‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 162 sur 1134 · FORCERIES · texte numérisé non relu

FORCERIES

porte électriquement dans les usines près de 5.500 ch. fournis par les chutes d'eau.

Les statistiques américaines nous apprennent que dans le Continent Nord on transmet électriquement plus de 200.000 ch. à des distances dépassant 130 kil. et sons des tensions atteignant 40.000 volts. L'utilisation des chutes du Niagara a permis de distribuer aux usines environnantes une puissance électrique représentant 20.000 ch. sous une tension de H.OOO volts, et en 1900 on espère porter cette puissance à 40.000 ch., qui seront distribués électriquement sous une tension de 22.000 volts.

En présence de ces résultats, qui prouvent surabondamment que l'électricité permet aujourd'hui de mettre en valeur des forces jusqu'à présent inutilisables, l'administration des travaux publics s'est préoccupée de faciliter légalement le développement d'entreprises de nature à produire une véritable évolution industrielle. Un projet de loi est actuellement soumis aux Chambres pour réglementer les applications de cette nature.

Quant aux transmissions électriques des usines, ayant pour but de substituer aux anciens procédés mécaniques celui qui présente des avantages si considérables et qui consiste à actionner directement ou par des transmissions mécaniques simples, les outils, par des électromoteurs, lesquels sont eux-mêmes mis en mouvement par le courant électrique provenant d'une station génératrice d'électricité, elles sont maintenant entrées dans la pratique courante.

Enfin, une autre application du transport électrique de l'énergie, qui a pris également un développement énorme dans tous les pays, consiste dans la traction des tramways par conducteurs aériens ou souterrains avec prise de courant par trolley ou par d'autres systèmes, qui seront examinés à l'article Traction électrique. G. Dumont.

FORCE COERCITIVE. On désigne ainsi la cause qui s'oppose à l'aimantation immédiate de l'acier quand on le soumet à l'influence d'un pôle d'aimant. Cette force maintient l'aimantation qui a été produite par le contact prolongé de l'acier avec un aimant énergique. G. D.

FORCE ÉLECTROMOTRICE. Nom donné à la cause qui détermine le mouvement de l'électricité dans un circuit. On l'a comparée à la pression que détermine dans une conduite d'eau l'action d'une pompe ou celle d'un réservoir élevé plein d'eau avec lequel la conduite se trouverait en communication. L'unité de mesure pratique de la force électromotrice est le volt. (Voy. Unités de mesures électriques.) G. D.

FORCE MAGNÉTIQUE. Force attractive des aimants. Le globe terrestre possède une force magnétique qui dirige une aiguille aimantée librement suspendue par son centre. G. D.

FORCE MAJEURE (Cas de). On appelle force majeure une puissance à laquelle on ne peut résister. Le cas fortuit est tout événement que la prudence humaine ne saurait prévoir.

Les cas de force majeure peuvent provenir de faits naturels : inondations, tremblements de terre ; du fait de l'homme: guerre civile ou étrangère; du fait du prince : expropriation pour cause d'utilité publique, fermeture d'un théâtre par arrêté municipal pour scandale causé par la présence d'un acteur sur la scène.

Comme exemples de cas fortuits citons les gelées.

les incendies, les tempêtes en mer, la maladie. Les grèves sont des cas fortuits, à la condition qu'elles ne soient pas la conséquence d'une faute de la part du patron qui s'est engagea fournir un produit: par exemple, s'il a diminué les salaires d'une manière intempestive et arbitraire, s'il montre des exigence» exagérées. Pour le commerçant qui s'est engagé à fournir telle marchandise, la grève d'une usine fabriquant le produit ne sera un cas fortuit que si dans le contrat il a été stipulé que la marchandise devait provenir de l'usine même dont le personnel est en grève.^

Lorsque, par suite d'un cas fortuit ou de force majeure, un débiteur a été dans l'impossibilité d'exécuter son obligation, il il'est tenu à aucuns dommagesintérêts envers l'autre partie. (C. civ., art. H48.) C'est au débiteur à faire la preuve qu'il y a eu force majeure ou cas fortuit. E. P.

FORCERIES ou Grapperies. On nomme forceries ou grapperies des serres sous lesquelles on cultive des vignes, d'autres arbres fruitiers, tels que pêchers, petits cerisiers nains, ananas, des fraisiers, des fleurs, des primeurs. (V. Fruits frais.)

On obtient ces fruits, ces primeurs, à des époques devançant beaucoup les époques habituelles de ces productions. Ces serres sont chauffées à l'intérieur, soit par la fumée et les produits de la combustion de la houille, circulant dans de larges tuyaux de poterie placés sur le sol, soit par de l'eau chaude, à l'aide de thermo-siphons. Les vitres sont destinées à laisser passer toute la lumière. On a donc intérêt à employer du verre aussi épais que possible, afin de concentrer la chaleur à l'intérieur, et de perdre moins de température par rayonnement. Le verre coulé est d'un emploi tout indiqué.

