EXP
Bibliographie. — .\.. Riche : Monnaies, médailles et bijoux. (Paris, librairie J.-B. Baillière et fils, 10. rue Hantefenille.) — Olibo : Codes des Contributions itidirectes. j (Lyon, rue de Coudé, 30.) — Leclehc de Landremont et ' F.-J. Dlchemin : le Contrôleur de la garantie. (Rouen, j «>, rue Bouvreuil.) — E. Laciiiche : Carnet de la garantie. I — Pacl de Cazeneive : la Garantie française et ses ! poinçons, de 1260 à nos jours. (Alger, Léon, éditeur,) i
G.\RDE-3IEUBLES. Le garde-menbles était, au ! XVI' siècle (époque où furent installées les premières i salles destinées à recevoir et conserver les meubles j inutilisés on de rechange), l'officier qui avait la i garde des meubles dans les grandes maisons. Le | mot a, parla suite, désigné les lieux où les meubles i sont gardés. Il s'appliqne, de nos jours, à une in- 1 dustrie que l'obligation de se déplacer rapidement '' et fréquemment a rendue prospère, parce qu'elle permet à chacun, moyennant légère redevance, de i
conserver son mobilier en cas d'absence, sans avoi r à supporter les frais de location d'un appartement.
Le tarif de garde varie de i fr. le m. cube à lo fr. par voiture de déménagement à I cheval, 20 fr. par voilure à 2 chevaax et 3o fr. pour un wagon,, par mois, quelle que soit la valeur des meubles, que le propriétaire doit d'ailleurs assurer.
L'entreprise dn garde-meubles se double, en général, d'une entreprise de location de mobiliers pour fêtes, bals et soirées. Ces établissements font, en outre, les prêts sur les menbles qu'ils gardent, ainsi que les avances et les ventes. Parfois même on y ajoute l'installation d'appartements, le transport, par voie de terre on de mer, de tous objets mobiliers. Ces entreprises se rencontrent exclusivement dans les grands centres urbains.
Paris comptait, en 1896, i> garde-meubles, occupant 56 ouvriers et employés des deux sexes, dont le nombre varie, suivant la saison. Mais une vingtaine d'entreprises de déménagement on de location^ et vente de mobiliers gardent aussi les meubles, dans Paris et la banlieue.
G.\ROi:. Le garou est un arbuste d'Europe, tonjours vert, dont l'écorce, d'une saveur très acre, est employée en médecine. La racine est employée en teinture. (V. Matières cglora.ntes.)
GAT. Mesure de longueur abyssine, qui correspond an travers de main.
G.\TESHE.vi>. Ville parlementaire et municipalité située en .\ngleterre, dans le comté du Durham,. à 437 kil. de Londres, sur la rive méridionale de la Tyne, en face de Newcastle, avec laquelle elle est en communication par trois ponts. Pop. : 48.627hab. en 1871, 65.845 en 1881, 85.692 en 1891, actuellement environ 100.000. Les principales industries, sont des fonderies de fer et de cuivre, des ateliers de constructions mécaniques, des fab. de produitschimiques, tréflleries, verreries, houillères. Les ateliers de construction de locomotives et de réparations du North-Eastern Raihvay occupent près dfr 2.000 personnes.
Station du North-Eastern Raihvay, dont le mouvement en 1897 a été de 856.540 passagers et 388.458- T. de marchandises. Il y a 3 succursales de banques de Newcastle et une d'une banque de Londres. Le» villages des environs possèdent un grand nombre d'industries. G. -H. Blusdex.
GAUDE ou Valde. Sorte de réséda qui croît spontanément dans presque tonte l'Europe et qui est cultivée en France, en Allemagne, en Hollande et en Angleterre. Chevreul en a extrait en 1832 nnematière colorante à laquelle il a donné le nom de lutéoline. On l'emploie en teinture pour colorer en jaune très brillant et très solide les laines, les soies et les cuirs; pour les cotons, on lui préfère le quercitron, plus riche en matière colorante. (V'oy. Matières COLORA.NTES.)
G.VUFU.VGE. On pourrait dire que le gaufrage est l'estampage des étoffes, du cuir, du papier : c'est l'opération par laquelle on forme mécaniquement sur ces matières des Ggures ou dessins en crenx et en relief. On emploie pour cela deux cylindres de mêmes dimensions, animés d'un mouvement de rotation égal, portant chacun la gravure du même dessin, l'un en creux, l'autre en relief. Préalablement chauffés, on introduit entre eux le cuir ou l'étoffe à gaufrer, d'abord convenablement apprêtée; la pression qu'exercent les deux cylindres y estampe
GAZ D'ÉOLAIIUGE
GAZ D'ÉCLAIRAGE
le dessin avec nue parfaite netteté. Pour le velours, il suffit d'un seul cylindre gravé en creux, le poil restant aplati dans toutes les parties que ne rencontre pas la gravure.
Un nouveau mode de gaufrage, pour les velours, consiste à tondre le poil au lieu de l'aplatir ; on l'emploie depuis cfuelques années en Angleterre et aux États-Unis.
