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GRAINE JAUNE

GRAINES OLEAGINEUSES

premier rang. l'Italie, qui importa, comme la France et plus longtemps qu'elle, des graines du Japon, les a délaissées: le grainage scientifiquement effectué y donne de beanx résultats, et bien que l'Italie Importe des graines françaises, elle exporte des graines produites chez elle. Les graineurs italiens emploient environ l.l.'iO.OOO kgr. de cocons au grainage, ce qui représente environ i.lOO à 1.300 mille onces.

L'Espagne, qui autrefois nous fournissait de la graine, voit maintenant la totalité de sa récolte en cocons reposer sur l'emploi des graines françaises.

L'AutricheHotigrie a un établissement public, à Szeglard, qui produit la graine employée en Hongrie-Croatie. En ISM), l'inspectorat royal de Szegzard distribuait 480 onces; en IS97, il en a distribué Gi.490.

C'est en Turquie qae l'Industrie indigène du grainage a fait des progrès très marqués : l'Institut séricicole de Brousse a affranchi l'.\natoIie du tribut payé à la France. En 1897, la presque totalité des semences est fournie par le grainage indigène : 131.921 onces sur 133.620 onces employées. En outre, 221.879 onces ont été exportées à l'étranger et 21.018 onces expédiées dans d'autres parties de l'Empire ottoman. L'Institut de Brousse prépare surtout des graines de races Bagdad à gros cocons blancs.

En Syrie, les races jaunes importées de France forment encore la grande majorité des éducations ; toutefois, le grainage indigène se perfectionne et est appelé à faire diminuer l'import. française : en 1897, la Syrie a reçu 200.000 onces de graines françaises contre 235.000 en 1896.

La Turquie d'Europe est diversement partagée comme emploi de graines : à Salonique, sur ii.OOO onces mises à l'éclosion en 1897, 34.000 proviennent de France, 4.000 d'Italie et 6.000 de Brousse. .\ .\ndrinople, sur 15.500 onces, 85 '/, viennent de Brousse et 15 */. de France.

Les États des Balkans (Bulgarie-Bonmélie) sont tributaires des grainages étrangers, malgré tous les efforts que le Gouvernement bulgare fait pour s'y soustraire.

Le Caucase et la Transcaucasie sont alimentés par les graineurs turcs et français. En 1897. la France a fourni 48.000 onces et Brousse 32.000.

La Perse se fournit principalement à Brousse pour les graines, dont elle importe 114.000 onces (1897).

Il est inutile de s'appesantir sur les pays d'Extrême- Orient. Qu'il suffise de dire que la coutume de la sériciculture veut qu'on change de graines fous les trois ou quatre ans et qu'on tire les nouvelles graines d'un f»avs éloigné. La méthode Pasteur, pour la sélection des graines, s'est implantée sur divers points, mais c'est suriout le Japon qui a fait le plus de progrès à cet égard. Il y était d'ailleurs incité par l'apparition de la maladie des vers à soie en 1896. notamment. Le Gouvernement japonais fit voter une loi organisant l'inspection des graines et édictant que les graineurs ne devront se servir que de races indigènes. Joaxsy Pfv.

GR.\iXE j.vu.XE. On désigne sons ce nom, parmi les graines tinctoriales, les baies employées en teinture provenant de la famille des Rhamnées : on les appelle aussi, d'après leur origine réelle ou supposée : graines d'Avignon, d'Espagne, de Morée, de Turquie, d'Andrinople, de Perse. Elles sont généralement données par le Rhamiam saxatilis ou le Rhamnus amygdalinu.s. Elles ont la grosseur d'un grain de poivre, avec ordinairement trois coques. Celles de Turquie sont expédiées de Constantinople on de Smyrne en balles de crin recouvertes de toile et pesant en moyenne 120 kilog. Les graines jaunes de Perse sont les plus estimées: ce sont les plus grosses; elles ont nue belle couleur verte et une forme trigone ou tétragone assez régulière.

On emploie les graines jaunes dans les teintures de tous genres, tissus, peaux, papiers, etc. La décoction doit toujours être employée fraîche. La graine de Perse, précipitée par l'étain, donne de beaux jaunes et orangés pour l'impression de la laine et de la soie.

GRAINES OLÉ.\GlXEVSES. Les matières premières qui servent à l'extraction des huiles fines végétales sont les fruits oléagineux, les graines et les amandes.

Ces matières donnent lieu à un commerce considérable. Un grand nombre d'entre elles sont récoltées en France, d'autres sont importées et servent concurremment avec les premières à alimenter nos huileries; d'autres enfin sont traitées sur les lieux de production même, et l'huile qu'elles fournissent est l'objet d'nn commerce d'import. plus ou moins important.

Les principales graines oléagineuses sont : les graines de sésame (sésame blanc ou indien, sésame noir d'Orient ou jugoline), de lin, d'oeillette ou de pavot (y compris les têtes de pavot avec ou sans graines), de moutarde d'Europe, de colza d'Europe, de moutarde de l'Inde (colza blanc ou roux de l'Inde), de ravison, de coton, de navette ou rabette, de cameline, de chanvre ou chènevis, de niger ou ramtill, de ricin ou palma-christi.

L'administration des Douanes range encore dans cette classe : les graines d'argan ou d'olivetier, les ' graines connues au .Sénégal sous le nom de Béré, } les graines dites de Bottin (Pistaccia terehinthus), 1 les graines de capok [Bomhax pentendrum), les graines de carnauba ICoryphora cerifera), pro- I duisant une huile concrète qui remplace la cire, les graines de carthame, les graines de l'arbre à suif de la Chine (CrofoH sebiferuin ou Stillingia sebifera), les graines de l'arbre à snif végétal (graines dn savonnier commun ou Sapindus sapouaria), de djavé {Bassia butyracea), de dracocephalum, de gombo {.ibelmoschits esculentus], de golon, d'hélianthe annuel (tournesol ou grand-soleil), les graines dites hongay (Pongainia glabra), d'illipé {Bassia longifolia et Bassia latifolia, mowra), de Jatropha Curcas (gros pignon d'Inde, graine de médicinier ou noix des Barbades), de komé {Joliffa africana), de laitue, de Lallementia, de lophira olata (Méreh), de lecythis oilaria, de madia, de mafureire ou marfouraire, la graine d'oba et le pain de dika, sorte de pâte onctueuse formée de graines d'oba grossièrement pilées, la graine de polygala, la graine du pistachier lentisque, de rutabaga, la graine dite de sicoude ou de seifesum, produite par un arbuste de la famille des Elœagnées, celle du Thespesia populnea, arbre qui croît en Océan ie, les graines dites de yamba (moutarde particulière des Indes ou Sinapis juncea), etc.

