I.actose
Benrre
.\lbaaiinoIdeset sels.
Eau
Les laits concentrés s'emploient délayés dans 4 parties d'eau pure: 100 gr. de lait concentré donnent donc un demi-litre environ de liquide; cette dilution ne doit être faite qu'au moment même de la consommation, car les fermentations apparaissent très promptement. Ces laits constituent de bonnes conserves pour la guerre, la marine et les troupes coloniales. Ils présentent cependant l'inconvénient d'être très sucrés, ce qui répugne à beaucoup de malades; pour y remédier, on peut saler le liquide.
Le lait en pondre, usité surtout en Angleterre, se prépare comme le lait condensé, mais l'évaporation est poussée jusqu'à consistance de pûte ; cette pâte est passée entre deux cylindres de granit et soumise en même temps à l'action d'un courant d'air sec. Enfin la masse réduite en poudre, après avoir été mise dans une éture à haute température pendant quelques heures, est enfermée dans des vases hermétiquement clos. La pondre de lait se délaye dans huit fois son poids d'eau chaude; le liquide obtenu est assez médiocre et a presque toujours un goût de cuit accusé.
Ces conserves, tout en étant beaucoup plus maniables que les laits stérilisés, sont loin de donner un produit équivalent à ces derniers; acceptables à la rigueur pour des adultes, elles doivent être absolument repoussées de l'alimentation des jennes enfants.
Laits artificiels, — Nous désignons sous le nom de laits artificiels les laits physiologiques auxquels on ajoute ou on retranche quelque chose dans un but exclusivement thérapeutique. Le but de ces laits est de rapprocher le plus possible, par des coupages ou des adjonctions diverses, le lait de vache da lait de femme.
Aucune de ces préparations artificielles, complexes et coûteuses et s'éloignant si profondément
du lait physiologique, ne convient aux enfants sains; elles ne trouvent, par hasard, d'applications satisfaisantes que dans certains cas exceptionnels, alors que toutes les antres méthodes rationnelles d'alimentation ont définitivement échoué.
Laits fermentes. — V. Kéfir, Koumys.
Dérivés du L.\it.— V. Beurre, Fromages.
D' J. Laumonier.
Bibliographie. — Vernois et Beeqnerel : du Lait clic: la femme (1853). — Boachardat et Qaévenne : du Lait (1837).— Thiefelden : Ziir physiologische der .Vilchbildung (1883). — Quesnevilie : Xotaelle Méthode pour la détermination des éléments du lait et de ses falsifications (188i).— So.\hlet : Jlilck und Milchprodnktc (1886). — Dnclaax : le Lait (1887).— Langlois : le Lait (1893). — Variot : Articles in Journal de clinique et de thérapeutique infantiles, 1896-97-98. — .Mnnk et Ewald : Traité de Diététique (1897). — Marfan : de l'Allaitement artificiel (1896).— .Manchamp : l'Allaitement artificiel par le lait stérilisé (1899).
La productiox du Lait e.n France. — Voici quelle a été, depnis l'année 1892, la production dn lait sur le territoire de la France continentale (en hectol. et milliers de fr.) :
.\nnées Quant.
1894.... 76.419..tT
Val.
Années
Quant. Val.
Les départements qui produisent le plus de lait sont (en hectol. et milliers de fr.) :
DÉPARTESI.
Nord
Manche
lUe-et-Vil.. Seine-Infér.
Calvados. ..
Puy-de-D. .
Pas-de-Cal.
Côtes-du-N.
Finistère. ..
Vendée
Loire-Infér.
Eure
-Aisne
Seine-et-M.
Quant.
4.560.954 2.964.4.36 2.782.764 2.674.403 2.562.628 2.514.900 2.392.540 2.200.000 1.883.271 1.783.613 1.690.000 1.590.268 1.5.'î3.0.'fi 1.496.185
Val.
Dép.vutem.
Isère
Orne
Sarthe
Ain
Loiret
Eure-et-L..