GAIJLTIIEUIA OU WiNTERGREEN. V. ESSENCES DE PARFUMERIE.
GAYAC. V. GaÏac.
GAZ D'ÉCLAIRAGE
Sommaire : I. Gaz naturel. — II. Gaz artificiel : 1° Gaz de houille : fabrication, pri.x de revient, industrie du gaz en France ; prix du gaz à Paris, production du gaz en France; l'industrie du gaz à l'étranger.— 2° Gaz au bois.— 3° (jaz de tourbe- 4° Gaz de résine. — o° Gaz de schiste ou gaz portatif. — (;° Gaz d'huile. — 7° Gaz de suint. — 8° Gaz à l'eau. — 9° Gaz d'air.
On a observé, il y a déjà plusieurs siècles, que le charbon fossile fournit un gaz combustible ; on savait, dès les temps les plus anciens, que dans les mines de houille et de lignite, ainsi que dans les dépôts de sel gemme, il se produit de grandes quantités de gaz combustibles, qui, sous forme de sources gazeuses, arrivent à la surface de la terre.
Nous considérerons donc le ga:: naturel et le gaz préparé artificielleiiient par la distillation des combustibles de diverses natures.
I. Gaz naturel. — Dans certaines contrées, il se dégage des fissures du sol, ou par les forages qu'on y pratique, de grandes quantités de gaz pouvant être utilisé immédiatement pour l'éclairage et le chaufiage. Le plus remarquable de ces phénomènes est celui que l'on observe dans le lieu dit Champ du feu, près de Bakou, dans la presqu'île d'Apscheron, sur la côte occidentale de la mer Caspienne. Sur un grand nombre de points, le sol laisse échapper d'une manière continue des courants de gaz hydrogène carboné. On remarque le même phénomène dans le Kurdistan, en Mésopotamie, au Bengale et en d'autres lieux du continent asiatique, enfin en Amérique.
II. Gaz artificiel. — Le gaz est fabriqué artificiellement par la distillation de certaines substances, telles que la houille, le bois, la tourbe, la résine, le schiste ou boghead, les huiles végétales, minérales, le suint. On l'obtient également en décomposant l'eau par la chaleur, enfin en carburant de l'air au moyen de vapeurs d'Jiydrocarbures. De là, les gaz portant les noms suivants et que nous allons successivement étudier: 1° le gaz de houille; 2° le gaz au bois; 3" le gaz do tourbe; 4" le gaz de résine; o" le gaz de scbiste ou gaz portatif ; 6» le gaz d'huile ; 7° le gaz de suint; 8" le gaz à l'eau ; 9° le gaz d'air.
A cette liste, il faut ajouter le gaz Acétylène. (V. ce mot.)
1° Gaz de houille. — Le gaz de houille, produit par la distillation de cette matière en vases clos, est un fluide incolore, invisible, mais d'une odeur caractéristique empruntée aux dillérents produits qui le composent. L'odeur du gaz se perçoit très nettement dans un mélange de 1 de gaz pour 40.000 d'air. La densité du gaz varie suivant la qualité de la houille qui a servi à le produire et suivant le mode de fabrication ; elle est en moyenne de 0,360 à 0,42ij. Un litre de gaz pèse donc de 4Go à o49 gr.
Le gaz brûle avec une flamme très brillante, dont le pouvoir éclairant varie avec sa densité. Si cette
dernière est considérable, les carbures entrant dans la composition du gaz sont très condensés et renferment par suite une grande quantité de particules de carbone sous un faible volume.
La composition moyenne du gaz de la C''= Parisienne est la suivante, en centièmes :
Acide carbonique \ 72
Oxyde de carbone §21
Hydrogène yo'lO
Gaz des marais, azote 33 03
Benzol \ 06
Autres carbures 3 jjg
La densité de ce mélange est de 0,399, son pouvoir éclairant de 103 lit. pour une carcel. (La carcel (voy. ce mot) est donnée par 40 gr. d'huile de colza brûlée à l'heure.) La quantité de lumière produite est de 29d carcels-heure pour 100 kilog. de houille distillée.
La puissance calorifique du gaz est, d'après Péclet, de 10.269 calories pour 1 kilog. de gaz ou pour 1.938 1. de gaz.
Pour brûler 1 m. cul)e de gaz complètement, il faut 0,5 m. cubes d'air, et on obtient alors, comme produit de la combustion, 1 kilog. de vapeur d'eau et 630 lit. d'acide carbonique.
Le gaz est non seulement une matière éclairante, mais un combustible d'un emploi commode. Pour porter à l'ébullition 1 kilog. d'eau, il faut consommer théoriquement 19 1. 68 de gaz.
Le gaz est irrespirable et délétère. Le séjour dans un pièce contenant seulement 3 % de gaz d'éclairage mélangé à l'air est dangereux. D'autre part, le gaz avec l'air forme des mélanges plus ou moins explosifs, suivant les proportions relatives do gaz et d'air. Le mélange commence à être explosif avec une proportion de gaz de 6 V. et l'est encore à 28 V„.