D'après les statistiques de l'année 1889, la culture des graines oléaginenses : colza, navette, œillette et cameline, occupait en France moins de deux millièmes de la surface totale, correspondant à moins de quatre millièmes de la surface cultivée, et fournissait en produits moins de quatre millièmes de la valeur totale des récoltes. En 1892, la surface cultivée en colza était de 65.028 hectares, en navette de 11.084, en œillette de 13.8^, en cameline de 12.375. Depuis, elle n'a fait que décroître, en même temps que la production. Voici les chiffres de celleci pour les années 18^ et 1896 (en quintaux) :

Colza 802.306 595.411

Navette 57.263 60.667

Œillette 151.799 86.468

Cameline 12.375 5.147

En comparant, dans les trente années précédant l'année 1889, les étendues de surface utilisées pour

GRAINS

la culture des jçraines oléaj^ineuses, on constate nne diminution de plus des deux tiers entre les années 18(52 et 1881). Pendant cette période, l'agriculture ne s'inquiétait pas d'augmenter le rendement à l'hectare, et en présence de l'abaissement des prix des graines oléagineuses (25 "/» pour le colza à 28 "/„ pour la cameline), elle remplaçait de plus en plus les graines oléagineuses par la betterave ou la pomme de terre.

Cette décadence rapide s'explique, pour les graines à huile d'éclairage ou de graissage, par la concurrence qu'elles ont eue à subir de la part du gaz, des huiles minérales, et plus récemment de l'électricité.

Commerce— Les tableaux ci-après donnent les import, et export, moyennes annuelles de la période 1892-1890 inclus, les chilires correspondants, pour l'année 1897, des graines et dos fruits oléagineux dénommés dans les statistiques des Douanes. En regard de chacune de ces marchandises, nous avons inscrit le prix E. V.D. du kilog. en 1897. Ces chiffres se rapportent au C. G.

Tableau des importations et exportations des Graines et Fruits oléagineux (par 1.000 kilog.)

IMPOUTATIONS

ICXPORTATIONS

En 1897

u; tt

Aracliides en cosses...

Arachides décortiquées

Graines de nigor

Graines de ravison

Graines do coton

Graines de chénevis. ..

Graines de sésame

G. de moutarde (y compris le colza des Indes)

Œilletle

Graines de pavot

Gr. de colza d'Euroiie.

Graines de navette

Coprah (amandes de

coco desséchées)

Amandes de palmiste..

G . de Touloucouna ,

mowra et illipé

Autres graines et fruits

Les arachides en cosses sont importées d'Espagne, de la côte occidentale d'.Vfrique et autres pays d'.\frique, des Indes anglaises, des Indes françaises, du Sénégal, des établissements français de la côte occidentale d'Afrique, etc.

Les graines de lin viennent de Russie et des Indes anglaises.

Les graines de sésame sont importées de Turquie et autres possessions d'Afrique, des Indes anglaises.

Les graines de moutarde viennent des Indes anglaises.

Droits d'entrée en France.— Le tarif du 11 janvier 1892 exempte de tous droits d'entrée en France les graines et fruits oléagineux, excepté quand, étant d'origine européenne, ils sont Importés d'ailleurs que du pays de production : dans ce cas, ils sont taxés à 2fr. les 100 kilog. bruts; et quand, étant d'origine extra-européenne, ils sont importés des entrepôts d'Europe, ils payent 3fr.G0 les 100 kilog. brut.

Les graines d'arachide, de colza, de lin, de moutarde, de navette, d'œillette, de ravison, de sésame, de coton, de niger, d'illipé, de marfouraire et de ricin sont admissibles au bénéfice de l'importation temporaire.

G. DUMONT

GR.\I\S. (Syn. : Angl. : Corn.— AWem. -.Getreide, Korn. — Holl. : Graanen, Kore;i.— Russe : Chtjeh.

— Polon. : Zboze. — Dan. : Korn. — Suéd. : Sâd, Spanmal. — Espagu. : Granos. — Portug. : Graos.

— Ital. : Grani, Diadi.)

Le commerce des grains est l'un des principaux de la France, puisque de tous temps les grains ont servi de base à la nourriture humaine et animale.

On peut juger de l'importance des échanges qui se font en France quand on songe que la valeur totale du produit des grains est estimtie annuellement à 4.667 millions, dont 3.354 millions pour les grains et 1.313 millions pour la paille ; pour avoir une idée du roulement de numéraire causé par les transactions de cette sorte, il faut encore ajouter à ces chiffres la valeur de nos import, et de nos export.

La culture des céréales occupe en France plus de la moitié des terres labourables et plus du quart de la superficie totale du territoire, qui est de 52.817.199 hect.

Le tableau suivant donne la répartition des céréales dans notre pays, au triple point de vue de la superficie qu'elles occupent, de leur production totale en grains et en paille et de la- valeur de leurs produits.

Céréales

Nombre d'hectares

cultivés

Hectares

Production totale

Valeur totale

et paille

Pro])ortion

en grains Hectol.

en paille Qt.\-.

l'romenl Seigle . .

Orge....

Méteil..

.\voine..

Mais....

Snrrisin Millet...

\.ï*;->.Z'dl

Totaux..

2'>.S..51N.tjuyl278.202.144

loi. 00

Les départements qui cultivent le plus de céréales sont : Eure-et-Loir et Ille-et-Vilaine pour 49 % r la Somme, le Pas-de-Calais, les Côtes-du-Nord, la Mayenne, Seine-et-Marne, Tarn-et-Garonne pour 40 à 48 Vo ; viennent ensuite 38 départements appartenant au Nord, au Nord-Est, au Centre et à l'Ouest, avec 30 et 39 % de leur superficie territoriale. Les départements qui cultivent le moins de céréales, de 6 à 14 % du territoire, appartiennent, sauf la Gironde et la Lozère, aux régions du Sud et du Sud-Est. Ce .sont: le Gard, l'Hérault, les Pyrénées-Orientales, les Bouches-du-Rhône, le Var, la Corse, les .\lpes-Maritimes, les Hautes et les Basses- Alpes, les deux Savoies.

