‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 398 sur 1134 · L.VIX.VGES. V. Tissus DE Laine · texte numérisé non relu

L.VIX.VGES. V. Tissus DE Laine

L.\rXE MINÉRALE. Scorie légère d'apparence laineuse, employée quelquefois comme isolant électrique entourant des câbles souterrains.

LAIXE. (Syn. : Angl. : Wool. — .\llem. : WoUe. — Esp. et Ital. : Lana.) Poil doux, frisé et long qui constitue la toison dn mouton.

11 y a une grande variété de laines, comme il y a un grand nombre d'espèces démontons. Toutefois, on peut ramener tous les genres de laines à deux types principaux: la laine mérinos, fine, douce, frisée et relativement courte, et la laine anglaise, longue, lisse et brillante. La première est originaire d'Espagne et son type le plus parfait est représenté par le mouton mérinos, qui lui a donné son nom: la seconde, d'origine septentrionale, est représentée par les races anglaises appelées cheviott, southdoirn et dishley. Entre les deux types, mérinos et anglais, se trouvent des laines de qualités très différentes, provenant du croisement des races entre elles: ces laines, dites croisées, dont la production devient de jour en jour plus importante, se classent dans la série des mérinos ou dans

LAINE

LAINE

«elle des laines anglaises selon le caractère dominant de l'une ou de l'autre race. Les laines croisées très ordinaires se rapprochent de la classe des laines dites commîmes, dans laquelle on comprend les laine de nature plus ou moins grossière et sauvage. •Ces laines proviennent pour la plupart d'Afrique, d'Asie et des pays d'Extrême-Orient.

Pour faire une étude complète de la laine, il faudrait étudier le mouton au point de vue de l'histoire naturelle et de l'agronomie, puis exposer les caractères physiques et chimiques de la laine, en rechercher la constitution intime. Nous ne pouvons le faire ici, et nous devons nous borner à examiner la laine au point de vue commercial et industriel, en groupant dans cet article les faits principaux qui se rapportent à la production, au commerce et à 4'emploi industriel de la laine.

I. Production de la Laine.— Dans tous les pays de civilisation avancée l'élevage du mouton est orienté, soit dans le sens de la production de la viande, soit dans celui de la production de la laine. Pendant longtemps, et jusqu'à la fin du XVIIP siècle, les éleveurs estimaient généralement que la formation et l'élevage des troupeaux devaient être faits en vue de la production de la laine. Le troupeau modèle était celui qui produisait la laine la plus fine en plus grande quantité. Et en effet, le prix de la laine était alors assez élevé pour que le prix de la toison dût être considéré comme le produit principal du troupeau, le prix de la viande étant proportionnellement inférieur à celui de la laine. Depuis lors, les vues des agronomes se sont modifiées. Déjà en Angleterre, au XVIIP siècle, le célèbre Robert Bakewell avait réussi à produire dans ■sa bergerie de Dishley, dans le Leicestershire, une race de moutons précoces, à l'ossature fine et à la chair délicate, qui portent encore le nom de dishley. Ces moutons et d'autres moutons de race anglaise, les southdown par exemple, offrent cette particularité qu'un individu de ces races atteint le maxi mum de son poids en 18 mois ou 2 ans, tandis qu'il faut 3 ou 4 années au mouton de race mérinos pour avoir son plein développement. Ajoutons que ces races anglaises, soit pures, soit métisses, donnent un poids vif très supérieur au poids du mouton de race mérinos, et l'on comprendra quel avantage elles présentent à l'éleveur. Enfin, cet avantage a paru d'autant plus marqué que depuis le milieu de ce siècle le prix de la laine a constamment baissé et le prix de la viande a suivi le mouvement inverse. Aussi, depuis une cinquantaine d'années, le mouvement qui avait entraîné les fermiers anglais à se préoccuper plutôt de la production de la viande que de la production de la laine, s'est-il généralisé dans toute l'Europe continentale, et aujourd'hui on peut dire que si la laine n'est pas absolument considérée en Europe comme un sous-produit des bergeries, elle en constitue seulement un produit secondaire ; c'est la viande qui en est.devenue le produit principal. Ces tendances diverses et successives de l'agriculture ont exercé, et exercent encore, une influence capitale sur la production de la laine: on le voit clairement en étudiant l'histoire des troupeaux dans les différents pays depuis le commencement du XIX'^^ siècle, ou plus exactement depuis le milieu du XVIII'.

