GRIFFE
États
Nombre
des
grèves
Établissements atteints
Proportion •/.
des grévistes par rapport i
l'effectif des
clablissements
atteints
Nombre
des journées chômées
Échecs
Réosiite*
totales
ou
partielles
édictant simplement des peines contre les violences, menaces ou intimidations : d'une façon générale on peut dire que depuis 1870 le droit de coalition, et la grève notamment, sont consacrés par les lois ou la jurisprudence. Il n'y a d'exception qu'en ce qui concerne les mécaniciens et autres employés de chemins de fer ; plusieurs lois d'Etats votées depuis 1877 et la loi fédérale de 1890 connue sous le nom d' « Anti-trust Act » dénient, pour des considérations d'ordre public, à ces catégories de travailleurs le droit de se coaliser et de se mettre en grève : les infractions sont punies de l'amende et de la prison.
Ces diverses restrictions an droit de coalition et de grève ne sont d'ailleurs guère respectées par les ouvriers américains. Les grèves atteignent aux États-Unis un degré d'acuité inconnu ailleurs et se transforment souvent en véritables émeutes, avec coups de feu, où il y a morts et blessés : dans cet ordre d'idées, il suffit de rappeler les fameuses grèves de Homestead (1892), des employés de chemins de fer (f892i, de Pnlmann City (1894). A côté de ces procédés de violence à main armée, les procédés les plus employés dans les grèves américaines sont le « patrolling » ou « picketing » et le « blacklisting», tons deux attentatoires à la liberté du travail et du commerce et condamnés par les lois ou les tribunaux. Le « patrolling » consiste à faire le guet pour empêcher les ouvriers d'entrer dans un atelier ou pour détourner les clients du magasin mis à l'index: c'est un mode d'intimidation. Le « blacklisting » consiste dans la mise à l'index, par une affiche noire, une lettre, une circulaire, etc., d'un patron avec lequel il est défendu d'avoir des rapports jusqu'à nouvel ordre.
Comme ailleurs les grèves américaines ont eu en majeure partie pour cause des demandes d'élévation de salaires, de réduction du temps de travail, la reconnaissance d'un syndicat, le renvoi d'ouvriers non syndiqués : mais, ce qui est propre aux États- Unis, c'est la «grève sympathique», c'est-à-dire celle que déclarent par esprit de solidarité des ouvriers n'ayant aucun grief contre leurs patrons, dans le but d'appuyer les réclamations d'une autre corporation. L'organisation de ces sortes de grèves a été facilitée par la forte constitution des «Trade- Unions » américaines.
Comme aux États-Unis les grèves sont en Grande- Bretagne organisées par les « Trade-Unions », dont les puissants moyens d'action et les larges subsides ont souvent contribué à leur succès : en 1893, par exemple, la moitié des Unions anglaises, comptant 1 million de membres, ont versé 18 millions de fr. en subsides directs aux grévistes. Mais ce qui caractérise la majorité des grèves anglaises, c'est l'esprit pratique qui les anime : les préoccupations
politiques en sont ordinairement écartées ; on se cantonne dans la discussion des intérêts professionnels. Dans ces conditions les résultats sociaux des grèves ont été souvent favorables aux ouvriers; tel a été le cas de la grande grève de la Fédération nationale des mineurs en 1893 et de la grève des ouvriers filateurs de 1892, qui a duré quatre mois, a groupé 120.000 ouvriers et a été un modèle de sagesse et de sens pratique. Les nouvelles «Unions», il est vrai, critiquent ces traditions et veulent faire de la grève une arme révolutionnaire ; c'est cet esprit nouveau qui a animé en 1898 la grande grève des mécaniciens, dont l'issue fut un désastre pour les ouvriers.
Il ne faudrait pas croire pourtant, d'après ce que nous avons dit plus haut, que les grèves anglaises respectent religieusement la liberté du travail : les procédés relevés en France et en .\mérique s'y retrouvent également, et le législateur, qui dès 1824 avait consacré le droit de coalition, a dû, par une loi du 29 juin 1871, puis par une loi du 13 août 1875, punir de l'amende ou de la prison les procédés de grève attentatoires à la liberté du travail (tels que les violences, les menaces, le « picketing », le fait de suivre quelqu'un avec persistance de place en place, de lui cacher ses outils ou ses vêtements», afin d'empêcher la contrainte exercée par les ouvriers grévistes sur les non -grévistes. Il convient toutefois d'ajouter que si les grèves anglaises sont animées d'un esprit beaucoup plus professionnel et plus pratique que les grèves françaises, elles ont également bien moins souvent que les grèves américaines causé des troubles publics : malgré les procédés de contrainte qu'elles exercent, ce sont elles qui donnent le plus complet exemple de sagesse relative et de modération pacifique.
M.\CRICE DUFOURMAXTELLE .
BiBLioGn.\PHiE. -— Cronzel, Étude historique, économique et juridique sur les coalitions et lesgrères dans l'industrie, i vol. 1887. De Seilhac, la Grève de Carmaux, 1 vol., 1897. Desvéans, les Grèves de chemins de fer, 1 vol., 1899. Bulletin de l'Office du travail. Renault, Histoire des grèves, 1 vol., 1887. Handwœrterbuch der Staatsicissenschaflen, 2* édit. (V° .\rbeitseinstellungen). Lavollée, les Classes ouvrières en Europe, 3 vol., 1896. Reports on the strikes and lockouts. De Ronziers, le Trade Unionisme en Angleterre, 1 vol., 1897. Statistica degli scioperi. Levassear, l'Ouvrier américain, 2 vol.,
GRIFFE. On donne à la fois le nom de griffe à l'empreinte destinée à tenir lien de signature et à l'instrument ou cachet qui sert à faire cette empreinte. Elle ne peut tenir lieu de signature dans tons les cas; l'usage en est interdit aux fonctionnaires. Les commerçants ont tort de remplacer souvent leur signature par la griSe sur les effets de commerce qu'ils remettent à leurs débiteurs, la griffe étant trop facilement imitable. Celle-ci tient lieu de signature sur les prospectus et circulaires.