Les grains en France : § I. Froment. — Production, consommation. — Le froment est cultivé dans toutes les régions de notre territoire, mais sa production est très variable, le rendement de la récolte étant subordonné à l'importance des emblavures et à la température qui préside à la végétation, à la moisson et à la rentrée du blé. D'une façon générale, ce sont les régions montagneuses qui produisent le moins : Plateau Central, Savoie, Pyrénées-Orientales ; par contre, les plaines dn Nord et du bassin Parisien, la Beauce, la Brie, la Flandre, la Picardie, le Soissonnais, forment un vaste îlot granifère bien caractérisé. A l'E. de cet îlot, la Champagne et la Bourgogne ; à l'O., un groupe de cinq départements : lUe-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Loire-Inférieure, Vendée, Charente- Inférieure, appuient solidement de leurs produits le grenier de Paris. Enfin, si l'on compare le Midi et le Nord, on reconnaît que cette dernière région est de beaucoup la plus importante.

Le rendement de la récolte du blé va toujours en augmentant, grâce aux progrès constants des

GRAINS

moyens de culture et à l'usage de plus en plus répandu de l'emploi judicieux des eujçrais chimiques. Au commencement du siècle le rendement moyen du froment à l'Iiecl. était de 8 Iiectol.iiO; il est maintenant de plus de 17 hectol. Le rendement le plus «levé est celui de 1874 ( 19 liectol. 30), puis vient celui de 1882 (17 liectol. 70); l'année 1894 arrive en troisième ligne avec 17,i>2, puis 1872 avec 17,41. Les autres années sont toutes en dessous de 17 hectol., sauf 1893, 17,13. Voici les résultats généraux, résumés en naoyennes pour la plupart décennales :

Hectolitres

Hectolitres

1831-i8iO..

lMj2-1871.

Malgré cette augmentation constante dans le rendement, la France ne suffit pas à sa consommation. Ce fait est établi clairement dans le tableau suivant, où sont résumés, sous forme de moyennes annuelles périodiques, les renseignements relatifs à la production et à la consommation publiés par le Ministère de l'agricalture :

Qnutit<sàli ProdictioB Eic^His tisptsitioidela

Périodes Soperteifs iiiigiu d'iHp«rUtiM enstiBati»

iKtirts lillimd'kl. lilliersd'kl. lillitrs d'kl.

AugstaUtiois 38.660 14.537 53.197

AceroissewBts 56,55 7.3.041,21V. 77,25 7.

La consommation s'est donc accrue en 60 ans de :13. 197.000 hectol. Dans le même temps, la production indigène n'a augmenté que de 38.600.000 hectol. Le surplus (14.537.000 hectol.) provient des excédents d'import. : on n'en relève plus depuis 1877.

La quantité de froment nécessaire à la semence est de 2 hectol. 07 par hect., et celle qui est affectée aux besoins de l'industrie (pâtes alimentaires, etc.) peut être évaluée à 4 ou 3 •/« de la production. Le reste va directement à la consommation humaine.

La consommation annuelle par habitant, qui était pendant la période 1831-1841 de 1 hectol. 64, a été pendant la période 18821891 de 2 hectol. 69.

Voici, depuis 1888, les chiffres officiels de la production du blé en France :

Production

Années

lf<96.

moyenne Surfaces par hectare

tot.->le

Hectares 6.978.134 7.038.968 7.061.739 5.739.599 6.986.628 7.073.050 6.991.449 7.001.669 6.870.352 6.583.776 6.862.680

Hectolitres 14,13 13,39 16,35 13,41 15,67 13,82 17,52 17,13 17,42 13,19 16,52

Hectolitres

Prix. — Voici le résumé, en périodes décennales, du prix moyen de l'hectol.

France de 1736 à 1898 :

Quintaux 74.969.693 83.230.671 89.733.991 58.508.807 84.567.242 73.592.223 93.671.436 92.423.696 92.606.743 65.924.096 100.900.120

la plupart de blé en

Périodes

1797-ISOO. . 1801-1810..

Prix' moyen de rhpctofitre Fr.

Périodes

Prix moyen de l'hectolitre Fr.

Le tableau suivant indique le prix da quintal de blé sur les principaux marchés de France et de l'étranger, arrêté à la date du 11 octobre 1899 (73 kilog. par hectolitre de blé).

Paris

Lyon

Rouen

Toulouse..

Nancy

Dijoiî

Chartres...

Bergnes...

Nantes....

Vienne....

Londres . . .

Bruxelles .

New-York Chicago...

Dates

Coars

11 octobre

Différences

par rapport

à Paris

fr. c.

Droits

de douane

I>ar

quintal

fr. c.

Législation. — Le commerce des blés, étant l'un des principaux du pays, a été l'objet de nombreux changements de législation. An moyen âge, on employa souvent la taxe dans les années de mauvaises récoltes et de famine, et si l'import. fut toujours permise, l'export. fut souvent prohibée.

Il en fut de même pendant les temps modernes. Si Sully se montra partisan de la liberté de l'export., Colbert ne l'autorisa qu'à titre exceptionnel.

Au commencement du siècle la question économique des céréales prend une certaine importance, car la paix générale s'étant établie avec la Restauration, la concurrence de la production étrangère se fait sentir. Le sud de la Russie expédiant des quantités importantes sur Marseille et causant ainsi une dépréciation dans les cours des grains de notre région du S.-E., le Gouvernement songea à protéger notre agriculture.

En 1818, la récolte fut abondante et les prix dn blé baissèrent fortement par suite de la concurrence étrangère : le Gouvernement prit l'initiative de limiter l'import. en appliquant le régime de l'échelle mobile (juillet 1819). Cette loi divisait la France en classes et sections soumises à des droits d'entrée et desortie différents, établis chaque mois, d'après la mercuriale d'un certain nombre de marchés dits régulateurs. La loi de 1819 reçut quelques modifications en 1821 et en 1832 et le système de l'échelle mobile survécut jusqu'en 1861. L'échelle mobile avait pour inconvénient d'interrompre successivement, par l'effet de droits prohibitifs, tantôt l'entrée des blés étrangers, tantôt la sortie (les blés indigènes ; en outre, la variabilité des droits causait une grande incertitude et nuisait beaucoup aux affaires.

Nous entrons ensuite dans la période du libreéchange. La loi du 13 juin 1861 abolit définitivement le régime de l'échelle mobile; elle établit la liberté des import, des céréales, le blé ne payant qu'un droit fiscal de 0 fr. 60 par quintal.

