LIVRE
qu'il croit lai appartenir devant le tribnnal local, qui est compétent comme tribunal da lien de payement. /'^muz/es du Commerce Extérieur.]
LIVRAISON. La livraison est, en termes de commerce, la remise ou délivrance que le débiteur d'une marchandise, d'une chose quelconque, en fait au créancier. .\près une vente, si le lieu de la livraison n'a pas été indiqué par la convention, la livraison doit se faire, s'il s'agit d'un corps certain, au lieu même où se trouvait la chose au moment du contrat; elle a lieu, s'il s'agit de choses indéterminées, dans la demeure du débiteur, si l'interprétation de la convention, l'usage local ou les circonstances laissent subsister l'incertitude. Quant au temps, la livraison est due au terme convenu, et, si aucun terme n'a été fixé, aussitôt que le prix a été payé. (V. Bourse de Commerce.)
En terme de bourse, la livraison est la remise, par le possesseur de valeurs mobilières et d'effets publics, des titres qu'il a vendus et dont le payement est fait à son profit par l'acheteur qui en opère la levée. Cette opération s'effectue par les soins des agents intermédiaires et sous leur responsabilité; elle doit avoir lieu dans un délai de 5 jours au plus, au-delà duquel la partie lésée a le droit soit de tenir ponr nulle la négociation, soit d'en exiger l'entier accomplissement par vente ou achat pour le compte et aux risques, périls et frais du retardataire. (V. Bourse des valeurs mobilières.)
LIVRE. Unité de poids devenue unité monétaire. Le système libral de la République romaine avait pour base une livre de 327 grammes, divisée en 12 onces. L'œs signatiim consistait en lingots de bronze marqués, dont la série comprenait, avec la livre elle-même, ses multiples et ses sous-multiples. Cette monnaie de bronze, véritable étalon monétaire de l'époque, était donnée et reçue pour sa valeur intrinsèque et pondérale. L'argent, alors simple marchandise, valait 250 fois le bronze.
Plus tard, c'est la livre d'argent qui est devenue le régulateur monétaire d'une partie de l'Europe. Divisée en 20 sols, de 12 deniers chacun, la livre est restée la monnaie de compte de la France jusqu'à la Révolution ; elle sert encore d'unité à l'Angleterre (pound) et à l'Italie {lira). Seulement les interventions abusives des gouvernements, dans les siècles passés, ont eu pour effet que la livre, en Angleterre et surtout sur le continent, s'est trouvée représentée par des poids de métal fin de plus en plus réduits.
En Angleterre, la livre-poids, pour les matières précieuses, fut d'abord de ^0 grammes (livre de Saxe) et ensuite de 373 gr. 1/4 (livre de Troye ou livre troy). A ce compte, avec le titre de 925 millièmes qui est traditionnel chez nos voisins d'outre- Manche, une livre d'argent contiendrait autant de fin que 15 de nos écus de 5 fr. La livre anglaise avait donc commencé par valoir 75 fr. environ pour arriver à ne plus valoir que 25 fr. Et voici quelles ont été les principales étapes de cette marche descendante. La valeur actuelle de la livre sterling étant figurée par 1, la livre valait : 3 avant 1299; 2,871 en 1299, sous Edouard I"; 2,622 en 1344, sous Edouard III ; 2,583 en 1346; 2,325 en 1353; 1,937 en 1412, sous Henri IV ; 1,55 en 1464, sous Edouard IV ; 1,378 en 1527, sousHenri VIII: 1,163 en 1543; 1,033 en 1560, sous Elisabeth, et 1 à partir de 1601. Si les prix, pendant ces règnes successifs, sont à
peu près restés an même nivean, c'est que les payements se faisaient moins en comptant l'argent qu'en le pesant (voir Th. Rogers, Economie Interprétation of Uistory, ch. ix). A vrai dire, il y avait eu aussi, sons Henri VIII et Edouard VI, avilissement frauduleux dn titre des monnaies. Le titre légal pour l'argent étant de 11,1/12 (on 925 millièmes), les émissions de 1543 furent faites à 10/12, celles de 1545 à 6/12, celles de 1546 à 4/12, celles de 1549, après la mort de Henri VIII, à 6/12, et celles de 1551 à 3/12, — le croirait-on, — avec trois quarts d'alliage!
