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ILLINOIS

IMMATRICLLATIOX

33.170: en 1898, 41.824 t. Les machines des 8 navires mi.s à la mer en 1898 ont aussi été fournies par «es constmcteui's; elles avaient nne force de 19.900 chevanx-vapenr. Cette Compagnie a produit, en 1897, 160.000 T. de fonte, d'une valeur de 371.000 liv. st., dont 30.000 T. ont été exportées: 60.000 T. de fer et .lacier, d'une valeur de 320.000 liv. st., dont 4.o00T. ixportées. Un tiers de l'acier et du fer produits est employé par la Compagnie elle-même dans la construction des navires et des machines. La Compagnie construit aussi des bityclettes. L'outillage est très développé.

Il y a aussi à larrow des fabriques déciment, des cales sèches et une fabrique de papier.

Station du Xorth-Eastern Railway, ayant transporté, en 1897, 1.433.138 pa.ssagers et 232.537 tonnes de marchandises, non compris le charbon.

Il y a deux succursales de banques de Newcastle et d'une banque de Londres.

Hebburn est une petite ville adjacente, à un mille en amont de la rivière. Pop.: 11.781 hab. en 1881, 16.645 en 1891. Les importants ateliers de constructions navales de R. et W. Ha\vthorn,Leslie et C'" occupent nne partie considérable de la population. En 1898, il a été lancé 10 navires d'un tonnage total de 18.807 t. et mnnis de machines (fournies par les constructeurs) d'une force totale de 14.845 chevauxvapeur. Cette Compagnie a aussi de grands ateliers de constructions de machines à Newcastle. II y a, en outre, à Hebburn des mines de charbon, des fabriques de produits chimiques, d'ouvrages en cuivre et de cordages. G. -H. Blcxdex.

IBRAILA. V. BraÏLA.

ICAQUE ou Pruxe d'Amérique. Fruit de l'icaquier, qui croît naturellement en Amérique et surtout aux .\ntilles. Il est, selon la variété, jaune, blanc, rouge ou violet. On le confit dans le sucre. On en consomme beaucoup dans plusieurs pays d'Europe, peu en France. Le noyau est une sorte d'amande très agréable au goût.

ICHTHYOCOLLE. V. CoLLE : Colle de poisson.

inoCRASE. Nom donné par les naturalistes à un genre minéral identique au grenat. (Voy. ce mot.)

IF. Arbre de la famille des Conifères, toujours vert : l'If commun est répandu dans tonte l'Europe. Son bois, très estimé, est surtout employé à la confection des dents de roues, des instruments de musique: on l'utilise aussi dans le charronnage, la marqueterie, l'ébénisterie. Il est plein, veiné, de texture serrée et de belle couleur rongeàtre.

IGXAME. Plante grimpante de la famille des Dioscorées, comportant de nombreuses espèces cultivées dans la plupart des pays chauds. Elle possède des rhizomes ou racines charnues, tuberculeuses, utilisables pour l'alimentation et constituant la nourriture d'une partie des populations des Tropiques, notamment en .\mérique centrale, en .Afrique et en Malaisie. Cuite sous la cendre, l'igname peut tenir lien du pain ou de la pomme de terre, dont elle possède à pen près les qualités nutritives. Mais son goût est fade et il faut le relever avec des condiments. On en extrait une fécule équivalente à celle de la pomme de terre.

IGXIFX'Ges (Substances). V. Ixcombustibiuté.

ILES (Bois des). V. Bois exotiques d'ébéxisterie.

ILES FRANÇAISES nu LITTOR.VL. V. Douanes.