GRAINS

GRAINS

Personne ne protesta contre ce nouveau régime jusque vers 1883 ; à cotte époque, les cultivateurs commencèrent à s'émouvoir des import, reçues de l'Amérique, des Indes et de l'Australie; le système protectionniste reprit faveur : en 1883, le droit fut élevé à 3 fr., et la loi du 28 mars le porta à ii fr. par 100 kilog. La loi du 30 mars 1887 réservait au Gouvernement le droit de suspendre l'application des droits en cas de mauvaises récoltes.

La récolte de 1891 ayant été défectueuse et les prix s'élevantàun taux menaçant pour la consommation, la loi du 10 juillet 1891 réduisit temporairement les droits de douane sur les froments. Du 10 juillet 1891 inclusivement au 1" juin 1892 exclusivement, les droits d'entrée furent réduits à 3 fr. par quintal.

La quotité du droit revint à o fr. du l"juin 1892 au 28 février 1894. A cette époque, les plaintes de l'agriculture redoublèrent, car aux pays importateurs cités plus haut était venue se joindre la République Argentine, qui, grâce à la prime sur l'or, était parvenue à livrer du froment à un prix excessivement bas. La loi du 28 février 1894 porta le droit à 7 fr. par quintal.

Nous vivons encore sous ce régime. Entre temps, la mauvaise récolte de 1897 ayant causé un relèvement des prix en France et une hausse excessive aux États-Unis, le Gouvernement, usant du droit qui lui avait été conféré par la loi de 1887, suspendit pendant deux mois, mai et juin 1898, tout droit de douane sur le blé. (Voy. Au.mission tempokaibe.)

Marchés, Usages. — Le commerce des grains se fait en France sur des marchés publics hebdomadaires. Autrefois, la plus grande partie des blés étaient exposés sur la place même du marclié. Cette manière de procéder n'existe pour ainsi dire plus. Les cultivateurs offrent maintenant leur blé sur échantillon, qu'ils remportent s'ils ne trouvent pas le prix qui leur convient. Ordinairement les vendeurs sur échantillons livrent leur blé soit à l'usine même du meunier qui a aclieté, soit à la gare la plus voisine. Cette vente directe offre avantage au vendeur comme à l'aclieteur.

Les transactions se font sur le plus grand nombre des marchés au sac de 100 kilog. ; malheureusement cet usage n'est pas encore répandu partout, mais il faut espérer que l'unification des échanges sur la base du quintal métrique se généralisera au cours du XX° siècle. Dans le Nord, les transactions se font à l'hectolitre de 74 à 76 kilog. ; dans la Beauce et en Bourgogne on traite aux 120 kilog. ; dans le midi de la France, aux 80 kilog.

Principaux Marchés français. — Nous ne pouvons donner la nomenclature complète des marchés aux grains, qui sont plus de mille, dont beaucoup n'ont qu'une importance très secondaire. Nous ne parlerons que des principaux, sous l'impulsion desquels s'établit le cours des grains.

Paris. — C'est le premier marché de France, tant pour l'importance de la consommation que par la facilité avec laquelle il peut recevoir de tous les points, et réexpédier au moyen des chemins de fer, de la Seine et de ses affluents et des canaux.

Il existe à Paris deux marchés au blé: le marché libre, qui se tient le mercredi dans l'intérieur de la Bourse de Commerce ou dans la rue de Viarmes (rue circulaire qui entoure la Bourse de Commerce), et le marché réglementé, dit marclié de Paris, qui se tient tous les jours de 1 h. à 3 ii. à la Bourse de Commerce.

Le marclié libre se fait sur échantillons comme dans les marchés de province ; les cultivateurs du grand rayon de la capitale offrent leur grain sur échantillons directement aux meuniers ou aux négociants acheteurs ; les courtiers, dont le courtage n'est pas fixe, mais généralement de 10 cent, par sac ou quintal, servent d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur. L'affaire conclue, l'acheteur garde l'échantillon et le vendeur doit livrer conforme, à l'endroit indiqué au préalable, soit dans une gare, soit dans l'usine, soit dans les magasins généraux.

Le blé est vendu sous la condition qu'Usera sain, loyal et marchand: par cette triple qualification on entend un blé sec, sans mauvais goût, non attaqué des vers, charançons on autres insectes, exempt de noir et assez nettoyé pour ne plus contenir ni pailles, ni graines étrangères susceptibles d'être extraites par le plus simple nettoyage.

Le marché réglementé de Paris, dit marché de Paris, a pour base la filière, sorte de billet à ordre, qui, émise par le propriétaire d'une couche de 2.^0 qx. de blé située dans les entrepôts des magasins généraux de Paris, — c'est l'émetteur, — circule jusqu'au moment de la liquidation, où elle change définitivement de main ; alors la filière est arrêtée, et la marchandise qu'elle représente reste dans les entrepôts ou est envoyée en minoterie pour être transformée en farine. (Voy. un type de filière, suprà: Boukse de com.merce.)

Le règlement de ce marché est très sévère et rigoureusement honnête; il est observé scrupuleusement par les négociants pratiquant les affaires sur la place de Paris. Ce règlement comprend environ 60 articles qu'il est inutile de détailler ici. Il codifie la qualité du blé, qui doit être d'essence tendre et de bonne qualité; les livraisons, qui ne peuvent être faites que par une maison patentée de Paris; les expertises préalables, qui vérifient la qualité du froment d'après un échantillon de o kilog. au moins et qui certifient que le blé livré satisfait aux exigences du marché; les expertises de conservation; les exécutions des engagements, enfin les droits des acheteurs comme des vendeurs.

Les transactions ont lieu chaque jour ouvrable de 1 h. à 3 h. ; le marché se poursuit souvent jusqu'à 4 h. Les affaires se traitent sur la base de 2a0 qx. au minimum par mois, aussi bien pour le disponible que pour le livrable. Les lots échangés se font sur le courant du mois, sur le mois prochain, puis sur des mois liés, notamment sur les 4 premiers, les 4 de mai et les 4 derniers. Il va sans dire que lorsque les affaires se font sur 4 mois liés, le minimum est de 1.000 qx., que l'on liquide par 250 qx. par mois. Les liquidations se font dans le courant du mois qui arrive à échéance les 10,20 et fin de chaque mois.

Chaque jour deux cotes sont établies : celle d'ouverture et celle de clôture; ces cotes servent de base à la cote oiricielle rédigée par les courtiers assermentés, la seule reconnue authentique dans le cas de contestations ou de procès. (Voy. Bourse de commerce.)

