VOYAGE (ARTICLES DE
Un service régulier (départ tous les 15 jours) existe entre Odessa et Vladivostok, par Port-Saïd, Périm ou Aden, Colombo, Singapore et Nagasaki. Le trajet dure 40 jours.
La Flotte Volontaire possède de vastes ateliers de réparations à Odessa. A Vladivostok, de puissants brise-glaces assurent l'accès du port en hiver.
VOLT. Unité électrique pour la mesure de l'intensité des courants. (Voy. Unités électriques.)
VOLU31ÈTUE. V. Aréomètre.
VOYAGK (Articles de) : Sacs et Trousses. — A mesure que les relations de peuple à peuple devinrent plus étendues, le besoin de grouper pratiquement dans un contenant d'espace restreint et de maniement facile les objets de toilette que l'on emportait en voyage, se fit sentir plus vivement. Jusqu'à l'époque de Louis XVI les nécessaires étaient des coffrets en bois ornés de ferrures ou de cuivres artistiquement ciselés ou simplement polis; l'intérieur était gainé en velours ou en maroquin. Leurs dimensions étaient souvent celles de petites malles, ce qui s'explique par la grande diversité d'objets qui y étaient contenus. On déployait un grand luxe dans la confection de ces nécessaires, dont la vogue se maintint grandissante jusqu'à la Restauration. Napoléon I" avait un faible pour ces objets; il en avait fait son cadeau de prédilection, et la plupart des maréchaux et des hauts dignitaires auxquels il voulait donner une preuve de sa faveur recevaient des nécessaires d'un prix élevé et d'une somptuosité parfois remarquable.
Jusque vers 1845 les nécessaires de voyage conservèrent le même aspect. A partir de cette époque, le sac à trousse en cuir commença à se répandre. Les premiers spécimens nous arrivèrent d'Angleterre, dont les produits jouirent pendant longtemps d'une grande renommée.
La France, à laquelle revient le mérite delà création du sac de voyage simple, sans garnitures de toilette, a acquis de nos jours une réputation justifiée quant à la production des trousses et sacs à trousse; l'humble sac de nuit, ou sac chemin de fer, dû à l'imagination de Pierre^ Godillot, qui tenait vers 1825 le Bazar du Voyage dans la rue Montorgueil, à Paris, s'est transformé : il est devenu un article élégant, confortable, luxueux même, qui répond à tous les besoins du progrès moderne.
Les Allemands et les Américains fabriquent actuellement des sacs de voyage de très bonne qualité, sans cependant atteindre le fini du travail et le cachet artistique des articles similaires qui sortent des ateliers français.
Malles. — La malle proprement dite ne remonte guère qu'à 1780. De cette époque à colle des premiers chemins de fer, on avait, pour les berlines, deux énormes colis en cuir : l'un, appelé vache, de forme généralement carrée, se plaçait sur le dessus de la voiture; l'autre, plus petit et souvent construit de façon à épouser les contours de l'avant-train, avait parfois un aspect bizarre; il était dénommé veau. (Ces termes doivent provenir de la dimension même des colis, le premier nécessitant une peau entière de vaciie, et celle d'un veau étant suffisante pour le second.)
La maison Lavolaille, alors rue Saint-Benoît, qui s'était fait une spécialité de ces articles, ne créa, en effet, sa malle dite voyageur que vers 1835 et ses ■marniottes qu'en 1845.
La marmotte est une malle composée de deux par-
ties rentrant l'une dans l'autre et dont l'intervalle s'agrandit suivant les besoins. Aux États-Unis d'Amérique, où ce modèle est très commun, le mot télescope désigne mieux son usage et ses propriétés.
A cette époque les coffretiers étaient chargés de la fabrication des malles — depuis ils sont devenus les coffretiers, layeliers, emballeurs (Voy. Caisses, emballage) — et la malle la plus en usage était celle de forme longue, étroite et basse, avec couvercle bombé entièrement recouvert de peau de truie, à laquelle on conservait les soies. Ce modèle est encore très connu.
