le développement de cette industrie a naturellement porté tort aux couturières à façon comme aux marchands tailleurs de second ordre. (Voy. Modes.)

A Amiens, l'industrie des vêtements confectionnés a été introduite en 1847; elle y représente un mouvement d'affaires d'une vingtaine de millions par an ; les salaires annuels forment un total de 4 millions par an.

Pour arriver h confectionner la quantité de vêtements que représentent ces chiffres, on se sert de machines à tracer et à tailler qui fournissent un travail rapide et régulier. L'emploi tout récent des métiers à faire les boutonnières permet d'obtenir une perfection difficile à acquérir au moyen de la couture à la main.

On fabrique à Amiens tous les genres de vêtements, depuis la cotte en tissu de coton ou en velours de coton de l'ouvrier jusqu'à l'habit de cérémonie, et l'on en expédie dans toute la France. Les débouchés les plus importants sont dans les régions du Nord, de l'Est et de l'Ouest. C'est à Amiens que Paris et les grandes villes s'approvisionnent de tous leurs vêtements confectionnés en velours. De nombreuses maisons de confection au détail n'ont pas de coupeurs : elles font leurs choix sur les collections qui leur sont adressées chaque saison et les commandes qu'elles reçoivent sont exécutées pour elles à Amiens. Il en résulte pour les, industriels amiénois l'obligation d'avoir chez eux un nombreux personnel de coupeurs sur mesure, d'autant plus habiles qu'ils ne doivent jamais se trouver en rapport direct avec les clients. Le recrutement de ce personnel spécial étant assez difficile, le Syndicat des confectionneurs en gros a institué, sous le patronage de la Société industrielle d'Amiens, un cours spécial de coupe de vêtements; ce cours est suivi très assidûment par plus de cinquante élèves coupeurs, qui deviennent des professionnels capables.

L'import. des vêtements pour hommes a augmenté ces dernières années, par suite de l'introduction croissante des confections allemandes et belges. L'installation à Paris de magasins de vente, succursales de maisons belges, a favorisé l'import. des confections pour hommes obtenues en Belgique dans des conditions de prix avantageuses. On voit le même fait se produire, en ce qui concerne surtout les confections de femmes, pour les produits anglais. Les augmentations constatées à l'export. semblent être moins la conséquence d'un progrès réel des affaires que d'une hausse des prix.

Dans son rapport relatif à l'année 1899 M. Paul Bessand dit :« Les tarifs protecteursétablis presque partout, les progrès faits dans un grand nombre de pays par la production locale, la concurrence très vive et surtout victorieuse des confectionneurs belges, allemands et autrichiens, sont des obstacles sérieux à l'extension de nos affaires sur les marchés étrangers. »

Commerce extéuieur de la France. — Nous donnons d'abord le mouvement des import, et des export. (C. S.) de vêtements confectionnés d'hommes et de femmes, par périodes décennales et moyenne annuelle, de 18G7 à 1896, en quantité et en valeur.

A l'import. comme à l'export. nous n'avons pour les deux périodes 1807-76 et 1877-80 que les totaux de vêtements pour hommes et pour femmes ensemble, totaux dans lesquels entrent les cravates et cols-cravates pour une somme d'ailleurs relativement minime (400.000 fr. environ à l'import., 1 million à l'export., dont les 4/u en cravates de soie); voici ces totaux :

Importations Exportations

Kilog. Francs Kilog. Francs

Pour la période 1887-96 nous pouvons donner séparément, d'après les Tableaux du Commerce, la moyenne annuelle des import, et export. (C. S.) des vêtements confectionnés tant pour hommes que pour femmes, à l'exclu- ■ sion des cravates et cols-cravates :

Importations

Pour Hommes Pour Femmes

Kilog. Francs Kilog. Francs

132.000 2.437.000 | 41.000 1.971.000 Exportations 1.026.786 15.752.936 | 339.466 31.429.839 Dans le total des export, de vêtements pour femmes, il entre 31.033 kilog. de vêtements en soie pour une valeur de G. 738. 182 fr.

