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GOBELINS

où l'on multiplie partout les moyens d'investigation scientifique.

Les matières premières employées pour la teinture sont les mêmes que du temps de Louis XIV : la gaude pour les jaunes; la cochenille pour les rouges (écarlates, roses, violets); la garance pour les rouges, les violets foncés, les bruns ; le bleu d'indigo ou bleu de cuve. On a supprimé avec raison le carthanie, le rocou, les bois de teinture, couleurs fugaces ou peu solides.

A ces matières, peu nombreuses, on a ajouté le bleu prussiate (bleu de Prusse ou bleu de France), qui est solide à la lumière, mais ne résiste pas au savon : ce qui n'a pas d'importance, attendu que les tapisseries ne sont pas soumises au savonnage.

Avec l'indigo, transformé par l'acide sulfurique, on fait un fort joli bleu clair (carmin d'indigo) qui teint la laine admirablement; mais il n'est pas solide à la lumière, surtout dans les tons clairs. An lieu de l'interdire, on l'emploie pour les bleus ciel, les verts clairs (en mélange avec la gaude), les violets d'évèque (en mélange avec la cochenille).

Il y aurait grand avantage à remplacer le carmin d'indigo par un de nos meilleurs bleus artificiels, par exemple de la Budische Ànilin und Soda Fabrik, beaucoup plus solide. Mais l'Administration s'est interdit l'emploi des couleurs artificielles, même les plus solides, comme l'alizarine et les autres dérivés de l'anthracène. Et il est bien prouvé que l'alizarine artificielle est identique, à tous les points de vue, à celle qui existe toute formée dans la garance. Depuis quatre ans la marine emploie, pour les étamines destinées aux pavillons de signaux, des teintures jaune vif et rouge écarlate qui résistent au soleil indéfiniment, mais ne supportent pas le savonnage, ce qui est sans inconvénient. C'est l'auteur de ces lignes qui a indiqué les procédés pour cette teinture spéciale.

les tapisseries. — Il faut savoir d'abord que la tapisserie des Gobelins n'est pas du tout formée par des points recouvrant un canevas. Le point des Gobelins, dont parlent les dames, est une simple fantaisie. La tapisserie des Gobelins est un tissu fait à la main, ayant l'apparence d'un reps très fin. La chaîne du tissu est tendue verticalement. Chaque fil de chaîne passe librement dans un œil porté au bout d'une ficelle appelée lisse. Toutes les lisses de rang impair sont réunies dans une nappe, sous la main de l'artiste. De même pour les lisses de rang pair. Entre les deux nappes de fils de chaîne on passe un tube de verre, de manière à maintenir récartement ou la croisure des deux nappes.

L'artiste tient à la main une broche (morceau de bois cylindrique terminé par une pointe), la laine est enroulée sur la broche, qui remplace ici la navette du tisserand. Pour tisser, l'artiste passe un fil dans la croisure; puis il tire sur les lisses, de manière à ramener les fils d'ordre impair en arrière. Et il repasse le fil une seconde fois dans la nouvelle croisure. Résultat: les fils de chaîne sont complètement cachés par ce double passage, absolument comme dans le reps ordinaire, dont la chaîne n'est pas visible.

Comme les lisses sont au-dessus de la tête de l'artiste, le métier se nomme métier de haute lisse. Il est connu de toute antiquité : c'était celui des anciens Égyptiens, de Pénélope, etc.

A Beauvais, on n'emploie que le métier de basse

lisse : la chaîne est horizontale et les lisses sont au-dessous. L'artiste les manœuvre avec les pieds, ce qui accélère un peu le travail.

Les tapisseries de Beauvais sont d'un travail aussi délicat que celui des Gobelins. II faut être du métier pour savoir distinguer les tapisseries de haute et basse lisse. Toutefois les romanciers se sont imaginé que la haute lisse indique une supériorité, et ils n'ont jamais meublé leurs salons que de tapisseries de haute lisse.

Le travail du tapissier est nécessairement très lent. En moyenne, chaque artiste ne fait guère plus d'un mètre carré par an.

