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LICENCE

LICHENS

libres-échangistes anglais acceptent des droits compensateurs contre les produits qui bénéficient de primes dans leurs pays d'origine.

Torrens a défini le libre-échange : la division territoriale du travail. Chaque nation donne les produits qu'elle peut obtenir dans les meilleures conditions, en échange des produits que peuvent lui donner les autres nations. C'est la notion même de l'échange substituée à la vieille conception que « chacun doit se suffire à soi-même ». Une nation ne peut pas plus s'isoler qu'un individu.

La notion du libre-échange est si mal dégagée -que tous les jours on entend dire : «Oui, le libreéchange, mais avec la réciprocité. » Les hommes graves qui émettent cette formule savent cependant fort bien que lorsqu'i/s font un achat à un marchand, ce n'est pas pour S07i utilité, mais pour la leur. De même, quand un peuple achète à un uutre peuple, ce n'est pas pour l'utilité de celuici, mais pour la sienne. En voulant punir un pays par un tarif de douanes sur les produits dont vous avez besoin, c'est vous-même que vous frappez d'une amende.

Cairnes a observé qu'une nation qui n'a pas de douanes absorbe le monde en dépit des frontières, des différences de langage, d'institutions politiques, de mœurs, de monnaies, de poids et de mesures : et l'Angleterre le prouve.

Lapoiitique du libre-échange est une augmentation de population ; elle donne à la nation qui la pratique, et pour ses approvisionnements et pour ses débouchés, le marché du monde.

Le marché intérieur d'une nation comme la France ■est de 38.500.000 habitants, celui du monde est de 1.500.000.000 d'êtres humains. Lequel présente le plus de ressources?

La politique du libre-échange est la politique des hauts salaires. Quand l'industriel est obligé de payer des droits de douanes pour son outillage, pour ses matières premières, il ne peut lutter avec un industriel qui n'a pas les mêmes charges. 11 cherche la compensation dans la différence de salaires.

Le libre échange assure le maximum d'utilité à tous les progrès de l'industrie moderne, an point de vue des moyens de transports : l'Angleterre a obtenu sa grande avance économique sur les autres peuples, parce qu'elle a mis, en 1846, sa politique économique en rapport avec l'outillage moderne. Les protectionnistes essayent de réduire l'utilité de cet outillage au minimum, tout en aménageant des ports, en construisant des chemins de fer et même «n donnant des primes à la marine marchande.

Tout obstacle à l'échange en diminue le profit. (V. Balance du commerce. Importations. Protec- : tion.) Yves Guyot.

Bibliographie.— The theory of international Trade, by C. F. Bastable (1897). — Free Trade and protection, by Henry Fawcett (1878).— Free Trade versus fair Trade, by Lord Faner (1885). — Schœnhof : The Economy of high wages (1892). — G. de Molinari : Notions fondamentales d'Economie politique (1891). — Yves (inyot : l'Économie de l'effort.

LIBREVILLE. V. CoNGO FRANÇAIS.

LICENCE. Autorisation accordée par l'administration : soit pour importer ou exporter exceptionnellement certaines denrées et marchandises prohi- ,bées (voy. Douanes), soit pour trafiquer avec une

nation étrangère, quand la guerre a interrompu les relations commerciales avec elle, soit pour exercer certaines industries (entrepreneur de voitures publiques : 5 fr. par voiture à 4 roues, 2 fr. par voiture à 2 roues; fabricant de salpêtre : 20 fr. par an ; de cartes, de sucre indigène : 50 fr.; etc.), soit enfin pour vendre certains objets (principalement les boissons : de 6 fr. à 50 fr. selon la population de la commune).

LICHENS. Les lichens font partie des plantes inférieures classées à la base du règne végétal. Tout le monde connaît ces petites plantes chiffonnées, de formes plus ou moins lobées ou découpées et de consistance coriace, vivant sur l'écorce des arbres ou sur les rochers. Le lichen est un champignon dont le mycélium vit aux dépens d'une algue qu'il enveloppe et enferme dans ses mailles.