RhOne :
Indre-et-L..
Oise
Savoie (H") Seine-et-O.
Loire
Vosges
Quant.
1.463.5.32 1.459.000 1.457.167 1.450.460 1.392.355 1.387.348 1.429.800 1.319.800 1.324.651 1.. 307. 146 1.297.211 1.252.213 1.247.066 Etc.
Val.
Les départements français qui produisent le moins de lait sont : le Gers (11.100 hectol.), le Tarn-et- Garonne (20.073). la Corse (20.665), le Lot (22.850;, l'Aude (30.080), le Var (31.980), les Basses- Alpes (32.056), le Vaucluse (32.401), etc.
Le recensement des vaches laitières a été fait pour la première fois en 1882. Elles étaient alors au nombre de 5.019.710 et donnaient annuellement 68.205.965 hectol. de lait, d'une valeur de 1.157 millions de fr. Le prix de l'hectol. ressortait à 17 fr. et le rendement moyen annael.d'nne vache laitière à 15 hectol.
Les chiffres donnés par l'enquête de 18îfâ sont les suivants : nombre de vaches laitières, 5.407.126; hectol. de lait, 77.013.379; valeur moyenne de l'hectol., 16 fr. : moyenne annuelle par vache 1ai-^ tière, 16 hectol. Dans le calcul du rendement annuel moyen par tête, on considère qu'un dixième environ des vaches laitières ne donnent pas de lait ponr cause accidentelle.
CO.M.MERCE INTERNATIONAL. — Xcus avous à coDsidérer successivement : le lait naturel, le lait concentré par, le lait condensé additionné de sacre, tant à l'iaiport. qu'à l'export. Voici les chiffres que noas donnent les statistiques officielles (C. S.).
.Moyennes annuelles par périodes décennales de 1867 à 1896 (en kilog.) :
1877-86 Imp. Ejcp Ô9.121 —
Lait Imp. Exp.
Naturel... 1.592.589 — Concentré — —
Condensé. — —
Imp. Exp.
Lait
Naturel 313.323
Concentré 11.218
Condensé 349.334
Prix E. V. D dn kilog.
LAIT
Années 1897 et 1898 (C. S.)
Import. Export.
A l'import.
LAITERIE
Import. Export.
naturel, 0 fr. 19;
concentré, 0 fr. 85; condensé, 1 fr. — A l'export. : naturel, 0 fr. 21 ; concentré, 0 fr. 60; condensé, 0 fr. 90.
C'est de Belgique que pour moitié environ (166.000 kilog. en i898) nous importons le lait naturel, pour 1/5 d'Allemagne et pour 1/5 de Suisse ; nous l'exportons pour un peu moins des 2/3 (400.000 kilog.) en Angleterre et pour un peu moins du 1/6 en Allemagne, le reste en Suisse et en Belgique.
Le lait concentré pur nous vient presque en totalité de Suisse (37.000 kilog. en 1898), nous n'en exportons guère que dans nos colonies et pays de protectorat.
C'est aussi de Suisse que nous importons en qnasi-totallté le lait condensé additionné de sucre (343.000 kilog. en 1898) ; nous en exportons la plus grande partie en Indo- Chine française (171.000 kilog.), puis dans la Guyane française (48.000), à Madagascar et dépendances (43.000), en Nouvelle-Calédonie (42.000), dans nos autres colonies et pays de protectorat (45.000). Nous en expédions aussi 59.000 kilog. en Angleterre et 37.000 en Belgique.
Le lait condensé, qui va de Suisse en Angleterre par la voie française, a été importé à Southampton, en 1897, pour une valeur de 29.214 liv. st.
Douanes. — Le lait naturel, importé comme objet de commerce, paye 5 fr. les 100 kilog. B. au T. G. et2fr. 50 an T. M.
