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GAZ COMPRIMÉS ET LIQUÉFIÉS

r.AZ COMPRIMÉS ET LIQUÉFIÉS

dont la résistance a été éprouvée et contrôlée, à une i pression de 100 à 250 atinosphèns, et dans ce dernier cas un récipient de 10 litres de capacité peut contenir la valeur de 2 m. cubes 1/2 de }?az pris à la pression normale. Pour le jraz d'éclairage, on utilise des récipients de .iO à (50 lit. de capacité : mais alors, la résistance des parois étant moins considérable, en raison de la dimension du cylindre, la pression ne dépasse pas 'M atmosphères. En revanche, le poids de l'appareil est beaucoup moindre que celui des cylindres épais qui renlerment ordinairement l'oxygène et l'hydrogène.

Ces derniers gaz sont surtout utilisés dans les laboratoires, pour les appareils à projection, pour la marche de chalumeaux destinés à produire une température très élevée'.

2" (Jaz liquéfiés. — Les gaz employés dans l'industrie à l'état liquide sont beaucoup plus nombreux :

Chloruresdethyleetdeméthyle.—(V. Chlorures.)

Acide sulfureux. — L'acide sulfureux se liquéfie avec une légère compression à — 10* ; il peut se conserver facilement dans des récipients de verre. Il est très employé en chimie industrielle et dans le blanchiment. On en a même proposé l'emploi comme extincteur dans les incendies.

Acétylène. — On a proposé l'acétylène liquide pour l'extraction rapide et parfaite des parfums des fleurs : il demande une pression de 83 atmosphères à la température normale pour être liquéfié ; à 0", il suffit de 40, et ce chiffre tomberait à la ou 20 si on le refroidissait vers — 30°. Malheureusement l'acétylène liquide est un corps dangereux, car il est endothermique, c'est-à-dire que ses éléments absorbent de la chaleur en se combinant pour lui donner naissance ; or, tous les composés endothermiquessont facilement explosifs lorsqu'ils supportent un choc. Divers accidents ont démontré les dangers, à ce point de vue, de l'acétylène liquide on en solu- ; tion. C'est ce qui fait que ce corps ne peut pas être j facilement employé pour l'éclairage autrement qu'à j l'état gazeux. (V. Acétylèxe.) 1 Acide carbonique. — Le gaz carbonique est le ■ premier qui ait trouvé son emploi industriel à l'état liquide : on l'obtient facilement en le refroidissant i à — 78" au moyen de mélanges réfrigérants et en le I soumettant à une compression de quelques kilog. On le conserve, comme l'oxygène et l'hydrogène, I dans des tubes d'acier. Il est très employé dans les I cafés et brasseries pour l'usage des pompes à bière. j II sert également beaucoup dans les laboratoires I pour obtenir des mélanges réfrigérants très puis- ! sants; les arts chimiques en emploient de grandes j quantités ; on l'a aussi proposé pour l'extinction des I incendies, notamment dans les feux de mine*. Les

1 . On a trouvé de nombreuses utilisations mécaniques de l'air

:!iprimé : pour river entre eUes des pièces de charpentes métal-

l.'^ues; pour peindre de grandes surfaces, par projection d'un jet

j de peinture que pulvérise un courant d'air sotis pression : c'est la

I «peinture à la trompette»; pour nettoyer, par projection d'un jet

'<> sable, les murs des bâtiments ; pour sculpter la pierre ou le

trbre, au moyen de petits marteaux pneumatiques promenés

litre la matière et frappant des centaines de coups par seconde;

J' nettoyer rapidement les coussins et tapis; pour mettre en

uvement rotatif une sorte de « hérissuu» servant à nettoyer les

■■s et luyaui encrassés par des dépôts, etc.

.'. Au Congrès de 1899 des ingénieurs des mines anglais,M. Spencer

icouté comment, avec l'acide carbonique liquide, on s'est rendu

jj'.re d'un incendie dans une houillère. Des réservoirs de ce liquide

i furent mis en communication avec le foyer de l'incendie par des

j loyaux ramifiés en forme de peigne, puis on laissa le gaz se dégager.