Le prix de la tapisserie n'est jamais inférieur à 2.500 fr. le m. c. Chacun a le droit d'acheter des produits des Gobelins, et même d'en commander d'après les modèles de la manufacture. MM. Fenaille et Despeaux, les riches marchands de pétrole, ont fait faire pour eux deux magnifiques tapisseries, d'après deux tableaux de Boucher {Vénus aux forges de Vulcain, Aniinte et Sylvie). Ils les ont payées 70.000 fr. les deux. Et pour témoigner leur satisfaction, ils ont donné 10.000 fr. en plus, pour être distribués à tous les artistes de la maison.

A une certaine époque, on s'était appliqué à copier servilement les tableaux avec des laines : « On dirait de la peinture! » s'écriaient les visiteurs. C'était une erreur; si on veut copier un tableau exactement, il vaut mieux prendre une toile, des couleurs à huile et des pinceaux.

Le tapissier doit interpréter le modèle, et c'est là justement le plus difficile. Si le modèle est mauvais, la tapisserie sera toujours mauvaise. Mais un bon modèle peut être interprété plus ou moins bien. Exemple : on termine actuellement une fort belle œuvre, Marie- Antoinette et ses enfants, d'après le tableau de M"" Vigée-Lebrun. Ce travail fait le plus grand honneur à nos artistes contemporains, qui ont surpassé ceux du siècle dernier, comme on peut s'en convaincre en comparant la tapisserie actuelle avec une autre faite d'après le même tableau au XVIIP siècle.

Les modèles sont commandés à nos meilleurs artistes, dans des genres assez différents, qui ne se présentent pas tous dans les conditions exigées pour la tapisserie.

La manufacture des Gobelins possède d'excellentes écoles de dessin, ouvertes non seulement aux futurs tapissiers, mais aux enfants du quartier. Après avoir fait de très bonnes études de dessin, l'élève tapissier exécute d'abord des modèles très simples: teintes plates, quelques ombres, puis des feuillages, enfin des têtes. Au bout de deux ans, il peut travailler utilement dans les ateliers ; il gagne alors 1.200 fr. par an. Il est augmenté d'année en année et peut arriver au maximum de 3.000 à 3.400 fr. au plus, avec un logement et un petit jardin pris sur les trois hectares de terrains, en dehors de la Manufacture, et depuis longtemps partagés entre les fonctionnaires et artistes de l'établissemeut. En résumé, le salaire du personnel est fort médiocre. Il serait même insuffisant, si les artistes n'étaient pas attacliés de père en fils à la Manufacture et retenus par le logement et le jardin. Des utilitaires à courte vue ont proposé de vendre les terrains et d'augmenter les artistes, ce qui est impossible au point de vue administratif.

Les tapis. — Dans un atelier spécial, on fait des tapis offrant l'aspect de très belles moquettes à longue

GOBELIXS

GOHINE

laine. Cette fabrication particnlière a été longtemps installée à Chaillot, dans une ancienne savonnerie : de là le nom de tapis de la Savonnerie. En 1828, les ateliers de la Savonnerie furent réunis à ceux des Gobelins.

Les tapis se font avec des laines plus grosses que celle des tapisseries : de plus, l'artiste réunit sur la broche plusieurs laines de nuances différentes. Comme ces laiues seront coupées et vues par bout, ces mélanges donnent des effets très harmonieux, des fmidus impossibles à obtenir par d'autres moyens. La chaîne du tapis est tendue verticalement comme sur un métier de haute lisse. Mais l'artiste se place devant le métier, tandis que le tapissier de haute lisse travaille derrière son ouvrage, en s'aidantd'un petit miroir pour bien suivre les moindres détails.

Four faire le lapis, l'artiste commence par nouer un fil à l'un des fils de chaîne (de la nappe d'arrière); ce nœud, fort simple, est appelé nœud sarrasinois. La laine forme une boucle qui se trouve ramenée en avant: et l'on fait ainsi toute une rangée de boucles serrées sur une tringle de fer pour qu'elles soient bien égales. On passe alors deux duites (fils blancs très solides) dans la croisure des deux nappes de chaîne; ces deux duites restent invisibles aussi bien que les fils de chaîne ; elles représentent la double trame d'un reps. Enfin, on passe encore une trame, fil de chanvre un peu plus fort que les duites. Cette trame complète avec la chaîne un véritable canevas. Ce tissu, très solide, est fortement serré à l'aide d'un lourd peigne métallique. Puis, on coupe les boucles avec de grands ciseaux s'appuyant sur une réglette de bois d'un demi-centimètre d'épaisseur. On fait ainsi un velours à lu )nain ou moquette à haute laine, bien supérieur à ce qu'on fait dans l'industrie. Le prix est encore plus élevé que celui de la tapisserie de haute lisse : au moins 3.000 fr. le m. carré.