ILLixoiS. Un des États de l'Union de l'Amérique du Nord (États-Unis), limité à l'O. par le lac Mi-

cbigan et les États d'Indiana, de Kentucky, de Missonri.de lowa etdeVisconsin. Sup. , 146.700 kil. carrés. Pop. : 157.000 hab. en 1830, et 3.826.000 en 1890 (»42.000d'origineétrangère,dont3:i8.000Allemandsi. La population est évaluée à 5.7;jO.00O hab. en 1900. Vaste plaine ondulée, d'une hauteur moyenne de 170 m. au-dessus du niveau de la mer, très fertile, arrosée par la rivière Illinois et ses affluents et par le cours supérieur du Wabash: encadrée entre le Mississipi à l'O., l'Ohio an S. et le lac Michigan an N.-E. Climat dur, mais sain; chaleurs très fortes, froids rigoureux. L'État est compris entre 36*59' et 42" 30" de lat. N. La production agricole s'est élevée en 1897 : à 233 millions de bushels de maïs, 93 millions de bushels d'avoine, 12 millions de bushels de blé. Le nombre des fermes en 1890 était de 240.000 avec 12 millions d'hectares cultivés, dont 5.600.000 consacrés aux céréales. Les gisements houillers s'étendent sur une grande partie de la superficie de l'État. La production a été de 20 millions de T. en 1897. Les antres richesses minières de l'État, plomb argentifère, minerais de fer, etc., sont considérables. L'Illinois produit plus d'un million de T. de fer, en moyenne, chaque année: il tient le troisième rang parmi les États de l'Union au point de vue de la production industrielle. En 1890, plus de 20.000 établissements, avec 312.000 ouvriers, ont produit des marchandises pour nne valeur de 908 millions de dol. Le plus grand nombre des établissements se trouvent à Chicago {\. Chic\go), la principale ville de l'État et la seconde ville de l'Union après New- York, pour la population et l'activité industrielle et commerciale. Le commerce se fait par le lac, par les cours d'eau, Mississipi, Illinois. Ohio, Wabash, par les canaux (IIlinois-Michigan Canal) et par un réseau de voies ferrées de plus de 16.000 kil. appartenant à 61 Compagnies. L'Exposition universelle tenue à Chicago en 1893 a mis en plein relief la prospérité et la puissance de l'Illinois comme centre de commerce et d'industrie. Les pouvoirs publics de l'État comprennent nn gouverneur et quelques antres fonctionnaires de l'ordre exécutif, élus au suBrage universel, un Sénat de 51 membres, une Chambre de 1.53 membres, des juges élus par le peuple, une Cour suprême, dont les membres sont élus pour neuf ans. La capitale est Springfield (33.000 hab.). Chicago a 1.950.000 hab., Peoria 70.000, Qnincy 45.000, Rockford 35.000. A. -M.

ILLlPE (Huile d'). V. Bassia, Huiles végétales.

IMAGERIE. V. Estampes et gravcres, Lithographie : Chromolithographie.

IMIT.VTIOXS D'ACWOU. V. BoiS EXOTIQUES

d'ébéxisterie.

IM.HATRICULATIOX. C'est l'inscription des nationaux sur un registre matricule dans la chancellerie du consulat. Son utilité est double : d'une part, elle donne à l'État d'origine le moyen de connaître et de surveiller ses nationaux : de l'autre, elle permet à ceux-ci de réclamer l'appui de leur consul au jour des difficultés, sans avoir en cas d'urgence à faire la preuve souvent lente et compliquée de leur nationalité. A raison de l'intérêt commun qu'elle offre à ses ressortissants comme à lui, l'État d'origine n'a pas toujours pris la précaution de prescrire obligatoirement cette mesure. Spécialement à l'égard des Français, aucun texte ne leur impose l'immatriculation. Tandis qu'en Espagne elle est requise sous peine d'amende, en Allemagne elle n'est exigée

IMPORTATION

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que pour garder la nationalité allemande après dix ans de séjour à l'étranger ; en France, elle ne trouve que des sanctions très indirectes, quelques-unes intéressantes pour le commerce. Dans les cas où fonctionne la course, nul Français à l'étranger ne peut obtenir de lettres de marque s'il n'est immatriculé; elle est encore exigée pour être propriétaire unique d'un bâtiment portant pavillon français ; elle est indispensable enfin au chef ancien ou actuel d'un établissement de commerce pour échapper à l'arrestation préventive, en matière pénale, par l'autorité consulaire, dans les pays de capitulations. (Loi du 28 mai 1836, art. 8.) Mais elle n'est pas requise pour pouvoir siéger comme juge dans les Échelles du Levant au tribunal consulaire; elle n'est plus guère usitée que dans les pays musulmans et de Barbarie. A. Geouffre de Lapradelle.