Voici maintenant les chiffres relatifs aux trois années 1898, 1899 et 190G :

Vète.me.nts confectionnés (en milliers de kilog. et de fr.) ' Importations (C s.), poids net

Quant. Valeurs Quant. Valeurs Quant. Valeurs

Exportations (G. S.), poids net Pour Hommes

Pour honinies Pour femmes

Angleterre

Belgique

Allemagne

Suisse

Turquie

Etats-Unis

Colombie

Brésil

Uruguay

République Argentine

Chili

Haïti

Autres pays étrangers

Total

Valeur en l.OOOfr...

Algérie

Tunisie

Sénégal

Côte occident. d'Afrique ..

Madagascar

Indo-Chine

Martinique

Guadeloupe

Autres colonies et protecl.

Total général 1.214,4

Valeur en l.OOOfr... 17.1:58,8

VÊTEMENTS CONFECTIONNÉS

VIANDES

Pour Femmes

Aiiglelerre

Belgique

Allemagne

Suisse

Tnrqaie

Etats-Unis

Colombie

Brésil

Urogaay

République Argentine

Chili

Haïti

Antres pays étrangers

ToUl

Valeur en 1.000 fr...

Algérie

Tunisie

Sénégal

Côte occident. d'Afrique. . .

Madagascar

Indo-Chine

Martinique

Guadeloupe

Antres colonies et protect.

2fô,8

Total général 423.1 691 602.5

Valeur en 1.000 fr... 49.918,6 95.377.6 43.825,9 Pour les Têtements de femmes, les chiffres ci-dessus comprennent à la fois ceux en soie et ceux en autres tissus, que les Tableaux dn Commerce distinguent ; il est en effet intéressant de donner à part le relevé de nos export, de vêtements confectionnés en soie pour femmes ; le voici pour les années 1898 et 1899 :

Angleterre..

Allemagne .

Belgique . . .

Suisse

Etats-Unis. .

Autres pays ,

Kilos.

Kilog.

Valeur en fr.... 16.981.803 34. 063. 938

Le prix E. V. D. du kilog. de vêtements en soie ponr femmes était de 292 fr. 15 en 1898 et de 3.37 fr. 2i en 1899.

Pour l'année 1900, les chiffres déflnitifs de l'administration des Douanes n'ont pas encore été publiés (fin juillet 1901); nous ne pouvons donc donner qne les évaluations provisoires, qui sont, pour les vêtements en soie pour femmes, de 103.300 kilog. en quantité et de 34.836.892 fr. en valeur.

11 faut enfin considérer qne pour les vêtements, plus encore que pour beaucoup d'autres marchandises, on doit ajouter à l'export. visible, enregistrée par les bureaux de douane, l'export. invisible, ou pour mieux dire non constatée, parce qu'elle consiste en vêtements que portent sur \ eux les voyageurs ou visiteurs de passage. j

Douanes. — Comme tous les articles confectionnés en tissu, les vêtements, pièces de lingerie et accessoires du ! vêtement doivent acquitter le droit du tissu dont ils sont i formés, augmenté de la surtaxe de confection, lorsqu'ils ne comportent qu'un seul tissu, et le droit du tissu le plus ! imposé entrant dans leur composition, majoré de la même ' surtaxe, lorsqu'ils sont formés de plusieurs tissus. Ce droit est perçu sur le poids total des objets. On ne tient pas compte, pour le classement, des accessoires, tels que cols de velours, ganses de laine, revers, bordures, doublures, etc., pourvu que ces accessoires ne présentent pas ane importance ou une valeur anormale.

Les déclarants ont à produire, en vue de faciliter la vérification, un spécimen du tissu principal (1 dm. carré exactement découpé) ; faute de quoi, il est fait application do droit afférent an tissu le plus imposé.

