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Il résulte de ces tableaux que nos import., aussi bien en gants de coton (cette catégorie renferme le gant en fil d'Ecosse, lequel n'est autre que du coton) qu'en gants de laine ou de soie, ont toujours progressé depuis 1892; en chiffres ronds, elles ont monté :
Pour le coton, de 49.000 kilog. à 64.000
— la laine — 22.000 — 31.000
— la soie — 9.000 — 12.000
Ces chiffres comprennent la ganterie et les tissus en pièces; mais ceux de la ganterie seule sont encore plus significatifs ; ils ont passé en effet : Pour le coton, de 26.000 kilog. à 41.000
— la laine — 8.000 — 23.000
— la soie — 7.000 — 11.000 Ajoutons que la presque totalité de ces marchandises nous est livrée par l'Allemagne ; une petite quantité nous vient d'Angleterre et de Suisse.
Quant à l'export., à parties chiffres exceptionnels de 1892 en laine et de 1893 en coton, au sujet desquels nous craignons fort des erreurs de déclaration en douane, elle se chiffre pour des quantités vraiment insignifiantes et qui en réalité ont tendance à décroître.
Quelle raison maintenant fournir d'un tel état de choses ? C'est presque un cliché aujourd'hui que de le dire : elle est tout entière dans la supériorité écrasante des producteurs allemands. Malgré des droits protecteurs relativement élevés, ils peuvent, avec profit encore, nous envoyer leurs marchandises; ils sont, d'autre part, les maîtres absolus des marchés extérieurs.
C'est que chez eux, en effet, la ganterie de tissu a progressé, au point de vue des procédés mécaniques, en même temps et au.ssi vite que la bonneterie ordinaire : commeàcelle-ci,ilslui ont apporté leurs qualités de producteurs et de commerçants; depuis 20 ans, ils n'ont cessé de perfectionner le métier dit métier àchaîne, c'est-à-dire celui qui fournit le tisssu élastique dans un seul sens, et qui est, pour cette raison, particulièrement propre à la fabrication du gant. Les améliorations de détail, le fini, aujourd'hui, de leur construction, leur ont permis de pousser ce métier aux jauges les plus fines ; en le combinant avec le Jacquart, ils en ont obtenu les tissus à jours et dessins, d'où est sortie la fabrication à bas prix du gant à manchettes et du gant long. La coupe à l'emporte-pièce, la couture et la broderie mécaniques sous toutes leurs formes, l'en-
cartonnage facile et économique, les ont amenés ;V pousser à l'extrême limite leur production : assurés des débouchés, ils le pouvaient sans crainte, et ils produisaient d'autant meilleur marché qu'ils produisaient davantage.
Que se passait-il, pendant ce temps, chez nous, tout au moins avant 1892 ? Nous nous laissions placidement envahir par les produits allemands et,. sous prétexte que la lutte était impossible, nous en restions à notre ancien outillage du métier à la main; nous conservions notre ancien type de fabrication dite proportionnée, pour le fil d'Ecosse et la soie tout au moins ; et si nous nous essayions, pour la laine et le coton, dans l'article coupé, nous le faisions avec les anciens moyens de fabrication, avec un tissu obtenu le plus souvent sur le simple métier circulaire, c'est-à-dire dépourvu des qualités nécessaires à la ganterie. Nous n'osions pas monter le métier à chaîne, parce que nous n'avions pas l'écoulement de sa production ; bref, nous nous laissions dépérir de façon douce, mais sûre.
Le tarif douanier de 1892, en relevant très sensiblenient les droits à l'entrée (les fabricants français les réclament plus élevés encore), a modifié quelque peu, quoique bien faiblement encore, cette situation. De 1892 à 1895, en effet, l'import. en articles de coton, la principale, est tout au moins stationnaire; celle des tissus augmente, à vrai dire, indiquant un certain réveil de la fabrication indigène. En 189G et 1897, elle monte brusquement et considérablement ; mais cette augmentation coïncide avecla mode du gant blanc, qui a brusquement imposé ses exigences au marché. Dans l'impossibilité d'avoir satisfaction chez le producteur français, la consommation a dû s'adresser au dehors, c'est-à-dire encore à l'Allemagne.
Quant à l'article de laine, c'est principalement le gant de sport qui a fait sa majoration. L'Angleterre et encore l'Allemagne en ont été nos fournisseurs.