Bibliographie : De Clercq et Vallat, Guide pratique des Consulats.— FéraaA-iywaad, Jm'idiction française dans les Échelles, II, p. 71.

IMMORTELLES. Nom SOUS lequel on désigne plusieurs plantes de la famille des Composées, parce que leurs fleurs ou capitules terminaux sont en grande partie formés de petites écailles scarieuses et brillantes, blanches ou colorées, qui se conservent pendant des années, pourvu que la partie convenable de la plante ait été cueillie fraîche et séchée avec précaution. On distingue l'immortelle blanche, l'immortelle argentée, l'immortelle jaune et l'immortelle puante. L'immortelle blanche est originaire de la Nouvelle-Hollande. L'immortelle jaune, qui est la plus commune, s'emploie pour la confection des bouquets et couronnes funéraires. Elle croît naturellement en Crète, mais elle réussit bien dans le Midi et dans les climats plus froids; c'est une plante d'orangerie, d'une culture facile. On communique souvent aux fleurs une couleur jaune plus vive que leur couleur naturelle, en les exposant aux vapeurs d'acide azotique. On les teint également en noir. L'immortelle puante est originaire du Cap, ses fleurs sont jaunes et exhalent, quand elles sont fraîches, une odeur désagréable qui disparaît après dessiccation.

Les immortelles jaunes ou d'Orient sont cultivées en grand dans le sud de la France. G. D.

IMPERMÉABILISATION. Procédés employés pour rendre les étoffes ou le papier imperméables. Il en existe de nombreux qui peuvent se ramener à quatre méthodes principales: bain à base d'alumine (sulfate d'aluminium, alun, etc.) ou à base métallique (sulfate de cuivre, de fer, etc.); enduit de caoutchouc, de gutta-percha, de collodion, etc. ; vernis ou enduits à base de goudrons ou d'huiles siccatives; dépôt sur les étoffes de solutions de paraffine dans la benzine ou l'éther de pétrole. Les deux premiers de ces moyens sont surtout employés; le bain à base d'alumine est généralement préféré pour les tissus de soie et pour les vêtements de laine dits « imperméables ». Pour les étoffes légères de coton, on mouille l'envers avec une solution faible de colle de poisson, puis on imbibe, après séchage, avec une infusion de noix de galle.

Dans une partie du Japon, on se sert de îcood oil, ou huile de bois indigène, pour l'imperméabilisation des vêtements en papier.

IMPORTATION. (Syn. : Angl.: Imports, Importation. — Allem. : Einfulire. — Ital. : Importazione.)

Sommaire: I. Définition. — H. Commerce général et commerce spécial. — m. Le système anglais. — iV. Divergences et concordances. — V. Détermination des valeurs. — VI. Les valeurs à l'exportation. — VII. Importations et exportations comparées. — VIIl. Exemples de quelques pays. — IX. Quantités et valeurs. I. Définition. — Entrée dans un pays d'un objet quelconque. Ce qui est importation pour un pays est exportation pour un autre. (V. Balance du Commerce, Commerce, Export.\tion.)

La définition du mot «pays» soulève déjà des difcultés. On s'est demandé si entre la Grande-Bretagne et l'Irlande, si entre les cantons suisses, entre les États de la République de l'Amérique du Nord, les entrées et les sorties devaient recevoir la dénomination d'importations et d'exportations. Eu fait, le mouvement commercial d'une région, d'une ville,, d'une commune, d'un établissement industriel, d'une maison se compose d'entrées et de sorties : mais les mots Importation et Exportation sont réservés au commerce international, entre peuples ayant une individualité politique distincte.

Tous les ans, la plupart des pays publient le tableau de leurs importations et de leurs exportations. Ils y comprennent le commerce avec leurs colonies. La France y comprend, par exemple, son commerce avec l'Algérie, qui, au point de vue politique et administratif, est rattachée à la métropole. C'est une inconséquence qui résulte de la force des choses.