De 1830 à 1855 la maison Pierre Godillot fit beaucoup pour le développement de l'article de voyage; c'est là que prit naissance la malle jumelle, sorte de grande valise en cuir sur carton, s'ouvrant au milieu, et dont l'emploi se généralisa très rapidement, surtout en Angleterre, où elle jouit encore d'une très grande vogue.
La malle en bois était presque universellement de forme bombée sur le dessus, et celles de Pierre Godillot, plus tard Walker (Bazar du Voyage), se reconnaissaient à leurs fers ajourés.
En 1854 la maison Louis Vuitton fut fondée rue des Capucines, et l'on peut dire que de cette époque date la véritable transformation de la malle. Ouvrier hors ligne, Louis Vuitton modifia complètement la malle et se plaça, dès son début, à la tête de cette industrie. Par ses créations successives il nous procura les articles pratiques qui permettent aux plus exigeants de voyager avec tout le confortable possible.
Nous lui devons l'exportation de la malle de luxe, car nous ne pouvons compter comme exportation les malles ordinaires substituées aux caisses par la commission pour les envois de marchandises. En effet, après s'être installée rue Scribe en 1871 et avoir agrandi ses ateliers, la maison Vuitton ouvrit une succursale à Londres même, en 1885 (Oxford Street). En 1889 le magasin fut transféré au Strand, et cette année (1901) la maison Vuitton de Londres s'est transportée au 149 de New-Bond Street, que l'on peut appeler la rue de la Paix de Londres.
De plus, M. L. Vuitton a créé deux dépôts aux États-Unis, à New-York et à Philadelphie, et la meilleure preuve de la supériorité de ses produits, c'est que tous les modèles étrangers s'inspirent actuellrment de sa fabrication.
Pourquoi la France n'exporte-t-elle pas de malles, alors que l'Angleterre, l'Allemagne, la Belgique et les États-Unis en exportent de grandes quantités? La faute en est à notre administration. En effet, l'article de voyage, la malle en particulier, ne jouit d'aucun avantage pour les transports; tandis que les meubles en caisse voyagent aux tarifs de la 3" sérif, la malle, non classée, subit les exigences de la première série; et toutes les réclamations de notre seul exportateur (M. L. Vuitton) sont demeurées sans résultat.
Un journal technique des États-Unis, The Trunks, leather goods and umbrellas' Record, publié à Philadelphie, donnait dans une récente correspondance^ du consul des États-Unis à Madagascar le rens gnement suivant : « M. P.-H. Golaz, négociant pectable de Tamatave, cherche des fabricants| malles. Prière à nos industriels de lui envoyer catalogues, etc. » Ainsi, dans une colonie frança c'est le consul américain qui signale à ses cotai triotes les besoins des négociants du pays. Auc^
trace sans doute des besoins de M. Golazoude tout autre importateur de Madajçascar n'existe au Ministère du Commerce ou au Ministère des Colonies, encore moins dans les communications à nos Chambres de commerce ou à nos Chambres syndicales.
VOYAGKL'K l)K COMMKiiCK. Commis-vendeur en gros, ambulant, de tout genre de marchandises: soit (en titre) suivant un itinéraire tracé par sou chef de maison, avec appointements fixes mensuels (variant entre l'M et 500 fr.) et indemnité de route (15 à Èo fr. par jour), ou bien 25 à 80 fr. par jour sans appointements mensuels et en plus, dans les deux cas, un tant pour 100 sur les affaires; soit (à la coinmifitiion} voyageant selon sa propre initiative, sans appointement ni indemnité, mais seulement avec un intérêt sur les affaires faites (variant entre 1 et 10%); soit enfin voyageant avec la carte de plusieurs fabricants.