Les modèles pour les tapis sont presque toujours formés d'ornements: arabesques, fleurs, fruits, etc., très rarement de figures d'hommes ou d'animaux. On exécute en ce moment un modèle fort original de M. Binet, l'habile architecte du grand portail de l'Exposition. Ce modèle est du genre mosaïque : formé de teintes plates très vives, sans ombres, ni traits de force. Les contours qui limitent les teintes sont de formes très variées : le tout, figurant une sorte de soleil rayonnant de tous côtés. Ce tapis doit figurer à l'Exposition; on ne pourra bien le juger qu'après l'achèvement complet.

Imitation des œuvres des Gobelins. — Les tapisseries d'Aubusson ne sont pas des imitations, ce sont des tapisseries faites exactement par les mêmes procédés, mais d'une exécution moins soignée, ce qui permet d'abaisser beaucoup les prix, à partir de :')0 fr. le m. carré.

Les bonnes tapisseries d'Aubusson sont fort estimables; les meubles recouverts de ces tapisseries oût un aspect très artistique et durent indéfiniment. Dans un de nos grands magasins de nouveautés, on proposait un meuble d'Aubusson d'un fort bel aspect, à 100 fr. le fauteuil: « Mais, pour ce prix-là, j'aurai du damas de soie î s'écrie la cliente. — La tapisserie est bien plus distinguée et durera cent ans. — C'est possible, mais c'est un cadeau de mariage que je veux faire à ma fille; le damas de soie produira bien plus d'effet, et mon gendre le remplacera dans

quelques années: c'est son affaire. » Voilà comment les consommateurs vulgaires apprécient les produits i'art industriel!

On a fabriqué, sur le métier à la Jacquart, de fort beaux reps imitant les tapisseries des Gobelins ou d'Aubusson. C'est ce qu'on appelait les tapisseries de yeuilly. Mais c'était encore trop cher pour la consommation courante : on fait des imitations grossières en barbouillant au pinceau des toiles de jute (dites toiles à voiles). On imprime même certaines de ces toiles.

Quant aux tapis de la Savonnerie, l'imitation est tout à fait complète : on tisse d'admirables moquettes à longue laine, à dessins riches et compliqués, et dont le prix n'est pas trop élevé.

On a souvent demandé pourquoi on n'emploie pas de femmes pour tisser la tapisserie. C'est que ce travail est fort pénible et que les femmes ne pourraient pas le supporter, à part quelques exceptions. Une dame suédoise, qui tissait des tapisseries dans son pays, est venue travailler aux Gobelins pour se perfectionner (par permission spéciale). Elle tissait de fort jolies fleurs sur un petit métier à haute lisse, et nous l'avons vue travailler pendant toute l'année dernière avec beaucoup de zèle.

On emploie de nombreuses ouvrières aux ateliers de rentraitrure et de réparation. De vieilles tapisseries, ayant beaucoup souffert, ont été réparées dans ces ateliers : telles sont les célèbres tapisseries de Saint-Remy, appartenant à la cathédrale de Reims. En pareil cas, on est obligé de refaire des parties entières : on remplace les chaînes absentes, dans les parties usées ou brûlées, et on refait à l'aiguille les trames manquantes avec des laines de couleurs assorties aux teintes passées. Le travail à l'aiguille est celui de la reprise, avec double passage de la trame. On peut admirer au Musée des Gobelins des tapisseries du XVI' siècle, dont on a refait ainsi des parties entières (un quart, un tiers, etc.), que l'œil ne peut distinguer du reste. Plusieurs habiles artistes des Gobelins se chargent de restaurer les tapisseries appartenant aux particuliers, moyennant des prix raisonnables. L'État possède au garde-meuble de nombreuses tapisseries qui ont beaucoup souffert. Il serait nécessaire de les réparer aux Gobelins : mais on recule devant la dépense.

