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GOUDRON DE BOUGIES

GRAIXAGE

40 à 50 V„,ot la tempérciture doit être poussée jusqu'à y»0° ot 360°. Le brai plus ou moins gras ou plus on moius sec de la distillation constitue le goudron concret ou brai minéral.

Le goudron minéral (qu'il ne faut pas confondre avec le goudron dit de lignite, provenant des matières schisteuses associées au lignite et qui rentre dans la catégorie des huiles lourdes provenant des huiles minérales propres à l'éclairage) est employé à des usages analogues à ceux du goudron végétal; notamment, on en endnit la coque des embarcations, nièces de bois exposées à l'humidité, les traverses chemins de fer, etc.

Le brai minéral sert pour la fabrication de l'asplialte artiOcielle, des charbons agglomérés, on pour l'obtention d'huiles riches en hydrocarbures solides. Dans ce cas, on le distille dans des chaudières ou des cornues en fonte de petites dimensions. On obti^^nt 25 Vo de produits gazeux, 50 ° » de coke et 0 d'huiles qui, par le refroidissement, seprennent une masse butyreuse de nuance verdàtre et qui renferment une proportion notable d'antbracène, de chrysène et de pyrène.

Quant aux huiles légères, elles servent à fabriquer les produits dits benzols, mélanges en proportions variables de benzine, de toluène, dexylène: d'où les dénominations de benzols 90, 50, 30 Vo, suivant qu'ils renferment 90, 50, 30 Vo de produits distillant avant 100°. Ces benzols sont utilisés pour la fabrication de la benzine, du toluène, du xylène.

Les huiles moyennes soumises à une nouvelle rectification sont utilisées pour l'éclairage ou comme dissolvants, et le résidu de la distillation est ajouté aux huiles lourdes.

Les huiles lourdes, soumises à des traitements successifs, donnent des huiles à naphtaline, des huiles de graissage, des huiles riches en anthracène qui, par le refroidissement, se prennent en une masse de consistance butyreuse. Ces huiles sont en général réunies à celles provenant de la distillation dn brai et sont employées, sous le nom d'huiles vertes, , pour la fabrication de l'anthracène.

Commerce.— Les tableaux du C. G. établis par l'Administration des Douanes françaises donnent, pour les import, et esport. moyennes annuelles, pendant la période 1892 a 189C inclus, de goudron et brai sec provenant de la distillation de la houille, les chiffres suivants:

Importations ii8.233.811 kilog.

Exportations 21.167.478 —

Prix E. V. D. pour 1896, des 100 kilog., tant à l'import. qu'à l'export.. 5 fr.

Les chiffres relatifs à l'année 1897 (C. S.) sont : Import.. 183.323.700 kilog. ; export., 21.370.100.— Pour 1898 (C.S.) : imporl., 168.753.500 kilog.; exporl., 23.711.200.

Ce produit est exempt de droits à l'entrée en France. (Loi lin 11 janvier 1892.)

Au point de vue de l'application des droits, le brai mirai sec, ainsi que le goudron de houille liquide, mélangé d'huile lourde de houille pour le badigconnage des murs, suit le régime du goudron minéral.

L'huile légère et les produits qui proviennent de la distillation du goudron de houille liquide sont tarifés comme produits chimiques dérivés du goudron de houille.

Le goudron dit de lignite rentre dans la catégorie des huiles lourdes provenant des huiles minérales propres à ''**^'«'"S^^- G. DU-MOXT.

GOUDROX DE BOUGIES. On désigne sous ce nom le résidu de la distillation des acides gras. C'est un liquide noir, qui, par le refroidissement, se prend en une masse dure et cassante. Il sert à pré-

parer des enduits imperméables et à fabriquer du gaz d'éclairage. G. D.

GOUDRON .MINÉRAL. V. Bitcmes.

GOUJKRAT. V. GoCDJRAT.

GOULETTE (L.\l. Ville tunisienne, aujourd'hui totalement déchue de son importance depuis le creusement du port spécial de Tunis : auparavant elle formait en eSet le port de la capitale. Elle possède une belle rade qui est maintenant comprise entre les jetées du large abritant le chenal d'entrée de Tunis ; reliée par voie ferrée à Tunis. Pop. : 4.000 hab. On ne peut évaluer le commerce de son port, confondo avec le commerce de Tunis même.

gour.mets, piquecrs de vin. v. dégcst.\ti0x, Vins .

GOUSSES TINCTORIALES. V. M.\TIÈRES COLO- RANTES naturelles.