Les bidons en fer-blanc qui le contiennent ne sont pas taxés séparément, mais ils doivent être revêtus d'un plomb de douane (50 centimes) anx frais de l'importateur. Le lait stérilisé sans concentration paye comme « lait naturel ». Les bouteilles et flacons acquittent au tarif général le même droit que le contenu, mais les bouchons mécaniques sont imposés séparément (35 fr. T. G.); au tarif minimum, bouteilles et flacons ne sont soumis au même droit que le contenu, que s'ils sont réexportés dans un délai de 60 jours au plus; des acquits-à-caution sont délivrés à cet effet par le bureau d'entrée ; à défaut de réexport., ils payeraient 1 fr. par 100 kil.
Le koumys, ou lait stérilisé de jument, suit le régime du lait stérilisé de vache.
Le lait concentré en boîtes, non additionné de sucre, paye 10 fr. T. G., 5 T. M. les 100 kil. bruts; s'il contenait plus de 5 V. de sel, il serait soumis à la taxe de consommation du sel.
Enfin, le lait condensé ou concentré additionné de sucre, est ainsi taxé :
Tarif général : Moins de 50 7» de sucre : demi-droit du «sucre raffiné » (76 fr. T. G., 72 T. M. les 100 kilog. nets), plus 8 fr. par 100 kilog. nets. — 50°/» et plus de sucre: droit des sirops (76 fr. T. G., 72 T. M. les 100 kilog. nets). Tai-if minimum : Moins de 40 "/. de sucre : 40 V. des droits du k sucre raffiné » (voy. T. G.), plus 6 fr. par 100 kilog. nets. — De 40 à 50 '/. inclus : demi-droit du «sucre raffiné» (voy. T. G.), plus 6 fr. par 100 kilog. nets. — Plus de 50 7. •' droit des sirops (voy. T. G.).
Le lait concentré stérilisé, légèrement sucré, rentre dans cette classe.
On assimile au « lait concentré à moins de 50 'I, de sucre » les produits de fabrication américaine connus sous les noms de « tablettes de koumys » (mélange de lait concentré, d'acide tartriqne, de bicarbonate de soude et d'environ 10 % de sucre) et de « lacto preparata » (lait desséché, amidon et 10 à 20 7» de sucre).
On reçoit en franchise, comme emballage sans valeur marchande, les boîtes en fer-blanc soudées pour lait concentré additionné de sucre.
Le lait concentré mélangé de cacao et contenant du sucre, paye comme le « chocolat » (130 à 150 fr. T. G., 100 T. M. les 100 kil. nets); ne contenant pas de sucre, il est taxé comme « cacao broyé » (150 fr. aux deux tarifs); mélangé de café avec ou sans sucre, il paye comme le « café moulu » (208 fr. les 100 kilog. nets aux deux tarifs).
Le « lait concentré peptonisé » (mélange de lait et de sucre, avec ou sans cacao) suit le régime du « chocolat » s'il contient du cacao, et celui du « lait concentré sucré » s'il n'en contient pas.
La farine lactée (Nestlé et autres analogues) paye comme . « lait concentré sucré », suivant la proportion de sucre.
V. CONSERVATIO.N PAR LE FROID, CONSERVES ALI- MENTAIRES, DÉGUSTATION, FALSIFICATIONS.
LAIT DE CHAUX. Ce que les maçons appellent ainsi est le résultat du délayage dans l'eau d'une certaine quantité de chaux qui y reste en suspension.
LAIT VIRGINAL. Parfumerie. V. Benjoin.
LAITERIE. (Commerce du Lait.) Il existe trois systèmes industriels de la production du lait, systèmes différents à cause des ressources plus ou moins bonnes qu'offre le pays d'exploitation au producteur de lait. Ces trois systèmes sont étroitement solidaires. Dans le premier système, — et c'est de beaucoup le plus répandu,— les vaches ont une double fin : la reproduction de l'espèce et la production du lait. Dans le second système, comme dans le troisième, les vaches sont exploitées en vue aussi d'une double fin : la production du lait et la boucherie. En sorte que ces deux derniers systèmes puisent dans le premier les animaux qui leur servent de machines d'exploitation.