Les affaires traitées chaque jour sur le marché de Paris sont considérables; les Huctuations y sont importantes : elles résultent de la modicité ou de l'abondance des stocks, de la bonne ou de la mauvaise récolte, des perspectives des blés en terre, de la consommation, des nouvelles des marchés étran-

GRAINS

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gers. Les négociants reçoivent chaque jonrde nombreuses dépèches les renseignant sur l'état des places étrangères, et les agences distribuent constamment à leurs abonnés des nouvelles du monde entier, tant an point de vue des fluctuations des cours, de l'état des récoltes, qu'au point de vue statistique des import., des export, et des stocks. C'est sur le marché de Paris que se font les grandes affaires spéculatives. On a beaucoup écrit sur la spéculation des blés. Constatons simplement ici que le fonctionnement du marché de Paris revêt la plus grande importance, sous le rapport de l'alimentation et sous le rapport commercial. Si sous son couvert les joueurs tentent des coups de force, si dans la plupart des cas ils sont victimes de leurs propres manœuvres et s'ils y laissent leurs plumes, cela ne nous intéresse pas.

Le marché de Paris sert tout d'abord à éviter les exagérations des cours dn blé, soit dans un sens, soit dans un autre : car, lorsque la hausse paraît devenir intempestive, il se produit immédiatement des offres qui font réactionner les cours à une limite plus raisonnable; et vice-versa, lorsque la baisse dépasse une certaine mesure, les demandes des acheteurs ramènent les cours à un juste niveau.

D'autre part, le marché permet de faire des arbitrages : quand un meunier achète du grain, il vend la même quantité sur le marché de Paris, lorsqu'il y a une marge de bénéfice : dans les années d'import., les commerçants, qui doivent assurer l'approvisionnement du pays, achètent des chargements de grains en Amérique, aux Indes, au Danube et se couvrent en vendant la même quantité sur le marché de Paris, ce qui leur permet de réaliser immédiatement un bénéfice raisonnable et les met à l'abri de pertes éventuelles. Enûn les adjudicataires pour les grandes administrations et pour les fournitures de l'État peuvent également se couvrir, grâce au marché de Paris.

Sans doute, il s'est produit à la Bourse de Commerce des coups de force regrettables, de violentes fluctuations ont parfois troublé la bonne marche des affaires; mais il n'en est pas moins vrai que cette institution rend les plus grands services et facilite les transactions.

Rapports de la France arec l'étranger. — La France, ne sutHsant pas à ses besoins, est obligée de demander au dehors les quantités nécessaires pour combler le déûcit. Depuis 1867, nous avons toujours eu un excédent d'importation, sauf en 1873, où l'export. a laissé un reliquat de 1.842.109 qx., et en 1877 de 324.526 qx. De 1872 à 1881, nous avons importé 108.973.690 qx.,de 1882à 1891,130.134.477.

Les tableaux ci-après donnent, depuis 1883, les quantités de froment que nous avons reçues de l'étranger avec le détail par provenances, le tout exprimé en qx'. m.

L'importance de nos import, est en raison inverse du rendement de notre récolte. Dès que les besoins se font sentir ou dès que le commerce estime que les apparences de la récolte en terre donnent lien à quelques appréhensions, il se met en rapport avec les pays exportateurs pour acheter là où la production a été la plus forte, c'est-à-dire où les prix sont le meilleur marché. Nos importateurs traitent donc directement avec les pays exportateurs on avec les négociants anglais, qui souvent vendent à découvert des quantités de blé qu'ils n'ont pas.

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Les affaires se font par chargements complets ou par parcelles.

Les offres des pays exportateurs se faisant en caf (c'est-à-dire en coût, fret et assurance), le commerce d'import. français n'a pas besoin de s'occuper des trois rapports du coût de la marchandise, du fret et de l'assurance, le négociant étranger lui offrant sa marchandise rendue dans le port de débarquement.

Les neuf dixièmes de ces affaires se traitent sur la base du contrat anglais : tous les chargement» ou parcelles de blés américains, argentins, indiens ou australiens se font sur cette base : il n'y a que les transactions en blés du sud de la Russie et du Danube qui se font sur la base du contrat français. Notre cadre restreint ne nous permet pas de nous étendre sur ces contrats; il suffit de savoir qu'ils ont été codifiés par la « LondonCorn trade Association », qu'ils établissent les droits et les obligations des acheteurs et des vendeurs, que les intérêts des deux parties contractantes sont également sauvegardés, et qu'en cas de contestation les tribunaux ne s'en rapportent qu'aux conditions stipuléessur le contrat.

Les affaires en chargements ou parcelles ont été simplifiées par la création d'étalons ou standards. Tous les ans, après la moisson, les principaux pays producteurs établissent la moyenne de la qualité de la récolte et constituent ainsi un étalon qui sert de base aux affaires. Aux États-Unis, il y a comme principaux types : le roux d'hiver n"> 2, le Hard Winter, le Kansas, le Northern Spring, leDuluth,rOrégon, le Walla, le Californie n» 1 ; dans r.\rgentine, le Santa Fé-Rosario /"ag (fair, average quality) ; aux Indes, le Kurrachee, le Bombay Club n''2; en Australie, le Victoria, etc.

GRAINS

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Il faut admirer les avantages qu'a pu retirer le commerce de ce système de classement des blés. Au lieu de faire les aflaires en envoyant des échantillons par poste, ce qui demanderait un temps infini, on traite par càblogramme. Si on fait un charj^ement <le Californie n° 1, on sait d'avance sur quelle qualité ou opère, car le vendeur est obligé de livrer du n" 1, et si à l'arrivée du navire on constate que la qualité livrée ne répond pas à l'étalon, le livreur doit payer à l'acheteur une réfaction qui corresponde exactement au manque de qualité.

Les transactions se traitent par ^tta?'(er (mesure anglaise de 290 lit.) et par shillings et pence ; mais le poids de ce quarter diffère suivant les provenances : il est de 480 livres anglaises pour les blés d'Australie, le Roux d'iiiver d'Amérique, le Sandormirka de Russie, les blés du Danube et de la Flata;de492 livres pour les blés de Russie Ghirka et Azima; de oOG livres pour les blés de Californie, de l'Orégon, de Walla-Walla et du Chili ; enfin les blés indiens se traitent aux 4V)2 livres, moins 2 "/o.

Voici un barème (édité par M" Lassus, Paris) permettantde trouver la parité en francs etcentimes, d'après le change des blés étrangers, caf dans nos ports français aux 100 kilog. Nous ne donnons que des écarts de un shilling, il sera facile au lecteur de faire la différence pour les fractions de shilling :

Cliange 23,1a 2o,20 23,25 23,30 23,40

480 liv. 492 liv. 300 liv.