GRADUATEUR OU dÉrhateur. Nom donné à des appareils de téléphonie ou de télégraphie électrique, et aussi à des appareils médicaux servant a diriger, régulariser et graduer les étincelles dans le traitement par l'électricité statique. G. D.

GR.VIX. Unité de poids conservée par l'usage dans le commerce des diamants et pierres précieuses, surtout des perles, et valant le quart du carat, soit en France Ogr. 051375. (Voy. Carat.)

GR.\IX.VGE. (Art de la soie.) Le grainage est l'opération consistant à préparer et à choisir la semence qui doit produire le ver à soie. Dans le commerce on nomme graines les œufs de vers à soie. Les personnes qui s'occupent d'élever des vers à soie pour recueillir les œufs et en faire commerce sont des graineurs.

Les causes morbides dont les vers à soie sont appelés à souffrir se découvrent dans les œufs provenant de sujets malades. Il faut donc trier et examiner les papillons destinés à la production de la graine et rejeter absolument tout sujet qui ne serait pas tout à fait sain.

La méthode de sélection dite méthode Pasteur permet d'éliminer les sujets malades. Elle consiste essentiellement : 1" dans l'examen microscopique, par prélèvement d'échantillons des papillons destinés à la reproduction ; 2' dans l'isolement des couples de papillons : chaque couple est enfermé dans une cellule où on recueille la ponte et les cadavres des papillons. On examine au microscope, soit quelques graines, soit surtout les cadavres des papillons après les avoir écrasés et piles. Si on ne découvre pas de corpuscules, les œufs peuvent être employés aux éducations.

Les éducations des vers en vue du grainage sont faites avec des soins particuliers, en petites chambrées isolées. Les œufs pondus par les papillons sont reçus sur des toiles, où ils restent adhérents par le fait du vernis gommeux qui les enveloppe. Pendant les premiers jours, ils éliminent de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique ; par contre, ils absorbent de l'oxygène.

Les œufs des versa soie annuels (races élevées en Europe) sont incapables d'éclore avant d'avoir subi l'action du froid. Des œufs produits en Europe, transportés immédiatement après la ponte au Bengale et dans r.\mérique du Sud, n'ont pas éclos, malgré une chaleur considérable ; des œufs laissés pendant l'été dans la salle on ils ont été pondus, à la même température, n'écloront pas avant d'avoir subi un refroidissement sensible.

GRAINAGE

GRAINAGE

Il y a donc pour l'œuf de ver à soie annuel trois ;périodes :

Prëhivernale, qui dure jusqu'au moment où le froid se fait sentir ; hivernation, qni se prolonge tant que le froid agit et qui maintient le germe stationnaire ; posihiveniate, qui commence dès que la chaleur se fait sentir et réveille le travail embryonnaire.

Si, l'œuf étant entré dans la troisième période, le froid survient et arrête le travail de l'embryon, l'œuf périt. Aussi riiivernage des œufs de vers à soie est-il une condition essentielle de l'industrie du grainage. On a pris l'habitude de porter les œufs dans des locaux situés à des altitudes élevées. En Franco, il y a une chambre froide installée à N.-D. des Neiges (Ardèche) par les filateurset mouliniers de Valence et Aubenas. Dans les Alpes, il y a également des installations spéciales. En Italie se trouvent des cliaml)res frigorifiques où l'hivernage s'effectue avec une régularité scientifique.

Cette nécessité du froid dans l'évolution de l'œuf n'existe que pour les races annuelles; les œufs des bombyx de races polyvoltines, c'est- à-dire qui donnent plusieurs récoltes par an, éclosent immédiatement, ■et les vers sont parfaitement viables.

Le grainage est une véritable industrie. Autrefois, l'agriculteur qui faisait une éducation de vers à soie -choisissait ses cocons les plus beaux, qui avaient été faits par les vers les plus vigoureux, et opérait luimême son grainage, c'est-à-dire recueillait les œufs -qu'il conservait pour l'année suivante.

La maladie qui se déclara vers 1847 et fit des ravages en France d'abord, puis en Italie, jusqu'en 18o7, obligea les sériciculteurs à abandonner leur ancienne méthode de semences. A ce moment, l'industrie du grainage prit naissance ; des sériciculteurs allèrent dans des pays non contaminés chercher des cocons dont ils obtenaient des œufs. Les pays visités furent à leur tour infectés, et lorsqu'en 1864-186o les récoltes européennes furent complètement compromises, on fit appel aux pays d'Extrême-Orient.