Dans le premier système, l'entreprise se trouve généralement dans une atmosphère tempérée et humide, très favorable à la bonne production du lait ; seulement, le débouché manque et fait qu'au lieu de vendre le lait en nature, on le transforme en fromage et en beurre, formes sous lesquelles le produit, apte au transport et à une plus longue conservation, peut alors trouver plus aisément un centre de consommation. Cette forme, d'ailleurs, a, au point de vue de l'économie rurale, un autre avantage : elle laisse des résidus, petits laits, laits de beurre, qui sont d'excellents aliments pour l'engraissement des porcs et des animaux de basse-cour; sans compter que dans plus d'une contrée ils servent, en outre, d'aliments pour l'homme.
On trouve l'application de ce système dans les pays d'Europe qui bordent la mer du Nord et dans le N.-O. de ceux qui bordent l'Atlantique, aussi bien au Canada qu'aux États-Unis, dans la région des grands lacs. On le trouve encore dans les pays à montagnes herbeuses, au sommet ou sur les flancs desquelles des lacs tranquilles se sont creusé un lit; on le trouve enfin dans les plaines grasses ou les vallées qui bordent les fleuves et autres cours d'eau. Ces pays, les duchés de l'Elbe, l'Ostfriesland en Danemark, les Flandres, les Iles-Britanniques, la Normandie, la Bretagne, l'Auvergne, la Suisse, produisent les fromages les plus universellement consommés. C'est, du reste, dans ces pays que se trouvent les meilleures races laitières, dont les plus précieuses viennent de quelques parties des Iles-Britanniques, telles que Jersey, le comté d'Ayr, le comté de Forfar avec la race d'Argus, les comtés de Norfolk et de Suffolk.
Dans ces régions s'approvisionnent les agriculteurs qui usent des deux autres systèmes, soit que les vaches doivent, comme dans le deuxième système, être soumises au double régime de la stabulation et du pâturage; soit que, comme dans le troisième, elles doivent être soumises au régime de la stabulation prolongée et constante. Ce troisième système est celui des exploitations laitières urbaines, désignées sous le nom de vacheries.
LAITERIE
LAITERIE
Noos ne parlerons pas de la production habituelle des agriculteurs des autres pays, dont le but est la reproduction des bovidés pour les besoins des transports dans les champs et qui bénéficient de la lactation de leurs vaches en quelque sorte accessoirement. Le lait ainsi produit sert aux besoins de la ferme : il ne donne lieu à aucun commerce et n'est l'objet d'aucune préparation industrielle autre que la vente des beurres de basse qualité.
Mais l'exploitation laitière n'est pas limitée à la vente du lait en nature, même dans les pays de pâture. La production du beurre et du fromage donne lien à des formes variées d'organisation industrielle, soit associations coopératives (ftei/rrerics des Charentes, beurreries de Danemark, fruitières du Jura et des Alpes), soit entreprises particulières, où le lait est acheté aux fermiers d'alentour: parfois au degré pour la fabrication du beurre, au litre dans les autres cas. L'organisation des coopératives et fruitières se développe en France depuis dix ans; elle fleurit jusque dans les Pyrénées, où M. Calvet l'a implantée sur le modèle des beurreries des Charentes, que M. Dornic a perfectionnées sur le modèle des fruitières du Jura, que M. Charles Martin, directeur de l'École de Mamirolle, a mises à même de fabriquer des produits incomparables. (V. Beurre et Fromages.)
Le commerce du lait en nature se fait, pour le lait frais, surtout dans les grandes villes ; dans les colonies, on consomme le lait concentré dans les boîtes de conserve.