Ces propriétés explosives du mélange d'air et de gaz ont été mises à profit industriellement pour la construction des moteurs à gaz. Enfin, le gaz en présence de l'air s'enflamme au contact d'un corps en ignition ou simplement porté à une température élevée.
Fabrication. — Les houilles propres à la fabrication du gaz sont celles qui renferment au moins 28 à 30 % de matières volatiles. Les houilles grasses et sèches à longue flamme remplissent ces conditions. Leur composition, déduction faite des cendres, est la suivante, p. 100 :
Carbone 83,80
Hydrogène V>,'M
Oxygène et azote 8,71
Les principaux types de houilles à gaz sont fournis en France par les bassins du Nord et du Pas-de- Calais, en Belgique par celui de Mons, en Allemagne par les bassins de la Sarre et de la Ruhr, enfin, en Angleterre par celui do Newcastle. Afin de compenser les irrégularités qui existent nécessairement dans la composition des divers charbons à gaz, on mélange les combustibles de diverses provenances dans des proportions que la pratique indique, et on distille ce mélange. Le produit de cette distillation est, outre le gaz, du goudron, de l'eau ammoniacale et du coke, qui constituent des sousproduits d'une valeur importante. 100 kilog. de houille distillés fournissent en moyenne 30 m. cubes de gaz, i) kilog. 50 de goudron, 7 1. 50 d'eau ammoniacale et 1 hectol. 85 de coke.
La température de la distillation doit être comprise entre 800" et 1.300° ctg. ; la durée de l'opération
GAZ DECLAlUAGt:
— yi:
GAZ L> KCLAIUAGE
est généralement de 4 heures : la majeure partie du gaz se déprage dans les deux premières heures.
La fabrication du yaz comprend : la distillation, la condensation des produits nuisibles au pouvoir éclairant du gaz, l'épuration du gaz, c'est-à-dire la séparation des produits nuisibles qui ont échappé à la condensation.
La distillation s'opère dans des cornues cylindriques dont la section transversale a la forme d'un D renversé. Les cornues, qui se faisaient autrefois en fonte, sont maintenant en terre réfractaire ; elles ont de 2 m. 80 à 3 m. de longueur et contiennent de 110 à 130 kilog. de houille: elles sont placées horizontalement dans un four qui en renferme le plus souvent 7 quand il est à feu direct, 8 ou 9 quand il est chauHé au moyen de générateurs à oxyde de carbone.
Les cornues sont fermées à leur partie antérieure par un chapeau eu fonte. Les produits de la distillation passent, au sortir des cornues, dans le barillet, ou grand tuyau horizontal renfermant de l'eau, où s'opère la condensation de la plus grande partie des vapeurs condensables (eau, carbures d'hydrogène, naphtaline et sels ammoniacaux). Les produits condensés (composés de goudrons et d'eau ammoniacale) sont envoyés dans des citernes où ils se superposent par ordre de densité. Le reste des vapeurs condensables accompagne le gaz d'éclairage et passe, avec lui, du barillet dans de longs tuyaux horizontaux de grand diamètre appelés collecteurs; il se dépose dans ces collecteurs une certaine quantité de goudron. Le gaz est dirigé ensuite dans une série de tuyaux verticaux dont l'ensemble est appela «jeu d'orgue» et s'y refroidit. Ces tuyaux sont arrosés en été par de l'eau tombant en pluie; la température du gaz, qui était de o5° à 60° à l'entrée du jeu d'orgue, s'abaisse à la sortie à 12^ ou 20», suivant la saison. On calcule la surface de ce condenseur à raison de 22 à 25 m. carrés par 1.000 m. cubes de gaz fabriqués en 24 heures.
Certaines usines possèdent, outre le jeu d'orgue et à sa suite, un autre appareil de condensation, dit a colonne à coke », sorte de grand cylindre rempli de débris de cornue (autrefois on y mettait du coke) ; le gaz, circulant au milieu de ces débris, s'y frotte en laissant déposer les particules globuleuses qu'il a entraînées. A la suite de ces divers appareils se trouvent des extracteurs ou pompes, qui aspirent le gaz dans les cornues de distillation et le refoulent dans les appareils d'épuration ; ces pompes fonctionnent automatiquement.
Le gaz, au sortir des pompes, est refoulé dans une cloche en fonte contenant une sorte de panier percé de trous de très petit diamètre et très rapprochés ; en passant au travers de ce panier, le gaz subit une série de chocs qui déterminent le dépôt des globules goudronneux qui ont été entraînés ; puis vient l'épuration chimique, qui a pour but de débarrasser le gaz de l'acide carbonique, de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniaque. L'épurateurse compose d'une série de cuves remplies de sciure de bois imbibée d'eau froide. Les sels ammoniacaux se dissolvent dans l'eau. Quant à l'acide carbonique et à l'hydrogène sulfuré, ils sont absorbés par de l'hydrate de chaux et de l'oxyde de fer naturel contenus dans de grandes cuves en fonte placées sur des planchers de bois percés de trous pour permettre l'écoulement des condensations.
