MACHINES A ECRIRE
MACHINES A VAPEUR
1 étroit, tandis qu'an contraire \'i est fort au large; aussi le texte ainsi typographie est-il d'un aspect moins satisfaisant que la typographie ordinaire, qui admet différentes largeurs de lettres. Néanmoins, on obtient avec la machine à écrire des textes très lisibles, et un exécutant expérimenté peut écrire deux fois plus vite qu'à la main'.
L'usage des machines à écrire s'est très rapidement généralisé en Angleterre et aux États-Unis'. I II Europe et en France notamment, on a flni par iiivre l'exemple. En dehors de l'avantage qui résulte de l'économie de temps, la machine à écrire permet la reproduction simultanée d'un original pouvant se décalquer à la presse et de plusieurs copies, ou la production d'un cliché pouvant servir au tirage d'un grand nombre d'exemplaires à l'aide du procédé usité lorsqu'on se sert du miméographe.
Les machines à écrire sont originaires d'Amérique. Huit systèmes de ces machines figuraient à l'Exposition de 1889 dans la section américaine ; quatre étaient des appareils complexes très perfectionnés, susceptibles d'un fonctionnement incessant, sans réparations trop fréquentes; quatre autres, moins coûteuses, pouvaient cependant rendre des services, particulièrement pour la correspondance privée ou la copie de manuscrits. Depuis 1889, leur nombre s'est multiplié, avec des différences de détail plus ou moins heureuses.
Dans tous ces appareils, le papier est enroulé sur un cylindre en caoutchouc porté par un chariot solidairedumécanismeimprimeuretavançantà chaque lettre d'une quantité déterminée et uniforme. Quand le chariot est arrivé à l'extrémité de sa course, l'opérateur, prévenu par un timbre, le ramène en sens opposé; il fait, à l'aide d'un bouton, tourner le rouleau d'une quantité correspondante à l'interligne, et il écrit à nouveau.
L'impression des lettres sur le papier est produite au moyen de caractères fixés soit à l'extrémité de barres à articulation mobile, sons l'action du mécanisme actionné par la main de l'opérateur, soit à la circonférence de roues ou de secteurs. Au point de vue de l'usure, le premier système est préférable, puisque, à chaque lettre, correspond une barre et on renvoi de mouvement spécial qui se meut seulement quand on imprime cette lettre, tandis qu'avec l'autre système l'ensemble du mécanisme, on tout an moins une partie de ce mécanisme, doit fonctionner pour l'impression de chaque caractère.
Les machines à écrire qui rentrent dans la première catégorie, c'est-à-dire qui peuvent être considérées comme des appareils robustes et susceptibles de faire un service très chargé, sont, dans l'ordre chronologique de leur apparition, les machines Remington, Calligraph, Hammond et Bar-Lock. La Remington est à 40 touches d'impression ; elle peut imprimer en capitales et en minuscules. La Calligraph est à clavier et comprend 72 touches et deux
1. M. Bessat, qui pratique la dactylographie, et qui est employé 4e la Société des Ingénieurs civils de France, a ingénieusement appliqué à la machine à écrire, pour en améliorer le fonctionnement typographique, le principe de la « règle à calcul », qui se compose, comme on sait, de deux réglettes. Sa règle dactylographique permet oobtenir sans recherche ni appUcation spéciales la symétrie et la précision dans U disposition des lignes et caractères imprimés a la machine à écrire ; elle donne sans erreur, et d'un coup de pouce, nn repérage exact, à une {racUon de millimètre près.
2. Les sutistiques des ÉUts-Unis estiment i 1.453.000 dollars Iciport. des machines à écrire et pièces détachées pour lannéa 1897, et à 1.902.000 pour 1898.
clefs d'espacement placées de chaque côté du clavier; les touches des capitales sont sur le côté, celles des minuscules an milieu; les chiffres arabes et les différents symboles ont des touches spéciales. La Bar-Lock, qui compte aussi 72 touches, a beaucoup de ressemblance avec les précédentes. La machine Hammond, avec 40 touches ressemblant à celles d'un piano, a un mécanisme assez compliqué ; elle permet d'écrire en plusieurs caractères avec un nombre limité de touches; il en résulte que l'apprentissage de la manipulation est plus long que pour les machines où chaque signe est représenté par une touche.
Dans le deuxième groupe de machines à écrire, celui des appareils qui, sans être aussi robustes que les précédents, peuvent néanmoins convenir pour un service de correspondance privée, il convient de citer les types Mercury, Hall, Boston, Colombia, etc.
En ce qui concerne les avantages pratiques et la rapidité de l'écriture, il nous parait intéressant de reproduire ici les résultats d'expériences faites par une grande administration : elles ont été publiées dans la Revue générale des Chemins de fer.
Une même phrase de 8 mots, donnée à reproduire pendant 5 minutes à deux agents habiles et rapides, écrivant l'un à la machine, l'autre à la plume, a été écrite 37 fois par le premier et 23 fois par le second, soit respectivement 296 et 204 mots écrits en 5 minutes. Une même copie donnée à ces deux opérateurs a été reproduite en 8 minutes 45 secondes par le premier, et en 11 minutes 30 secondes par le second. La vitesse du dactylographe a donc été respectivement les 145 centièmes et les 131 centièmes de la vitesse de l'écrivain se servant de la plume. Il s'ensuit que l'emploi de la machine à écrire est économique, alors même qu'il s'agit d'un seul exemplaire. Un agent ordinaire, au bout de 2 ou 3 jours, connaît le mécanisme de la machine à écrire, et an bout de 2 mois environ il a acquis une dextérité moyenne : il peut, en une journée de 7 heures^ écrire 90 pages contenant 15 lignes de 45 lettres chacune, soit 65.750 lettres frappées dans la journée.