La surtaxe de confection applicable aux vêtements est de 100 fr. au T. G., 50 an T. .M., par 100 kilog. nets.

Pour les vêtements en drap, on ne tient pas compte de la donblnre en tissu de coton, façonné ou non, on en tissu de coton on laine mélangée de soie: mais bien de la doublure en soie pure, qui donne aux objets une plus-value

sensible. Le droit exigible est alors celui des t Tissas desoie », avec la surtaxe de confection relative aux « Vêtements confectionnés », si ce droit est plus élevé que celai da drap.

Les vêtements et confections rerëtas de motifs en drap déconpé ou de sontaches appliqués an moyen d'one simple piqûre sont taxés comme < Vêtements confectionnés non brodés w; quand les motifs sont appliqués au moyen d'une broderie an point de chaînette formant décoration, le droit est celai des < Vêtements brodés et confectionnés ».

Les vêtements d'origine exlra-earopéenne importés des entrepôts d'Europe sont surtaxés en outre, par 100 kilog. nets, de 100 fr. ponr les tissus de soie oa de 3 fr. 60 ponr les autres tissus.

Commerce des Pays étrangers (Valeurs en milliers)

Royanme-Uni

.Xllemagne

Suède

.\utriche-Hongrie.

Suisse 1

Bulgarie

Serbie»

Turquie

pte .

Colonie dn Cap

Indes anglaises

— néerland. . . .

Chine*

Japon i

.\nstralie du Sud..

Victoria

NoQv.-Galles du S.

Etats-Unis»

Canada

ChiU

Uruguay 6

Unité de valeur

Lit. st. Marks Cour.

Roables Florins Francs

Lir. st.

Florins Hk.-tafls

Yen Liv. st.

Pesos Piastres

Importations

i.ofr

E.\p«rtations

• Année 1898. — " Année 1897.

1. Et modes. — 2. Confections, bonneterie et broderie. — 3. Et chaussures.— 4. Italian Clollis.— 5. Effets à l'usage des étrangers on des immigrants. — 6. Et lingerie.

Etats-Unis. — .\ Chicago seulement, les chiffres da commerce en gros des vêtements ont été pour 1899 de 28.750.000 dollars et pour 1900 de 35.500.000. auxquels il conviendrait peut être d'ajouter les manteaux et fourrures : 12.500.000 dol. en 1899 et 15.000.000 en 1900.

VÉTIVER. V. Essences de Parfumerie.

VI.VXDE SÉCHÉE. V. Charque, Conserves alimentaires, Saladero, Tasajo.

VIANDE SOLUBLE. V. Peptones et .VlbcmoseSv

A'I.VNDES.

Sommaire : .\Iimentation. — La viande à Paris. — Commerce extérieur de la France. — Douanes. — Commerce

international.

.Alimentation. — On désigne habituellement sons le nom de ciandes les parties comestibles des nombreuses espèces d'animaux qui entrent, d'ordinaire ou par exception, dans l'alimentation de l'homme. Les viandes comprennent donc non seulement la chair musculaire, le oinscle, dont la structure histologique est très voisine dans tonte la série zoologiqne, mais aussi d'une part les parties accessoires du muscle, comme le tissu conjonctif et adipeux, les nerfs, les vaisseaux, les tendons, les aponévroses, accessoirements les os, et d'autre partdes parties molles, comme le foie, les reins, la rate, les poumons, le cerveau, l'estomac et les intestins, le cœur, le sang., etc., appelées plus communément abats. (Voy. Abattoir.) Toutefois, le nom de viande est plus particulièrement réservé à la chair des animanx de boucherie et de quelques espèces domestiques. On distingue les viandes rouges ou noires (bœuf, mouton, gibier), plus riches en albumine et en hémoglobine, des viandes blanches (veau, ponlet, dindon), plus riches en gé-

VIANDES

VIANDES

latine; la viande de porc est une viande blanche qui appartient cependant, par sa teneur en albumine, à la catégorie des viandes noires. Il convient de noter que la viande de boucherie, par exemple, telle qu'elle est mise en vente, ne renferme pas, comme il a été dit, que du muscle, suivant la nature du morceau de viande, mais seulement 60 à 80 % au maximum de viande pure, le reste constituant les déchets.