Le gaz, au sortir des épurateurs, passe dans le
compteur de fabrication et va s'emmagasiner dansdes gazomètres qui varient de dimensions suivant l'importance de l'usine. On en voit depuis 1.000 à l.oOO m. cubes de capacité, jusqu'à 200.000 m. cubes et au delà.
Du gazomètre le gaz passe dans le ré.seau de distribution, mais il traverse préalablement un régulateur d'émission destiné à diminuer sa pression, souvent trop grande pour l'alimentation des conduitesdeville.-
Les procédés actuellement suivis pour la fabrication du gaz de houille sont à peu près les mêmes qu'au début de cette industrie. Les économies réalisées dans la fabrication sont dues surtout aux soinsapportés dans la conduite des opérations, au choix judicieux des houilles distillées et aux mélanges de plusieurs qualités de charbons, grûce à l'expérience des fabricants.
Parmi les sous-produits, les eaux ammoniacales et le goudron, qui étaient encombrants et presque sans valeur au début de l'industrie du gaz, ont acquis aujourd'hui une importance considérable. L'ammoniaque est, en effet, utilisé pour la fabrication des engrais chimiques, et le goudron renferme des produits d'où sont dérivées les couleurs artiflcielles. Les fabricants de gaz ont donc intérêt à augmenter la production de ces deux sous-produits. A cet effet, on a perfectionné les laveurs, les condenseurs, et on a remarqué qu'on augmentait le rendement en ammoniaque et en carbures, recueillis principalement sous forme de goudrons, sans diminuer le pouvoir éclairant du gaz, en ajoutant à la charge de houille dans les cornues 2 kilog. 5 de chaux éteinte par 100 kilog. de houille. On a obtenu ainsi une augmentation de rendement de 20, de 28 et même de 36 "/o- Le seul inconvénient est une diminution légère de la valeur marchande du coke, à cause de son mélange à de la chaux.
Prix de revient du gaz. — Le prix de revient du gaz varie dans d'assez grandes limites suivant l'importance de la production et le service du capital engagé dans la construction de l'usine. Généralement le prix de vente des eaux ammoniacales et du goudron suffisent à payer la main-d'œuvre de fabrication. Le prix du gaz résultera donc delà dépense d'achat de la houille (diminuée du bénéfice réalisé sur la vente du coke restant après le prélèvement de la quantité nécessaire au chauffage des cornues), des frais d'intérêt et d'amortissement du capital engagé, des frais généraux d'administration et des frais d'entretien des appareils. Cette quote-part dans les frais totaux est extrêmement variable ; elle dépend des conditions d'installation de l'usine et de son organisation. On peut cependant s'en rendre compte en cherchant quel est, pour des usines de diverse importance, le capital nécessaire à la fabrication d'un mètre cube de gaz, c'est-à-dire le quotient delà division du capital engagé par le nombre de mètres cubes de gaz fabriqués annuellement.
Ce capital, qui est de 0,o63 à Londres, de 0,81 à Paris, augmente assez rapidement à mesure que l'importance de la fabrication diminue. Ainsi, on trouve les moyennes suivantes en relevant les données relatives à un grand nombre d'usines :
PNiBttiti iiinelle « ■. tiWs aHessu it 200.0000.00 — Cipitil 0 fr. 80
— pour 2.000.000 1 »
— pour 1.000.000 1.20
— pour 500.000 1,40
— pour 300.000 1,60
— pour 100.000 2,50 à 3,10
GAZ D'ECLAIRAGE
GAZ D'ECLAIRAGE
Ce capital est généralement plus élevé en France ■qu'à l'étranger.
L'industrie du gaz en France. — La découverte de l'éclairage an gaz est due à Philippe Lebon, qui prit le 28 septembre 1799 un brevet sur « les nouveaux moyens d'employer les combustibles plus utilement et à la chaleur et à la lumière, et d'en recueillir les divers produits ». Lebon mourut en 1804. Pendant que Lebon poursuivait ses études en France, Murdoch, en Angleterre, cherchait à faire du gaz en distillant de la houille; il réussit en 1792 (un an après que Lebon était arrivé en France au même résultat, mais en distillant de la sciure de bois). Son procédé fut appliqué dans l'usine Boulton,Watt ■et C'% en 1798. Un habile aventurier, Winsor, fonda une Société en 1805 pour l'éclairage au gaz et parvint après plusieurs insuccès à obtenir le privilège de l'éclairage de Londres. En 1817, Winsor éclairait le passage des Panoramas, à Paris.