Le crédit national ne pouvait résister à de tels agissements, et Gresham n'eut pas de peine à formuler, au cours même de la crise, la loi économique qui porte encore son nom.
C'est à la reine Elisabeth qu'échut l'honneur de rendre à la monnaie anglaise d'argent son titre normal, lequel n'a plus été altéré. Son poids non pins. La livre sterling a été maintenue telle quelle depnis 300 ans, et lorsqu'en 1816 l'Angleterre se mit an régime de l'étalon unique d'or, la pound n'a trouve dans cette réforme que la confirmation de sa valeur antérieure. La force libératoire de l'argent monnayé fut réduite à 40 livres st. d'abord, puis à 40 sh. seulement. Auparavant, non seulement ponr l'argent, mais pour le cuivre même, il n'existait pas de limite.
L'histoire de la livre française est moins édifiante encore que celle de la livre anglaise. Les légistes enseignaient à nos rois qu'ils avaient plein pouvoir en matière monétaire, et il fallait la hante loyauté d'un saint Louis pour résister à de si commodes maximes. Les Philippe le Bel, les Philippe de Valois, les Jean, les Charles VII, d'autres encore, changèrent le poids, le titre ou le cours des monnaies toutes les fois qu'ils y trouvèrent profit, et c'est ainsi que la livre tournois, devenue en 1667 monnaie de compte réglementaire du Royaume\ en arriva, avant la Révolution, à ne plus valoir que la 80« partie environ de ce que valait la vraie livre d'argent au temps de Charlemagne. De 1258 à 1793, M. Natalis de Wailly n'a pas eu à enregistrer moins de 369 variations, dont 9 en 1355, 16 en 1359, 26 en 1720! Et parfois la même année voyait les cours aller dn simple an donble (en 1359 et en 1720, par exemple).
Il est vrai de dire qu'à ces époques d'anarchie monétaire, les caprices du pouvoir central ne réglaient guère que les opérations où le Trésor royal avait lui-même à intervenir; et les conditions nouvelles qu'il imposait tout à coup à ses débiteurs ou à ses créanciers n'exerçaient sur le reste du marché qu'une influence très relative.
Lorsqu'au contraire le régime des monnaies restait invariable pendant 5 ans, 10 ans, 20 ans, le pays tout entier devait peu à peu s'y conformer, et c'est seulement pour ces périodes exceptionnelles que les calculs théoriques, basés sur les stipulations des ordonnances royales, représentent assez fidèlement l'état réel des choses*. On peut, dans cet esprit, réduire à quelques lignes les tables devenues classiques de M. de Wailly, et tel est l'objet du tableau ci-après. Les parités y sont obtenues en combinant, à chaque date, le cours légal de l'or avec celui de l'argent.
1. On distingoAit de 1« livre tournoie la livre parisis, sapérieure d'un quart.
2 Voirie Bulletin de statistique duMinistère des finances, de janvier 1888.
LIVRES DE COMMERCE
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Valeurs en francs de la livre tournois aux époques où elle a le moins varié
Périodes
Valeur
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Valeur
delaliTre
de la livre
de la livre
En ne tenant compte que des monnaies d'argent, on aurait des chiffres un peu inférieurs : environ 18 fr. sous saint Louis, un peu moins de 5 fr. sous Charles VIII, 2 fr. 50 à peine sous Henri IV. . .