II. Commerce général et Commerce spécial. — Dans la plupart des pays, à l'importation et à l'exportation, le classement se divise en Commerce général et en Commerce spécial.

Le Commerce général comprend à l'importation la totalité des marchandises étrangères arrivées de l'étranger, des colonies et de la grande pêche, par terre ou par mer, et déclarées tant pour la consommation que pour le transit, l'entrepôt, le transbordement, la réexportation ou l'admission temporaire. (V. ces mots.)

Le Commerce spécial comprend à l'importation: 1" toutes les marchandises mises en consommation, c'est-à-dire la totalité des marchandises importées en exemption définitive des droits, et, s'il s'agit de marchandises taxées, les quantités qui ont été soumises à l'acquittement des droits, soit à l'arrivée, soit après avoir été déclarées pour le transit, l'entrepôt ou l'admission temporaire; 2" les sucres importés des colonies ou de l'étranger et déclarés sous le régime de l'admission temporaire.

Il résulte de ces définitions que les chiffres du Commerce général doivent, en principe, être supérieurs à ceux du Commerce spécial. Cependant le commerce général d'importation ne comprend pas nécessairement, pour toute période donnée, la totalité des chiffres du commerce spécial. Ceux-ci se composent, en effet, non seulement des quantités arrivées déclarées pour la consommation, mais encore des quantités qui ont été extraites des entrepôts pour être mises à la consommation, lesquelles peuvent avoir été relevées au commerce général à une époque antérieure. Ces chiffres peuvent comprendre, en outre, des matières premières ayant fait l'objet d'admissions temporaires, lorsque les produits manufacturés en provenant sont ultérieurement déclarés pour l'acquittement des droits, soit directement, soit après passage en entrepôt.

Il peut ainsi arriver, en ce qui concerne les marchandises tarifées, que les chiffres du commerce

IMPORTATION

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-l)ëcial soient, pour une période déterminée, supé- 1 leurs à ceux du commerce général.

Le Commerce générai d'exportation comprend la totalité des marchandises qui sortent effectivement «le France, sans distinction de leur origine nationale ou étrangère, c'est-à-dire les marchandises reprises au commerce spécial, plus les marchandises étrangères qui ne font que transiter sur le territoire lançais ou qui sont transbordées dans nos ports à lestination de l'étranger, celles qui ont été extraites des entrepôts pour la réexportation et celles qui, après avoir été admises temporairement en franchise, sont réexportées après main-d'œuvre pour l'apurement des soumissions.

Le Commerce spécial d'exportation comprend: 1" la totalité des marchandises exportées et les mar- ■ handises d'origine étrangère qui, ayant été admises ■n franchise ou nationalisées par le payement des ilroits et se trouvant, par suite, sur le marché libre de lintérieur, sont renvoyées à l'étranger: 2* les sucres exportés après raffinage à la décharge des comptes d'admission temporaire.

Il suit de là que, contrairement à c«qni a été dit plus haut au sujet de la comparaison des deux commerces d'importation, les chiffres du commerce spécial ne peuvent jamais, à l'exportation, être supérieurs à ceux du commerce général.

En réalité, cette manière de procéder n'est pas bonne. Des marchandises entrent en entrepôt : elles sont comptées à l'importation du commerce général ; elles en ressortent : elles sont comptées à l'exportation du commerce général. Pouyer-Quertier caractérisait ce système de la manière suivante : Un ami entre dans une maison, il en ressort: cela fait deux amis. Nos chiffres du Commerce général sont ainsi gonflés d'une manière artificielle.

En théorie, le Commerce spécial ne devrait pas comprendre les marchandises reçues en transit; mais dans la pratique, observait M. Bodio, on y inscritdes produits qui sont exempts de droits, puisque l'importateur n'a aucun intérêt à demander des Irawbacks.