Parmi les viandes des mammifères et des oiseaux, figurent non seulement celles des divers animaux domestiques de nos régions (bœufs, veaux, moutons, agneaux, chèvres et chevreaux, porcs, chevaux, ânes et mulets, lapins, pigeons, poules, canards, oies, dindons, pintades, etc.) et des pays exotiques (bisons, zèbres, yacks, buffles, rennes, etc.), mais aussi celles des innombrables gibiers de poils et de plumes, tant de nos contrées que des autres continents, et dont la longue nomenclature serait ici parfaitement inutile; cependant il faut mentionner, par curiosité, l'utilisation fortuite de certaines viandes, comme celle du chien, consommée en Chine, celle de l'écureuil dans certains comtés de l'Angleterre, celle du chat en France, celle des petits oiseaux chanteurs et particulit'rement du rossignol en Italie. Sans parler des populations très pauvres, qui mangent tout ce qu'elles trouvent, rats, chauves-souris, opossums, musaraignes, kangurous et sarigues, etc., il convient de noter que les Hindous prisent singulièrement le filet de tigre : il en est de même des indigènes de l'Afrique, qui estiment également beaucoup l'éléphant; mais ce goût ne semble pas partagé par les Européens, qui lui préfèrent le rhinocéros, 4ont la chair ressemble à la fois à celle du bœuf et du porc, et l'hippopotame. Les habitants des régions polaires consomment avec plaisir la viande de la baleine et du phoque, a plaisante au goût, légère à l'estomac »(?), et tous les chasseurs du Nord font grand régal de l'ours, dont les morceaux de choix sont la cuisse, la patte, la langue et le foie. Enfin, et quoi qu'on en ait dit , le singe a beaucoup d'amateurs, et Wallace affirme qu'il a la saveur du lièvre. Quant à l'homme lui-même, sa ciiair, surtout celle du Blanc, passe pour la plus exquise de toutes, sans doute parce qu'à la saveur qui lui est propre s'ajoute l'idée, rendue moins étrange par les applications récentes et heureuses de l'opothérapie (voy. Extraits organiques), que les parties mangées transmettent leurs propriétés et leurs qualités aux parties correspondantes de celui qui les mange.

Au reste, toutes ces viandes, à quelque espèce qu'on les emprunte, ont des propriétés alimentaires très voisines. En dehors de leur saveur particulière et des conditions culinaires spéciales dans lesquelles la plupart sont consommées, elles ne se distinguent que par leur teneur plus ou moins élevée en substances collagènes (donnant de la gélatine par l'ébullitionavec l'eau) et en graisses, la proportion de ces dernières entraînant, d'autre part, celle de l'eau. En effet la teneur en eau de la chair musculaire est d'une manière approximative inversement proportionnelle à sa teneur en graisse, comme le montrent les chiffres suivants, dus à Voit et qui s'appliquent à de la viande de bœuf plus ou moins maigre : Ceite viande :

Avec 1 % de graisse renferme 76 V. d'eau

— 347. - ol7. -

Chez les porcs très gras, dont la chair peut renfermer

jusqu'à oij Vo de graisse, la proportion d'eau tombe à 30 Vo.

Le tableau suivant donne, d'après Kônig, la com- j position centésimale des viandes les plus usuelles : m

Bœuf maigre .

— mi-gras

— gras. . . .

Veau

Mouton

— gras..

Porc

— gras

Lièvre

Poulet

Pigeon

Albumine

Eau

et gélatine

Graisses

D'après ces chiffres, on voit que la composition moyenne des animaux engraissés diffère assez notablement de celle des animaux ordinaires.