G. DCMONT.
MACHINES A VAPEUR. Selon le point de vue auquel on se place, les machines à vapeur actuelles, à hantes pressions, sont : 1° fixes, oscillantes ou mobiles; 2* horizontales, verticales ou inclinées: 3' monocylindriques ou à plusieurs cylindres, componnd ou non ; 4* à condensation on non ; 5° à détente fixe ou variable; 6" à mouvement alternatif on rotatif. Ce sont les services à rendre ou les conditions d'établissement qui font déterminer le type.
Nous avons parlé des locomotives dans un article spécial. Il n'est pas nécessaire d'insister sur les locomobiles, bien connues des agriculteurs et des entrepreneurs de travaux publics. Dans notre article autotnobiles, nous avons mentionné l'application de la vapeur à ces intéressants véhicules.
1. Les machines oscillantes ont sur les fixes l'avantage de simplifier le mécanisme, mais elles ne permettent pas les grandes vitesses adoptées de plus en plus aujourd'hui. — 2. Si l'on dispose de la place suffisante, on adopte la machine horizontale, qui charge moins les fondations que la verticale. Ce n'est que dans des cas très particuliers que l'on a recours aux machines inclinées. — 3. Les avantages des machines monocylindriques, dans les cas normaux, font encore l'objet de dlscassion. La mo-
MACHINES A VAPEUR
MACHINES A VAPEUR
nocylindriqiie est plus simple de construction. Les polycylindriques, les compound surtout, permettent de mieux utiliser la pression de la vapeur, et, par suite, sont plus économiques. — 4. Si l'on a de l'eau en abondance à sa disposition, on adopte la machine sans condensation, plus simple que celle à condensation, indispensable quand l'eau est rare. — o. La détente est fixe quand le travail à faire est régulier; elle est variable dans le cas contraire, qui est le plus fréquent. — 6. Le mouvement alternatif est le mouvement normal du piston d'une machine à vapeur, lequel est transformé en mouvement circulaire continu par l'intermédiaire de la bielle et de la manivelle. Mais, dans quelques cas, quand on a besoin de donner une très grande vitesse à l'arbre, ou quand l'économie de vapeur, de combustible par conséquent, ne s'impose pas, on peut avoir recours à la machine rotative, à la turbine à vapeur. Ces dernières machines ne sont pas très avantageuses, jusqu'ici, pour les grandes puissances, mais elles ont déjà leur emploi en électricité', et, en Angleterre, on en a déjà fait l'application à la marine de guerre. Les turbines à vapeur se perfectionnent de plus en plus; on peut prévoir une plus grande généralisation de leur emploi.
Le choix du type étant fait, il faut ensuite faire celui du .système, et là on se trouve souvent embarrassé, car les inventeurs nous en présentent un très grand nombre. Il faut écarter immédiatement ceux qui n'ont pas la sanction de l'expérience, de même que ceux offerts par des constructeurs de second ordre n'ayant jamais été primés dans les expositions sérieuses. On courrait trop de risques en agissant autrement. Certainement, la question du prix d'achat a son importance; mais, s'il s'agit de machines puissantes, il ne faut pas hésiter à s'adresser à des constructeurs de premier ordre, ayant pour spécialité le système choisi. L'économie de combustible, celles de l'entretien et des réparations compensent l'élévation du prix d'achat. Il y a même très souvent avantage à démolir une vieille machine pour la remplacer par une neuve, perfectionnée; le calcul est aisé à faire. Cela se pratique de plus en plus aujourd'hui, mais pas encore assez. Tout industriel qui dispose du capital nécessaire ne doit pas hésiter.
Les machines bien étudiées sont relativement simples, leur mécanisme est facilement accessible aux yeux et à la main du mécanicien, le graissage est aisé partout. Une machine bien construite doit être parfaitement stable, ses mouvements réguliers et silencieux.
Quand on commande une machine un peu importante, il faut en faire surveiller l'exécution par un ingénieur contrôleur. Si on l'achète toute faite, il faut la faire visiter avec soin. Après que la machine a été montée à pied d'œuvre, elle doit être essayée aux points de vue de la consommation de la vapeur, du bon fonctionnement des organes et de la puissance. Ces essais, spécifiés dans le cahier des charges rédigé au moment de la commande, doivent être faits par un homme compétent, 'spécial, et, s'il s'agit de machines puissantes, il faut plusieurs jours et plu-
1. Les grandes machines à vapeur de la galerie des machines (1900) servent pour la plupart à actionner les dynamos productrices de l'énergie électrique : l'usine Suffren, où sont les chaudières étrangères, et l'usine La Bourdonnais, où sont les chaudières françaises, leur fournissent la vapeur. (Voy. Machines électriques.)
sieurs personnes pour les faire. Ils doivent être contradictoires ^ Arthur Rubin,
Ingénieur des Arts et Manufactures.
Statistiquk. — Le total des machines à vapear employées en France, dans l'industrie, sur les chemins de fer et sur les I)ateaux, et le total de leur puissance en clievaux-vapeur a été :
Machines Cliev.-'vap.
Machines Cliev.-vap. 80.640 3.734.369 78.192 3.369.289 76.349 5.362.723 73.749 3.173.996
Les machines à vapeur employées dans l'industrie, en France, étaient en 1897 au nombre de 68.743, représentant 1.330.466 chevau,x, dont, par nature d'industries:
Machines Chev-vap.
Tissus et vêtements 7.409 293.639
Usines métallurgiques 8.300 239.736
Mines et carrières 5.666 184.859
Industries alimcnlairos 10.883 139.395
liâtiments, entreprises de travaux 8.333 189.220
Agriculture 19.084 113.639
Industries chimiques et tanneries 3.821 63.069
Papeteries, imprimeries, instruments. 3.912 38.091
Services puhlics de l'État 1.327 40.818
Le nombre des machines à vapeur en Algérie était ea 1897 de 1.344, avec 13.269 chevaux-vapeur.