A. de F.
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Sommaire : I. Du Brouillard et de sa division en Livres, •lournaux originaires ou analytiques. — II. Coup d'oeil d'ensemble sur les Livres de comptabilité. — III. Les Livres de la comptabilité originaire, ou analytique. — IV. Les Livres de la comptabilité générale, ou synthétique : le Journal, le Grand-Livre, la Balance.
I. Du Brouillard unique et de sa division en Livres- Journaux originaires ou analytiques. — Les quatre principaux Livres de commerce sont, au point de vue comptable: le Journal, le Grand-Livre, la Balance des Comptes (V. Bal.\nce), le Livre des Inventaires (V. Inventaire), auxquels, dans la pratique, s'ajoutent d'autres livres qui répondent soit à des besoins de méthode comptable, ou d'ordre intérieur, ou de division du travail, ainsi d'ailleurs que certains documents indispensables à la comptabilité, comme les lettres reçues, les copies de lettres répondues, les contrats passés avec des tiers, etc.
La loi sur les Livres de commerce ne prescrit que le Journal et le Livre des Inventaires, ce qui est absolument insuffisant; mais il faut dire que cette loi date de 1807, c'est-à-dire d'une époque où les affaires n'avaient pris ni la complexité ni l'importance qu'elles ont aujourd'hui. (Voir les art. 8 à 13 du C. Com., ainsi que les sanctions pénales indiquées au livre III, titre IV, du même Code.)
Dès l'origine du Commerce moderne, l'usage s'est introduit d'établir le Journal d'abord sous forme de brouillon d'écritures, simples notes ajoutées les unes aux autres, sans autre ordre que celui de la succession des opérations du commerçant. Ce livre préparatoire, appelé Brouillard ou Main-courante, est ensuite transcrit au net sur le Journal, tenu à partie simple ou à parties doubles. L'emploi du Brouillard a longtemps prévalu.
La nécessité de diviser le travail en plusieurs mains, ainsi que le besoin, devenu plus impérieux, d'obtenir l'ordre comptable, font aujourd'hui rejeter ce livre de la pratique. De même qu'on a rejeté naguère le compte unique du commerçant pour le remplacer par un ensemble de comptes, de même on substitue au Brouillard unique, dans lequel toutes les opérations sont confondues pêle-mêle et sans aucun ordre, un ensemble de Livres-journaux permettant, chacun, d'analyser le mouvement d'une valeur : d'où leur nom de Livres-Journaux analytiques.
II. Coup d'œil d'ensemble sur les Livres de comptabilité. — Les Journaux d'entrée et desortie des valeurs forment ce qu'on appelle la Comptabilité originaire analytique, qu'on nomme aussi, mais improprement. Comptabilité auxiliaire.
Le Journal général, le Grand-Livre général, la Balance et le Livre des Inventaires, forment ce qu'on appelle la Comptabilité générale ou synthétique, appelée aussi Comptabilité de centralisation et de contrôle.
Pour bien fixer les idées sur ce point, qui prête d'ordinaire à des malentendus et à des confusions, nous croyons utile de résumer en quelques mots les trois différentes manières d'organiser les Livres de comptabilité:
Par la première manière on tient le Brouillard unique dont il vient d'être question et sur lequel on note, au courant de la plume, les opérations à mesure qu'elles ont lieu. Chacune de ces opérations est ensuite inscrite sur le Journal général. Cette pratique primitive et défectueuse ne peut être appliquée que dans les petits commerces, où un seul employé suffit à tenir le Brouillard et le Journal et à reporter les articles du Journal aux comptes du Grand-Livre. Mais dès que plusieurs employés, comme dans les maisons de quelque importance, sont nécessaires pour inscrire les opérations, on renonce nécessairement au Brouillard unique.
Par la seconde manière on divise le Brouillard en autant de Livres d'entrée et de sortie de valeurs qu'il est nécessaire. Ces livres sont additionnés. On dresse alors le Journal général d'après ces livres d'origine, et l'on reporte aux comptes du Grand-Livre d'après ce Journal rédigé in extenso. Les additions du Journal général doivent égaler la somme des additions des divers livres originaires, et l'on obtient ainsi la concordance de la Comptabilité originaire et de la Comptabilité générale.