Voici maintenant, d'après le même auteur, la composition centésimale et moyenne des principaux organes mous ou abats:

Albumine Substances

Eau et gélatine Graisses extract. Cendres

Foie 71,6 19,9 3,6 3,3 1,6

neins 75,5 18,4 4,5 0,4 1,2

Poumons 79,9 15,2 2,5 0,5 1,9

Rate 75,4 17.8 4,2 1,0 1,6

Sang 77,8 20,4 0.2 0,7 0,9

Cœur et langue.... 70,1 21,5 ,7,4 0,2 0,8

De ces chiffres il ressort que les diverses viandes sont des aliments extrêmement riches, puisqu'elles renferment en moyenne 18 Vo d'albumine, représentés principalement par la myosine (globuline ou paramyosinogène). 100 grammes de viande dégraissée renferment en moyenne, suivant Bunge : 0,;; de potasse, 0,08 de soude, 0,01 de chaux, 0,04 de magnésie, 0,5 d'acide phosphorique, 0,07 de chlore et 0,006 d'oxyde de fer. Le phosphate de potasse vient en première ligne (les 2/3 environ), puis le phosphate de magnésie et de chaux, enfin le chlorure de sodium.

La digestibilité de la viande pure est très considérable; c'est ainsi que, d'après Munk et Uffelmann, l'albumine de la viande de bœuf rôtie est absorbée à 3 Vo près et les matières minérales à 8''/„ près seulement ; la graisse, quand elle est peu abondante, est également bien absorbée (à 5-7 "/„ près), mais quand elle est, au contraire, en grande quantité, sa digestibilité diminue beaucoup et diminue également la digestibilité des matières albuminoïdes. Certaines expériences d'Uffelmann tendent à montrer que la viande crue a une digestibilité un peu moins forte que la viande rôtie ou étuvée; mais ce résultat a été contesté par d'autres expérimentateurs, qui ont prouvé que la viande crue est aussi digeste que la viande cuite et peut même, à ce point de vue, l'emporter sur cette dernière, si elle est convenablement réduite en pulpe, .\joutons enfin que les viandes jeunes (veau, jeunes poulets, etc.), quoique moins riches en albumine, semblent douées d'un pouvoir digestif plus grand que les viandes faites ou d'adultes, probablement par suite de la délicatesse des fibres musculaires, moins imprégnées de tissu conjonctif et de graisse ; de plus, ces viandes renferment une proportion plus faible de substances extractives, lesquelles sont douées, comme on sait, de propriétés plus ou moins irritantes.

Au point de vue social, il n'est pas sans intérêt de rappeler que les peuples qui se nourrissent surtout d'aliments végétaux ont une émotivité, une sensibilité moindres, particulièrement à l'égard des

VIANDES

VIANDES

traumatismes, plus d'endurance et de passivité iiue les populations carnivores, qui se distinguent an contraire par leurs tendances à l'activité et au mouvement. C'est à leur alimentation, riche en viandes saignantes, que La Mettrie, Geoffroy Saint-Hilaire et Buckle attribuaient le caractère entreprenant, énergique et conquérant des Anglais; c'està l'usage du riz et des aliments végétaux de même ordre que ces mêmes auteurs imputaient la mollesse, l'insouciance, la servilité des Orientans. Le fait est qne les peuples conquérants et vainqnenrs,soit dans les luttes militaires, soit dans les luttes économiques, ont toujours une alimentation plus riche en albumine et souvent plus animalequeceux dont ils triomphent, parce que sans doute l'albumine, celle de la viande surtout, dispose mieux à l'effort et au combat.