Pendant tout le XVIII" siècle, c'est l'Espagne qui fournissait, à peu près seule, aux fabriques d'Eu-

rope les laines fines du genre mérinos. Aussi presque tous les pays européens firent-ils des efforts pour introduire sur leur sol les moutons mérinos, que l'Espagne gardait avec un soin jaloux, et pour les y reproduire. La Suède en 1723, la Saxe en 1765, enfin la France vers 1775, firent des sacrifices importants pour acheter des béliers et des brebis mérinos en Espagne. C'est en 1786 qu'il faut placer la formation du célèbre troupeau de Rambouillet. Louis XVI, qui s'intéressait à tout ce qui pouvait faire progresser le commerce et l'industrie en France, avait d'abord obtenu du roi d'Espagne quelques animaux de choix qu'il avait placés dans son domaine de Rambouillet (1775), mais en 1786 il recevait encore du Gouvernement espagnol 350 brebis et béliers mérinos de race pure, et à partir de ce moment le troupeau de Rambouillet fut véritablement fondé. Il fut, sous le Directoire et surtout sons l'Empire, l'objet de soins constants et éclairés et il devint une source de régénération pour la race ovine française. En 1799, la France recevait de l'Espagne, en vertu du traité de Bàle, 5.500 moutons tirés des plus beaux troupeaux du Léon, de la Castille et de Ségovie, et pendant toute la durée des guerres d'Espagne Napoléon fit venir de ce pays des quantités considérables de brebis et de béliers mérinos.

C'est à cet afflux considérable de reproducteurs espagnols que nous devons la constitution particulière du troupeau français au XIX' siècle. Depuis 1810 environ jusque vers 1860, on peut dire que nos bergeries ont été composées pour la plus grande partie de moutons mérinos et métis mérinos. Vers le milieu de ce siècle on estimait que sur environ 35 millions de moutons la France en possédait25 millions de race mérinos pure ou métisse et 10 millions de moutons à laine commune. Depuis lors, la proportion entre les laines communes et les laines mérinos n'a pas beaucoup changé, mais la moyenne de la finesse de ces dernières laines a assez sensiblement diminué, de sorte que, dans l'ensemble, la laine française, tout en ayant conservé ses qualités spéciales, si intéressantes pour notre industrie, a perdu en finesse et en valeur.

Cela s'explique par la tendance de l'éleveur fran- J çais, depuis une cinquantaine d'années, à s'attacher" avant tout à la production de la viande, même au détriment de la qualité de la laine. Le prix moyen de la laine de France était en 1820de3fr.301e kilog. en suint, il était de 2 fr.lO en 1850, de lfr.94 en 1862, de lfr.90 en 1882, delfr.33 en 1892 et de lfr.37 en 1897. Si l'on prend l'état des troupeaux dans l'année 1892\ on voit qu'il y avait en France environ 21.115.000 têtes, comprenant béliers, moutons, brebis et agneaux. Le produit du troupeau français a été, d'après les relevés officiels, de 263 millions de fr. en viande, représentant la valeur en viande des moutons abattus en 1892, et de 47 millions de fr. en laine, représentant la valeur de la tonte. On peut dire d'une façon générale que dans^ le produit brut du troupeau français la laine représente aujourd'hui seulement 15 "A et la viandel 85 Vo du total. On voit quel intérêt puissant l'agri-| culture française trouve à pousser au développement du rendement en viande. Il n'en était paa ainsi au début et même au milieu de ce siècle. Eaj

1. statistique agricole de la France, enquête décennale del 1892. Imprimerie Nationale, 1897. Voir les tableaux pages 147- 183-194.

Page 1