Par la troisième manière, qui se plie mieux encore aux exigences de la division du travail comptable, on reporte les opérations des Journaux d'origine aux comptes du Grand-Livre tout de suite et directement, c'est-à-dire sans attendre que le Journal général soit fait. Alors, au lieu de rédiger le Journal général in extenso, on le rédige beaucoup plus sommairement.
Cette dernière manière oblige à diviser le Grand- Livre en plusieurs registres. On a, par exemple: 1» un Grand-Livre général faisant partie de la Comptabilité générale; 2" un ou plusieurs Grands-Livres originaires, faisant partie de la Comptabilité originaire, sur lesquels on développe les comptes d'après les Journaux d'origine directement.
III. Les Livres de la comptabilité originaire ou analytiqihe : Journal d'entrée et de sortie de caisse. — Le Journal originaire de caisse est le livre sur lequel on inscrit, chaque jour, les entrées et les sorties de numéraire effectuées par le Comptable d'origine ou par la personne qui le supplée dans la tenue de sa caisse. Les totaux de ce Livre-Journal forment la statistique de l'entrée et de la sortie du numéraire; son solde indique l'existant en caisse.
Journal d'entrée et de sortie des Effets à recevoir ou Effets actifs. — Le Journal originaire d'Effets à recevoir est le livre sur lequel on inscrit, chaque jour, les entrées et les sorties d'Effets actifs opérées par le Comptable d'origine ou la personne qui le supplée dans la tenue de son portefeuille. Les totaux de ce Livre- Journal forment la statistique de l'entrée et de la sortie des Effets à recevoir; son solde indique l'existant en portefeuille.
Journal des effets à payer, ou effets passifs. — Le Journal originaire des Effets à payer est le livre
LIVRES DE COMMERCE
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snr leqael on inscrit, chaque jour, les sorties et les rentrées d'Effets passifs opérées par leCompable d'origine; les totaux de ce Livre-Journal forment la statistique du mouvement des Effets à payer; son solde indique les Effets à payer qui sont en circulation.
On doit journaliser la rentrée des Effets à payer, de même qu'on doit journaliser la sortie des Effets à recevoir, en se servant d'un Livre originaire spécial. Un seul registre, il est vrai, peut suffire dans la plupart des entreprises pour les BIffets à recevoir, mais à la condition de le scinder en entrée et en sortie.
Journal d'entrée de magasin. — Le Journal originaire d'Entrée de magasin est un livre snr lequel on inscrit, dans l'ordre de succession des faits, tontes les factures d'acliat de marchandises dont le prix de revient complet est indiqué sur la facture, et d'après lequel on peut créditer de suite, par report direct au Grand-Livre originaire, les Comptes des Vendeurs en même temps qn'on débite les Comptes des Marchandises achetées.
Il faut observer: 1° que, lorsqu'un Magasin est vide, le Livre qui représente ce Magasin dans la Comptabilité originaire et le Compte qui le représente dans la Comptabilité générale doivent être soldés ; 2" que, lorsque ce Magasin contient des marchandises, le Livre et le Compte de Magasin doivent indiquer chacun, par son solde débiteur, la quantité et la valeur de ces marchandises au prix de revient.
On inscrit les achats des marchandises en route ou des marchandises dont le pris de revient définitif n'est pas connu entièrement au moment de la réception, soit sur un Livre-journal spécial d'.\chats à régulariser, soit tout simplement au Livre des transactions diverses, quand ce genre d'achats n'a pas lieu fréquemment.