Certains lichens sont employés en teinture et en pharmacie.

Les lichens tinctoriaux, avec lesquels on fabrique l'orseille, comprennent les orseilles de mer ou des îles et les orseilles de terre. (Voy. Matières colorantes.)

On connaît dans le commerce, sons le nom d'orseille, une pâte molle, d'un rouge violet très foncé, qui sert depuis très longtemps à la teinture des laines. C'est en 1300 que le Florentin Federigo, ayant découvert par hasard, dans le Levant, les propriétés tinctoriales des lichens qui fournissent l'orseille, en introduisit l'usage à Florence.

Les orseilles des îles comprennent les lichens nommés Roccella tinctoria et Roccella fuciformis, dont voici les principales espèces:

1° Orseille des Canaries. — Cette espèce, la plus belle et la meilleure de toutes, est le Roccella tinctoria. Elle est composée de tiges arrondies, grosses, pleines, bien nourries, possédant une assez grande dureté, en forme de houppes. Celles qui sont de couleur brune doivent être préférées, mais les blanches sont aussi très bonnes. On doit rejeter celles qui sont aplaties, foliacées, ne contenant aucune substance intérieure. Les petits points blancs qui se trouvent sur les tiges sont un indice de bonne qualité. C'est l'orseille perlée. Cette espèce arrive en balles de différents poids.

2° Orseille du Cap- Vert. — Tiges rondes, bien nourries, fermes, de la grosseur d'une épingle et variant comme longueur entre 4 et 10 centimètres. Chaque tige est d'un côté plus ou moins fauve, de l'antre noirâtre, offrant à la cassure un intérieur tout à fait blanc. Les racines sont jaunâtres à l'intérieur. Arrive en balles de 60 à 100 kilog. marquées SI, S N, SA, S V, suivant les îles dans lesquelles le lichen a été récolté.

3° Orseille de Madère. — Lichen assez semblable an précédent, mais inférieur en qualité. Tiges maigres, plates et tout à fait blanches. ,\rrive en balles irrégulières on en petits tonneaux de 60 kilog.

4° Orseille de Sardaigne. — Lichen de 13 mm. de long environ, à tiges maigres, plates, d'un blanc verdàtre. 11 ne donne que peu de matière colorante. On en reçoit peu en

5° Orseille de Madagascar. — C'est le Roccella fuciformis, qui vit sur les arbres et les rochers. Il est en touffes de dimensions variables, d'environ 7 centimètres, composées de frondes membraneuses, lisses, coriaces, d'nn gris cendré ou blanchâtre. La base est tantôt en expansion plus ou moins large, avec des lobes palmés, découpés en lanières dichotomes, tantôt en lanières partant de la base et se ramifiant en divisions étroites; tous les rameaux se terminent en filaments déliés. Arrive en balles de différents poids. Prix : 3ijfr. les 100 kilog.

6° Orseille d'Angola. ((îuinée.) — Ce lichen ressemble an précédent, avec des dimensions plus petites. La couleur

LICHENS

- oi:

est gris venUtre. parfois brunAlre. Vient par la voie de Lisbonne en balles irrégulières.

7* VOrseille des mers du Sud (Pérou, Chili) ressemble à celle de Madagascar. - VOrseille de Californie, qui Tant 32 fr. les 100 kilog.. est très importée en France.

8* VOrseille de Mozambique, nouvelle espèce qui arrive au Havre et à .Marseille (sa marque commerciale est un O barré d'une sorte de lettre S horiiontale), est assez recherchée et vaut 33 fr. les 100 kilog.

9* VOrseille de ilude, commune à Pondichéry sur les troncs de manguiers (on l'attribue au Roccella ilontagiii), est presque aussi estimée que celle des Canaries.

lO* VOrseille de Zanzibar, qui est assez employée en France, ne coule que 25 fr. les iOO kilog.