Pour la soie enfin, la mode du gant blanc, mais alors chez la clientèle riche, a fait monter aussi la consommation.
En tous cas, cette vogue nouvelle et relativementconsidérable du gant (le tissu aura eu d'heureusesconséquences pour la fabrication française : elle a réveillé certaines initiatives, peu nombreuses malheureusement, presque isolées ; mais telles quelles^ étant donné le succès relatif qu'elles ont obtenu, elles suffisent pour démontrer qu'il est possible de combiner les moyens de production économique des- Allemands avec les qualités de goût et de bonne fabrication qui sont le propre de la production française ; de ressaisir, par suite, le marché national^ de concurrencer l'article allemand sur certains marchés extérieurs, de faire en tous cas à l'industriede la ganterie de tissu un avenir qui, pour n'être pas aussi brillant qu'on pourrait le désirer, serait moins sombre à coup sûr que celui qui s'annonçait, il y a quelques années. A. Mortier.
nouanes. — Les droits de Douane sur la ganterie diffèrent suivant que la matière employée est le coton, la laine ou la soie; en voici le tableau, par 100 kilog. nets :.
Fr. Fr.
Ganterie de coton 1.000 800
— laine 600 500
— soie 1.500 1.200
Les gants doublures en bonneterie de colon pour garni-
ti.V RANGE
G.VRAM", GARANTIE
tare intérieure des gants de peau fourrés, les gants pour frictions en bonneterie de coton recouverts d'une couche de crin, sont soumis au tarif de la ganterie de coton.
Les gants formés d'une face en peau et d'une face en bonneterie de laine, même arec doublure intérieure en bonneterie de coton, suivent le régime de la ganterie de laine, ainsi que les gants de peau doublés en bonneterie de laine avec poignet de même. Les moufles et gants en tricot de laine grossier, fourrés à la manière des chaussons de Strasbourg, suivent le régime de ces derniers (lOOfr. T.G.,87fr. T. .M., aux lOO kilog. nets).
I s gants dont la main est en coton et la manchette en ou bourre de soie (soie ou bourre dominant en poids), i^nt le régime de la ganterie de soie.
li.vr. Cheflieu du dép. des Haules-.\lpes, situé à
1 kil. de Paris, par 44" 33' 30' lat. N. et 3» 44' 31'
s. E. de Paris. Pop. : 11.376 hab. en 1896. Fab.
chaux, d'outils, de quincaillerie, de céramique;
ulleries. Commerce de laines et de chevaux. Snc-
11 sale de la Banque de France : 24.500.000 fr. d'af-
iaires en 1897 (la 64'), 22,7 en 1898 (la 66'), dont 11,9
fffets escomptés: 4,6 sur Paris, 3,7 surplace et
sur province. Succursale du Crédit Foncier.
-^tation du chemin de fer de Lyon, sur la li^ne de
rseille à Briançon. Mouvement de la gare en
viT :
MARCHANDISES (tonnes) V.)5-.ipeurs G. V. P. V.
jiartis Expi-dit. Récepf. Expédit. Réceptions
tW.iiO 328 611 11.889 27.085
GARAXCE. On prépare une couleur ronge, dite garance, avec la racine de la plante du même nom {Rubia tinctorum). Cette racine, cylindrique, rameuse, de la grosseur du petit doigt, est recouverte d'un épiderme brun rougeàtre sous lequel est une «corce peu épaisse, de couleur rouge foncé; l'intérieur est jaunâtre. Quand cette racine a été lavée et séchée, elle prend le nom d'alizari et n'est pas alors plus grosse qu'un tuyau de plume. (V. Matières coLORA.NTEs.) La garaucc moulue est d'une couleur qui varie du rouge jaunâtre au rouge foncé : sa saveur est sucrée, avec un arrière-goût d'amertume. La garance en paille est celle qui, imparfaitement triturée, laisse voir la texture de la ra- •cine.
Commerce. — La production et par suite le commerce de la garance (en racine moulue ou en paille) ont subi depuis trente ans une diminution progressive, qui est due à la découverte des matières colorantes dérivées du goudron de houille; les moyennes décennales suivantes iniliqueut l'importance de cette diminution :
IMPOUTATIONS
EXPORTATIONS
Kilog.
Fr.
Kilog.
Fr.
Voici les chiffres pour les années
1897 et 1898 :
IMPORTATIONS
EXPORTATIONS
Kilog.