On l'appelle aussi coHj/Mîs-poi/a^eur. Le premier terme implique une idée plus large de voyage plus éloigné, même à l'étranger ; le second terme est plutôt approprié à l'idée de voyage commercial en France seulement. On dit: voyageurde commerce en tissus, produits chimiques, quincaillerie, etc. Il y a des voyageurs decommerce voyageant pour compte de commissionnaires-exportateurs, d'autres pour compte d'un ou de plusieurs fabricants.
Le voyageur de commerce est un simple employé et souvent un fondé de pouvoirs de la maison qu'il représente : dans ce dernier cas, il a plus de poids auprès de la clientèle à visiter. Il a mission de recueillir des commandes ou de faire des achats de certains produits spécifiés par sa maison, de s'enquérir des besoins de sa nouvelle clientèle, de revoir l'ancienne et de répondre à ses réclamations éventuelles. Il doit savoir bien parler, connaître la langue du pays qu'il visite, connaître à fond non seulement le ou les produits qu'il offre en vente ou est chargé d'acheter, mais encore les produits similaires vendus ou achetés par ses concurrents, tant nationaux qu'étrangers.
Le voyageur de commerce français doit bien se garder de dénigrer les produits de ses concurrents français. Il doit, en cours de route, informer sa maison de tout ce qui peut l'intéresser et lui adresser soit des renseignements de banque sur la solvabilité, etc., des clients anciens et nouveaux, soit des indications sur les conditions d'affaires à traiter, les particularités commerciales et industrielles, les goiits du pays, soit des échantillons des produits concurrents que sa maison devrait fabriquer aussi, etc.
Le quantum de la rémunération du voyageur de commerce varie suivant son âge, ses capacités, la durée du voyage, son plus ou moins grand éloignement de la mère-patrie, la nature du pays qu'il visite, le nombre des langues qu'il parle, le nombre des articles et maisons qu'il représente, la quantité des colis d'échantillons qu'il transporte avec lui ; aussi ce taux de rémunération variet-il entre 15 et 80 fr. par jour, frais d'hôtel, de transport (par chemins de fer et vapeurs) inclus ou non, avec ou sans intérêt sur le ciiitfre d'affaires faites ou sur le bénéfice net sur les affaires après encaissement.
Mais, plus le voyageur sera intéressé dans l'entre- 'prise, mieux cela vaudra pour la maison qui l'emploie (à condition, bien entendu, qu'il soit un homme capable), car ainsi il pourra faire meilleure figure
dans le pays qu'il traversera, et il sera de ce fait mieux accueilli. En outre, il aura moins de tentation, sa tournée terminée, de quitter sa maison pour profiter de la clientèle visitée par lui et s'installer à son propre compte'.
Voy. COM.MISSION, COMMISSION.NAIRES.
Nous extrayons les utiles avis qui suivent du Bulletin de la Chambre de commerce française de Genève (août 1901) :
« Lorsqu'un voyageur de commerce français part d'une ville française possédant un bureau de douane, il doit faire estampiller ses échantillons à ce bureaa et prendre le passavant qui lui sera nécessaire pour obtenir la rentrée en franchise à son retouren France.
» S'il part d'une ville n'ayant pas de bureau de douane, il devra s'arrêter à la frontière française pour faire procéder à l'estampillage de ses échantillons et prendre aussi un passavant qui lui sera indispensable à son retour pour rentrer en France.
» Dans les deux cas, les voyageurs devront faire constater par les bureaux de douane français des frontières par où ils pénètrent à l'étranger, la sortie de leurs échantillons. Cette sortie est constatée par le timbre du bureau de douane apposé sur le passavant avec les mots : « Vu, sortir. » S'ils ne prennent pas cette précaution, les bureaux frontières, au retour en France, peuvent refuser de décharger le passavant et faire payer les droits d'entrée prévus au tarif français.
» Ce passavant facilite en outre beaucoup la levée des passavants étrangers par la nomenclature qu'il renferme des échantillons des voyageurs.
» Les passavants étrangers sont déchargés à la sortie do pays dans lequel ils ont été pris et la somme déposée en est remboursée au voyageur qui en a fait constater la sortie. »