Il vient de paraître en Belgique (mars 1900) un Exposé statistique de la situation des Associations d'intérêt agricole, auquel nous empruntons quelques renseignements intéressants :
La Belgique comptait, en 1898, 237 laiteries, dont 85 avec OQtillage à rapenr et 152 avec ootiliage à bras; presque tontes étaient dans les provinces de Limbonrg oriental, de Lnxemboarg et de Hal : le Hainant avait 31 laiteries, dont 30 à vapear. Or, il n'existait en Belgique, en 1890, qu'une demi-douzaine de laiteries à écrémeases centrifuges mues par la vapeur.
Le Congrès de laiterie de 1897, à Bruxelles, qui réunissait de nombreux spécialistes expérimentés, a recommandé par-dessus tout la création des laiteries mécaniques exploitées en Sociétés, et le remplacement de l'écrémage à bras par l'écrémage central à vapeur avec pasteurisation. Un établissement laitier puissant, bien outillé, opérant chaque jour sur des masses considérables de lait, est seul capable de donner au beurre d'une région la fraîcheur et l'uniformité réclamées par le commerce, de réduire an minimam les frais de main-d'œuvre et d'entreprendre la concurrence dans toutes les directions.
Il a été, en effet, surabondamment démontré que la laiterie centrale à vapeur est le mode le plus économique d'exploitation du lait. D'une même quantité de lait, on retire an moins un sixième de beurre en pins qne par l'écrémage ordinaire à bras.
Un capital de 25 à 30.000 fr. suffit généralement pour établir une laiterie à vapeur pouvant travailler 5.000 à 6.000 litres de lait par jour. Le point important dans l'installation d'une laiterie, c'est de rechercher un emplacement où l'eau fraîche et de bonne qualité soit en abondance ; l'orientation et la disposition des caves à benrre et à crème sont aussi à considérer.
Une laiterie bien établie doit posséder un sons-sol comprenant : la cave de travail du beurre, avec tous les appareils : malaxeur, barattes, etc. ; la cave à crème avec réfrigérants; une cave spéciale pour le dépôt du beurre fabriqué : au rez-de-chaussée, les réservoirs d'arrivée, les moteurs et générateurs, les écrémeuses centrifuges faisant plus de 2.000 tours à la minute, le réchaoffeur et
les turbines; un pastenrisenr et différents appareils de densimétrie perfectionnés.
Le Canada expédie en quantité, en Angleterre, principalement sur le marché de Londres, des beurres réfrigérés : 4.684.587 livres anglaises (de 453 gr. 59) en 1894. 10.46t.8S3en 1898, représenUnt une valeur de 383.210 liv. stou 9.580.000 fr. en chiffres ronds.
Les L.\iteries \ Paris. — Paris est la ville où se fait le plus important trafic de lait. Le lait frais y est fourni par les laiteries en gros, les fermes modèles et les laitiers-nourrisseurs.
11 est difficile de se rendre compte, d'une manière exacte, de la quantité de lait absorbée par la consommation, à cause du manque de renseignements officiels, ou tout au moins certains.
L' .Annuaire du Bureau des Longitudes constate que la consommation dépassait, en 1^7, 250.000 litres par jour. Puis M. Adrian, dans une thèse curieuse (1859), relatait le tableau suivant :
Quantité importée par chaque chemin de fer en 1858
Nord
Station eitr*tne
Distances
Litres par jour
Ailly
St - Pierre-Lonvier
Beangenoy
Joigny
Chartres
Flamboin
Total
Orléans
Rennes
Strasbourg
Soit 90 millions de litres par an. A cette époque,. et, selon le même auteur, les nourrisseurs fournissaient environ 15v, de la quantité consommée.