Les Compagnies de gaz, encouragées par le comte de Chabrol, préfet de la Seine, se constituèrent de 1820 à 1839. A cette dernière date, il en existait 6, à Paris, qui s'étaient partagé la superficie de la ville. Un traité en date du 12 décembre 1846 accorda à •ces 6 Compagnies une concession qui devait prendre fin le 31 décembre 1863. Le prix du gaz, pour les particuliers, était de 0 fr. 49 le m. cube en 1847 et de 0 fr. 40 en 18o6. Les Compagnies se réunirent en 1855 pour former une seule Compagnie, qui prit le nom de Compagnie parisienne d'éclairage et de chauffage par le gaz, et le prix du m. cube fut fixé à 0 fr. 30 pour les particuliers et à 0 ir. 15 pour l'éclairage public. Cette Compagnie, qui fonctionne encore aujourd'hui, a vu régler successivement les conditions de son monopole par les trois traités de 1855, de 1861 et de 1870. Elle possède 9 grandes usines à Vaugirard, Ivry, Passy, la Villette, Boulogne, Saint-Mandé, Maisons-Alfort, Clichy, le Landy. La production du gaz dépasse actuellement 300 millions de m. cubes ; les canalisations dépassent 2.300 kil. et la Compagnie emploie un personnel d'environ 9.000 personnes.
Voici les chiffres exacts relatifs à l'année 1896:
La longueur totale de la canalisation, tant à Paris •que dans la banlieue, était de 2.405 kil. 129.
Le volume de gaz livré à la consommation dans Paris et dans les 59 communes de la banlieue que la Compagnie dessert a été de 318.020.060 m. cubes (dans lesquels 96.967.470 m. cubes pour la consommation de jour, soit les 30,49 Vo de la consommation totale).
Le nombre des abonnés au 31 décembre 1896 était de 347.295.
L'éclairage public se fait au moyen de 93.044 becs, soit 80.460 dans Paris et 12.584 hors Paris.
Appareils de récupération placés au croisement •des rues très fréquentées, sur les places et dans les voies importantes: 3.498.
Le produit sur la vente du coke représente 12 millions 230.670 fr.
La valeur des produits du traitement des goudrons et des eaux ammoniacales a été de 3.321.706 fr.
Prix du gaz à Paris. — Les prix de 0 fr. 30 et de Ofr. 15 le m. cube, fixés par le traité de 1870, lurent trouvés exagérés par le public, qui réclama leur abaissement en 1879. On citait l'exemple des capitales étrangères, où le gaz était vendu : 0 fr. 25 à Amsterdam, Ofr. 24 à Vienne, 0 fr. 20 à Bruxelles,
0 fr. 18 à Berlin, et enfin, Ofr. 15 à 0 f r. 11 à Londres. Une Commission fut nommée en 1880 par le Ministre de l'Intérieur, pour examiner le bien fondé de ces réclamations; elle ne trouva aucun élément pour servir de base à un abaissement du prix du gaz. Cependant le public n'abandonna pas ses revendications, et finalement un procès fut engagé en 1883 entre l'administration municipale et la Compagnie du gaz. Des experts furent nommés et conclurent que, de 1855 à 1883, la Compagnie parisienne du gaz avait réalisé, grâce à des perfectionnements ou des procédés nouveaux, par mètre cube de gaz, une économie de 0 fr. 02014 et que les fuites étaient tombées de 14,95 V» en 1856 à 6,79 "/» en 1882.
L'affaire fut portée devant le Conseil d'État, qui donna gain de cause à la Compagnie, et le Conseil de Préfecture décida, le 4 juillet 1884, qu'il n'y avait pas lieu à abaissement du prix du gaz.
M. Maréchal indique dans son ouvrage, l'Éclairage à Paris, que le prix de revient du mètre cube de gaz à Paris ressort en moyenne, de 1890 à 1893, à 5 centimes environ, déduction faite des sous-produits.
Le monopole de la Compagnie parisienne du gaz expire au 31 décembre 1905. Le Conseil municipal s'est donc préoccupé des conditions dans lesquelles se trouvera la ville à cette époque, et la 1" Commission a adopté les conclusions suivantes du rapport de M. Santon, sur lesquelles le Conseil aura à se prononcer :
Le Conseil invite le Préfet de la Seine :
1° A négocier avec la Compagnie Parisienne du Gaz, en vue de régler les conditions suivant lesquelles se fera la transmission, à la Ville de Paris, de l'actif existant au 31 décembre 1903, étant entendu que les canalisations sous les voies publiques seront livrées gratuitement à la Ville de Paris.
2° A présenter au Conseil municipal un cahier des charges en vue de l'exploitation, à partir du 1" janvier 1900, par une Société fermière, du service public de l'éclairage et du chauffage par le gaz;
Ce cahier des charges devra prévoir l'éventualité de la fusion des divers services publics d'éclairage, tant par le gaz que par l'électricité.
3° A obtenir l'adhésion de la Compagnie du Gaz à un abaissement du prix du gaz de 10 centimes, la diminution de recette devant être balancée par la conversion des obligations 4 % en obligations 3 % amortissaI)les à partir de 190G, et, pour le surplus, au moj-en de l'émission d'obligations du même type, jusqu'à concurrence de la somme nécessaire.
4° A négocier avec les municipalités des 59 communes de la banlieue desservies par la Compagnie Parisienne du Gaz qui désireraient continuer à être desservies, à partir du 1" janvier 1900, par la Compagnie fermière exploitant les usines de la Ville de Paris, en vue de faire proliter les consommateurs actuels d'une réduction de 10 centimes sur le prix de vente du gaz.