Les retraites. — Tous les artistes, fonctionnaires, ouvriers, employés, sont assurés d'une retraite équivalente à la moitié du traitement, quand ils ont atteint soixante ans d'âge et trente ans de service. Après sept ans de mariage, la femme veuve touche la moitié de la retraite.

Outre la Caisse des retraites de l'État, le personnel des Gobelins possède une caisse de secours fort bien organisée.

C'est grâce à toutes ces conditions réunies que la vie demeure à peu près possible, sinon confortable, pour des hommes de talent, travaillant huit heures par jour, avec des appointements fort médiocres.

Ch.-Er. GUIGNET,

Ingénieur (E. P.). — Ex-Directeur des teintures aux Manufactures nationales des Gobelins et de Beauv.iis.

GOHINÉ (LiANEl : de la famille des Landolphia. C'est la liane qui donne le meilleur caoutchouc du Soudan français. 11 n'est pas aussi résistant que le Para supérieur, mais il a une bonne élasticité, un grand pouvoir adhésif, sans être collant ou poisseux. A l'état brut, il se présente dans le commerce

GOMMES PROPREMENT DITES

GOMMES PROPREMENT DITES

sous forme de tablettes très peu colorées de 15 cm. de long sur H et 6 mm. d'épaisseur, du poids d'environ 120 gr. 11 est d'une pureté remarquable et donne à l'analyse plus de 83 "/« Je caoutchouc pur.

GOLCOM)E. V. Diamant.

GOLI)-roi.\T. V. Change.

GOMMAGU. V. Apprêt.

GOMME ÉL.ySTIQUK. V. CAOUTCHOUC.

GOMME ÉLÉMl. Gomme résine. V. Résines.

GOMME EUPHORBE. Gomme résine. V. Résines.

GOxMME EXTENSIBLE. On a désigné sous ce nom un suc végétal fourni par certains arbres propres aux régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique et aux îles de l'Océan Indien [Ficus non spécifiés et Àutocurpus). C'est un produit intermédiaire entre le caoutchouc et la gutta-percha. G. Dumont.

GOMME-GUTTE. Gomme résine. V. Jaunes, Résines.

GOMME-KINO. Gomme résine. V. Résine.

GOMME-LAQUE. Gomme résine. V. Résine.

GOM-MELlXE. Produit de transformation de l'amidon soumis à l'action simultanée de l'acide nitrique et de la clialeur. (V. Amidons et Fécules.)

GO.HMKS PKOPUEMEXT DITES. (Syn.Lat.: Gumen, gununi. — Augl. : Guin. — Allem., Russe, Polon., Dan. et Suéd.: Guinmi. — HoUand.: Gom. — Espagn.: Gontu. — Portug. et Ital.: Gomma).

Dans le commerce et dans le langage usuel, on désigne sous le nom âe gommes des substances fort différentes, n'ayant de commun que d'être tenues en suspension ou en dissolution dans la sève de certains arbres, d'où elles découlent soit par exsudation spontanée, soit par incision, pour se solidifier bientôt au contact de l'air.

Ces substances forment, en raison de leur constitution élémentaire et de leurs propriétés, trois groupes bien définis: les gommes proprement dites, les résines et les gommes résines.

Le Tarif des Douanes n'entend par gommes pures que les gont mes proprement dites, à l'exclusion des résineux.

Les gommes proprementditessont insolublesdans l'alcool, dans l'éther, dans les huiles fixes, dans les huiles essentielles, ainsi que dans les solutions alcalines concentrées. Elles se dissolvent facilement dans l'eau, ou au moins s'y gonflent considérablement. Dans le premier cas elles forment avec l'eau une liqueur mucilagineuse et collante; dans le deuxième cas elles donnent une masse gélatineuse.

Une solution de gomme dans de l'eau est précipitée par l'alcool. Cette même solution, traitée par l'acide azotique, donne naissance à des acides mucique, oxalique, saccharique ou tartrique, suivant les circonstances. La composition élémentaire des gommes est la même que celle de la matière amylacée. Les gommes se forment dans les cellules de certains végétaux appartenant aux familles des Légumineuses, des Rosacées et des Hespéridées.

Les gommes proprement dites sont classées dans les tableaux du Commerce français en deux grandes catégories, suivant leur provenance, savoir : les Gommes d'Europe et les Gommes exotiques.