Journal des ventes ou des débits. — Le Journal originaire des ventes est un livre sur lequel on inscrit, dans l'ordre de succession des faits, toutes les factures de ventes, et d'après lequel on peut débiter de suite, par report direct au Grand-Livre originaire, les comptes des acheteurs, en même temps que l'on crédite les comptes des Marchandises vendues. La journalisation digraphique des Ventes est faite ensuite, — quotidiennement ou périodiquement, — au Journal général, où l'on crédite le compte collectif Ventes et sous-comptes', par le débit du compte collectif Acheteurs et sous-comptes.
Le Livre-Journal originaire des ventes correspond donc au crédit du compte Ventes du Grand- Livre général, comme les Livres-Journaux originaires d'Entrée de magasin et d'Achats à régulariser correspondent au débit du compte Magasin et au débit du compte .\chats.
Journal des transactions diverses. — Le Journal analytique des transactions diverses est le livre originaire sur lequel on inscrit : i' les achats et les ventes à terme de valeurs pour lesquelles on ne tient pas de livre originaire spécial, telles, ordinairement, que les Immeubles, le Matériel, le Mobilier, les Frais de premier établissement, les Brevets; 2" tous les mouvements de valeurs qui ont lien par écritures':
1. Il faut entendre par sous-comptes les comptes analytiques qui composent, ani Grands-Lâvres originaires, chaque compte collectif.
2. Virements de comptes, redressements, corrections de soldes de comptes de personnes ou de choses, règlements journaliers ou mensuels de la sortie de magasin au débit des comptes, ventes, règlements des comptes et d'intérêts, des spéculations, des participations, enfin règlement de l'Inventaire en fin d'exercice.
enfin tontes les écritures qni ne trouvent pas leur place dans les antres Livres-Jonrnanx analytiques et qni doivent cependant figurer dans la Comptabilitéoriginaire, pour qn'il y ait parité et contrôle entre elle et la Comptabilité générale on synthétique.
La pratique ne tarde pas à montrer les services^ qu'on tire de cet organe, qni complète la série des- Livres-Journaux originaires, et à défaut duquel l'ordre et les renseignements manquent à tant d'entreprises.
IV. Les Livres de la Comptabilité générale, ou synthétique : Journal général, on synthétique; sa fonction. — Le Jonrnal général, ou synthétique, est l'organe de mise an net, snr le mode double ou digraphique et par dates des mouvements, de l'universalité des débits et des crédits portés aux Livres- Journaux originaires.
La fonction du Jonrnal général est de reproduire^ les écritures simples des Journaux originaires au moyen de formules conformes à l'axiome fondamental des parties doubles : a Le compte qui reçoit est débité par le crédit du compte qui livre. »
Les inscriptions par dates au débit et au crédit des comptes, étant faites au Journal général, sont ensuite reportées au Grand-Livre à chacun des comptes dénommés sur ce Journal. C'est du moins ainsi que les choses se passent dans les petites comptabilités.
Quand les opérations deviennent nombreuses, non seulement la nécessité s'impose de diviser le travail comptable en plusieurs mains, mais il y a urgence que le commerçant soit rapidement renseignésur la situation des comptes de ses clients et fournisseurs.
La Comptabilité d'origine prend alors plus d'importance par l'adjonction aux Livres-Journaux originaires de Grands-Livres originaires sur lesquels on ouvre les comptes de la clientèle, comptes oui l'on reporte immédiatement les opérations, sans attendre que la mise an net dn Journal général soit faite, au risque, il est vrai, de quelques erreurs d'inscription que cette mise an net a précisément mission de relever et de redresser.
Nécessité d'additionner les Livres-Journaux originaires et le Journal général. — Il est indispensable d'additionner les Livres-Journaux originaires et le Journal général : car c'est le moyen de reconnaître qu'aucune erreur ou omission n'a été faite dans la rédaction des Journaux originaires et dans leur transcription digraphique au Journal général.