Shil.

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Shil.

Si un chargement de blé de Californie est payé 2G shil. pour un port français, la parité s'établit, pour le quarter de ijOO liv. et au change de 2"> fr. 20 pour la liv. st., à 14fr. 48 les 100 kilog. Si l'on veut maintenant le prix de revient au moulin, il faut ajouter à ce prix de 14fr. 48: le droit de douane, qui est de 7 fr., le déchargement, 0 fr. 2o, le courtage, 0 fr. 2o, enfin le transport au moulin, qui varie d'après l'éloignement du port de mer. D'une façon générale, un Californie traité à 26 shil. reviendrait, dans un moulin situé au centre de la France, à 23 fr. env. les 100 kilog.

Lorsque les importateurs ont assuré les besoins du pays par leurs achats, ils vendent alors à la meunerie. Voici le modèle d'un contrat pour cet échange: Nous avons l'honneur de vous conlirmer la vente que nous vous avons faite le (date), par l'entremise de (nom du courtier), suivant détails et aux conditions générales ciaprès : quantité de blé (tant de quintaux), venant de (désignation de la provenance), à livrer sur (époque de livraison), au prix de (tant) les 100 kilog., droits de douane à la charge (de l'acheteur ou du vendeur, suivant le cas), délivré sur wagon ou sur bateau à fournir par l'acheteur et accostant au quai de débarquement du navire (un tel), dans le port (un tel), en toiles des acheteurs à fournir en temps utile pour la livraison, ou à défaut en toiles de location prises pour leur compte. Payement (comptant et avec ou sans escompte, ou à 60 jours), réception de la marchandise dès son arrivée. Les instructions complètes

d'expédition ou de réception devront être données par l'acheteur directement aux transitaires des vendeurs, .M. ***. La marchandise étant vendue et livrée sur quai, wagon ou bateau, l'acheteur doit en reconnaître la qualité et le poids au lieu de livraison. L'ordre d'expédition sera considéré comme uneagréation délinitive. Tous frais de stationnement ou autres, provenant d'un retard quelconque dans la réception, seront à la charge de l'acheteur. lin cas de prohibition d'exportation de la marchandise hors des pays d'origine, de blocus ou de guerre empêchant l'exécution de cette afiaire, elle deviendra nulle pour la totalité ou pour toute partie non encore exécutée. Toute difficulté pouvant s'élever au sujet de la livraison sera réglée par arbitrage amiable à (ici la ville du vendeur). L'acheteur ne pourra demander l'annulation de la vente pour dinérence éventuelle de qualité, tous ses droits étant, le cas échéant, et de convention expresse, limités à une réfaction à déterminer par arbitrage, comme dit ci-dessus.

Ports : Bordeaux. — Les blés exotiques se vendent en délivré aux 100 kilog. nets nus, pris à bord du navire importateur, comptant, sans escompte, acquittés des droits de douane; on vend aussi aux 80 kilog. acquittés et aux 80 kilog. entrepôt, mais cet usage tend à être remplacé dans toutes les affaires par la vente aux 100 kilog. acquittés en entrepôt. Les blés de pays aux 100 kilog. nets nus, parité gare Bordeaux ou départ, comptant sans escompte, désignation de provenances ou sur échantillon, mélange habituel de blés durs et de blé roux pour les provenances du centre. Les blés blancs sont fort peu recherchés.

Marseille. — La plupart des affaires en blés étrangers se fout sous palan, aux 100 kilog., avec garantie de poids naturel à la charge, qui est de 160 lit. La garantie s'exprime par le poids de base accompagné du poids minimum, la différence entre les deux étant habituellement de 2 kilog. Il est de règle, pour chaque 1/2 kilog. manquant au poids de base, que le vendeur bonifie à l'acheteur 0 fr. 12 1/2 par 100 kilog. jusqu'au minimum prescrit; au-dessous du minimum l'acheteur a la faculté de refus. En ce cas, le vendeur n'a pas à livrer une seconde fois. Au cas où il convient à l'acheteur de recevoir au-dessous du minimum garanti, il reçoit de droit, comme déjà dit, Ofr. 12 1/2 par chaque 1/2 kilog. manquant au poids naturel ; au-dessous du minimum il y a lieu à expertise. Celle-ci habituellement taxe une bonification double, c'est-à-dire 0 fr. 25 par chaque 1/2 kilog. manquant.

Lesconditionspalanimpliquentquela marchandise est sèche, saine et de recette (expression qui signifie qu'elle ne doit avoir ni odeur ni trace d'avarie).

Le payement s'entend sous palan comptant 1 % en dehors des dix jours de réception.

Les affaires à quai ou sur wagon sont augmentées des frais.

Dunkerque. — Les grains se vendent à un mois de terme avec règlement et sans escompte. Le terme part du prix de l'achat pour les marchandises disponibles et seulement du jour de leur disponibilité pour les marchandises qui sont vendues à livrer. La marchandise disponible est vendue soit nue et agréée, soit conforme aux échantillons : dans le premier cas, l'acheteur est sans recours envers le vendeur en ce qui concerne la qualité ; dans le second cas, s'il se trouve une différence à la livraison, il y a réfaction sur le prix d'achat jusqu'à coucurrence de 10 Vo", passé ce taux, l'acheteur peut annuler le marché. On vend sur wagon ou bateau; le soin de procurer le moyen de transport est généralement

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laissé aux vendeurs, mais ils n'encourent aucune responsabilité à cet égard ; les risques du chargement, ainsi que les frais qui pourraient résulter des r-tards dans l'espédition, par suite du manque de moyens de transport, restent en entier à la charge ilf l'acheteur.

Les blés du pays se vendent à rhectol.,poids naturel. Havre. — Les grains se traitent aux 100 kilog. sur wagon on sur bateau, conforme à l'échantillon. Rouen.— Suivant les usages de la place, on doit la marchandise sous palan sur le pont du navire aux 100 kilog., à moins de stipulation contraire.

