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LAQUES

étuis, faits de bois ou de papier mâché, enduits de laque ou de diBérents vernis, dont les décors se distinguent généralement par l'harmonie et l'éclat des couleurs, la délicatesse et l'élégance des dessins.

Imitations de laque.— Il faut remarquer que la vernissure parisienne diffère complètement de la vernissure asiatique : le brillant est dû à Paris principalement au vernis, et en Chine comme au Japon, au poli. A Paris, on passe un fond de noir de fumée et un apprêt à l'ocre ou à la céruse; on polit avec le papier de verre, on passe deux couches de noir mat, on ponce après chaque couche, on étend une couche de noir d'ivoire broyé avec de l'huile ou de r«ssence, et l'on termine par deux glacis et un frottis au vernis teinté. A Birmingham, on procède à peu près de la même façon.

Les meubles d'imitation de laque sont entrés dans la consommation et ne sont plus seulement des curiosités ; on veut qu'ils soient à bon marché. Ces imitations sont, les unes de bois, les autres de ce que l'on appelle papier mâché, matière facile à faire et à façonner, légère, solide, très résistante, prenant bien le vernis et pouvant recevoir un beau poli.

Les premières sont faites à Paris, à Amsterdam, à Vienne, à Bruxelles; les secondes sont fabriquées en Angleterre, à Birmingham, à Wolverhampton, à Londres et à Oxford. N. R.

LAQUE (Teinture). V. Matières colorantes.

LAQUES (Couleurs). Le mot laque est usité dans des sens très différents : la gomme laque, si fort en usage pour la fabrication des vernis, contient une matière colorante, très analogue à celle de la cochenille ; peut-être un peu plus solide. Les Anglais retirent cette matière de la gomme laque brute avant de transformer celle-ci en gomme laque purifiée (écailles jaunâtres, plus on moins foncées). C'est ainsi qu'ils obtiennent le lack-dye pour la teinture, produit tombé en désuétude.

Nous appelons peintures laquées des peintures plus soignées et plus dures que les peintures ordinaires, faites avec des vernis spéciaux contenant de la gomme laque, au moins pour les dernières couches.

Les laques employées comme couleurs sont des matières blanches teintes par une matière colorante.

On profite généralement de ce que l'alumine précipitée (ou gélatineuse) possède la propriété d'absorber les matières colorantes; et pour que la combinaison se fasse dans les meilleures conditions, on précipite l'alumine en présence de la matière colorante. Exemple : on fait une décoction bouillante de cochenille, à laquelle on ajoute une certaine quantité à'alun épuré, ou mieux de sulfate d'alumine bien exempt de fer, qu'on trouve dans le commerce à bon marché. On filtre et on ajoute peu à peu une solution faible de carbonate de soude (cristaux de soude), en agitant constamment. On sépare la première partie du précipité, laquelle représente une laque qui n'est pas très belle. L'opération est ensuite continuée et donne une laque de très belle qualité.

11 faut savoir s'arrêter à temps, de façon à obtenir, non pas de l'alumine, mais un sulfate d'alumine tribasique, qui n'est pas gélatineux, et qui donne une laque d'un très bel aspect quand elle est sèche, tandis que la laque d'alumine est d'apparence cornée, difficile à broyer.

Pour s'assurer qu'on n'a pas mis trop de carbonate de soude, on détermine ce qu'il faut pour précipiter complètement l'alumine : ce qu'on reconnaît à la

liqueur, qui devient très légèrement alcaline, c'est à dire qui bleuit le papier de tournesol rougi. Puis on n'emploie que le tiers de la quantité de carbonate ainsi déterminée.

Les «tours de main » employés dans la fabrication des laques sont innombrables : on fait varier la température, la concentration des liqueurs; on fractionne les précipités, etc.

Pour les laques communes (laques au bois jaune, au bois rouge, etc.) on ajoute aux décoctions de bois du sulfate d'alumine, puis de la craie en poudre fine. On fait chauffer et on agite régulièrement le mélange. 11 se forme du sulfate d'alumine tribasique, insoluble, qui constitue la base de la laque. Le produit est alors mélangé de sulfate de chaux, de craie en excès, etc., qui sont aussi colorés et- «chargent» la laque en lui donnant de l'opacité.

On peut améliorer ces produits en ajoutant d'abord de la gélatine (colle forte) à la décoction de bois, de façon à séparer une grande partie du tanin que contiennent les bois et qui tend à ternir les laques.

Avec les matières colorantes artificielles, on fabrique actuellement des laques pour papiers peints très belles et à très bas prix, contenant les matières les plus diverses: fécule, sulfate de baryte, albumine, gélatine, etc. Quand il s'agit d'une fabrication un peu soignée, les laques doivent être « lavées à fond », avec de l'eau bien pure. Il faut que l'eau du lavage ne laisse plus par l'évaporation qu'un résidu insignifiant, pour que le lavage soit complet. Il ne suffit pas de jeter les laques sur un filtre et de les arroser avec de l'eau. Il faut que la masse égouttée soit bien délayée dans l'eau, puis filtrée, et ainsi de suite.

Les laques vendues sous le nom de laques de garance sont le plus souvent des laques d'alizarine et de purpurine artificielles : elles ont d'ailleurs la même solidité à la lumière que les laques fabriquées avec la garance.

Laque résine. — La laque résine se trouve dans le commerce : 1° en bâtons, quand elle est à l'état brut, telle que l'insecte l'a produite; elle est supportée, sur une épaisseur de 4 ào mm., par un axe ligneux ; elle est rougeâtre, transparente, à cassure brillante, avec des loges contenant des débris d'insectes et des œufs; elle se dissout dans l'alcool en lui communiquant une teinte rouge insoluble dans l'eau et les huiles ; 2' en grappes, quand elle est encore à l'état brut, mais sans bois de support ; ce sont des morceaux volumineux, demi-cylindriques; 3» en grains, quand elle est en morceaux plus petits ; 4" en plaques, écailles, ou tablettes, ou pains, quand elle a été fondue dans de l'eau bouillante légèrement alcalinisée.

La laque en écailles contient environ 91 % de résine, 4 de cire et 3 de gluten, avec 0,5 seulement de matière colorante ; la laque en grains, 88,5 de résine, 4,5 de cire et 2 de gluten, avec 2,5 de matière colorante ; la laque en bâtons, 68 de résine^ 6 de cire, 5,5 de gluten et 10 de matière colorant (Voy. Matières colorantes naturelles.)

Laque carminée. — Dans le Laos, on place sd les arbres, au mois de juin, les insectes qui pro duisent la laque carminée. La reproduction a lie dans de bonnes conditions. Ces dernières année (1895 à 1899), la récolte a atteint une moyenne ai nnelle de 3.000 à 4.000 piculs (de 60 kilog. environ)^ au prix de 12 à 14 piastres le pical.

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