Les viandes diffèrent entre elles, comme il a été dit, par les proportions relatives de leurs divers principes essentiels: ces variations entraînent corrélativement une différence dans les propriétés organoleptiques.C'estainsi que la saveur spéciale dechaque espèce de viande parait due surtout à la quantité des matières exlractives qu'elle renferme, à la nature de sa graisse, ainsi qu'aux conditions d'âge, de race et d'alimentation antérieure. Cette saveur est au surplus singulièrement accrue et modifiée par la forme de la préparation culinaire et par les aromates et épices qu'on ajoute à cette préparation. D'autre part, la viande des vieux animaux est dure et coriace, tandis qne celle des jeunes animaux est plus tendre et délicate; le degré d'engraissement intervient aussi et, quand il n'est pas poussé trop loin, il améliore la chair musculaire. Ajoutons enfin que, d'une manière générale, la viande des herbivores est meilleure, plus agréable que celle des carnivores, qui est plus noire, moins appétissante et possède souvent une odeur forte et peu avenante.

La viande des animaux fraîchement abattus est dure et résistante: aussi ne la consomme-t-on qu'après la disparition de la rigidité cadavérique, car alors l'acide lactique qui se forme aux dépens du glycogène des muscles gonfle et dissocie en partie le tissu conjonctif et rend ainsi la chair moins ferme. Chez certaines espèces dont la chair est particulièrement dure (les gros gibiers notamment) on réalise artificiellement la macération en faisant mariner les morceaux choisis dans le vinaigre dilué; chez d'autres on laisse la mortification aller beaucoup plus loin que la disparition de la rigidité cadavérique : on va jusqu'à un commencement de décomposition (faisandage). .Mais ce procédé, vanté par quelques gourmets qui y cherchent un moyen d'augmenter le fumet de la viande, n'est pas à recommander, car il donne naissance à des produits toxiques (ptomaïnes).

Les diverses préparations culinaires de la viande ont pour but d'augmenter et de varier la saveur des mets. Ces préparations, qui ont pour base l'application de la chaleur, ont un autre avantage : elles détruisent les parasites divers (trichines, cysticerques, etc.) que les viandes peuvent contenir, mais seulement à la condition'que la température centrale des viandes préparées dépasse 70° ctg., ce qui ne peut guère s'obtenir que pour les viandes bouillies ou cnites à l'étuvée: pour les viandes rôties ou grillées, qui sont restées saignantes à l'intérieur, cette température n'est pas atteinte et par conséquent les dangers d'infection par les parasites restent presque aussi grands. Quand ces dangers sont à craindre, quand

les animaux sont suspecLs (même à l'égard des maladies bactériennesi, il faut recourir à la cuisson prolongée, sous forme de viandes bouillies ou de ragoûts.

Le rôtissage et le grillage sont les procédés de cuisson qui relèvent le plus le goût des viandes, car l'action dn feu nu donne naissance, à la périphérie des morceaux, à l'osmazôme, substance complexe, empyreumatique, extrêmement savoureuse et qui représente un puissant eupeptique. L'osmazôme se produit également quand on fait revenir les viandes avant de les mettre en ragoût, mais il est beaucoup moins abondant dans les viandes simplement bouillies, bien qu'il en existe des traces dans le bonillon.

Ces diverses préparations permettent l'adjonction de légumes herbacés ou féculents et de pain, qui viennent compléter, avec la viande et la graisse qu'elle renferme naturellement ou qui a servi à la cuire, la série des principes essentiels que doit renfermer toute ration. La viande, convenablement associée à des légnmes ou à du pain, constitue donc un aliment complet, riche et digeste, et dont la valeur plastique et dynamogène est très grande. (Voy. Alimestatio.n.) C'est l'aliment d'usage en quelque sorte normal pour l'adulte fournissant un travail moyen.