I Peu après, l'incendie avait cessé. On sait que l'air contenant 15 •;',

I d'acide carbonique deTÏent impropre i entretenir U combtistion.

tubes contenant de l'acide carbonique liquide subissent à la températnre ordinaire une pression de 40 kilog. par centimètre carré. Si ces récipients sont exposés au soleil, leur température peut monter à aO* ou G0° ; dans ce cas la pression s'élève à plus de 200 kilog., ce qui peut amener de terribles explosions : ils doivent donc être conservés en lieu frais.

Air liquide. — L'air liquide est entré récemment dans l'industrie, et déjà il tend à y prendre une place considérable. On l'obtient très économiquement au moyen des machines de Linde, sons une pression de 220 atmosphères, en se servant de la détente du gaz lui-même pour obtenir un refroidissement de plus de — 200*. La température de volatilisation est de — 182", et en conséquence la température du liquide, à la pression normale, est au moins égale à ce point critique. On ne peut le garder en vase clos, car sa tension à 15° est de plus de 800 atmosphères, ce qui rendrait explosif tout récipient, quelle qu'en soit la force : on le conserve donc en vases de verre spéciaux, de forme sphérique, formés d'une double paroi dans laquelle on a fait le vide et dont la surface interne est argentée pour éviter le rayonnements Dans ces conditions, l'air liquide se conserve au moins huit jours avec nu simple bouchon de laine brute, matière très isolante.

L'air liquide est économiquement obtenu, car il suffit d'un cheval-heure pour liquéfier un litre d'air. Une machine de 200 chevaux permet de fournir 200 litres d'air liquide à l'heure*.

En industrie, la distillation de l'air liquide produit le cinquième de son volume d'oxygène pur, ce qui permet de supposer qu'avant longtemps ce procédé sera de choix pour l'obtention de l'oxygène industriel. L'air liquide fournit des températures extrêmement basses, puisque dans de bonnes conditions on a pu atteindre — ïSO", ce qui est bien près du zéro absolu : il est donc d'un emploi courant dans la science et dans les arts chimiques.

Sa principale application actuelle est celle qui le fait utiliser dans les mines, comme explosif inoffensif : on verse de l'air liquide sur une cartouche de charbon en pulvérin, ce mélange est un puissant explosif si on fait détoner dans sa masse une capsule de fulminate. Un mélange d'acétylène liquide et d'air liquide produit dans les mêmes conditions des effets formidables, incomparablement plus violents que ceux de tous les explosifs connus. On peut aussi utiliser l'air liquide pour alimenter de puissants foyers et l'employer ainsi à la fabrication du carbure de calcium (qui produit l'acétylène) sans intervention du courant électrique*.

1. C'est un Français, M. d'Arsonval, l'éminent professeur dn Collège de France, qui a trouvé le moyen de conserver l'air liqtiide. Apparemment, c'est d'abord comme explosif qu'on l'emploiera, mais il est appelé à rendre bien d'antres services. Dans une salle d'hôpital vous apportez un ballon d'air liquide : anssîtdt il s'y répand une brise marine ; des souffles venus des sommets de la montagne y apportent les senteurs de la menthe et de la citronnelle : ce sont les Alpes à domicile, l'Océan chez soi. En méullurgie, dans la navigation sous-marine, et, qui sait, dans la navigation aérienne peut-être, l'air liquide est destiné à accroître le mouvement incessant du progrès.

2. On a inauguré à New-York, le 25 mai 1899, la première fabrique d'air liquide sous le nom de General Liquid Air and Be/rioerating €•. Cette usine possède un» machine de 200 chevaux-vapeur et peut produire, dès à présent, l'air liquide d'une façon continue, à raison de 1 gallon (soit 4 litres 1/2) à la minute.

3. L'air liquide, mélangé i du coton et du charbon, donne on explosif aussi puissant que la dynamite, mais qui ne conserve ses propriétés que pendant un quart d'heure; aussi faut-il le préparer sur place ; on atUise cette préparation dans les travaux do tunnel

GELATINE

GELATINE

L'air liquide dissout d'énormes quantités d'ozone, ce qui permet alors d'obtenir un oxydant d'une rare puissance, apte à rendre de réels services dans l'industrie chimique. La solution d'ozone dans l'air est d'un bleu intense. On ne peut employer l'ozone liquide pur, ou même l'oxygène liquide renfermant une forte proportion d'ozone, parce que ce dernier est explosif. Un mélange d'acétylène et d'ozone liquides constitue même l'explosif le plus terrible que l'on connaisse. L'ozone est déjà employé à la préparation des parfums, au blanchiment des étoffes et à la purification des eaux potables. G. Bardet.