I. Gommes d'Europe. — Les gommes d'Europe, ou gommes du pays, qui ont bien moins d'importance au point de vue commercial que les gommes exotiques, sont toutes produites par des arbres de la famille des Rosacées, à fruits à noyau, tels que les abricotiers, les cerisiers, les pruniers et les pêchers.

Elles sont composées en grande partie de Cérasine, sont peu friables, peu solubles dans l'eau, se délayant plutôt dans ce liquide, avec lequel elles forment une sorte de mucilage manquant de liant.

On leur assimile la gomme d'olicier, luen que ce ne soit pas une véritable gomme et qu'elle soit presque entièrement constituée par une substance particulière {olivine), qui présente une grande analogie avec les résines.

Les gommes d'Europe se trouvent dans le commerce en morceaux irrégulièrement arrondis, plus ou moins transparents et d'un brun rougeàtre, ordinairement salis par des débris d'écorce et par d'autres impuretés. On les distingue en gommes en sorte (salies, opaques et mélangées de matières hétérogènes) et gommes triées ou de choix. Elles ne sont guère utilisées que dans la chapellerie pour l'apprêt du feutre.

Cominerce. — Les tableaux du C. G. indiquent que, dans la période de 1892 à 1896 inclus, l'import. moyenne annuelle a été de 70.279 kilog., et l'export. de o9.163 kilog. Le prix E.V.D. du kilog., en 1896, a été, tant à l'import. qu'à l'export., deOfr. 70. — En 1897, les import, ont été de 38.500 kilog. et les export, de 30.100 kilog. En 1898 : import., 20.453 kilog. pour 18.517 fr., venant pour près de 1/2 d'Allemagne, pour plus du 1/4 d'.\utriche, et pour 1/5 d'Italie; export., 70.737 kilog. pour 49.510 fr., à destination, pour près de 1/2 d'Allemagne, pour 1/5 de Belgique, et pour 1/10 de Suisse; toujours au même prix E.V.D. de Ofr.70 le kilog. à l'import. comme à l'expert.

II. Gommes exotiques. — Les principales gommes exotiques sont :

1° La gomme arabique (Turique, Gedda, d'Yambo), les gommes du Sénégal (de Galam, Salabreda, Gouaké, Liguirode), les gommes d'Australie, du cap de Bonne-Espérance, de Barbarie, de l'Inde, etc. ;

2" La gomme Adragante;

3" La fausse gomme Adragante ou gomme deSassa, ou gomme de Bassora (désignation impropre) ;

4" La gomme de Bassora ou gomme Kutera ;

5" On range aussi parmi les gommes exotiques la gomme d'acajou, la gommeéléphantine, la gomme sapote, la gomme de Moubin, etc.

1" Gomme arabique. — Cette substance, qui paraît formée par un mélange de sels alcalins de calcium, de magnésium et d'un acide particulier, l'acide gummique, se transforme par hydratation en arabinose(C"H^^O'''), quand elle est traitée par l'acide sulfurique. Elle s'écoule spontanément des gerçures de l'écorce de plusieurs espèces d'acacias qui croissent dans l'Arabie, la Haute-Egypte et les contrées voisines. Elle se présente en larmes transparentes, à cassure vitreuse, tantôt incolores, tantôt jaune pâle ou colorées en roux plus ou moins foncé. Elle est dépourvue d'odeur et de saveur; elle est cassante, facile à réduire en poudre, entièrement soluble dans | l'eau. Sa densité est de l,35o. Elle rougit faiblement j la teinture de tournesol. Voici les principales sortes:]

a) Gomme arabique vraie. — Produite par l'-lcacia vera ou gommier rouge, qui croît en Arabie et en Afrique. Elle est désignée sous les noms de gomme Turique (parce qu'elle est expédiée de la ville de Tor, en Arabie, près de l'isthme de Suez), gomme Gedda, gomme d'Yambo; elle se vend en larmes blanches ou rousses, incolores, transparentes; elle devient opaque quand elle est vue eu masse, parce qu'elle est feuilletée en tous sens. Elle est cassante, vitreuse, soluble en toute proportion dans l'eau pour former un mucilage collant. Elle arrive à Marseille,

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