La viande s'altérant spontanément et se putréfiant avec une grande rapidité, on a imaginé un grand nombre de procédés pour la conserver pendant plus ou moins longtemps avec ses qualités alimentaires essentielles. Les principaux procédés sont l'enrobage (surtout pour les charcuteries et les pâtés, confits, rillettes, etc.), la chaleur, la dessiccation (pemmico, tasajo), le salage, le fumage et la frigorification. Ces divers procédés ont été étudiés à l'article Conserves, auquel je renvoie. (Voy. aussi Falsifications et altérations des Substances alimentaires . )

Enfin, dans un but thérapeutique, on se sert non seulement de pulpe de viande crue (mouton de préférence an bœuf, à cause des parasites), mais aussi d'extraits et de poudres de viande, et de dérivés divers, peptones, albumoses. et d'un grand nombre d'autres produits à base de viande, dont les propriétés alimentaires et thérapeutiques sont loin de toujours répondre aux belles promesses de la réclame. (V. Extraits DE Viande, Foudres de Viande, Peptones ET Albumoses.) D' J. Laumonier.

La Viande a Paris. — Voici le relevé de la consommation de la viande à Paris an cours des années 1890-1900 (d'après le Bulletin du Ministère de l'agriculture) :

ne boucherie De porc Total

Années Kilog. Kilog. Kilog.

Les viandes vendues aux Halles Centrales (voy. ce mot), à la criée ou à l'amiable, sont presque en totalité de provenance française : on n'a compté en 1899 que 247.709 kilog. de bœuf venant de Suisse sur un total de plus de 16 millions 1,2 et 102.920 kilog. de porc frais venant de Belgique sur plus de o millions 1/2.

VIANDES

VIANDES

Les principaux départements qui fournissent Pa ris sont (en milliers de kilog.) :

Bœuf Veau

Seine 10.281

Calvados

Sarthe

Charente-lnfér. . , Vienne (Haute-) . .

Vienne

Manche

Charente

Orne

Enre-el-Loir

Maine-et-Loire . . .

Seine-et-Marne . .

Sèvres (Deux-) . ..

Eure

Nièvre

Indre-et-Loire

Indre

Loir-et-Cher

Seine-et-Oise

Yonne

Aube

Mayenne

Oise

Mouton

Porc

Totaux

Totaux : kilog.. 16.418 19.132

(arec les autres départ.)

D'après M. Armand Husson (les Consommations de Paris, 1856), les quantités de viandes de boucherie et de porc consommées à Paris depuis le commencement du XIX'' siècle ont été en moyenne annuelle, par 1.000 kilog. :

De boucherie

De 1799 à 1808 37.054

De 1809 à 1818 38.355

De 1819 à 1830 43.710

De 1830 à 1840 44.295

De 1841 à 1850 50.845

De 1851 à 1854 62.515

On trouvera au mot Boucherie le prix moyen des viandes à Paris depuis 1850. (Voy. aussi Abattoir, Charcuterie, Halles.)

CoM.MERCE F.xTKiuEUH DELA Fhance. — Les import. et export. (C. S.) de viandes fraîches de boucherie, mouton, porc, bœuf et autres, puis de viandes salées de porc (jambon et lard), de bœuf et autres, ont donné les chiffres suivants, par périodes décennales et en moyenne annuelle, de 1867 à 1896 (en milliers de kilog. et milliers de fr.) :

Importations

De porc 5.494 7.370 9.510 9.474 10.581 10.814

Viandes fraîches de

boucherie

Viandes salées :

Porc, jambon, lard..

Bœuf et autres

Quant.

Val. Quant. Val.

Viandes fraîches de

' boucherie T94

Viandes salées :

Porc, jambon, lard.. ) , „., Bœuf et autres t *•'"'

Quant.

Val.

Jusqu'en 1891 les statistiques commerciales ne distinguaient pas les viandes fraîches de mouton, de porc, de bœuf et autres; elles les confondaient sous la dénomination de «viandes fraîches de boucherie»; elles les distinguent depuis l'année 1892.

Ces import, et e.xport. (C. S.) ont été, pour les années

Viandes fraîches de boucherie (en milliers) 1898 1899 1900

Kilog. Fr. Kilog. Fr. Kilog. Fr.