D'autre part, les Chambres syndicales parisiennes ont émis le vœu de l'abaissement immédiat des prix de l'éclairage et du chauffage tant par le gaz que par l'électricité. Elles réclament les prix de :
20 centimes le mètre cube pour l'éclairage, 15 centimes le mètre cube pour la force motrice et les emplois industriels pour le gaz, et Ofr. 075 l'hectowatt- heure pour l'éclairage électrique.
Pour permettre ultérieurement un nouvel abaissement des prix, elles déclarent se rallier à toute convention qui assurerait à la Ville de Paris la faculté de racheter à n'importe quelle époque les exploitations concédées, adressent des remerciements au Conseil Municipal et à l'.Vdministration préfectorale pour les études qu'ils ont entreprises
GAZ D'ÉCLAIRAGE
GAZ D'KCLAIHAGE
sur les pétitions des groupes syndicaux et insistent particulièrement auprès d'eux pour qu'ils réalisent, dès !e 1" janvier IIKK), les décisions de la première Commission. Production du gaz en France. — La production un gaz en France s'est développée rapidement jusqu'au jour où l'électricité est venue concurrencer cette industrie. Ainsi, de 1878 à 1888, le nombre des villes éclairées au gaz s'est élevé de 687 à 1.000, et la consommation en mètres cubes par année, de 430.700.000 à 628 millions, dont la ville de Paris absorbe plus de la moitié.
La consommation par tête d'habitant est, pour les quatre principales villes de France : Paris, 108 m. ' ubes; Bordeaux, 77; Lyon, frt; Marseille, 55.
L'industrie du gaz à l'étranger. — La consommation du gaz à l'étranger augmente dans les mêmes proportions, .\insi, pour ne citer qu'un exemple, les 3 usines qui se partagent la production et l'exploitation du gaz à Londres fabriquent par année plus de 2 milliards et demi de mètres cubes.
La consommation par tète d'habitant varie beaucoup suivant les pays, l'importance des villes et leur intensité industrielle, ainsi que le prouvent les chiffres suivants :
Angleterre: Birmingham, 260 m. cubes; Londres, 165; Manchester, 164; Liverpool, 157; Glas- -ow, 144: Edimbourg, 99,6.
Allemagne: Cologne, 103; Berlin, 80,66; Munich et Dresde, 58; Stuttgart, 40.
2° Gaz au bois. — Ainsi qu'il a été dit, au sujet du gaz d'éclairage, l'inventeur de ce dernier, l'ingénieur Lebon, avait commencé par l'obtenir en distillant du bois, et il avait construit des appareils appelés thermolampes, qui donnaient à la fois de la lumière et de la chaleur. Mais le pouvoir éclairant du gaz au bois étant beaucoup plus faible que celui btenu en distillant la houille, on n'hésita pas à inployer exclusivement ce dernier.
A la température de la carbonisation du bois, il ne se produit que des gaz qui ne peuvent être d'auune utilité pour l'éclairage, parce que, outre l'acide I arbonique et l'oxyde de carbone, il ne se forme que de l'hydrure de méthyle et peu d'hydrocarbures lourds. Mais si, lors de la carbonisation du bois, on «lève la température des vapeurs qui prennent naissance, il se produit une plus grande quantité de gaz et il s'effectue des décompositions accompagnées de la formation d'hydrocarbures lourds. Dans ces conditions, le gaz au bois devient éclairant.
Il faut donc, pour préparer le gaz au bois, une capacité (ou cornue) dans laquelle s'effectue la décomposition du bois, et à côté une deuxième capacité, le générateur, pour transformer les vapeurs produites en premier lieu en gaz d'éclairage.
Il n'y a pas de grandes différences relativement • la quantité et à la qualité du gaz fourni par les liverses espèces de bois : 50 à 60 kilog. de bois donnent au moins 16 m. cubes de gaz éclairant. Le rapport du pouvoir éclairant du gaz au bois et du g-dz de houille est en moyenne de 6 à 5.
Les sous-produits de cette fabrication sont : le charbon de bois, le goudron de bois et le vinaigre <le bois.
La question de la production du gaz de bois a été reprise et étudiée à nouveau dans ces derniers temps par M. Riche, qui a publié à ce sujet une «tude très documentée dans le Bulletin de la Société des Ingénieurs civils de France (1899).
L'appareil de fabrication de .M. Riche coDsisteen cornues de fonte chauffées dans un fourneau en maçonnerie; on introduit dans chaque cornue, d'abord du charbon de bois, puis, par-dessus, 10 kilog. de qois environ. Les gaz qui distillent quand on chanffe sont obligés de traverser l'appareil de haut en bas et de filtrer à travers le charbon de bois incandescent qni en occupe la partie inférieure. Le produit qui sort des cornues se compose d'oxyde de carbone, d'acide carbonique, d'hydrogène et de méthane ; sa puissance calorifique est de 3.000 calories et il pèse environ 800 gr. au m. cube: c'est le « gaz au bois Riche ». Le prix de revient du m. cube ^-arie de Ofr. 015 à Ofr. 035. Il peut être employé à l'éclairage, mais il convient surtout comme force motrice : avec un moteur consommant 900 1. de gaz Riche par cheval et par heure, le prix du cheval-heure revient à 0 fr. 0;i.