Voici, par année, pour la période 1892 à 1896 inclus, le nombre total des chevaux-vapeur employés dans l'industrie en France et en Algérie, et la répartition de ces derniers par groupes industriels (non compris les appareils des chemins de fer et ceux des bateaux) :
Tissus et vêtements
Usines métallurgiques.
Mines et carrières
Industries alimentaires.
Bâtiments, entreprises
de travaux
Agriculture
Industries chimiques et
tanneries
Papeteries, imprimeries
et instruments
Services pub. de l'État.
Total chev.-vap
Nombre de machines.
Les départements qui ont le plus de machines à vapeur de la première catégorie (employées dans l'industriel étaient, en 1897 :
Nord
Seine
Pas-de-Calais.. .
Rhône
Seine-Inférieure
Oise
Loire
Aisne
Saône-et-Loire..
Mach.
C'hev.
bomme
Seine-et-Oise . .
Bouches-du-Rh.
Loire-Inférieure Seine-et-Marne.
Meurtheet-Mos.
Gironde
Ardennes
Isère
Mach. Chev.
Nous renvoyons à Locomotives pour les machines employées dans les chemins de fer et tramways à vapeur, ainsi que pour les machines fixes ou locomobiles.
Voici le nombre et la force de celles qui étaient employées sur les bateaux (non compris la marine militaire), en 1897:
1. Le rapport relatif à l'année 1898 sur les accidents produits par les machines à vapeur, mentionne 44 accidents et 55 causes, 11 ayant été rapportés à la coexistence de deux causes. 22 employés ont été tués et 33 grièvement blessés, c'est-à-dire rendus incapables de travail pendant plus de 20 jour.s. 16 de ces accidents sont dus aux conditions défectueuses d'établissement des appareils, 19 aux conditions défectueuses d'entretien, 18 au mauvais emploi et 2 à des causes qui ne peuvent être précisées.
MACHINES A VAPEUR
MACHINES A VAPEUR
Navigation maritime :
Machines Clicv.-vap.
Bateaux de transport et remorqaeors. 4.550 745.716
— de plaisance et de pêche 370
Statlonnaires et divers 437
Navigation fluviale :
Bateaax de transport et remorqueurs.
— de plaisance et de pêche
Statlonnaires et divers
De 1889 à 1896 cette expert, (valeur en milliers de liv. st.) :
de machines avait été
Années IS!»...
Parmi l
A vapeur 3.827 4.443 3.924 3.218
Aulrcs 11.447 11.968 1 1 .8Î)4 10.670
Années
A vapeur 3.274 3.065 2.78;{ 3.286
Autres 10.643 11.140 12.367 13.728
Nous n'avons pas encore, pour l'année 1898, de statistique aussi complète en ce qui concerne les machines à vapeur employées dans les étahlissements industriels (au nomLre de 55.063), sur les chemins de fer et tramways et dans la navigation maritime (non compris la marine militaire) et fluviale; voici du moins quelques chiffres d'ensemble, pour la France seule :
Les machines ù vapeur employées dans l'industrie étaient an nombre de 70.755, avec une puissance totale de 1 million 441.336 chev.-vap.
Les locomotives, au nombre de 11.672, représentaient 4.418.621 chev.-vap.
Le nombre des bateaux à vapeur était de 861 (923.000 tonneaux de jauge brute et 461.000 de jauge nette) avec nn total de 731. 134 chev.-vap. pour la navigation maritime, et de 606 (64.000 tonneaux de jauge brute) avec 61.018 chev.-vap. pour la navigation fluviale.
Les perfectionnements apportés aux machines à vapeur depuis l'origine des premières «machines à feu», ont permis de réaliser de grandes économies de combustible par rapport à la quantité de force produite. Voici les chiffres de la consommation de charbon par cheval et par heure (en kilog.), depuis le début des machines h vapeur :
En 1700, macliine atmosphérique Savery, 14 kgr. 200;
En 1768, machine de Watt à basse pression, 4 kgr. ;
En 1801, machine Evans à haute pression, 3 kgr. ;
En 180i, machine Woolf à deux cylindres, 2 kgr.;
En 1850, machine Componnd, 1 kgr. ;
En 1875, machine à triple détente, 0 kgr. 817 ;
En 1895, machine à triple détente, 0 kgr. 681 ;
En 1900, machine à triple détente et à vapeur surchauffée, 0 kgr. 6.3.5.
La consommation du combustible dans la machine à Tapeur n'est donc plus que le 20* de ce qu'elle était il y a 200 ans.
L'usine du Creusot a exposé en 1900 une des 3 machines marines à vapeur destinées au croiseur français « le Kléber ». Ces 3 machines, d'égale puissance et indépendantes, mettront en mouvement 3 hélices d'une force totale de 17.000 chevaux. Elles sont du système vertical à pilon, à trois cylindres et à triple expansion. La vapeur est introduite dans le petit cylindre à hante pression, d'où elle passe successivement dans le cylindre à moyenne pression et dans le cylindre à basse pression, puis est évacuée au condenseur. Le petit cylindre n'a qu'un tiroir, le moyen cylindre en a deux et le grand cylindre en a quatre. Le poids total prévu de l'appareil moteur et évaporatoire du «Kléber» est de 1.275T., eau comprise (75 kilog. 5 par cheval indiqué), dont 663 T. pour les machines et 612 pour les chaudières.
A côté, se trouve une colossale locomoiive du système Thalle, pouvant remorquer des trains de 180 à 200 T. à 120 kil. à l'heure en palier. Elle doit développer une puissance indiquée aux cylindres de 1.800 à 2.000 chevaux. Elle possède 2 essieux couplés au milieu, un bogie à 2 essieux à l'avant, un bogie à 3 essieux à l'arrière, un abri à l'arrière pour les chauffeurs et un à l'avant pour le mécanicien, une turbine-dynamo pour l'éclairage de la machine et du train.