La Belgique, l'Angleterre ont donné naissance à cette industrie, et on s'explique facilement le pourquoi de cette création, lorsqu'on sait que, pour obtenir un kilog. de raisin, il ne faut pas moins de 39 à 40 kilog. de houille. Or, la Belgique étant un centre industriel important au point de vue du verre à vitre, de la houille et du fer, cette création spéciale d'industrie horticole y était tout indiquée. Dans les environs de Bruxelles, à Hoeylaert, notamment, il y a environ 33 hectares de serres cultivées par 240 cultivateurs. En 1890, on a importé en France 45.750 kilog. de raisins (raisins noirs pour la plupart). Un droit protecteur de 0 fr. 50 par kilog. ayant été établi à l'entrée en France, l'import. a été arrêtée. Cette industrie s'est implantée alors dans le nord de la France, à Roubaix, Tourcoing, Bailleul. Nous avons créé un établissement important à Quessy, près Tergnier (Aisne). Actuellement nous produisons régulièrement, méthodiquement, et nous sommes d'avis de diminuer considérablement les droits d'entrée; sinon cette fabrication va s'accroître, et, l'offre dépassant la demande, les prix vont s'avilir en même temps que la qualité du produit.

La production belge ne s'est pas ralentie, son export, s'est déplacée. En 1893, la Belgique a expédié en Angleterre 136.600 kilog. de raisins. L'Angleterre produit maintenant beaucoup de raisin.

Les producteurs belges se sont syndiqués pour la production et pour la vente : ce syndicat fait en commun les achats de charbon, de bois, de verre, organise la vente, se renseigne sur les besoins des pays étrangers, de façon à ne pas encombrer les marchés; il a remédié à une ruine inévitable et a permis à la production de se maintenir, au producteur de trouver

FORMOSE

FORMOSE

nn produit rémunérateor, grâce à l'entente de tons les adhérents.

A côté de ce système de culture forcée, une iudostrie sœur, conséquence pour ainsi dire de la première, sert de régulateur à l'approvisionnement du marché.

Toute forcerie bien organisée comprend une vaste chambre à l'abri de la lumière, de la ventilation, ayant nne température déterminée, aussi régulière que possible : c'est la réserve. Là se trouve nne quantité de petites bouteilles remplies d'ean contenant généralement du glucose, du charbon de bois pulvérisé; chaque flacon contient, plongé dans le liquide, un cep de vigne et sa grappe. C'est là que se conserve le raisin; c'est là qu'on le prend pour l'emballer et l'expédier dans les grandes villes et à Paris.

Les pris varient suivant la saison, suivant l'abondance des produits, mais surtout d'après la qualité des fruits. L'habileté du jardinier, du chef de culture, est un élément considérable de succès dans cette culture spéciale. J. Hexrivaux.

FORCLUSION. V. Faillites.

FORÊTS (Exploitation des bois et). V. Bois.

FOREUSE ÉLECTRIQUE. Appareil mécanique employé pour le percement des mines et dans lequel la force qui détermine le mouvement du foret est transmise électriquement. G. D.

FORLI. (Italie : Emilie.) Chef-lieu de la province de ce nom, sur la ligne ferrée Bologne- Ancône, à 61 kil. de Bologne. Pop. : 47.092 hab. La province de Forli, avec une sup. de 1.879 klL c, a une pop. totale de 280.333 hab.

Comme industries, nous pouvons citer : 8 mines de soufre à Théodorana, Sogliano, Cesena et Mercato-Saraceno,peu exploitées; 6 raffineries et 5 moulins à soufre ; ateliers des chemins de fer de l'Adriatique à Rimini ; 7 usines mécaniques ou fonderies : 23 carrières de plâtre ; 45 briqueteries ; 29 fours à chaux et 25 à plâtre ; 1 verrerie occupant 110 ouvriers : 2 poudreries ; 6 fabriques d'allumettes en bois, 4 de savon, 1 de chandelles^ 2 de vernis; 229 moulins ; 19 fabriques de pâtes alimentaires ; 6 fabriques de bière et d'eaux gazeuses ; 8 moulinages de soie ; 1 filature et tissage de laine ; 2 tissages de lin et coton, 21 teintureries, 64 fabriques de cordages, 10 fab. de chapeaux de feutre, etc.

La province a quelques bonnes sources d'eaux minérales : Fratta, Loreta et Tettuccio.

Chambre de commerce à Forli et à Rimini : chaire ambulante d'agriculture à Rimini, où se trouve également une école d'arts et métiers : école pratique d'agriculture à Cesena. Banque d'Italie (succursale) à Forll. He.vry Blaxg.