M. Riche fait remarquer que l'on peut ainsi utiliser directement les produits du sol sans recourir à la houille, quand on ne peut s'en procurer aisément. Une forêt de 300 hect., exploitée par coupes successives en vingt années, permettrait, par l'utilisation de la charbonnette produite, d'alimenter une force motrice de 50 chevaux, marchant toute l'année, à raison de 24 heures par jour.
3° Gaz de tourbe. — Quand on soumet la tourbe à la distillation sèche, on obtient, comme avec la houille, du gaz, un liquide, du goudron et du charbon (charbon de tourbe). On emploie pour cette fabrication des appareils semblables à ceux du gaz au bois. Avec 100 kilog.de bonne tourbe on obtient en moyenne 20 m. cubes de gaz.
4" Gaz de résine. — La colophane, résidu de la distillation de la térébenthine, étant décomposée par la chaleur, donne de l'huile de résine qui se gazéifie au rouge. 50 kilog. de colophane peuvent fournir 36 m. cubes 400 de gaz qui peut servir à l'éclairage ; mais ce gaz est fort peu employé ; nous nous contentons donc de signaler la possibilité de l'obtenir.
5" Gaz de schiste ou Gaz portatif. — Au début de l'industrie du gaz, on avait imaginé de transporter le gaz chez les consommateurs en l'emmagasinant dans des voitures se rendant à domicile : mais on reconnut qu'il y avait intérêt à ne distribuer ainsi que du gaz à titre très élevé. On fabriqua d'abord ce gaz avec des huiles: puis M. d'Harcourt, et ensuite M. Hugon, trouvèrent plus économique de le retirer du schiste bitumineux, dit boghead, et de le comprimer à une très forte pression dans des cylindres allongés en tôle pouvant se loger aisément dans une voiture. Ce gaz, dit portatif, est encore fabriqué à Paris pour desservir quelques consommateurs,surtoutceux des communes suburbaines où il n'existe pas encore d'usines à gaz. Chez les abonnés, l'installation se compose d'un cylindre-réservoir en tôle, d'un régulateur d'émission et d'un compteur. La pression dans le réservoir du consommateur doit être au maximum de 5 atmosphères. Le régulateur d'émission l'abaisse à 2 ou 3 cm. d'eau. Le prix de vente est de 1 fr. le m. cube; le pouvoir éclairant étant égal à 3 fois 1/2 celui du gaz de houille, le prix de revient du gaz portatif ne se trouve pas plus élevé que celui du gaz courant.
6° Gaz d'huile. — Le gaz d'huile est connu depuis longtemps, mais sa fabrication, qui date des débuts de l'industrie du gaz, avait été abandonnée;
GAZ D'ECLAIRAGE
GAZ COMPULMES ET LIOUEl'IES
on y est revenu depuis 1878 pour quelques éclairages spéciaux, notamment pour l'éclairage des voitures de chemins de fer. Le principe de cette fabrication consiste à distiller dans des cornues en fonte, portées à 800 ou 900 degrés, des matières grasses liquides ou des huiles minérales (huile de schiste ou huile provenant du raffinage du pétrole). L'huile de schiste, d'un usage courant, vaut à Paris 22 fr. 50 les 100 kilog. et donne ;52 à ai m. cubes de gaz par 100 kilog. Le gaz est épuré, puis mis en gazomètre. Pour le transporter, on le comprime à 12 atmosphères dans de longs cylindres en tôle, montés sur wagons. On l'amène ainsi dans les gares et on le fait passer dans des réservoirs fixes, d'où une canalisation en forts tuyaux de plomb le distribue le long des quais. Des prises de gaz, placées de distance en distance, permettent de remplir de petits réservoirs en tôle placés sous les voitures. Ces réservoirs contiennent le gaz comprimé à 7 atmosphères généralement. Avant de le lancer dans la canalisation de la voiture, un régulateur abaisse la pression à quelques millimètres d'eau. Le gaz d'huile a un pouvoir éclairant égal à 4 fois celui du gaz de houille ; par la compression à 12 atmosphères le pouvoir éclairant diminue de 1/4 environ. Le gaz d'huile peut se conserver longtemps sans altération et le froid est sans action sur son rendement lumineux.
7° Gaz de suint. — On appelle gaz de suint celui que l'on extrait des eaux savonneuses ayant servi au lavage de la laine et au décreusage de la soie. L'eau de lavage contenant le suint de la laine et le savon employé est mélangée de chaux ; il se dépose une matière solide que l'on dessèche et que l'on distille ; on obtient ainsi un gaz qui n'a pas besoin d'être purifié et qui possède un pouvoir éclairant 3 fois plus grand que celui du gaz fabriqué avec de bonne houille. La masse sèche appelée sitint ainsi distillée donne environ 210 1. de gaz par kilog. Certaines fabriques trouvent le moyen d'utiliser de cette façon leurs sous-produits pour s'éclairer.