Production et Commerce .\ l'étranger. — Angleterre. — L'export. anglaise des machines et mécaniques (C. S.) s'est élevé.n en 1898, à 18.389.000 liv. st., soit une augmentation de plus de 2 millions st. comparativement à 1897. Voici les destinations principales (en liv. st.) :
Knssie 2.844.000 Anstralasie. . 1.176.000
Inde 2.G13.000 Japon 830.000
Allemagne... 2.091.000 Belgique.... 828.000
France 1.337.000 Cap et Natal. 814.000
machines h vapeur sont comprises les locomotives ; parmi les machines autres, les machines à agricoles (voy. I.nstru.me>t3 aoricoles), les machines à coudre (voy. .Machi.nes a colore), les machines poar l'industrie minière, pour l'industrie textile, etc., qni ne fonciiouRent pas à la vapeur.
Voici qu'elles ont été, pour les années 1891 à 1899, les import. d'.Vngleterre en France et les export, de France en Angleterre des « machines et mécaniques », valeur en millions de fr. :
Allemagne. — L'import. allemande de machines a été, en 1896 (en réduisant machines et ouvrages en fer à l'équivalent du fer brut), de 528.000T.. l'export. de 2.106.000T., la consommation de 4.764.000 T. Voici, d'ailleurs, des chiffres plus complets pour l'export., en tonnes et millions de marks, dans les années 1894 (et même 1893) à 1898 : Chaudih'es à vapeur
T. Valeur
Valeur
Machines en fonte de fer
T. Valeur
Valeur
Machines en fer forgé
T. Valeur
Valeur
Dans
'■ export, allemanc
les de « machines et méca-
niques », de 1891 à 1899, la France figure pour les valenrs suivantes (en millions de marks); nous mettons en regard les valeurs des export, françaises des mêmes articles en Allemagne dans les mêmes années :
-; ti
Ui U.
■ji
L'extension prise en .Allemagne par la fabrication des machines est due surtout à la révolution introduite dans l'industrie par l'clectrotechnie, notamment : 1° à la substitution de l'énergie électrique à la traction animale dans les chemins de fer sur route, ce qui a exigé la création d'ateliers de construction de chaudières et de machines (en 1895, les Sociétés d'électricité ont engagé dans ces établissements plus de 100 millions de marks; en 1896, 200 millions en chiffres ronds et plus encore en 1897) ; 2* à une ntilisation plus rationnelle des chutes d'eau; 3* à la concentration dans des stations centrales des forces motrices disséminées dans les fabriques et. conséquence de cette transformation, au remplacement des petits établissements par de plus grands.
C'est dans les pays d'Europe que les machines allemandes trouvent leur plus grand débouché : en Russie, les achats se sont élevés à 38 millions 1/2 de marks en 1898, contre 37,9 en 1897; Autriche- Hongrie, 18 millions contre 16; France, 11 ,5 contre 10,2 (et 6 en 1892) : Suisse, lOcontre 7,3 ; Hollande, 9, 7 contre7,7. En Suisse, l'exportation allemande
MACHINES A VAPEUR
MACHINES ÉLECTRIQUES
gagne du terrain, bien que la construction des machines y soit très active ; elle n'était, en 1892, que de 29 millions, elle s'est successivement élevée à 32 millions en 1893, à 33 millions \/2 en 1894, à 37 millions en 1895, à 48 millions en 1896. Les 5/8 de ces ventes portent sur le fer, l'acier, les tôles, tuyaux, rails, fils de fer et objets communs en .fer; le reste sur les machines, wagons et instruments. La Suisse importe surtout des appareils électriques (voy. Ma- .cniNES ÉLECTiuQUES) pour Compléter sa fabrication de dynamos, des machines à coudre, des machines-outils, des machines à filer.
Les import, de machines en Allemagne croissent d'ailleurs comme les export. Tandis qu'elles n'étaient que de :56 millions de marks en 1892, elles ont passé à 40.700.000 • en 1896, 49 millions en 1897, et elles dépassaient, en 1898, 50 millions, dont 27 provenant de l'Angleterre, qui envoie :surtout : des machines à tisser et à filer (en 1895, 226.000 liv. st., et en 1898, 1 .019.000 liv. st.) ; des machines à vapeur •.antres qu'agricoles (65.000 liv. st. en 1895, 160.000 liv. st. en 1898). Le reste des import, anglaises se compose de machines agricoles, mais en petit nombre.
Après l'Angleterre, ce sont les États-Unis qui vendent ■Ha plus de machines en Allemagne. En 1897-98, ils n'en auraient pas envoyé moins de 27.406 tonnes.
Belgique. — Les statistiques belges ne nous fournissent qu'un chiffre d'ensemble sous la rubrique générale : « Machines et mécaniques » ou « Machines de toute sorte ». II est évident que les « Machines à vapeur » n'y entrent ■que pour partie. Nous donnons néanmoins ici le relevé suivant, qui a son intérêt et qui ne trouverait pas place ailleurs (valeur en milliers de fr.) :
Importation (C. S.) Exportation (C. S.) De France 13.444 12.978 10.659 8.090 10.427 11.929 10.406 13.822 12.838 14.158
Pour les deux périodes décennales antérieures, le commerce de la Belgique avec la France donnait les chiffres suivants, toujours en milliers de fr. : Import. (C.S.) en France
Nous relevons enfin, d'après les statistiques françaises et pour les années 1896, 1897 et 1898, les chiffres spéciaux (C.S.) .-aux « MachiiiiM à vapeur, fixes et de navigation, loeomobiles, pompes à vapeur, etc. », à l'exclusion des « locomotives et machines à vapeur routières », qui forment l'objet
- d'un article spécial (voy. Locomotives), en ce qui concerne
- le commerce de la Belgique avec la France (valeur en fr.) :
Années
Totale
Totale
En France
Exr-ORT. (C.S.)
de France
Import. en France 1.036.076 800.096 554.174
Export, de France
États-Unis. — Nous donnons au mot Métallurgie les . chiffres de l'export. de tous les produits de fer et d'acier, bruts et ouvrés. Voici quelle a été la valeur des export. •<C. S.), en France, des machines et mécaniques des États- •Unis de 1891 à 1899 (en millions de fr.) : Années Valeur Années Valeur Années Valeur
On remarque l'énorme progression de nos import, de >inachines américaines, surtout dans la dernière période triennale.