Mouton 453 711

Porc 2.928 3.806

Bœuf et autres 1.698 2.344

Exportations

Mouton 50

Porc 1.300

Bœuf et autres 2.307

Viandes salées (en milliers)

Importations Kilog. Fr. Kilog. Fr. Kilog. Fr.

Porc, jambon et lard 6.390 9.585111.470 18.35218.676 13.882 Bœuf et autres 139 139| 137 130| 160 158

Exportations Porc, jambon et lard 1.325 2.0541 1.010 1.66711.293 2.134 Bœuf et autres 46 46| 69 65| 218 207

La charcuterie fabriquée donne lieu à un commerce considérable. Il en a été importé : 1.542.034 kilog. pour 3.855.086 fr. en 1898, 1.776.872 pour 4.797.554 en 1899, et 1.776.600 pour 4.796.820 en 1900. L'export., moins importante, a été de 344.187 kilog. pour 860.408 fr. en 1898, de 438.187 pour 1.183.105 en 1899, et de 434.600 pour 1.173.420 en 1900. (Voy. aussi Charcutehie.) Pour les Extraits de viandes, voy. ce mot. Pour les Conserves de viandes, voy. Conserves alimentaires.

Pour le Gibier, voy. ce mot.

Quant aux conserves de gibier, voici les chiffres des import, et export. (G. S.) pour ces trois dernières années (quantités et valeurs en milliers) :

Kgr. Fr. Kgr. Fr. Kgr. Fr. Importations... 2,7 18,6 1 2,4 16,8 1 2,9 20,3 Exportations... 19,6 157,1 | 17,3 138,1 | 30 239,2 DÉTAIL, POUR l'année 1899, des import, et export, des diverses viandes :

Importations de Viandes fraîches (en kilog.)

Provenance Allemagne.. .

Angleterre . .

Australie

Belgique

Espagne

Italie

Pays-Bas

Bépubl. Argent.

Bœuf 23.723

Veau Mouton

Porc

Suisse 1.105.877

Ces chiffres, empruntés aux statistiques du Ministère de l'agriculture, ne concordent pas exactement avec ceux des Tableaux du Commerce pour la même année: ainsi la Belgique figure dans ces tableaux pour 5.227.719 kilog. et les Pays-Bas pour 1.734.755 de porc; la Suisse pour 1.100.932 kilog., la Belgique pour 280.412, les Pays-Bas pour 131.180 de bœuf; la Bépublique Argentine pour 191.119 kilog. de mouton.

Importations de Viandes salées (en kilog.)

Provenance

Angleterre

Allemagne

Pays-Bas

Belgique

Suisse

Autriche-Hongrie

Italie

Etats-Unis

Autres pays

La Statistique du Ministère de l'agriculture nous fournit les chiffres suivants des import, de viandes de porc salées d'Amérique, par bureaux de douane, en kilog. :

Dunkerque 318.060

Boulogne 1.186.322

Dieppe 26.661

Le Havre 2.240.100

Marseille 3.280.583

Total pour 1899 9.392.026

Ce total est presque le double de celui de 1898 (4 millions 741.942).

Voici maintenant le détail des export. (C. S.) pour l'année 1899, en distinguant toujours entre les viandes fraîches et les viandes salées :

Exportations de Viandes fraîches (en kilog.)

Destination Bœuf

Mouton Porc et autres

Allemagne » 32.154 337.828

Suisse 19.072 10.295 467.621

Porc, jambon

B(T'Uf

lard

et autres

VIANDES

VIANDES

Porc

B«cal

et «utre»

Destiuauon

Mouton

Angleterre 297.258

Saint- Pierre et pêche »

Algérie "

Provisions de bord »

Autres pays 18.385

Exportalions de porc, jambon et lard (eo kilog.), en :

Tunisie 5.577

Sénégal 34.876

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