8" Gaz a l'eau. — Quand on fait passer des vapeurs aqueuses à travers des cornues de fer ou d'argile remplies de charbon de bois ou de coke chauffé au rouge, l'eau est décomposée, et il se forme un mélange gazeux comprenant de l'hydrogène, de l'oxyde de carbone, de l'acide carbonique et une petite quantité d'hydrogène protocarboné. Ce gaz, dépouillé de l'acide carbonique par la chaux et presque entièrement composé d'oxyde de carbone et d'hydrogène, a été employé à l'éclairage en adoptant l'un des deux procédés suivants ; 1* on fixe sur l'orifice des brûleurs de petits cylindres qui, portés au rouge par la flamme, communiquent à celle-ci des propriétés éclairantes ; 2° on imprègne le gaz de vapeurs riches en carbone. Ce deuxième procédé a été appliqué par Jobard, de Bruxelles, par l'ingénieur français Sellègue, puis par plusieurs autres inventeurs.
9° Gaz d'air. — On a également cherché à transformer l'air atmospliérique, préalablement dépouillé de son acide carbonique et de sa vapeur d'eau, en gaz d'éclairage, au moyen de vapeurs d'hydrocarbures liquides et volatils (Éther de pétrole, benzine, etc.). L'air ainsi carburé peut servir comme matière éclairante, à condition d'effectuer la combustion dans des becs à larges ouvertures et de donner une laible vitesse d'écoulement au gaz. G. Dumont.
GAZ COJll'UIMLS ET LIQUKIIKS. Il u'exislr plus de gaz permanents, c'est-à-dire connus uniqiir ment sous cet état: tous les gaz peuvent aujourd'Jii, être liquéfiés, et le plus grand nombre a pu être su lidifié. L'industrie emploie à certains usagesquelques gaz à l'état liquide, d'autres sont utilisés à l'état (le simple compression, destinée à les emmagasiner sous un petit volume.
Compression. — Tout gaz, comprimé par le jeu d'une pompe foulante dans un espace clos, se réduit à un volume d'autant plus faible que la pression est plus grande, ce volume étant inversement proportionnel à la pression subie et cette contraction s'accompaguant d'un dégagement de chaleur. En coaséquence, un gaz qui occupe un espace de 100 à la pression normale n'occupera plus qu'un espace de 1 si la pression devient 100. Mais cette loi n'est exacte que pour les gaz qui sont éloignés de leur point critique, c'est-à-dire du moment où le gaz, sur le point de se liquéfier, se transforme en vapeur. A cet instant, la tension de la vapeur lutte contre la pression et la contraction est naturellement moins forte. On n'a donc intérêt à comprimer un gaz que lorsque son point critique est trop bas, ce qui est le cas du gaz d'éclairage ( — 102»), de l'oxygène (— 194°) ou de l'hydrogène (— 219°), car alors la dépense de liquéfaction deviendrait considérable et la conservation très difficile, à cause de l'énorme tension de vapeur du liquide, laquelle amènerait des dangers. On se contente alors de la compression à deux ou trois cents atmosplières, ce qui réduit d'autant le volume. Si au contraire le point de liquéfaction est assez élevépourquel'on puisse facilement l'atteindre au moyen d'un mélange réfrigérant avec ou sans pression, il est préférable d'opérer la liquéfaction : c'est le cas de l'acide carbonique, de l'acide sulfureux, du chlorure d'éthyle ou de méthyle, de l'acétylène, etc.
Liquéfaction. — Pour liquéfier un gaz, il faut ajouter le refroidissement à la compression : en effet, la chaleur dégagée par la compression tend à augmenter la tension du gaz et l'empêcherait toujours de se liquéfier, à moins d'employer des pressions colossales et inutiles qui augmenteraient considérablement le prix de revient. Dans l'iudustrie, pour éviter cet excès de compression, on cherche à abaisser la température du récipient au-dessous du point critique de liquéfaction, et dans ces conditions il suffit d'une pression relativement faible pour obtenir la liquéfaction, ce qui est une grande économie dans beaucoup de circonstances. Si le gaz à liquéfier n'a pas de valeur (c'est le cas de l'air), on utilise pour la réfrigération la détente du gaz comprimé; mais pour les gaz de prix ou est oblig'. d'employer des mélanges réfrigérants.
Industrie. — Les principaux gaz comprimés ou liquéfiés employés dans l'industrie sont les suivants:
1° Gaz comprimés.— Le gaz d'éclairage, l'oxygène et Vhydrogéne sont des gaz liquéfiables à unetempérature trop basse pour pouvoir être conservéssans danger dans cet état ; le gaz d'éclairage est surtout composé d'éthylène qui bout à — 100°, l'oxygèneboutà — 194°etrhydrogèneà-— 220° environ; 1.' tension de vapeur développée à la température ordinaire serait de oOO à 1.000 atmosphères et plus, c'est-à-dire que la pression supportée par les récipients serait absolument dangereuse. Ou se contenl' donc de les comprimer, dans des cylindres d'aci.