Le développement du machinisme a pris depuis quelques -années, aux États-Unis, des proportions énormes. En 1893, 4es délégués ouvriers des syndicats de Paris à l'Exposition de Chicago ont rapporté à cet égard des témoignages ■concordants. Par exemple, on fait à la machine : le blan- >chissage et le repassage des chemises, la fabrication des
chaussures et de quantité d'articles de ménage, etc. : « Tout est surprise, écrit le délégué de la serrurerie, dans l'outillage mécanique; les progrès faits sur nous sont considérables. » Et il décrit des machines à percer et à tarauder, des tours à fileter, des forges portatives, etc., tous outils qu'il déclare « absolument inconnus » en France. Par suite, tout le travail de l'ouvrier américain se réduit à celui de simple conducteur de machine : dans les manufactures de fenêtres, portes et jalousies, une brigade de 10 manœuvres est dirigée par un seul menuisier véritable (compétent joiner).
MACHINES ÉLECTRIQUES
Sommaire ; I. Machines électro-statiques : à frottement, d'influence. — II. Machines d'induction : magnélo-élec triques; dynamo-électriques : à courants alternatifs, à courants redressés, à courant continu : induit à anneau, à tambour, à pôles, à disque. .Machines à courant continu : induits, inducteur. Poids et prix des dynamos. Machines à courants alternatifs ou alternateurs : alternateurs monophasés et polyphasés. — III. Droits d'entrée en France. La machine électrique est un appareil destiné à produire de l'énergie électrique lorsque le mouvement lui est communiqué par un moteur mécanique (machine à vapeur, à gaz, turbine, etc.).
La machine électrique jouissant de la propriété d'être réversible peut recevoir de l'énergie électrique et la transformer en énergie mécanique directement utilisable.
Dans le premier cas, les machines sont dites génératrices (voy. Générateurs); dans le deuxième cas, elles sont désignées sous le nom de machines réceptrices ou électro-moteurs.
Une autre classification peut être établie suivant le mode de production de l'électricité, le contact et l'induction. Toutes les machines électriques mettent en jeu l'un ou l'autre de ces deux modes et ont seulement pour objet d'accumuler sur un conducteur les charges produites d'une manière ou de l'autre. On divise donc les machines électriques en machines électro-statiques et en machines d'induction, I. Machines électro-statiques. — Toutes les machines électro-statiques reposent sur le principe suivant : lorsque des corps de nature diflérente sont, dans certaines conditions, soumis au frottement, ils se chargent tous deux d'électricité de nom contraire. Cette opération ne peut se faire sans une certaine dépense de travail, et ce travail se retrouve dans l'établissement d'une différence de potentiel entre les masses électriques réparties sur les deux corps. Parmi les diverses machines électro-statiques les plus employées, il convient de citer :
1» Les )nachines à frollcinent, dont le premier type a été imaginé dans la seconde moitié du XVI* siècle. Les machines de ce genre sont celles d'Otto de Guericke, de Hauksbee, de Boze, de Wolfius, de Haiisen, de Winkler, de Ramsden,de Van Marum, de Nairne, d'Armstrong.
2° Les machines d'influence, ainsi nommées parce que la séparation des deux électricités n'est plus due au contact de deux substances hétérogènes, mais s'opère par iulluence. Parmi ces machines, de date plus récente, nous citerons celles de sir W. Thompson, de Varley, de Tœpler, de Holtz, de Carré, de Woos, de Wimshurst.
Pour compléter cette liste, il convient de citer une machine d'influence appelée électrophore, qui est fort simple et d'un usage constant dans les laboratoires. Les machines électro-statiques peuvent être accouplées entre elles en quantité ou en tension de la même façon que des piles. Ces machines sont rêver-
MACHINES ÉLECTRIQUES
MACHINES ÉLECTRIQUES
sibles, c'cst-à dire qu'elles tournent quand on met leurs bornes en relation avec une source à potentiel suffisamment élevée. Cette expérience, impossible à réaliser avec les machines à frottement, à cause delà grandeur des résistances passives, réussit an contraire parfaitement avec les machines d'influence.
Les machines électro-statiques sont employées dans 1rs laboratoires pour produire des potentiels très élevés, et dans les cabinets de médecins, mais elles ne sont d'aucun usage industriel.
II. Machines d'induction. — Les machines d'induction se divisent en deux grandes classes : les machines magnéto-électriques, dont le champ magnétique est constitué par des aimants, et les machinesdynamo-électriques,dontlechampmagnétique est fourni par des électro aimants. Nous allons indiquer le principe du fonctionnement de chacune de ces deux catégories de machines.
Elle sont fondées sur les phénomènes suivants, découverts en 1831 par Faraday : 1» Si l'on approche vivement un courant électrique d'un circuit conducteur fermé, ce circuit est parcouru aussitôt par un courant, dit courant induit, de senscontraire an premier, qui est appelé courant inducteur. Cette opposition de sens des deux courants fait que le courant induit est appelé souvent inverse. 2' Quand on éloigne rapidement le courant inducteur, le courant induit reparait, mais cette fois de même sens que le courant inducteur: aussi le nomme-t-on direct. Dans les deux cas, le courant induit ou courant d'induction est instantané.