Marchés de l'intérieur. — Voici la nomenclature des principaux marchés des départements et les usages :

Abbeville (Somme), jeudi, ans 100 kilog. Agen (Lot-etiironne), mercredi et samedi, aux 81 kilog. brat. Àlais (Gard), lundi, an double hectolitre. Albi (Tarn), samedi, «nx 80 liilog. Alençon (Orne), jeudi, à l'hectol. Amiens (Somme), samedi, aux 130 kilog. et à la mesure de 2 hectol. Les Andelys (Eure), lundi et vendredi, aux 100 kilog. Angers (.Maine-et-Loire), samedi, à l'hectol. Angeriille - ine-et-Oise), vendredi, aux 120 kilog. Angouléme (Cbaiate), mardi et vendredi, à l'hectol. Arcis-sur-Aiibe l.\nbe), vendredi, aux 100 kilog. Argentan (Orne), à l'hectol. Arras (Pas-de-Calais), mercredi et samedi, à l'hectol. Anneau (Eure-et-Loir), vendredi, aux 120 kilog. Bailleul (Nord), mardi, aux 100 kilog. Bar-sur-Aube (.\ube), I vendredi, à l'hectol. Bar-sur-Seine (.\nbe), vendredi, à l'hectol. Beaune (Côte-d'Or), samedi, aux 100 kilog. Beauvais (Oise), samedi, à l'hectol. Bergues (Nord), lundi, à l'hectol. et demi. Besançon (Doubs), mardi, jeudi et vendredi, à l'hectol. Btéré (Indre-et-Loire), vendredi, à l'hectol. Blois (Loir-et-Cher), samedi, à l'hectol. Boulogne (Pas-de-Calais), mercredi et samedi, à la mesure. Bourges (Cher), samedi, à l'hectol. Brou (Eure-et-Loir), mercredi, 120 kilog. Caen (Calvados), lundi et vendredi, au double hectol. Cambrai (Nord), mercredi et samedi, à l'hectol. Cahors (I^t), mercredi et samedi, à la mesure. Chàlonsi mr-Marne (.Marne), mercredi et samedi, aux 100 kilog. ' Chartres (Eure-et-Loir), samedi, aux 121 kilog. Chàteaudun (Eure-et-Loir), jeudi, aux 120 kilog. Chdteauroux (Indre), samedi, aux 100 kilog. Château-Thierry (.\isne), vendredi, aux 100 kilog. Chaumont (Haute-.Marne), samedi, aux 100 kilog. Cherbourg (.Manche), lundi et jeudi, à la mesure. Clermont (Oise), samedi, aux 100 kilog. I Compiègne (Oise), samedi, aux 100 kilog. Coulommiers ! (Seine-et-Marne), mercredi, aux 120 kilog. Dieppe (Seine- Inférieure), samedi, aux 100 kilog. et aux 163 kilog. DO'o" (Côle-d'Or), samedi, aux 100 kilog. Douai (Nord), mardi, jeudi et samedi, à l'hectol. Dreux (Eure-et-Loir), lundi, à l'hectol. et demi. Epernay (.Marne), mardi et samedi, aux 100 kilog. Étampes (Seine-et-Oise), samedi, aux 120 kilog. Èvreux (Eure), samedi, aux 2 hectol. Éiron (.Mayenne), jeudi, aux 100 kilog. Fécamp (Seine-Inférieure), samedi, aux 100 kilog. Issoudun (Indre), samedi, aux 80 kilog. Laon {.\isne), mercredi, aux 100 kilog. Le Mans (Sarthe), vendredi, aux 100 kilog. Lille (Sord), mercredi, à l'hectol. sur place, aux 100 kilog. en commerce. Lyon (Rhône), mercredi et samedi, aux 100 kilog. Mdcon (Saône-et-Loire), lundi, à l'hectol. Maintenon (Eure-et-Loir), lundi, à l'hectol. Mantes (Seine-et-Oise), mercredi à l'hectol. et demi. Meaux (Seine-et-Marne), samedi, aux 100 kilog. '/cZu/i (Seine-et-.Marne), samedi, aux 100 kilog. Mon- ^rgis (Loiret), mercredi et samedi, aux 100 kilog. Montereau (Seine-et-.Marne), samedi, aux 120 kilog. Montiri7/i€rs (Seine-Inférieure), jeudi, aux 200kilog. Jlfo/if/ufon (Allier), mercredi et samedi, à l'hectol. Moulins (.\llier), mardi et vendredi, aux 100 kilog. et an double-décalitre. -Va»fy (.Meurthe-et-.Moselle), samedi, aux 100 kilog. Nantes (Loire-Inférieure), samedi, aux 100 kilog. Nemours Seine-et-.Marne), samedi, aux 120 kilog. N»vers (Nièvre), samedi, aux 100 kilog. Niort (Deux-Sèvres), jeudi, à l'hectol. Orléans (Loiret), mercredi et samedi, aux 121 kilog. Patay (Loiret), mardi, aux 1» kilog. Pantoise

(Seine-et-Oise), samedi, aux 120 kilog. Procias (Seine-et- .Marne), samedi, aux 120 kilog. Reims (.Marne), samedi, aux 100 kilog. Rouen (Seine-Inférieure), vendredi, aux 100 kilog. Saint-Quentin (.\isne), samedi, aux lOU kilog. Sens (Yonne), lundi, à l'hectol. et demi. Soissons (.\isne), samedi, aux 100 kilog. Toulouse (Haote-Oaronne), lundi, mercredi et vendredi, aux 80 kilog. Tours, samedi, aux 100 kilog. Troyes (.\ube). samedi, aux 100 kilog. Vitryle- François (.Marne), Inndi, aux 100 kilog.

Magasinage. — Voici le tarif du magasinage des Magasins généraux de Paris pour blé, seigle, orge, escourgeons, maïs et petit blé :

Manutentions orditiaires

A l'entrée, par 100 kilog. bruts :

En sacs, mise en magasin d'arrimage 0,10

\vec mise en couche ^ ^°* mélange 0,12

-wec mise en coucne ^ ^^^^ mélange à la pelle. . . . 0,15

A la sortie, par 100 kilog. bruts :

Désarrimage et livraison 0,10

Ensachage, pesage, réglage et arrimage 0,12

— — — livraison immédiate... 0,12

— — — livraison et vidage en

cas de transfert de la marchandise en vrac 0,15

iV. B. — Les couches sont formées d'après les instructions des déposants, et sans responsabilité pour la Compagnie quant à l'homogénéité des grains, la reconnaissance de qualité ne lui incombant pas.