De même, on compte dans le Commerce spécial les marchandises qui ne sont point des produits lationaux. Ainsi, en 1898, nous avons exporté pour U millions de fr. de coton en laine, pour 7 millions 1/2 d'indigo, et tous les ans il y a des exportations le marchandises de ce genre, qui sont comptées »ns le commerce spécial à l'actif de nos exportations. )r, ces marchandises sont réexportées pour l'un les motifs suivants: ou les industriels qui les avaient chetées se sont trouvés surchargés de ces matières premières et les ont revendues même à perte, ou ils it trouvé à faire un arbitrage avantageux dans un )ays étranger. C'est une fiction hardie que de conindérer l'indigo et le coton en laine comme des prolaits nationaux.

III. Le Système anglais. — En France, pour 1898, «importations et exportations réunies du Commerce fénéral s'élèvent à une somme totale de 10.2o6 mil- ^ons, dont 5.582 millions aux importations et 4.673 1 l'exportation, soit une différence de 909 millions. En fait, on devrait déduire simplement les 3.510 millions exportés parle Commerce spécial des 4.673 exportés au compte du Commerce général, et le Commerce général se réduirait à ce chiffre: exportation d'objets de provenance étrangère on coloniale, 1.163 millions.

L'importation apparaîtrait ainsi, dans le Tableau du Coiiniierce de la France, comme ayant un chiffre de 1.110.000.000 plus élevé qu'il n'apparaît dans le Commerce spécial: et la situation des adeptes de la balance du commerce serait aggravée.

C'est le système qui est appliqué dans le Royaume- Uni.

Net imports and exports ofbritish products: voilà le Commerce spécial.

Exports offoreign and colonial merchandises : voilà le Commerce général. On ne compte pas l'importation : on ne compte que l'exportation.

Voici comment est établi le tableau du Commerce extérieur du Royaume-Uni pour 1900 :

Importation 485.075.000 L. st.

Exportation (produits anglais) 26i.660.000 —

Réexportation 65.019.000 —

Total 81i.755.000 L. st.

Si on appliquait ce système à la France, le tableau de notre Commerce pour 1898 serait ainsi représenté :

Importation 5.582.600.000 fr.

Exportation 3.510.900.000 —

Réexportation 1.163.000.000 —

IV. Divergences et Concordances. — Une des tâches auxquelles s'est attaché l'Institut international de statistique a été d'arriver à uniformiser les tableaux du commerce extérieur des divers pays'. M. A.-S. Bateman, Comptroller gênerai of the commercial Labour and statistical Department of Board of Trade, a fait sur la comparaison des tableaux de Douanes les plus intéressants travaux.

De nation à nation, le nombre des classes varie, les classifications sont différentes. Les lieux d'origine ne sont, pas plus que les lieux de destination, toujours faciles à déterminer.

Certaines nations essaient de donner le pays d'origine: l'Autriche, la Belgique, la France, l'Allemagne, le Portugal, la Suisse; les autres, r.\ngleterre, la Bulgarie, le Danemark, la Grèce, la Hollande, l'Italie, la Norvège, la Russie, l'Espagne, la Suède, les États-Unis, ne s'occupent que du pays d'où la marchandise est importée.

En 189S, la Belgique compte qu'elle a exporté en France pour 332 millions de fr.; et la France compte qu'elle a importé de Belgique pour 314 millions. La Belgique compte qu'elle a importé de France pour 311 millions, et la France compte qu'elle lui a envoyé pour 549 millions de produits.

Cependant la France essaye de mentionner le nom de la nation à laquelle la marchandise est destinée. Il en est de même pour la Belgique, l'Allemagne, la Grèce, le Portugal, la Suisse. Au contraire, l'Angleterre, la Bulgarie, le Danemark, l'Italie, la Norvège, la Roumanie, la Russie, l'Espagne, la Suède, les États-Unis ne s'occupent que des pays où elle est exportée immédiatement. La Hollande, pour ses importations ou exportations par terre ou par canaux, considère que le pays d'origine ou de destination est le pays frontière, r.\llemagne ou la Belgique : des marchandises allant de Paris à .\msterdam sont mises au compte de la Belgique.

V. Détermination des valeurs. — Les comparaisons des chiffres du Commerce donnés par les Douanes sont très délicates, parce qu'ils ont été établis souvent de diverses manières, dans le même

1. Voir Bulletin de l'Institut int. de âtatistitjue. t. II 18S7t. IV, 1889 ; t. VI, 1891 ; t. VIII, 1893 ; t. IX, 1896 ; i. XI. 1899.