Les orseilles de terre appartiennent aux genres Variolaria. I.ecanora et Lichen. Elles diffèrent beaucoup des orseilles de mer et sont moins riches en matière colorante. Ce sont des sortes de croûtes irrégnlières. grosses comme des lentilles. On connaît dans le commerce :

1* VOrseille des Pyrénées Variolaria dealbata \ qai se recueille sur les roches des Pyrénées, de la Catalogne, des Alpes et des Cévennes. .\rrive en balles de oO à «0 kilog.

r VOrseille d'Àurergne, qui se recueille sur les roches volcaniques de r.\uvergne. On l'appelle dans le pays : Varenne. Pucelle et Parelle maîtresse. On l'expédie «n balles de iOO kilog.

3* VOrseille de Suède Lecanora tartarea', qui se présente en croûtes d'un gris noir à l'estérieur et presque noires à l'intérieur. Arrive en balles de IOO à 130 kilog.

i* VOrseille de Norvège ; Lichen pustulatus . qui ressemble tout à fait à une très petite feuille morte, racornie, noire d'un côté et blanc gris de l'autre.

Des nombreuses recherches des chimistes il rësalte qne dans les différents lichens qui constituent les orseilles, il n'y a point de substance colorante tonte formée. Ces lichens contiennent nne série de substances non susceptibles de se colorer et des acides incolores variables dans chaque espèce : ce sont ces acides qui constituent la partie ntile des lichens. Ce sont eux qui, en s'altérant sons l'influence de la chaleur et des alcalis, se métamorphosent rapidement en un principe sucré, cristallisable, volatil, non azoté, nommé orcine, et c'est ce principe qui, en présence de l'air humide et de l'ammoniaque, donne une superbe matière colorante violette connue sons le nom i'orcéine.

L'orcéine est à peine solnble dans l'ean pnre, mais se dissout facilement dans l'eau alcaline en lui donnant une couleur rouge violacé ou pensée. Sa dissolution alcoolique est d'un beau rouge écarlate.

Voici l'action de quelques réactifs sur la solution aqueuse d'orseille :

Acides : couleur rouge. — .\lcalis : la rendent un pea pins violette. — Alun : précipité brun ronge, lîquenr jannâtre. — Sel d'étain : précipité jaunâtre, liqueur d'une faible couleur rouge. — .Vcide snifhydriqne : décoloration qai cesse par l'ébullition.

Pour préparer l'orseille, on pétrissait autrefois les lichens nettoyés et pulvérisés avec de l'urine pourrie et un peu de soude on de chaux éteinte. On laissait fermenter à l'air, en remuant fréquemment, en ajoutant de temps en temps les mêmes ingrédients, parfois un peu d'alun et d'acide arsénieux. Peu à peu la pâte devenait d'un rouge violet assez foncé ; au bout de 25 à 30 jours, elle était mise en tonneaux et livrée au commerce. Ce procédé ancien est presque partout abandonné.

Orsetlle épurée. — On emploie uniquement de l'ammoniaque faible pour développer la couleur violette. Le produit est ainsi moins impur, c'est l'orseille

; — LICHENS

épurée on orseille violette : tels sont le eudbear de» Anglais et le persio des Allemands.

Extrait d'Orseille. — On l'appelle aussi carmin d'orseille. Il est le résultat de l'évaporation des eanx qui ont servi à épuiser l'orseille en pûte de tous ses principes solubles. C'est nn produit de qualité bien inférieure.

Orseille pure ou imirerselle. — Le procédé Frézon débarrasse le lichen de tons les corps étrangers qui abondent dans la pâte. Pour cela, on broie les lichens dans un moulin en présence de l'ean, et on les soumet à une friction sur des cribles. On coagule les acides avec du bichlornre d'étain. On lave et on brasse la masse en présence de l'ammoniaque. Au bout d'un mois la conlenr violette est arrivée à son maximum.