Le Japon fut, de tous les pays, celui qui envoya les graines les meilleures et les plus robustes. De 1864 à 1880, ce pays n'a pas expédié en Europe moins de 21.750.000 cartons (une once de 2a gr. par carton) représentant environ 365 millions defr., soit 51.464.000 fr. par an, en moyenne. La France prit environ le tiers de ces envois. Actuellement, l'import. des graines du Japon est presque nulle. En 1897, les graines de ce pays mises à incubation en France se sont élevées à 1.177 onces, sur 198.183 onces, soit un peu plus de 1/2 % du total, alors qu'en 1875 elles représentaient 61 °/o.

Production. — L'industrie du grainage, qui a joué un rôle si prépondérant dans la régénération de la race indigène, est concentrée dans quelques départements du Midi de la France.

Voici, depuis 1875, quelles ont été les quantités de cocons frais réservées au grainage et le nombre •d'onces de 25 gr. de graines que ces cocons ont produit :

Années Kilog. Onces de graines

Par ordre d'importance les départements français qui font du grainage sont les suivants (année 1896) :

Cocons Onces de graines

eniijloyés jnoduites

Var 187.707 418.299

Basses-Alpes 39.000 H7.000

Pyrén. -Orientales.. 2;}. 025 71.042

Corse 13.387 46.252

Hautes-Alpes 10.186 31.228

Divers 10.985 29.123

de cocons frais

produites

Totau.x 286.490 713.544

Il faut dire quelques mots de l'once, qui est restée pour les graines de vers à soie l'unité de poids en usage dans l'industrie du grainage. Cette unité n'a pas représenté et ne représente pas toujours le même poids. L'once était le seizième de l'ancienne livre (30 gr. 596) et ensuite de la nouvelle livre (31 gr. 250). Ce n'est que vers 1849 ou 1850 qu'on prit l'habitude de diviser le kilog. en 40 onces, soit de compter l'once à 25 gr. Le graineur donne 25 ou 30 gr. par once, suivant que la graine est plus ou moins abondante; on a même donné quelquefois jusqu'à 35, 40 et 45 gr. L'once est donc une unité de convention, admise pour 25 gr., mais qui doit être le plus souvent de 30 gr. Les cartons du Japon contiennent 25 gr. de graine. En Italie, l'once milanaise est de 30 gr., et dans ses statistiques le Gouvernement italien compte l'once à 27 gr. Il y a donc lieu, lorsqu'on évalue et compare le rendement de la graine en cocons, de savoir tout d'abord le poids exact de l'once, le résultat pouvant être faussé si on envisage le rendement de deux onces de graines équivalant l'une à 25 gr., l'autre à 30 ou 35.

Usages. Prix de vente. — Le prix des graines varie dans de larges limites suivant la qualité, la provenance, le mode de confection. Enfin, une partie des semences est placée au produit, c'est-à-dire que le graineur fournit la graine et, en payement, reçoit une partie de la récolte en cocons frais.

Voici néanmoins les prix moyens de l'once depuis vingtcinq ans : 1872 (14 à 16 fr.), 1877 (16 fr.). 1882 (12 à 14 fr.), 1887 (11 à 12 fr.), 1892 (9 à 10 fr.), 1897 (8 fr. 50 à 9 fr.). Comme toutes choses, les œufs de vers à soie ont vu leur prix fléchir.

Exportation. — Non seulement l'import. des graines ' du Japon a cessé, mais les graineurs français, employant la méthode Pasteur, se sont mis à produire de la graine sélectionnée, dont ils ont exporté des quantités importantes. Pendant plusieurs années, cette, industrie a été très prospère, et encore aujourd'hui elle procure à la France un bénélice important. Voici l'export. des graines françaises depuis 1890 :

Kgr. Kgr.

La tendance à une réduction d'export. est visible et elle s'explique par la généralisation inévitable des méthodes de sélection scientifique. La concurrence de l'Italie se fait sentir à l'étranger, bien qu'elle-même nous achète une certaine quantité de graines. D'autre part, les établissements de Brousse, de ïiflis, de Hongrie étendent de plus en plus leur action au détriment du grainage français.

Voici quelles ont été les destinations des graines françaises exportées en 1897 :

Kgr. Kgr.

Italie 8.390 Espagne 478

Turquie 6.8;i8 Egypte 76

Russie 1.650 Autres pays... 518

Grèce 450 Total 18.400

Pays étrangers. — La vulgarisation de la méthode Pasteur s'étend peu à peu dans tous les pays séricicoles. Au

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