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pays, à diverses époques, et qu'ils ne sont pas établis d'une manière uniforme dans tous les pays.

En France, de 1827 à 1847, les valeurs de Douanes restèrent invariables. Pendant toute cette période, les cbiffres des Tableaux du Commerce extérieur n'indiquent en réalité que des variations de quantités, exprimées en francs.

En Angleterre, jusqu'en 1854, les « valeurs officielles » avaient pour base des prix remontant à deux siècles ; de 1854 à 1870, le Board of Trade prit les prix actuels, et à partir de 1870 les prix sont ceux des marchands, d'après les transactions : et comme ceux-ci ne sont pas soumis à des droits de Douanes, sauf pour une demi-douzaine d'articles, ils n'ont aucun intérêt à ne pas faire de déclarations sincères. Cette absence de préoccupation fiscale donne aux chiffres de la douane anglaise une certitude qu'ils n'atteignent dans aucun autre pays, puisque partout ailleurs les importateurs ont forcément une tendance à diminuer la valeur des objets qu'ils importent.

La Boai'dof Trade n'apprécie pas; la Douane n'évalue pas: elle se borne à enregistrer les déclarations de valeurs au port de débarquement ou d'embarquement. C'est une constatation. C'est le système positif. Dans la plupart des autres pays, l'administration intervient pour déterminer, en dehors des prix réels, des prix conventionnels.

Les États-Unis, à l'importation, fixent la valeur de la marchandise sur les cours du marché importateur, y compris la valeur de l'emballage et, depuis la loi du 1" juin 1890, toutes les dépenses faites jusqu'au port d'embarquement; mais les frais de transport du pays d'embarquement au pays de destination ne sont pas compris. La valeur de l'exportation des marchandises en entrepôt est faite d'après le taux des marchandises importées; des autres marchandises, d'après leur prix au port d'embarquement. Les exportations des produits domestiques sont estimées au cours du marché d'où elles proviennent.

L'Autriche, la Belgique, la France, l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, la Suède, la Suisse donnent des chiffres provisoires qui sont revisés ensuite par une Commission des valeurs de douanes.

Le Danemark fixe ses valeurs sur les prix des exportateurs étrangers et sur les prix intérieurs de ses exportations, les uns et les autres majorés des frais d'expédition. On ne sait pas exactement comment la Bulgarie, le Portugal, la Roumanie, la Russie fixent les chiffres du commerce extérieur.

On voit donc que les chiffres des tableaux de Douanes des divers pays ne sont pas établis d'une manière identique. A l'exception de ceux qui sont donnés par l'Angleterre, ils ne peuvent donc que représenter des approximations, et non des certitudes. Encore, dans les chiffres anglais, on est obligé, pour établir les tableaux annuels, d'avoir recours à une moyenne qui n'indique pas les cours extrêmes et les variations qui se sont produites aux diverses époques de l'année.

VI. Les Valeurs à l'exportation. — Un pays ne connaît jamais exactement la valeur de ses exportations : l'Administration des Douanes ne fait pas de la statistique; elle fait de la fiscalité. Ce qui l'intéresse, c'est l'objet qui paie. Quant à celui qui ne paie pas, elle en relève bien les quantités exportées et la valeur; mais c'est un travail qui ne rapporte pas et qui, au fond, lui importe peu.

L'expéditeur déclare une valeur pour un produit qu'il exporte : le douanier accepte le chiffre qui ne lui rapporte rien. L'expéditeur peut avoir intérêt à abaisser le chiffre de la valeur de l'expédition, afin que son destinataire paye le minimum des droits dedouanes.

