‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 37 sur 1134 · I. E.NSF.IGNE-ME.NT TECHNIQUE I.NDUSTRIEL. — Cet · texte numérisé non relu

I. E.NSF.IGNE-ME.NT TECHNIQUE I.NDUSTRIEL. — Cet

enseignement, tel que nous le comprenons aujourd'hui, ne date guère que de la fin du siècle dernier. .Auparavant, l'enseignement était partiel. Les artisans se formaient dans chacune de leur profession au contact d'ouvriers plus habiles, par une sorte d'enseignement mutuel; dans certaines régions, apprentissage chez le patron ; ailleurs, confréries, maîtrises et compagnonnages : tel était dans son ensemble l'enseignement technique.

Mais on a senti la nécessité de créer toute une série d'écoles ou d'établissements donnant un enseignement technique industriel gradué, qui comprend trois degrés et que nous allons passer rapidement en revue.

i" Enseignement technique primaire. — 11 a pour but de former de bons ouvriers. Il se donne dans les écoles d'apprentissage, ou dans les écoles primaires supérieures et professionnelles, ou enfin dans les écoles pratiques de commerce et d'industrie, qui constituent en quelque sorte l'enseignement

ENSEIGNEMENT TECHNIQUE

ENSEIGNEMENT TECHNIQUE

officiel. A côté des établissements dont il vient d'être question, il eu existe un grand nombre qui sont dus à l'initiative privée et dont certains sout subventionnés par l'État. Enfin, des cours du soir ont été organisés dans les grands centres, soit par les municipalités, soit par les Sociétés d'enseiguement populaire, soit enfin par des groupes industriels : chambres syndicales, patronales ou ouvrières.

Parmi les écoles nationales d'apprentissage, il convient de citer celles de Voiron (Isère), Armentières (Nord), Vierzon (Cher). Quant aux écoles primaires supérieures et professionnelles (Loi de 1880), elles sont toutes municipales. On en compte 34, en diverses régions du territoire. Citons, à Paris: l'École Estienne (école du livre), Diderot (fers et bois), Boulle (ameublement), Germain Pilon, Bernard Palissy (dessin, physique et chimie, etc.). Les écoles pratiques de commerce et d'industrie, au nombre de 23, rendent les plus grands services à notre industrie; l'enseignement y est donné sous une forme réellement pratique et par suite utilement profitable. Quant aux écoles particulières et aux cours, leur nombre est trop considérable pour qu'on puisse eu donner une énumération.

%" Enseignement technique industriel secondaire. — La première tentative d'enseignement de ce genre date de 1788: elle a pour point de départ la création de l'École des arts et métiers par le duc de Larochefoucault-Liancourt. Depuis, des écoles de même modèle et portant le même nom ont été établies à Angers et à Aix-en-Provence. La première École installée à Liancourt a été transférée à Compiègne, puis définitivement à Chàlons-sur-Marne. Une quatrième École des arts et métiers va être installée à Lille. Citons à côté des Écoles des arts et métiers, dont le but primitif a dévié par suite du désir de former des ingénieurs au lieu de se contenter de préparer des ouvriers instruits^ ou des contremaîtres, les établissements suivants : École des maîtres mineursd'Alais (Gard), fondéeen 1843; l'École des arts industriels et des usines de Lille (Nord), fondée en 18j4, depuis transformée en Institut industriel du Nord de la France; diverses écoles de mineurs; l'École centrale lyonnaise, fondée en 1857, l'École d'industrie de Bordeaux, l'École de chimie industrielle de Lyon, l'Institut chimique deNancy, etc.

3" Enseignement technique supérieur. — A Paris, l'enseignement technique supérieur est donné au Conservatoire des arts et métiers (voy. ce mot), fon-dé en 1798, et dont les cours se font publiquement le soir; et à l'École Centrale des arts et manufactures (voy. ce mot), fondée en 1828 par l'initiative privée, depuis reconnue établissement de l'État, oîi les élèves sont reçus par voie de concours et sortent après trois années d'études avec un diplôme d'ingénieur ou un certificat de capacité. Le régime est l'externat.

On peut résumer ce qui précède en disant que l'enseignement technique supérieur est, en France, plus .sérieux et mieux organisé que dans les autres pays^; que notre enseignement secondaire est suf-

1. Une Commission composée de membres des Ministères intéressés, de consciUers de l'instiuction publique, de directeurs des hautes écoles techniques, de professeurs, etc., réunie à Munich (1899), vient de s'entendre sur les moyens de réformer l'enseignement dans le» écoles industrielles allemandes. Ses conclusions sont que ces nouveUes institutions doivent avoir deux buts principaux ; 1* prép.nrer des élèves à l'entrée immédiate dans la pratique, c'est-ù-ilirc former de jeunes industriels possédant des connais-

flsant, et que l'enseignement primaire industriel a encore besoin d'être amélioré.

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