En 1878, M. C. Husson estimait la consommation parisienne à 183 ou 185 millions de litres par an. Les deux tableaux suivants sont empruntés an Nouveau Rapport sur tes Vacheries de Paris de M. Arm. Goubeaux, au Conseil d'hygiène de la Seine :
Vacheries existant à Paris au 31 décembre des années suivantes
1879 3(fâ
Nourrisseurs domiciliés dans Paris, nombre des-
vaches laitières de leur étable (mai 1887)
Divisions Nombre Nombre
— de nourrisseurs de Taches
Est 119 1.643
Nord 81 1.313
Ouest
Sud
Intérieur 33 562
Total
Depuis cette époque, le nombre des vacheries est resté stationnaire. En prenant lOlit. comme moyenne de production par vache, on voit qu'à cette date les vacheries de l'intérieur de Paris produisaient environ 69.0001. de lait par jour. Le nombre des vacheries de la banlieue était d'environ 1.500, avec un nombre de vaches moyen d'environ moitié de celiii des vacheries intra-muros; en sorte qu'on peut évaluer leur production à 125.0001. par jour, dont Ta moitié environ sert à l'approvisionnement de Paris, En décembre 1897, les vacheries fournissaient donc I à la consommation 125.0001. environ par jour. I Les vacheries de Paris se trouvent presque tontes ' dans les quartiers annexés; 33 seulement sont dfs- ' séminées dans le centre. Elles sont généralement dans des rues éloignées, dans des maisons vieilles ■ et mal disposées; mais les ordon nances de police 1 et un service de surveillance spéciale, secondé par
LAITUE
LAMPES A ACETYLENE
les conseils du service sanitaire vétérinaire, leur imposent la propreté. Chaque étable est munie d'un ou deux ventilateurs et bien pavée, blanchie à la chaux une fois par an. Des caniveaux permettent l'écoalement des urines et facilitent le lavage au moins une fois par jour. La litière est généralement assez abondante.
Nous n'avons rien à dire des fermes modèles, sinon qu'elles opèrent une double expédition à Paris par jour et que leur lait ne contient généralement pas de coiisercateur. (Voy. Lait.)
Le lait des laiteries en gros et des fermes modèles est introduit par voie ferrée. Voici les totaux des arrivages par chemins de fer à Paris pour l'année 1898 (en litres) :
Etat 25. 28;). 899 Nord 40.374.000
Est 3. 133. («7 Orléans 31.276.940
P.-L.-M 26.666.768 Ouest 92.843.994
Soit un total de 219.785.238 1., dont le quart environ est consommé par la banlieue de Paris.
On se tromperait si l'on s'imaginait une laiterie en gros comme une ferme immense aux nombreux troupeaux de laitières paissant dans de vastes et riches pAturages. Il n'en est pas une, en effet, où l'on récolte du lait; ce sont plutôt de véritables usines avec de grands réfrigérants, des machines à chauffer le lait et les mille instruments réclamés par cette Industrie relativement nouvelle.
Ces établissements vendent le lait de toute une «outrée. Chaque laiterie en gros a un ou plusieurs centres de réception où les employés de la laiterie apportent le lait ramassé dans leur tournée, et c'est là que ce lait est rendu apte à supporter, sans trop d'encombre, le transport en chemin de fer. 11 y a deux tournées par jour : une le matin, l'autre le soir. Dans chaque tournée, la voiture de la laiterie recueille le lait de la dernière traite, chez tous les fermiers et cultivateurs compris dans un rayon déterminé. Les voitures sont à claire-voie, afin de faciliter la circulation de l'air entre les pots et d'éviter que le lait ne se maintienne à une température élevée qui en favoriserait la décomposition. Une fois à la laiterie centrale, on le traite selon le temps ■qu'il doit y demeurer, car on ne fait qu'une expédition par jour : le soir, afin que le lait soit à Paris le lendemain matin.
Le procédé de conservation est double pour la traite du matin et consiste : 1° à porter le lait à la température de 97° environ, en le laissant pendant un temps suffisant dans de grands bains-marie ; d'autres préfèrent la température de 60 à 70°; 2» à le refroidir ensuite le plus rapidement possible. Après quoi on le laisse dans l'appareil refroidisseur. C'est le procédé de la pasteurisation. Pour la traite du soir, on se contente de cette opération. Lorsque le lait est suffisamment refroidi, on le mélange avec celui du matin, et si le temps est menaçant ou la distance trop grande, on y ajoute souvent un conservateur avant de le traiter. Cela fait, on le porte à la gare, et il arrive à Paris vers deux heures du matin. Là, il est distribué par les lourdes voitures à deux roues que l'on connaît.