Pourpre française. — Procédé Gninon, Marnas et Bonnet, de Lyon. Les lichens sont traités à froid par l'eau ammoniacale et le lait de chaux pour dissoudre les acides colorables. On enlève la partie solide des lichens et on exprime le liquide, que l'on traite par l'acide chlorhydriqne. Le précipité gélatineux est lavé et séché sur des toiles. On dissont ces acides gélatineux à l'aide de l'ébullition dans l'ammoniaque, et on maintient la température à «îO ou "O" pendant 20 à 2o jours. Le liquide prend alors une belle coloration violet pourpre. On verse dans ce liquide une solution de chlorure de calcium ammoniacale, et on obtient alors une laque calcaire violette que l'on lave. Cette laque desséchée est la pourpre française.

Nous pouvons encore citer pour mémoire les orcéines solides de Meissonnier et de Hélaine.

Dans le commerce, l'orseille épurée est vendue de 45 à 50 fr. les 100 kilog., et l'extrait d'orseille 100 et 120 fr.

Usa{]es. — Les couleurs fournies par l'orseille ûe sont pas très solides, aussi n'emploie-t-on ordinairement cette matière tinctoriale qu'en mélange avec d'antres substances colorantes. On s'en sert surtout pour la teinture des laines en violet, lilas, niauve, amarante, pourpre, ou pour donner de l'éclat à certaines couleurs.

L'orseille a la propriété d'aviver l'indigo et par conséquent de diminuer les frais de teinture en bleu. Elle sert aussi à obtenir les bleu lapis et bleu turc. Les marbriers s'en servent pour colorer le marbre blanc et y produire des veines et des taches bleues.

La pourpre française donne sur soie, sur laine et sur coton huilé, des teintes lilas, violette de Parme, mauves, remarquables par leur vivacité et leur stabilité. Elle se combine bien plus facilement que l'orseille ordinaire aux fibres animales par l'emploi d'un bain alcalin: elle leur donne des nuances mauves qu'on peut virer au lilas ou à la couleur pensée au moyen du carmin d'indigo ou au rouge groseille par le safranum; elle n'est pas influencée par les acides; enfin elle teint aussi facilement que la laine le coton qui a été passé dans des bains huileux, comme ponr le rouge d'Andrinople.

Les lichens employés en pharmacie sont les suivants :

Le Lichen d'Islande (Cetraria islandica),qm croit sur les roches des régions septentrionales. Il n'a pas d'odenr prononcée. Mis dans l'eau, il étend ses lobes, devient membraneux, cède au liquide nn principe amer et une partie de son mucilage. Les principes importants qui donnent au lichen d'Islande ses propriétés sont : la lichénine, qui est

LIEGE

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l'élément principal de la gelée du lichen ; la matière amère, qui est l'acide cétrarique, et un acide gras à saveur très âere, l'acide lichenstéarique.

Le Lichen pulmonaire (Lichen pulmonarius), employé aux mêmes usages que le lichen d'Islande, présente à sa surface un réseau à concavités irrégulières. La face supérieure est de couleur fauve, la face inférieure est de couleur plus foncée et parsemée de bosselures glabres, de couleur blanche.

Le Lichen des murailles (Lichen parietinus) se trouve sur les arbres et les vieux murs, en plaques de lij centimètres de diamètre, d'un jaune d'or ou rougeâtre à la face supérieure, blanchâtre à la face inférieure. La saveur est amère et mucllagineuse.

Douanes. — Quand les orseilles arrivent en France directement des pays de production, elles sont exemptes de droits de douanes. Quand elles entrent en France par l'entremise d'entrepôts étrangers, elles sont soumises à un droit de 3 fr.60 les 100 kllog. L. Le Roux.

Commerce.— Les tableaux du commerce distinguent les lichens médicinaux des lichens tinctoriaux. Voici les moyennes décennales qu'ils nous fournissent au C. S. depuis 1867; nous donnerons ensuite les chiffres de l'année 1898 :

IMPORTATIONS

Quantités

Quantités

Quantités

Kilog.

PORTATION.

Kilog.

Kilog.

Tinctoriaux

ES Médicinaux'

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