Machines magnéto-électriques.— C'est Pixii qui a réalisé pratiquement, pour la première fois, en 1832, une machine magnéto-électrique, composée d'un aimant en fer à cheval tournant devant un électroaimant. Cette première machine a été successivement perfectionnée par Clarke, par l'abbé Nollet, par Wilde, par Ladd, Siemens, Wheatstone, de Méritens, Gramme, etc.
Les machines magnéto électriques ont été employées pour diverses opérations chimiques; elles sont utilisées par les médecins pour le traitement de certaines maladies par l'électricité. Enfin la machine de Nollet (connue sous le nom de machine de l'Alliance) et les machines de Méritens ont été utilisées pendant plusieurs années pour l'éclairage électrique des phares.
Machines dynamo-électriques. — Comme dans les machines magnéto-électriques, nous trouvons deux organes essentiels: un inducteur et un induit, et c'est le déplacement relatif de l'un de ces deux organes qui produit des courants induits; seulement l'inducteur est constitué par des électro-aimants. L'avantage de cette disposition, c'est qu'on peut produire un champ magnétique beaucoup plus puissant avec des électro-aimants qu'avec des aimants, et par conséquent des courants induits plus énergiques, tout en diminuant le volume des organes de la machine.
Les machines dynamo-électriques peuvent être classées de différentes manières. On peut prendre pour base de cette classification la nature des courants produits ou la forme de l'induit. En ce qui concerne la nature des courants produits, on distingue les machines à courants alternatifs, à courants redressés, et celles à conrant continu. Dans les machines à courants alternatifs, les courants induits sont recueillis tels qu'ils sont produits par les bo-
bines, sans commutateurs, et se trouvent ainsi alternés, d'où le nom donné à ces machines. Dans les machines à cou7'ants redressés, leconrant se trouve redressé par un commutateur chaque fois qu'il change de sens. Il en résulte que le courant passe par zéro à chaque commutation. Dans les machines à courant continu, les induits fractionnés sont reliés à un collecteur produisant des commutations partielles très nombreuses. Le courant ainsi obtenu est de forme sinusoïdale, mais se rapproche d'autant plus de la ligne droite que le fonctionnement des induits est plus grand. On peut donc considérer ce courant comme pratiquement continu.
Si maintenant on prend ponr base de la classification la forme de l'indait, on peut distinguer, en ce qui concerne les machines à conrant continu, pour lesquelles ce caractère a surtout de l'importance : les machines à anneau, les machines à tambour, les machines à pôles et les machines à disque.
L'induit à anneau se compose essentiellement d'un anneau en fil de fer sur lequel sont enroulées une série de bobines de cuivre isolé qui le garnissent complètement. Les spires de ces bobines, parallèles aux génératrices de l'anneau, sont montées en tension ou en série; chacune des liaisons d'une bobine avec la suivante est soudée avec une barre de cuivre placée parallèlement à l'axe en acier ou en fer servant à la rotation de l'anneau. L'ensemble de ces barres de cuivre est disposé de manière à former un cylindre autour de l'axe, et chacune d'elles est isolée à la fois des autres barres et de l'axe lui-même. La surface extérieure de ce cylindre est au contraire mise à nu et l'ensemble porte le nom de «colecteur». Sur ce collecteur frottent, aux extrémités d'un même diamètre, deux ressorts métalliques formés de faisceaux de fils de cuivre rouge agissant comme des balais (d'où leur nom), qui recueillent les courants induits développés dans les différentes sections de l'induit pendant sa rotation dans le champ inducteur.
L'induit à tambour se distingue de l'induit à anneau par sa forme cylindrique allongée et par le système d'enroulement du fil. Il se compose d'un noyau cylindrique en fer doux entouré par le fil dans le sens longitudinal et seulement sur la partie extérieure du cylindre, ce qui présente l'avantage d'éviter la perte causée par la résistance de la partie inté« rieure des bobines de l'anneau. Le collecteur et les balais sont analogues à ceux des induits à anneau.
Daus l'induit à pôle on distingue une ou plusieurs bobines à noyaux de fer doux qui, étant alternativement aimantés et désaimantés, donnent naissance à des courants d'induction dans les bobines. Le nom donné à ce genre d'induit provient de ce que les noyaux de fer doux des bobines de l'induit représentent des pôles. Les bobines sont enroulées autour d'une série de pièces de fer doux disposées sur une circonférenceetparallèlesou perpendiculaires à l'axe. Les balais, au lieu d'être situés dans on plan perpendiculaire aux pôles des inducteurs, se trouvent dans le même plan qu'eux.
Enfin, dans l'induit à disque le fil induit est enroulé de façon à constituer une série de rayons dont l'ensemble forme un disque, lequel tourne entre deux couronnes d'inducteurs. Ces derniers agissent seulement sur les parties radiales du fil induit.
Nous avons dit que les inducteurs pouvaient être des aimants permanents ou des électro-aimants ; pour
MACHINES ELECTRIQUES
MACHINES ÉLECTRIQUES
ceux-ci, le courant d'excitation peut être emprunté à une machine spéciale ou fourni par la machine ellemême. Dans ce dernier cas, on appelle : machine à excitation simple, ou en série, celle dont les inducteurs sont excités par le courant total sortant d'un des balais avant de se rendre aux appareils intercalés dans le circuit extérieur et avant de revenir à l'autre balai; machine à excitation dérivée, celle dans laquelle les extrémités du circuit des inducteurs sont placées en dérivation sur les balais : une partie du courant traverse le circuit extérieur, l'autre «xcite les inducteurs; machine à excitation en double circuit ou compound, celle dans laquelle les inducteurs sont excités par deux enroulements de fils constituant deux circuits de résistances différentes, dont l'un est traversé par le courant total •du circuit extérieur, comme dans le premier cas, et l'autre seulement par une dérivation prise aux balais, comme dans le deuxième cas. Enfin, on peut modifier la disposition de l'excitation compound en Ifaisant traverser l'un des circuits par le courant lourni par une machine séparée et l'autre circuit par le courant fourni au circuit extérieur comme dans le premier cas.
