II. E.NSEIGNEMENT TECHNIQUE COM.MERCIAL. — Cet
enseignement est donné en France dans des établissements divers, les Écoles pratiques de commerce, les Écoles supérieures de commerce, et enfin à l'École des Hautes Études commerciales de Paris, qui représente le degré le plus élevé.
Établissements divers. — Les établissements divers comprennent : les cours d'enseignement commercial de la ville de Paris, ceux des écoles primaires supérieures et les cours organisés soitpardes Sociétés particulières, soit par des syndicats de commerçants ou de comptables. Dans un très grand nombre de cours créés et dirigés par des Sociétés particulières d'enseignement populaire, on enseigne gratuitement, le soir, la comptabilité, les langues étrangères, le droit commercial, la géographie économique et commerciale, le calcul pratique, etc.
Écoles pratiques de commerce. — Les Écoles pratiques de commerce et d'industrie se divisent en deux catégories : celles des garçons, celles des filles. Dans les premières (écoles de Boulogne-sur-Mer, Fourmies, le Mans, Nîmes, Reims, Béziers, Romans, Agen, Limoges), on enseigne la comptabilité, l'arithmétique, l'algèbre, la géographie, la chimie, les éléments de législation, et, accessoirement, à titre d'enseignement spécial, l'histoire, le dessin, l'histoire naturelle, l'hygiène, la physique, la géométrie. Dans les écoles de filles (écoles de Nantes, de Romans, de Saint-Étlenne), on enseigne, en outre des matières fondamentales ci-dessus indiquées, la morale, l'économie domestique, la couture usuelle, la coupe. L'École commerciale cfe l'avenue Trudaine, à Paris, fondée en 1863 par la Chambre de commerce, reçoit des externes qui, entrant avec une instruction élémentaire, en sortent après 4 années d'études avec un bagage qui leur permet de faire d'excellents employés. Cette École a institué, en outre, des cours publics et gratuits pour les deux sexes, où les adultes peuvent se perfectionner dans la connaissance de la comptabilité et des langues étangères.
Écoles supérieures de commerce. — Elles ont pour type l'École fondée à Paris, en 1829, dans le but de former des chefs de maisons de commerce et des employés supérieurs. Cette École fut obligée de fermer ses portes en 1830. Mais elle fut réorganisée par Blanqui, et achetée en 1869 par la Chambre de commerce de Paris, qui lui donna le nom d'École
sauces générales; 2° préparer des jeunes gens aux écoles polytechniques supérieures et, par suite, leur fournir les moyens de devenir plus tard des techniciens de premier ordre.
Dans le premier cas, les élèves passeront trois ans à l'école, dans le second ils n'y resteront que deux ans.
Dans les deux premières années, connaissances générales, techniques, commerciales, géographiques, linguistiques, économiques ; dans la troisième, enseignement technique, portant avant tout sur l'étude expérimentale des machines, cela dans des laboratoires et des ateliers spéciaux, organisation des établissements électrotechniques, construction des routes, canaux et chemins de fer, étude de la chimie industrielle.
Les jeunes gens qui sortiront de l'école après leur troisième année recevront des diplômes de chimistes de second ordre, pour être placés dans une grande fabrique sous les ordres d'un chimiste de première classe, sortant d'une école polytechnique supérieure. Il en sera de même pour les électriciens, les mécaniciens, les architectes. Ces institutions formeront ainsi, entre l'ingénieur proprement dit et l'ouvrier, une catégorie d'employés de fabrique, munis de connaissances pratiques, étendues et approfondies.
En douze ans, la popuUiUon scolaire de l'enseignement commercial ne s'est élevée, en Allemagne, que dans une proportion de 20 •/•; en France, pendant la même période, l'augmentation a dépassé 87 "/..
ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
snpt'pieure de commerce'. On a créé, à partir de l'anuée 1871, des Écoles supérii'ures de commerce dans différentes villes de province, en prenant comme type celle de Paris. 11 eu existe actuellement 8, savoir: Écoles du Havre et de Rouen (fondées en 1871): écoles de Lyou et de Marseille 1 1872) ; école de Bordeaux (1874) : école de Lille (1892); école de Nancy (18%) ; école de Montpellier (1897). Il convient d'ajouter à cette liste l'Institut commercial de Paris, fondé en 1884 par un groupe de commerçants dans le but de favoriser le commerce d'exportation. Ces différents établissements ont été reconnus par l'État en 1890, au point de vue de l'application de la loi militaire, qui dispense une partie des élèves diplômés de deux années de service. Les matières enseignées sont : le commerce, la comptabilité, les langues étrangères, les mathématiques appliquées au commerce, l'étude des marchandises, le droit, etc. Certaines Écoles de province ont ajouté un enseignement spécial approprié aux besoins de la région (cours d'armement maritime, au Havre: de filature et de tissage, à Lille et à Lyon: de marine marchande, à Marseille) *.
Écoledes Hautes Étudescommerciales. — L'Ecole des Hautes Études commerciales a été fondée par la Chambre de commerce de Paris eu 1881, afin de donner aux jeunes gens sortant des lycées et collèges les hautes connaissances nécessaires pour arriver promptementà la direction des affaires de la banque, de l'industrie et du commerce, intérieur ou extérieur. Les matières principales enseignées dans cette École (qui, pour l'enseignement commercial, correspond à l'École Centrale des arts et manufactures dans l'enseignement technique industriel), sont : le commerce, la comptabilité, les langues étrangères, la théorie des opérations financières, la géographie commerciale, l'histoire du commerce, des éléments de droit civil, les législations commerciales étrangères, la législation commerciale, maritime et industrielle, la législation ouvrière, budgétaire, douanière ; l'économie politique, l'étude des transports, l'outillage commercial, la technologie industrielle et commerciale, etc.
En résumé, la France possède maintenant un enseignement technique commercial très complet, dont l'École des Hautes Études commerciales forme le couronnement naturel. G. Dumoxt.
Conseil scpériecr de l'Enseignement tech- KiQUE. — Le Conseil supérieur de l'enseignement technique a été réorganisé par décret en février 1899. Placé sons la présidence du Ministre du commerce et de l'industrie, il se comjjose de membres désignés par le Ministre et de membres de droit.
1. Le 23 octobre 1898. l'École supérieure do commerce de Paris a été transférée de la rue Âmelot dans de nonv aux bâtiments construits pour elle Avenue de la République.
2. Voici, pour 1899, le nombre des places mises au concours pour l'admission dans les Écoles supérieures de commerce reconnues par l'Eut :