En France, l'abolition des droits de sortie a, en réalité, supprimé tout contrôle sur les déclarations de sortie, bien que l'article 19 de la loi du 16 mai ISG'âporte «que l'exemption des droits soit à l'entrée, soit à la sortie, ne dispense pas de faire aux Douanes les déclarations prescrites par la loi, selon les spécifications et unités énoncées au Tarif général, sous peine de 100 fr. d'amende à défaut de déclaration ». La déclaration est obligatoire, mais la précision de la déclaration est facultative. La loi du 22 janvier 1872 l'a soumise à un droit de 10 c. (sans dixièmes additionnels) par colis, par mètre cube pour les marchandises en vrac, par têtes d'animaux vivants ou abattus. Cette taxe une fois perçue, le douanier est tranquille.

Ce n'est qu'à partir de 1860 qu'on a commencé à tenir compte de la tare dans l'évaluation des valeurs exportées. Pendant longtemps l'administration, pour les soieries entre autres, enregistrait le bois brut des caisses, et alors on voyait s'élever la moyenne des exportations de rubans de soie, pendant la période 185.")-60, à 118.685.000 fr., à la grande stupéfaction de la fabrique de Saint-Étienne, qui ne pouvait pas retrouver dans ses comptes un pareil chiffre d'affaires. Le rapporteur de la Commission des valeurs de Douanes pour 1860 disait : « La valeur des rubans présente pour cette année une réduction extraordinaire qui n'irait pas à moinsde36Vo, étant tombée del78fr. à 115fr. 50. Maïs cette réduction n'est qu'apparente. » Mais on voit à son tour la Commission des valeurs de Douanes accepter un tripotage de prix : « D'après les explications fournies par les commissaires de la IV section, le prix réel du kilog. de rubans serait de 122 fr. 50. En ne le portant qu'à 112 fr. 50, la Commission chargée de la fixation du prix moyen de cet article a voulu compenser ce qu'il y avait d'excessif dans le chiffre total de l'exportation, qui comprenait le poids brut, au lieu du poids net demandé par l'Administration des Douanes. »

En Angleterre, aux États-Unis, la déclaration de valeur faite par le négociant est sujette à vérification par l'agent de la douane. En Angleterre, celui qui déclare une valeur inférieure à la réalité est frappé d'une amende; mais nous doutons que la douane anglaise se montre beaucoup plus exigeante que la Douane française.

Beaucoup d'exportations se font dans la malle du voyageur : bijoux, objets d'art, toilettes. Elles échappent complètement à la douane du pays exportateur ; elles sont au contraire comptées à la douane du pays importateur, si elles sont astreintes à des droits : elles ne sont pas comptées à la douane anglaise.

Partout il est difficile de se rendre compte des exportations faites de cette manière. Un grand magasin de Paris avait essayé une année d'établir le chiffre de ses exportations : outre 6 millions d'exportations par envoi direct à l'étranger, il avait, en relevant les noms et adresses de certains de ses clients, évalué à 24 millions le chiffre d'exportations provenant d'achats directs de leur part. Les

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quatre cinquièmes de ses exportations n'avaient donc pas figuré dans les chifires de la douane française.

VII. Importatians et Exportations comparées. — Les protectionnistes ne font qu'un seul usage des Tableaux du Commerce extérieur : ils examinent la balance qui en résulte. Tel n'est pas l'objet des Tableaux du Commerce extérieur, qui doivent donner (les informations aux négociants, aux manufacturiers et autres, relativement à la nature des marchandises qui entrent dans un pays ou qui en sortent. Pour que ces renseignements soient exacts, ils doivent être obtenus en additionnant les chiffres réels des transactions : pour les marchandises importées, à leur lieu d'arrivée : pour les marchandises exportées, à leur point de départ.

Cobden assimilait une nation à un commerçant, un boucher, par exemple. Il reçoit en échange de sa viande de la monnaie du boulanger, du cordonnier, de l'épicier, etc. : mais il ne dépense pas le chiffre exact de pain, de chaussures, d'épiceries qu'il reçoit de chacun d'eux. II peut faire des dépenses cbei, d'autres fournisseurs qui ne lui achètent rien. 11 en est exactement de même des peuples à l'égard des autres peuples. L'Angleterre envoie, par exemple, des cotonnades aux Indes, de la houille ailleurs, et sur le prix qu'elle en retire elle achètera du blé aux Etats-Unis.