GAZK. Tissu léger très clair, ayant pour caractère particulier l'écartement des fils de trame, constamment maintenus à des distances égales par le serpentement des deux fils de chaîne l'un sur l'autre. La gaze unie en soie écrue est réservée pour la fabrication des crêpes. Les différents genres ne varient que sur le tors plus ou moins fort des fils de chaîne et de trame.

La gaze en lin ou linon, la gaze mousseline en coton, la gaze barège en laine, sont des variétés de ce tissu, qui comporte une foule de genres dans chaque catégorie de textile. J. P.

GAZOMKïUE. V. Compteurs : Compteurs à gaz. GEDDA ou Jedda. Variété de gomme arabique vraie, ainsi appelée du nom de Djeddah, port d'Arabie. (V- Gommes.)

GEKLOAG. Ville maritime de la colonie anglaise de Victoria, située sur la baie de Port-Philip, à 72 kil. S.-O. de Melbourne, par 38° 10' lat. S. et 142° 0' 17" long. E. de Paris. Pop. : 2;i.000hab. Le port, le second de Victoria, est sûr et accessible aux grands navires, le long de ses quatre jetées ; service quotidien avec Melbourne. Grandes manufactures de lainages et important commerce de laines. Construction de machines, tanneries.

Station du ciiemin de fer de Melbourne à Belfast. Succursales des banques : Australasia, New-South Wales, Victoria, Colonial, Commercial, London Cliartered, National Savings et Union.

GKFLK. Ville suédoise de 2o.000 liab., centre de chemins de fer, à loO kil. N.-O. de Stockholm. Port assez bon, mais dont l'entrée est pénible ; on y va dépenser plus d'un million pour des dragages et des installations d'appareils de chargement. Les principaux articles d'export. sont : le bois et les articles en bois, pour 28.981.000 fr. en 1897 ; le fer et l'acier, pour 7.124.000 fr. (36.077 T.), la pulpe de bois pour 4.24(5.000, et les divers pour un peu plus de 7ij0.000 fr. La valeur totale de l'import. a été pendant la même année de 10.281.000 fr., dont 1.2G3.000 de céréales, 1.748.000 de café, 3.110.000 de charbon et coke, 1.02(5.000 de fer et acier, puis du coton, des huiles minérales, des engrais, etc. Au point de vue du commerce international, la première place appartient à la Grande-Bretagne, avec 25. 125.000 fr. aux export., et 4.500.000 aux import.; puis viennent l'Allemagne, la Belgique, la France, etc. En 1897, il est entré 310 voiliers jaugeant 1()0.668 t. et 414 vapeurs jaugeant 298.0:55 t., dont 49.803 et 113.920 t. pour la Suède, 40.050 et 3S.O(50 t. pour la Norvège. D. B. Gelvti.m:. J3n traitant par l'eau bouillante des

du Simplon. — On a constalé que les plaques photographiques au golatino-broinurc, maintenues pendant quelque temps à la température d'ébullition de l'air, deviennent beaucoup moins sensibles; elles exigent, pour être impressionnées, une pose 200 à 300 fois plus longue qu a l'état ordinaire.

tissus cellulaires, de la peau, des tendons, des cartilages, etc., on les voit se gonffer, se ramollir et enfin se dissoudre. La liqueur, par refroidissement, se prend en une masse tremblante ou gelée qui, à l'air, se dessèche et forme une substance dure, cassante, incolore, inodore et sans saveur : c'est la gélatine. Ce produit n'existe pas tout formé dans les tissus animaux ; c'est une transformation résultant de l'action de l'eau bouillante. MuUer de Berlin et Vogel de Munich ont montré que la gélatine retirée des cartilages diffère de celle retirée des os et autres tissus cellulaires, et l'ont distinguée sous le nom de chondrine.