LAITIERS DES HAUTS FOURNEAUX. V. BrIQUES,
Déchets, Fonte.
LAITON. Alliage de zinc et de cuivre. V. Alliages, Cuivre.
LAITUE. (Syn. : Angl. : Lettuce.— Allem. : Lattich.— Esp. : Lechuga. — Ital. : Lattuga.) Plantes
formant un genre important de la famille des Synanthérées, très répandues en Europe, où on les cultive dans les jardins comme plantes alimentaires et quelques-unes comme plantes médicinales.
La Laitue cultivée (Lactuca sativa), plante potagère destinée à être mangée en salade et dont le commerce se confond avec celui des légumes frais. (Voy. ce mot.) Parmi cette espèce, la laitue officinale, souvent employée en médecine, constitue un aliment quand elle est jeune (laitue de table ordinaire), mais quand on la laisse croître, elle donne une tige de 65 cent, de haut. La laitue gigantesque {Lactuca altissima) trouve son emploi en médecine.
Toutes les laitues, et surtout les laitues officinale et gigantesque, jouissent de propriétés narcotiques qui résident dans leur suc laiteux. Ce suc est connu sons le nom de Lactucarium. G. D.
LAKNO. Ville de l'Inde située, dans le gouvernement des provinces du N.-O., sur la Goumti, affluent du Gange, à 906 kil. N.-O. de Calcutta, par 26° 51' 40" lat. N. et 78° 38' long. E. de Paris. Pop. : 261.300 hab. en 1881, 273.028 en 1891 ; c'est la cinquième ville de l'Inde par la population. Fab. de bijouterie, de brocarts d'or et d'argent, de velours brodés, de mousselines. Le mouvement commercial est considérable, surtout en grains, tabac et sucre. Centre de chemins de fer sur Bénarès, Delhi, Cawnpore.
LAMA. Quadrupède du genre chameau, répandu dans l'Amérique Méridionale. Le lait et la chair des diverses espèces de lamas constituent de bons aliments et leur laine sert à faire des vêtements, des tapis, etc. G. D.
LAMBICK. Bière belge. V. Bière, Brasserie.
LAMINOIR. V. Acier, Aciéries, Fer.
LAMPAS. (Art de la soie.) Tissu de soie façonné destiné aux ameublemeïits et aux robes de cour. C'est un damas dans lequel le dessin est fait en taffetas et s'enlève sur un fond satin qui est le plus souvent d'une autre nuance.
LAMPES A ACÉTYLÈNE. On fabrique des lampes portatives à l'acétylène qui sont fondées sur l'un on l'autre des principes suivants :
1» Application du briquet à hydrogène;
2" Alimentation d'eau proportionnelle au débit du brûleur, en la réglant automatiquement au moyen d'une soupape ou d'un flotteur, ou encore en faisant agir la pression sur un piston qui déplace le robinet d'écoulement de l'eau ;
3" Alimentation d'eau déterminant une production d'acétylène sous forte pression, et utilisation de ce gaz en le détendant au moyen d'un régulateur de pression ;
4° Alimentation de la lampe au moyen du carbure de calcium introduit dans l'eau proportionnellement au débit de l'acétylène ; cette distribution de carbure étant faite automatiquement au moyen d'un système de régulation on d'un mécanisme de réglage commandé par la pression du gaz ;
5° Utilisation de l'acétylène liquide avec détendi pour la sortie du gaz.
L'emploi des lampes portatives fondé sur l'un l'autre des quatre premiers principes précédent» donne lieu à des objections sérieuses; il est difficile, en effet de proportionner la production de l'acétylène à son débit. On est arrivé cependant à combiner des lampes qui fonctionnent régulièrement et qui sont aujourd'hui d'une application courante pour
l'un