Si on fait une étude comparée des importations et des exportations, ce ne doit donc point être avec la préoccupation de les faire cadrer. Elle ne peut servir qu'à montrer ce que les peuples achètent et ce qu'ils vendent, quels sont leurs fournisseurs et quels sont leurs acheteurs.

VIII. Exemples de quelques pays. — D'après le travail de M. Bateman ', voici la proportion des importations et des exportations des grandes catégories de marchandises dans les principaux pays, par rapport au total. Nous donnons le chiffre maximum et le chiffre minimum des deux années extrêmes comprises dans la période 1883-1895 :

Pour 100 Objets d'alimentation

Importation Exportation

Ohjets manafacluréri Importation Exportation

Allemagne..

.Angleterre .

.\ulriclie ...

France

Hollande . . .

Italie

Russie

Saisse

Etats-Unis..

Max.

Min.

Max.

Min

iM

Max.

Allemagne

Angleterre.. . ,

Autriche

France

Hollande 37

Italie 27

Kussie 2S

Suisse 3»

Ktats-Lnis 43

Min.

Max.

Min.

Allemagne 44

Angleterre '. ,

Autriche 3g

France " g-

HoUande ik

Italie '.'.'.'.'.][[[] B

Russie "' g.

puisse ......".'! 40

EUts-L'ois

Importation Max

Matières premières

Exportation

Min.

Max.

Min.

1- {."^'''•. "'^^'-''J'^ionaldestatUtùjue. 1" livraison de'nu^t^'CnVer'=^"-'^«-^-^« -«^- 3 et -4. Même ottserration.

premières et

Ces chiffres sont intéressants parce qu'ils indiquent les catégories d'objets que certains pays vendent et qu'ils achètent.

Dans le total des importations de la France, les objets d'alimentation peuvent compter jusqu'à 36V.* les matières nécessaires à l'industrie, jusqu'à 57 •/,'' les objets fabriqués n'entrent que pour 16 ° ,. Dans le total de ses exportations, chacune de ces catégories compte respectivement pour 22» ., 25 % et 56 "/,.

Donc, la France importe surtont des objets nécessaires à son alimentation et à son industrie : elle exporte surtout des objets fabriqués.

Donc, elle a intérêt à se procurer au pins bas prix les deux premières catégories d'objets, puisqu'elle pourra établir à plus bas prix la troisième, et par conséquent augmenter l'exportation de ces objets qui représentent plus de la moitié de ses débouchés^ Nous devons considérer aussi que les objets manufacturés représentent 55 y. des exportations de l'Autriche, 65 V. de celles de l'Allemagne, 76 Vo de celles de la Suisse, et qu'en France leur pourcentage est à peu près le même que celui de l'Autriche.

IX. Quantités et Valeurs. — Jusqu'en 1896, en France, l'Administration prenait la valeur des marchandises comme base à peu près exclusive de ses comparaisons. Depuis, elle a comparé les quantités aux valeurs: pour 1898 elle donne les chiffres suivants :

Commerce spécial

Part proportionnelle dans les

Quantités Valeurs

Importation 76,82 56 02

Exportation 23,18 43,98

C'est une preuve immédiate que nous importons des choses bon marché et que nous expédions des choses chères. En effet, nous trouvons :

Tonnes Valeurs en francs

Importation 25.883.000 4.472.500 000

Exportation 7.8i8.000 3.510.000.000

Prix de la tonne à l'exportation 450 fr.

— — à l'importation 172

Différence 978 f r.

Les trois grandes catégories de nos importations et de nos exportations suffisent à expliquer cette différence.

IMPORT.iTIOXS (C. S.)

Quant, en tonnes Valeurs en fr.

Objets d'alimentation 5.1^.000 1.303.600.000

.Matières néces.à l'industrie. 19.978.000 2.348.500.000

Objets fabriqués 712.000 618.400.000

EXPORTATIONS

Quant, en tonnes Valeurs en fr.

Objets d'alimentation 1.202.600 662.800.000

Matières néces.à l'industrie. 5.4(6.800 932.300.000

j Objets fabriqués 1.200.000 1.9l3.80o!o00

I La tonne des objets fabriqués exportés ressort

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