La gélatine est précipitée par l'alcool et le tannin. C'est cette propriété qui est utilisée dans la clarification des liquides renfermant ces principes : vin, bière. Le précipité membraneux qui se forme au sein de la liqueur, emprisonne, eu se déposant, toutes les matières qui altèrent la transparence de ces liquides. (Voy. Colle.)

Pour préparer la gélatine, on met à ramollir dans l'eau froide les matières premières, dites collesmatières. Elles subissent trois décoctions de 4 à 5 heures dans un appareil spécial. On soutire les liqueurs gélatineuses et on les clariflepar l'alun en poudre (quelques centièmes). Quand elles sont assez concentrées pour se prendre en gelée consistante par le refroidissement, on tire à clair et on coule dans des moules de sapin. La matière prise en gelée et froide est détaciiée des moules, puis découpée en tranches minces. On fait sécher ces plaques sur des treillages en cordes ou en fils métalliques dans un endroit aéré. L'opération se fait au printemps ou à l'automne, les chaleurs de l'été pouvant liquifier la gélatine et les froids de l'biver la gercer et la déformer.

On obtient donc, après dessiccation, des feuilles ou tablettes minces, demi-transparentes, à peu près incolores, qu'on lustre à la brosse et dans l'ean tiède. Ces feuilles gardent toujours l'empreinte des cordes ou des fils sur lesquels elles ont été placées dans le séchoir.

En coulant la gélatine incolore, on en fait des lames élastiques minces, solides, transparentes comme le verre : c'est le papier glace ou papier gélatine, qui peut servir à calquer, faire des images de sainteté, etc.

La gélatine des os se prépare en soumettant des os concassés à l'action de l'eau portée de 121° à 135°, sous une pression de 2 à 3 atmosphères, pendant ] environ 3 heures.

Le bicliromate de potasse a la propriété de rendre insoluble la gélatine; d'où il résulte que le papier et les tissas enduits de cette colle insoluble deviennent imperméables. Il suffit d'ajouter à l'eau qui contient la gélatine en dissolution une partie de bichromate pour 50, au moment de s'en servir, et d'opérer en pleine lumière. On pourrait en horticulture utiliser cette propriété pour confectionner des cjiàssis et dos cloclies économiques en papier. En associant la gélatine à la glycérine, on obtient un mélange que l'on peut utiliser pour la fermeture hermétique des bouteilles, en place de capsules métalliques.

La gélatine glycérinée (100 parties de gélatine pour 150 de glycérine), avec interposition de talc pour donner de l'opacité, forme une p;\te qui sert à décalquer des lettres ou des dessins dont on veut

GELKE-S

gi:nks

tirer un petit nombre d'exemplaires. C'est le principe des appareils bien connus sous le nom de polygraphes ou uulocopistes.

La gélatine en plaques minces, dont nous venons de parler, coûte de 4à6 fr. le kgrr., suivant les qualités : les gélatines Dreseber et Heinricii valent 8 fr. ."iOet les Nelson 12 et li fr. L. Le Roux.

Alimentation. — La gélatine entre normalement [lour une part assez considérable dans l'alimentation humaine, quand cette alimentation est à prédominance animale, car les végétaux ne renferment pas de substances coUagènes. C'est ainsi que les muscles (la viande) renferment 2 V. de tissu collagène, les os 20 •/„, la peau 21 Vo- Ces matières collagènes, lors de la préparation culinaire et sous l'influence de l'eau bouillante, se transforment en gélatine. Les pieds de veau surtout, les pieds de porc, les pieds de mouton, la tète de veau, etc., donnent ainsi une grande quantité de gélatine.

La gélatine est très facilement digérée, et en totalité, par l'homme; bien que renfermant une quantité notable d'azote, elle ne saurait cependant, contrairement à une opinion ancienne, remplacer l'albumine: elle est seulement pour cette dernière on aliment d'épargne, en ce sens que sa destruction rapide dans les tissus économise une destruction correspondante de l'albumine. En général, 100 gr. de gélatine remplacent 36 gr. d'albumine ou 173 gr. de viande, à la condition toutefois que l'albumine de la ration ne soit pas réduite à zéro, mais maintenue, au contraire, dans le chiSre limite. (V. Ali-

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