Magasinage par mois de 30 jours

En sacs arrimés par 100 kilog. bruts 0,08

En couche de 0 m. 30 d'élévation par 100 kilog. nets. 0,40

— Om.30 —

— Om.73 —

— 1 mètre à 1 m. 30 — Assurance contre l'incendie par 1.000 fr.de la valeur

et par mois de 30 jours, sans aucun fractionnement 0.40

§ II. Seigle. Production.— Le seigle est la céréale des terrains pauvres, mais l'usage de plus en plus répandu en France du pain blanc fait renoncer à sa culture. De 1882 à 1892 la réduction a été de 178.000 hect. ou 10,20 •/.: de 1862 à 1882, en tenant compte de la perte de r.\lsace-Lorraine, la diminution avait été de 148.000 hect. ou de 5,7 •/„. Les départements où la production est la plus considérable sont : la Creuse, le Morbihan, le Puy-de- Dôme, la Marne, la Haute-Loire, la Haute-Vienne et les Côtes-du-Nord.

Voici un tableau donnant la superflcie consacrée au seigle depuis 1888 et la production :

Production

Sorfaces

moTenne par nectare

totale

Hectares HectoUtres Hectolitres Quintaux

La farine de seigle sert à la confection du pain des pays pauvres, mais l'emploi du grain est maintenant plutôt industriel : une forte proportion de la récolte va à la distillerie pour la fabrication de l'eau-de-vie, principalement de celle dite genièvre.

Quelquefois, quand les fourrages et surtout quand les avoines sont à des prix élevés, le seigle est donné en aliment au bétail ; mais il faut dans ce cas prendre quelques précautions, qui consistent soit à faire

GRAINS

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cuire le seigle, soit à le faire tremper 24 heures dans l'eau avant de le donner aux animaux.

Prix.— L'hectol. de seigle, qui pèse en moyenne 72 kilog., a vu son prix s'élever jusque vers 1870, puis rester sensiblement stationnaire jusqu'en 1880, pour baisser ensuite jusqu'à ce jour. Il a suivi dans cette dernière période la marche des cours du blé.

Voici le prix moyen du quintal de seigle de 1878

Marchés. — Le seigle se traite sur les différents marchés comme le blé. A Paris, comme pour le froment, le marché libre se tient tous les mercredis; le marché réglementé, tous les jours, de 1 h. à 3 h., à la Bourse de Commerce, avec une unité de 250 quintaux par mois.

Importation. — Voici le relevé de nos import, pendant les quatre dernières années: 1895, 1.856 quintaux; 1896, 14.596; 1897, 479.292 ; 1898, 431.876.

Législation. — Depuis le 18 avril 1889, le droit de douane sur le seigle est de 3 fr.

§ III. Orge. Production.— La culture de l'orge diminue aussi d'une façon constante. Elle avait perdu, de 1862 à 1882, 97.000 hectares ou 8,9 Vo en tenant compte de la séparation de l'Alsace-Lorraine ; de 1882 à 1892,1a diminution a été de 125.000 hect. ou 12,90 %• Les départements où la culture de l'orge a le plus diminué sont : les Deux-Sèvres, la Vienne, la Nièvre, la Manche, la Sarthe, l'Yonne, la Mayenne et le Finistère.

Voici un tableau donnant la superficie consacrée à l'orge depuis 1888 et la production :

Production

Surfaces

moyenne par hectare

totale

Hectares Hectolitres Hectolitres

Comme aliment sous forme de pain, l'orge ne s'emploie en France que dans les périodes d'extrême cherté et seulement dans les campagnes. L'emploi de ce graiu est exclusivement réservé à la distillation ou à la fabrication de la bière.

C'est la Champagne et la Beauce qui alimentent Paris et son rayon : la Champagne expédie beaucoup aussi sur Dijon et Nancy. Dans l'ouest de la France, l'orge joue un rôle important, car c'est dans cette région que l'Angleterre vient s'approvisionner quand nous avons un surplus exportable. Nantes alors en expédie de fortes parties sur Londres ou sur la côte anglaise.

Prix.— Voici le prix moyen du quintal de l'orge de 1878 à 1897 :

Marchés. — L'orge se traite sur les marchés de province généralement le samedi et aux 100 kilog.; ceux qui ont le plus d'importance sont ceux de Paris, de l'Ouest, de la Beauce et de la Champagne.

Importations. — Voici le chiffre de nos import, depuis les quatre dernières années, en quintaux :

Russie 647.930 880.587 319.660 118.833

Autriclie... 219 16.229 26.015 28.136

Roumanie.. — 208.036 114.620 4.270

Turquie.... 229.303 236.072 27.171 1.630

Algérie 400.675 293.132 740.968 979.874

Tunisie 193.233 133.919 123.677 266.732

Autrespays. 210.600 76.111 14.826 30.718

Totaux... 1.701.839 1.911.084 1.394.611 1.440.079

Législation. — Depuis le 18 avril 1889, le droit de douane sur l'orge est de 3 fr. les 100 kilog.

§ IV. Avoine. — Dans l'ordre d'importance des céréales, l'avoine vient après le froment. Elle occupe 1/4 de l'étendue consacrée aux céréales et 7,19 "/„ du territoire total. Les départements où la producduction de l'avoine est la plus élevée sont : le Pasde-Calais, la Somme, Seine-et-Marne, Seine-et- Oise et Eure-et-Loir; viennent ensuite l'Aisne, l'Oise, le Nord, la Marne et le Loiret. Les départements où la production est la moins élevée sont : les Basses-Pyrénées, les Pyrénées -Orientales, les Basses-Alpes, le territoire de Belfort, les Landes, la Corse et les Alpes-Maritimes.

Voici un tableau donnant la superficie ensemencée et la production de l'avoine depuis 1888 :

Production

Sur/aces

oyenne hectare

Hectares

L'avoine est la base principale de la nourriture des chevaux. Paris est le centre d'une très grande consommation, et l'administration de la Guerre en emploie pour l'entretien de la cavalerie de très fortes quantités; l'époque des adjudications pour cette importante fourniture cause toujours un mouvement dans les prix.

Prix. — Voici le prix moyen du quintal de l'avoine en France depuis 1878 jusqu'à 1897 :

nioy

Hectolitres 22,73 22,68 24,76 25,01 22,03 16,28 23,67 23,91 23,49 20,10

totale

Hectolitres 84.937.775 83.239.511 93.633.298 106.143.172 83.991.334 62.561.524 91.878.734 94.877.733 92.003.398 80.204.076

Marchés. — Comme tous les autres grains, affaires se traitent le samedi généralement sur les marchés de province, aux 100 kilog. ou à l'hectol.; les principales places sont celles de la Beauce, de la Picardie, de la Champagne et de l'Auvergne. A Paris, tous les mercredis, a lieu le marché libre et tous les jours le marché réglementé, qui a pour base l'unité de 250 quintaux par mois.

Importations. — Voici nos import, en avoines

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