Grand-Livre général, ou synthétique. — Le Grand- Livre général, ou synthétique, est l'organe classificateur par comptes des mouvements de valeurs, tant intérieurs qu'extérieurs, inscrits par dates dans les Livres-Journaux originaires et formulés ensuite,, par dates également, dans le Journal général ou synthétique.
On obtient, par les écritures ainsi organisées et contrôlées, la preuve qu'il y a accord entre les livresde la Comptabilité originaire et les livres de la Comptabilité générale ou synthétique.
De la Balance. — La Balance des écritures est une opération de vérification et synthèse qui a pour but d'établir: i* qu'il y a accord entre la somme des débits et des crédits inscrits par dates au Journal et la somme des débits et des crédits inscrits par comptes au Grand-Livre ; 2* d'exprimer par les soldes de chacun de ces comptes leur situation débitrice on
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créditrice; 3° de ne pas laisser subsister d'erreurs dans les comptes. (Voy. Balance.)
Pour plus de détails et pour les modèles de disposition et de tenue des différents livres, nous renvoyons le lecteur à nos principaux ouvrages sur la "Science des Comptes et la Comptabilité générale. Eugène Léautey.
Droit Fiscal
Timbre. — La loi organique du 13 brumaire, an VII, avait assujetti les livres de commerce au timbre de dimension. Réduit en 1816 et en 1824, ce droit a été définitivement supprimé par la loi du 20 juillet 1837.
Cette exemption profite à tous les livres de commerce, obligatoires ou facultatifs, et à ceux qui y tivaieut été assimilés comme tenus par des négociants et industriels en vertu des lois et règlements relatifs à leur profession, notamment ceux tenus par les aubergistes, logeurs et maîtres d'hôtel garni, les entrepreneurs de transports, les horlogers, orfèvres et marchands de matières d'or et d'argent, les armuriers, les débitants de poudre, les pharmaciens et droguistes, etc.
Elle s'étend également : au registre des délibé- Tations tenu au siège des sociétés, ainsi qu'au registre des transferts prévu par l'article 36 du Code de commerce; — au registre des gardes-ports; — au registre des tissages tenu en exécution de la loi du 7 mars 18bO.
Extraits. — Les extraits des livres de commerce, délivrés pour être produits en justice, doivent être écrits sur papier timbré.
Enregistrement. — Les livres de commerce ne constituent pas des actes. Ils ne tombent pas, par suite, sous le coup de la loi fiscale, qui n'assujettit à l'enregistrement, en cas d'usage par acte public ou en justice, que les actes sous seings privés.
Mais si des actes véritables, — obligations, cautionnements, quittances, etc., — revêtus de toutes les formes légales, étaient inscrits sur un livre de commerce, ils deviendraient passibles d'enregistrement en cas d'usage.
HViiET D'OUVRIER. Une loi du 2 juillet 1890 a abrogé la loi du 22 juia 1854 qui imposait aux ouvriers l'obligation de se munir d'un livret. Aujourd'hui, le contrat de louage d'ouvrage (voy. ce mot) entre les chefs ou directeurs des établissements industriels et leurs ouvriers est soumis aux règles du droit commun et peut être constaté dans les formes qu'il convient aux parties d'adopter.
LIVREUR. V. Bourse de Commerce.
LLAMBERIS. Ardoisières. (V. Ardoise.)
LLOYD. Nom adopté par un certain nombre d'entreprises maritimes, Compagnies d'assurances, réunions d'assureurs, Sociétés de navigation et autres institutions se rattachant toutes au commerce maritime.
L'origine de cette appellation est assez curieuse.
Vers 1690, au moment de la débâcle qui ruina en •Italie le commerce et les assurances, un certain nombre d'assureurs italiens, plus sages que la généralité, s'expatrièrent volontairement et vinrent •s'établir à Londres, dans une rue qui portait alors le nom de rue des Drapiers. Ces assureurs, généralement lombards, apportaient en Angleterre leur •science acquise et des travaux de statistique dont on n'avait pas encore eu l'idée dans ce pays. Il ne faut pas oublier que l'Italie fut le berceau de l'as-
surance maritime, que dès le commencement du XIV* siècle elle y était pratiquée, qu'elle avait favorisé l'essor du commerce italien, qui fut pendant plusieurs siècles le plus important de tous, et longtemps presque le seul.