Machines à courant contimi. — Il existe un très grand nombre de types de machines à courant continu, •c'est-à-dire munies de collecteurs et de balais disposés de manière à lancer, dans la ligne qui alimente les appareils d'utilisation, une série successive de courants de même sens dont l'ensemble peut être pratiquement considéré comme un courant continu.
Ces machines sont maintenant utilisées pour l'éclairage électrique, la galvanoplastie, l'électro-chimie, l'électro-métallurgie, la transmission et le transport de l'énergie, etc.
Quelque différentes que soient les dynamos actuelles à courant continu en ce qui concerne leurs formes, leurs enroulements et leur mode de construction, elles possèdent toutes les mêmes signes, qui sont : le champ magnétique fixe et l'induit avec son commutateur animé d'un mouvement de rotation. Dans cet induit, on produit une force électromotrice, grâce au mouvement de rotation déterminant une modification dans le nombre des lignes de force qui traversent l'enroulement. Toutes les tentatives faites dans le but de rendre l'induit fixe ont échoué par suite de la complication des types de machines ainsi constituées.
Nous avons dit que l'énergie employée à faire tourner l'induit de la dynamo dans le champ magnétique était transformée en énergie électrique recueillie sous forme de courant aux bornes de la dynamo. Mais cette transformation ne s'opère pas intégralement. Il y a des pertes dans l'induit, qui sont : la perte de tension dans le cuivre; la perte due à l'hystérésis (venant de ce que le fer possède nue certaine inertie qui tend à maintenir le magnétisme à la même valeur) ; la perte due aux courants de Foucault (courants tourbillonnants qui se produisent dans le cuivre «t dans le fer insuffisamment lamelle, quand on déplace des corps massifs dans un champ magnétique ou lorsqu'on les soumet à une aimantation variable); la perte par frottement. Enfin, la chute de tension due à la réaction de l'induit, qui n'est pas une perte proprement dite, puisqu'elle n'entraîne pas une perte correspondante d'énergie, a cependant pour effet de r réduire la puissance delà dynamo.
^ Les dimensions des différents organes des dynamos
à courant continu sont déterminées par le calcul, en appliquant des formules aujourd'hui bien connues, qu'il serait trop long de reproduire ici : nous nous contenterons de donner quelques indications générales au sujet de la construction de ces organes :
1° Induit. — Les arbres des induits sont soumis à des efforts de torsion et de flexion ; ce sont ces derniers qui doivent surtout appeler l'attention des constructeurs. Les paliers doivent avoir une longueur dépendant du travail de frottement admis par cm. carré de surface de pression ; presque toutes les dynamos modernes, à l'exception des moteurs mobiles, sont munies de bagues de graissage qui sont au nombre d'une ou de deux et même plus, suivant la longueur du palier. L'expérience a prouvé qu'on peut avec une seule bague de graissage lubrifier, à la rigueur, des paliers ayant j usqu'à 400 mm. de longueur (pou r dynamos de200à250chev.); mais il est rationnel de faire usage de deux bagues, même pour des paliers moins longs. On a essayé de faire usage des paliers à billes et à rouleaux, qui ont reçu dans la mécanique de si nombreuses applications ; mais ces essais n'ont pas toujours été couronnés de succès. La rotation de l'induit est produite par une poulie à courroie ou à gorge. Il convient d'éviter autant que possible les poulies tendeurs pour courroies, qui diminuent toujours considérablement la durée de celles-ci. Depuis quelque temps on emploie avec succès des cordes en chanvre de section rectangulaire. L'isolement des disques en fer constituant la lanterne de l'induit, s'obtient par l'interposition de feuilles de papier de 4 à 6 dixièmes de mm. d'épaisseur ou par une couche de vernis, ou encore en oxydant les tôles à leur surface. Dans les anciennes dynamos, les touches du commutateur étaient montées directement sur l'arbre de l'induit, ce qui rendait presque impossible le remplacement du commutateur après usure. Actuellement, on munit les dynamos de commutateurs démontables. Depuis quelque temps, on abandonne de plus en plus les balais métalliques ; on en limite l'emploi aux dynamos à forte intensité de courant. L'emploi pratique des balais en charbon date de 10 à H années et tend à se généraliser; mais il faut que le porte-balais soit aussi léger que possible, de manière à ne pas vibrer au passage des rugosités inévitables du commutateur.
2° Inducteur. — Beaucoup d'inventeurs s'ingénient à trouver des dispositions nouvelles pour les inducteurs, mais cette recherche est souvent motivée par l'unique désir de réaliser une autre forme que celles déjà connues. Les dynamos actuelles sont souvent construites en acier coulé. L'emploi de ce métal peut être très rationnel lorsque la question du poids joue un grand rôle ; mais, quand il s'agit de dynamos ordinaires servant à l'éclairage, on trouve le plus souvent qu'il est plus rationnel de faire la carcasse extérieure en fonte ordinaire et les épanouissements polaires portant les bobines en acier coulé et à section circulaire : on arrive ainsi à diminuer très notablement le poids du cuivre. La carcasse de la bobine est généralement en carton comprimé, en isolite ou en amiante ; l'ébonite ne se prête pas à cet emploi, car il s'amollit en s'échauffant. Dans beaucoup de dynamos on trouve des carcasses de bobines en fer ou en tôle de zinc, isolées avec de la toile ou avec du papier, les joues extrêmes étant en bois. Quand les dynamos ne sont pas accouplées directement avec le moteur, on doit les munir de rails tendeurs, au nombre de deux pour les dynamos de puissance moyenne et de trois pour les grandes machines.