FORMAT. Dimension d'un livre imprimé. Quand une feuille imprimée est pliée, elle contient nn certain nombre de feuilles: 2,4, 8, 16, etc., suivant le mode de pliage, et un nombre de pages qui est le double du nombre de feuilles qui spécifie le format: Vin-piano ou atlantique, pour les atlas et estampes, n'a qu'une feuille et 2 pages ; l'in-folio a 2 feoilles et 4 pages ; l'in-quarto, 4 feuilles et 8 pages ; Vin-octaro, 8 feuilles et 16 pages ; l'indouze, 12 feuilles et 24 pages ; l'in-seize, 16 et 32 pages ; l'in-dix-huit, 18 et 36,* etc.

FORMOSE. (En chinois Tai-Wan.) Grande île, de 400 kil. de longueur env. sur 100 à 200 kil. de large (snp. : 38.800 kil. c. env.), située à l'E. delà Chine, entre 121' 15' et 122» 5' long. E. de Greenwich, 25» 19' et 21* 54' lat. N., en regard de la province de Fokien,

dont elle est séparée par le détroit de même nom, large d'au moins 150 kil. .\ppartient aux Japonais depuis le traité de Simonosaki (17 avril 1895), par lequel a été terminée la guerre sino-japonaisede 1894.

Climat. — Pluvieux et humide, très chaud en été (température moyenne des mois d'été : 27* ctg. ; moyenne de janvier: 14*). Traversée dn N. an S. par une longue chaîne volcanique, leTa-Chan (dont certains sommets atteignent 3.300 et 3.600 m.), l'île est exposée aux tremblements de terre. Les montagnes la séparent en deux versants forts inéganx et différents d'aspect: celui de l'E., plus étroit, est rocheux et sauvage, ses côtes sont escarpées; celui de ro. s'étage en plaines jusqu'à la mer; les côtes en sont, en grande partie, formées d'alluvions sablonneuses: plus propre à la culture et plus accessible à la civilisation, le versant de l'O. est surtout peuplé de Chinois, venus de la province de Fokien, qui refoulent dans les montagnes de l'E. les indigènes, peuplades à peu près sauvages. On évalue la pop. de l'ile à 2 millions d'hab.

Les villes principales sont Tai-Pé, an N., la capitale actuelle, tète de ligne d'nn chemin de fer pour Tam-Sui, port de Taï-Pé, et pour le centre iiouiller de Kélung; Tam-Sui, à l'extrémité N.-O. de l'île, ouvert au commerce étranger, est de beaucoup le port le plus important de l'île: 100.000 hab. env., consulats étrangers; Tai-Ouan-Fou, ou Taï- Wann, ancienne capitale, au S.-O. de l'île, à 300 kil. de Taï-Pé, ville chinoise de 135.000 hab. ; An-Ping, port de Taï-Ouan-Fou, le second de l'île comme importance, avec nn trafic de moitié inférieur à celui de Tam-Sui; Takao ou Takoou, à 50 kil. an snd de Taï-Ouan-Fou, port de 100.000 hab.; Kélung, à l'extrémité N.-E., centre houiller, 5.000 hab.; dansl'intérieur, Bangka ou Mengka, sur la rivière de Tam-Sui, avec 30.000 hab., et Changica, au centre, grande agglomération de 80.000 hab.

Produits. — Formose possède, au N. et au centre, d'importants gisements de charbon encore à peo près inexploités, à l'exception de ceux de la région de Kélung; on y trouve aussi le soufre et le pétrole, et, dit-on, des mines de plomb, d'argent et de enivre. La végétation est tropicale, le camphre et l'aloès abondent dans les forêts.

Le commerce de l'île est en voie de progrès, mais jusqu'à ce que l'île soit convenablement administrée et que la sécurité y règne d'une manière complète pour les personnes et les propriétés', on ne peut s'attendre à un grand développement des échanges. Pendant le 1" semestre 1898, le commerce général s'est élevé à un total d'env. 37 millions defr., contre 30 pendant la période correspondante de 1897, se répartissant dans la proportion de 40 à 45 V. pour les export, et de 55 à 60 •/• ponr les import.

Les principaux articles d'export. sont : le riz, en augmentation importante en 1898, le camphre et lethé (en décroissance), le sucre, le lin, le chanvre et le jute; les import, consistent surtout : en opinm (monopolisé par le Gouvernement), en huile de pétrole, cotonnades chinoises, calicots et toile de ramie, tabac, etc. Le commerce du camphre a été institué en monopole à dater du mois de juillet 1899 ;

1. Les soulèvements y sont continuels, fomentés, non par les Chinois de l'île, mais par les Japonais qui y sont établis et que le gouvernement y a eipédiés peu à peu, au nombre de 200.000 env., en les recruUnt parmi les classes les moins recommandables de 1» population.

FORMOSE

Page 1