Ces assureurs lombards firent sensation, à tel point que la rue qu'ils habitaient changea de nom et fut appelée Lombard-street, nom qu'elle conserve encore aujourd'hui. Or, les assureurs venus d'Itafie se réunissaient tous les jours, pour recevoir les affaires, dans un café tenu par un Levantin nommé Lloyd. On ne tarda pas, dès lors, à dire qu'on allait à Lloyd's, qu'il fallait faire assurer telle chose ou tel navire à Lloyd's. Les affaires traitées dans ce café étaient importantes ; elles allaient s'accroissant chaque jour, et il fut bientôt connu de tout le monde maritime. Telle est l'origine de l'institution d'assurances dont nous allons parler.
Assurances. — Le Lloyd britannique, appelé Lloyd, tout simplement, est aujourd'hui une réunion d'assureurs établie à la Bourse de Londres, qui n'admet que des participants d'une solvabilité notoire, lesquels versent un droit d'entrée de 25 livres, plus une cotisation annuelle de 4 livres. Il n'y a aucune solidarité entre les membres de cette réunion, et cependant il y a peu d'exemples d'insolvabilité depuis plus de 200 ans qu'elle fonctionne. Aussi, la confiance que ces assureurs Inspirent est-elle égale à celle qu'on pourrait accorder aux meilleures Compagnies. Leur nombre varie souvent ; il est actuellement d'environ 500. Les affaires d'assurance qui se traitent à Lloyd's représentent au moins le tiers de la totalité des affaires anglaises; les Compagnies qui se sont créées se partagent les deux autres tiers.
A l'instar du Lloyd britannique, il s'est formé de nombreuses entreprises d'assurances maritimes qui ont pris son nom. 11 y a : le Lloyd suisse {Schweizer Lloyd) à Wintherthur (Suisse); le Lloyd andalous {Lloyd andaluz) à Lisbonne; le Lloyd rhénan {Reinischer und Westphalischer Lloyd) à Mûnchen- Gladbach (Allemagne); le Lloyd français (aujourd'hui en liquidation) à Paris; le Lloyd belge, à Anvers (Belgique); le Lloyd sicilien (Lloyd sicilianoj à Palerme (Italie); le Lloyd américain {U. S. Lloyd's) à New-York, et beaucoup d'autres moins importants.
Publications. — La Lloyd's List, paraissant à Londres tous les jours (sauf le dimanche), est le vadeinecum des assureurs et des grands négociants. Ce journal, qui n'a aucune rédaction, se borne à donner les arrivées et départs de navires de tous les ports de commerce, qu'il reçoit par càblogramme avec une rapidité prodigieuse; on y trouve aussi les rencontres en mer, les relâches et les sinistres. Les journaux maritimes, non seulement de Franco, mais de toute l'Europe, tirent de la Lloyd's List la plus grande partie de leurs nouvelles de mer.
Le Lloyd's Book, registre de classification des navires, indique le degré de confiance qu'ils peuvent inspirer :
La cote A-1, exprime que le navire est bon, et ses accessoires, son gréement, ses machines aussi. — La cote A-2, indiquerait un bon navire et un armement médiocre. — La cote Ai-l s'applique à un navire déjà âgé, mais bien entretenu. — La cote JE-2 indique un navire médiocre et un armement insuffisant. — La cote E indique un navire qui ne mérite plus conflance.
Le Lloyd's Book paraît en volume tous les ans, au mois de juin, mais il publie mensuellement des suppléments additifs ou rectificatifs qui tiennent l'abonné
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