Fr.
Kilog.
Fr.
Prix E.V.D. du kilog. jjour ces deux années : Ofr. 30 à rimpoit.,0fr.60à l'export.
Les Pays-Bas nous fournissent plus de la moitié, de nos import, de garance (133.000 kilog. en 1897 et 1 il. 000 en 1898). puis viennent la Russie et les États-Lnis, 1/10 cha- CQP, r.VIleinagne 1/12, etc.
Nous avons exporté : en Angleterre, 5.356 kilog. en 1897 et 13.!o4en 1898; en Italie, 12.462 en 1897 et 9.837 en 1898, etc.
Douane. - La garance, soit en racine, soit moulue ou en paille, est exempte de droits aux deux tarifs, de même <iue la garancine et autres extraits de garance
I G.\RAXT, GARAXTiE.On appelle graroftHa personne tenue de l'obligation de garantie. La garan- ' tie est l'obligation soit légale, soit conventionnelle, I de faire jouir quelqu'un d'une chose ou d'un droit, de le protéger contre les attaques judiciaires ou les ! troubles de fait auxquels il pourrait être en butte ; dans l'exercice de cette jouissance et de l'indemni- ! ser, soit en cas de perte de cette chose on de ce droit, soit même en cas de simple préjudice. La garantie est légale lorsqu'elle a lien en dehors de toute stipulation, en vertu seulement d'un texte de loi qni l'établit ; elle est, au contraire, de fait ou conventionnelle lorsqu'elle résulte exclusivement d'une stipulation des parties qui l'ont établie, sans qu'auenn texte de loi soit venu la consacrer.
L'hypothèse la plus pratique et la plus usuelle pour étudier sous tontes ses faces l'obligation de garantie, montrer son importance, indiquer les moyens de la faire valoir et révéler les écneils à éviter dans une procédure que l'on est appelé si fréquemment à exercer, nous est, sans aucun doute, fournie par le contrat de vente. C'est pour les jurisconsultes une formule classique de dire « qu'un vendeur doit garantir à son acheteur la paisible possession de la chose vendue». En effet, le vendeur est obligé de transférer à l'acheteur la propriété de la chose qui a été l'objet du contrat de vente ; la propriété est le droit de jouir de cette chose de la manière la plus absolue; cela suppose donc que personne n'a de droit d'aucune sorte sur la chose, et ne peut légitimement venir troubler le nouvel acheteur dans sa jouissance. Tout d'abord, et cela est de bon sens, le vendeur ne peut naturellement pas, lui-même, venir troubler l'acheteur ni l'évincer, en vertu de l'adage juridique si connu : « Qui doit garantie ne peut évincer.» En revanche, et avant même d'être inquiété par le véritable propriétaire, l'acheteur peut demander la nullité de la vente, dès qu'il s'aperçoit qu'on lui a vendu la chose d'autrui.Et,en vertu de l'obligation de garantie, le vendeur doit prendre « fait et cause» pour l'acheteur, c'est-à-dire le défendre contre les tiers qui le troubleraient dans l'exercice de son droit. Ce vendeur est donc garant envers l'acheteur : 1" de l'éviction, 2° des troubles que celni-ci pourrait sabir dans sa possession.
L'éviction implique un procès gagné par un tiers contre l'acheteur, procès qui a fait déclarer que ce tiers était le véritable propriétaire. Mais l'éviction aune portée beaucoup plus étendue; l'acheteur est évincé si, étant poursuivi par des créanciers munis d'une hypothèque antérieure à la vente, il a été obligé de délaisser ou de payer ces créanciers pour éviter l'expropriation, ou, s'il conserve la chose vendue à un titre autre que celui d'acheteur, par exemple comme héritier du véritable propriétaire.
Le trouble, qui est l'avant-conreur nécessaire de l'éviction, est un trouble de droit, c'est-à-dire qu'il est engendré par un droit vrai ou faux qu'un tiers prétend avoir sur la chose vendue. Le simple trouble de fait ne donne pas lieu à la garantie.
C'est seulement lorsque la cause en est antérieure à la vente que l'éviction ou le trouble engendrent l'obligation de garantie; le vendeur ne serait responsable des troubles et éviction dont la cause est postérieure à la vente que dans la seule hypothèse où cette cause lui serait personnellement imputable. La garantie incombe an vendeur non seulement en faveur de l'acheteur, mais en faveur de ses ayants