LAQUE
ro!e ne contenant pas moins de 360.000 lapins, soumis à une température constante de 10 degrés an-dessous de zéro. LAIMS-L.VZULI, OU Lazuute, OU encore Outremer NATUREL. Silicate dou'ble d'alnmine et de soude d'on bien plus ou moins foncé, quelquefois vert, à cassure inégale et à éclat vitreux, à peine translu-cide. 11 était jadis, sous forme de poudre, employé en peinture, parce qu'il donnait une couleur très vive et inaltérable, mais il coûtait fort cher (jusqu'à 2.500 et 3.000 fr. le kilog.). On l'a remplacé par l'outremer factice. (Voy, Bleus.) U ne sert plus aujourd'hui que comme pierre ornementale, pour mosaïques, objets d'art, vases, coupes, etc.
On le trouve dans les terrains primitifs, en Sibérie, près du lac Baîkal, au Thibet, en Perse, en Chine, dans la petite Boukharie, au Chili, dans les Cordillères d'Ovalle (République Argentine), etc.
Commerce et Douanes. — Nous renvoyons à Coulecrs et à Outremer, en faisant remarquer que les statistiques douanières ne distinguent pas l'outremer naturel de l'outremer factice.
LAQUE (Meubles et tabletterie de). (Syn. : Angl. : hacker ed tcare; Japanned ware.—AMetn. : Lackirte Blechicaaren. — Chin. Tsi-ki.) On dit qu'un objet est de laque, quand, après certaines préparations, il a reçu un poli et a été enduit d'un vernis particulier, qui lui donnent un brillant inaltérable et précieux .
Le laque est donc un objet de tabletterie on on petit meuble, dont la vernissnre a liea au moyen de vernis dont nous allons parler.
La laque n'est pas la même chose que le laque : la laque est une substance résineuse qui exsude de plusieurs arbres de l'Inde à la suite des piqûres d'un insecte du genre Coccus; la laque est encore ■ne matière colorante précipitée dans l'ean par nn oxyde ou un sel avec excès de base.
Le vernis-laque est la sève d'un arbre qui est VÀugia sinensis de Linné. D'autres arbres fournissent également des vernis pareils, dont on fait usage en Chine, an Japon, dans l'Inde, au Siam, dans l'Annam et l'archipel Indien; on cite notamment le Melanorœa usitata, le Rhus succedaneuin, le Rhus vernix, VElœococcus vernicia, le Dryandra cor data.
On distingue plusieurs qualités dans la laque du commerce : la meilleure est celle qui est de couleur café au lait foncé, tirant sur le rouge: la sorte la moins bonne est d'un gris mastic faiblement rosé. La laque est d'autant plus fine et noircit d'autant pins vite à l'air, que sa couleur est plus rougeàtre. Cette matière, dont l'odeur est acre et pénétrante, répand des exhalaisons délétères : elle est renfermée dans de petits barils qui contiennent de 25 à 30 kilog. Elle arrive quelquefois à Canton desséchée, sous lorme de gâteaux blanchâtres.
Les petits meubles à vernir sont faits généralement de bois de cyprès très sec; le bois est plané avec soin et recouvert d'une feuille de papier mince 00 de gaze de soie. On étend sur le bois une conche épaisse d'un enduit fait de grès rouge en poudre et de fiel de buffle : on la laisse sécher ; puis on polit et l'on frotte avec de la cire, ou bien l'on donne une conche d'eau gommée qui tient de la craie en suspension. On applique la laque sur le meuble avec un pinceau plat, et on le porte dans un séchoir humide. Du séchoir, la pièce passe dans les mains d'un ouvrier, qui l'humecte d'eau et la polit de nou-
veau arec nn schiste tendre d'un grain très fin, oo avec des tiges de prêle. Le meuble reçoit une seconde couche de laque, et dès qu'elle est sèche on le polit encore. Ces opérations sont renouvelées jusqu'à ce que la surface soit parfaitement unie et brillante : on ne donne jamais moins de trois conches, et il est rare qu'on en applique plus de dixhuit : on prétend cependant que certains vieux laqnes chinois du XVI' siècle et des laqnes japonais ont reçu plus de vingt couches.
Il reste à peindre ces meubles. L'esquisse est faite avec un pinceau imbibé de céruse, puis avec nn burin : le dessin est alors tracé avec de l'orpiment ou du vermillon délayés dans une dissolution de colle: on recouvre les traits avec de la laque de Kouang-si, que le camphre rend liquide, et on les dore. On obtient les reliefs avec de la laque de Kouang-si, pâteuse, et l'on se sert de laque de Fo-kien pour les retouches. Le meuble ou le coffret revient de l'atelier des peintres dans celui des menuisiers, qui le montent et le font achever par les serrnriersgarnisseurs.
On fait la laque blanche on laque d'argent avec de la laque de Kouang-si on Hoa-kin-tsi, mélangée avec de l'argent en feuilles et rendue liquide au moyen de camphre. Cette laque charmante reçoit des peintures dans lesquelles on peut employer cinq coulenrs : le rouge (cinabre natif), le rose (laque de carthamei, le vert (orpiment et indigo, ou lo-kao), le violet (colcothar calciné), le jaune (orpiment).
Les laques du Japon sont faits de même, mais toujours avec plus de soin que ceux de Chine, et avec cette différence que les premiers reçoivent généralement des incrustations de nacre. Incrustation n'est pas le mot propre, car ce ne sont que des applications : on ne fait que poser sur le laque, avant qu'il soit sec, de petites lames très minces de nacre d'avicule ou d'haliotide que l'on a découpées selon le dessin et coloriées par derrière, s'il en est besoin. La ténuité de ces lames est telle qu'après le polissage elles ne présentent aucune saillie.
Les Chinois et les Japonais font beaucoup de petite ébénisterie et de tabletterie de laque, et le travail en est soigné ; les objets dont la fabrication est le plus considérable à Canton et à Hang-tchéou-fon, sont les boîtes à thé, à ouvrage, à jeu, à gants, les coffrets, les plateaux, les échiquiers, les dessous de bouteille, les paravents. Ces ouvrages sont surtout destinés à l'exportation, et l'exécution de ceux qni sont à bas prix est très négligée.
Les laques de la Chine et du Japon sont l'objet d'un commerce important; on en expédie de grandes quantités en Angleterre, en France, en Hollande, dans l'Inde, aux États-Unis, dans l'Amérique du Sud, en Australie. Peu d'articles présentent autant de différences dans les prix, et autant de difficulté à juger si la qualité est en rapport avec le prix. La cherté d'un laque provient dn nombre de couches qu'il a reçues.
On ne trouve pas seulement dans le commerce des laqnes chinois et japonais ; ceux de l'Annam et de Sumatra ne sont pas rares. Ceux-ci sont grossiers : des dessins d'or couvrent un fond noir mal verni et à peine poli : les laques annamites sont assez fins et fréquemment incrustés de nacre. Du Lahore, dn Sindh, du Bengale, de la Perse il arrive en Europe I des coffrets, des cadres de miroir, des plateaux, des