Poids et Prix des dynamos.— La comparaison entre les poids des dynamos de différents systèmes n'est possible que lorsqu'elles font le même nombre de tours ; mais comme la puissance est, entre certaines limites qui ne sont pas trop écartées, proportionnelle au nombre des tours, on peut prendre comme terme de comparaison une machine faisant, par exemple, 1.000 tours à la minute.
Quand on passe en revue les principaux types de dynamos actuelles, on trouve que le type en fer à cheval est relativement plus lourd que les autres. On remarque également que, au point de vue de la réduction du poids, les machini's multipolaires présentent un avantage marqué sur les ma-
MACHINES ÉLECTKIQUES
MACHINES ÉLECTKlgUES
chines bipolaires. C'est pour cette raison que quelques constructeurs n'établissent que des machines multipolaires, même en commençant par la puissance spécifique de 1 kilowatt. En règle générale, les limites pour les dynamos de i, G et 8 pôles, sont les suivantes :
Dynamos à 4 pôles : à partir de G à 20 kilowatts.
Le poids de l'induit varie de 12 à 32 */. du poids total en kilog. de la machine, pour des machines pesant de 200 à
Le prix de revient se compose : du prix des matériaux bruts (en y ajoutant les frais de magasinage, la perte par déchets et le prix du transport) ; de la main-d'œuvre, des frais généraux (exprimés généralement en pour cent de la main-d'œuvre). Ce prix de revient est donc variable suivant la situation locale des ateliers et les salaires de la contrée.
D'une manière générale, les poids des matériaux entrant dans la construction d'une dynamo se répartissent comme ~ùi, en tant pour cent du prix total : fonte ou acier conlé, 70 à 80 •/. : fer forgé, 3 à 5 V. ; disques en fer, 8 à 12 7.; bronze, 2 à 5 */. ; cuivre, 8 à 11*/.- Les frais totaux de main-d'œuvre, en admettant des salaires moyens, peuvent être estimés, suivant le poids, ainsi qu'il suit :
En centimes
En centimes
Poids par kilog.
Poiils
par kilog.
S.OOO 25
Le prix de l'enronlement w
présente de 20 à
30 •/. du prix
total de la dynamo.
Qnant an prix des matériaux, il dépend des cours, comme les frais généraux dépendent de l'organisation des ateliers et de l'importance du chiQre d'aSaires annuel. On ne peut donc rien indiquer à cet égard.
Machines à courants alternatifs ou alternateurs. — Nons avons vu que les premières machines d'induction étaient constituées par un induit tournant dans le champ magnétique d'un aimant et donnaient des courants induits à sens alternés, que l'on recueillait tels qu'ils se produisaient. Dans les machines à courants alternatifs modernes, c'est à une source extérieure de courant continu qu'on emprunte la force magnétomotrice. Ce courant, que l'on appelle courant d'excitation ou d'aimantation, ne sert qu'à maintenir l'aimantation des pièces polaires, qni se comportent dès lors comme des aimants permanents.
La quantité d'énergie électrique mise en jeu par une dynamo à courants alternatifs est constante pour an état de régime donné; il faut donc connaître les facteurs constants pour cet état de régime qui interviennent dans la mesure de cette énergie.
Les machines à courants alternatifs ou alternateurs sont généralement destinées à la production de courants de haute tension et de courte période. La fréquence, c'est-à-dire le nombre de périodes par seconde, varie dans la pratique entre 40 et 120. Pour cette raison on est obligé de diviser l'induit en un certain nombre de bobines distinctes, passant successivement dans des champs magnétiques produits par un inducteur multipolaire. Si l'induit était, en effet, réduit à une seule bobine, il faudrait donner à l'armatnre une vile.sse angulaire excessive pour atteindre la fréquence désirée.
Les alternateurs peuvent être classés, comme les machines à courant continu : 1» d'après la forme de l'induit : on a alors les alternateurs à tambour, à anneau, à disque : 2^' d'après le mode d'excitation : on a alors les alternateurs magnéto-électriques, autoexcitateurs et à excitation indépendante.
On peat également adopter le classement suivant :
a) alternateurs monophasés à inducteur fixe et induit mobile: b) alternateurs monophasés à inducteur mobile et à induit Gxe; c) alternateurs monophasés à inducteurs et indnits fixes; d| alternateurs polyphasés.
Les alternateurs de la première catégorie empruntent généralement leur courant inducteur d'une dynamo auxiliaire à courant continu. Ce courant est amené à l'inducteur mobile par l'intermédiaire de balais frottant sur des bagues. Comme dans les grandes machines l'inducteur est très lourd, il peut être commandé directement par le moteur et servir de volant. Gordon a employé le premier cette disposition; puis M. Patin, M. Helmer, de la maison Cail, la Société Hélios de Cologne, etc., ont construit des alternateurs de ce type : on les appelle alternateurs-volants. Pour les petits alternateurs, on emploie l'auto-excitation ; la dépense d'une excitatrice à courant continu serait, en effet, exagérée.
Dans les alternateurs monophasés à inducteur fixe et induit mobile, le courant est recueilli au moyen de balais frottant sur deux bagues reliées aux bobines de l'induit. Ex. : alternateurs Ferranti, Kapp, Labour, de Méritens. Siemens, Westinghouse, etc. Dans les alternateurs à inducteurs et induits fixes, que les Anglais appellent « alternateurs à inducteurs », la variation du flux magnétique dans les bobines induites est obtenue en faisant varier la ré* sistance des champs magnétiques. Dans son adaptation de l'ouvrage de M. James Thomson sur les machines dynamo-électriques, M. Boistel les appelle « alternateurs à résistance magnétique variable oti à fer tournant ». Un grand nombre d'ingénieurs et de constructeurs (MM. Mordey, Élihn Thomson, Kennedy, etc.) ont construit des alternateurs à résistance magnétique variable.
Dans les alternateurs à courants polyphasés, l'induit, lorsque les circuits sont également chargés et que les courbes des courants sont exactement des sinusoïdes, donne naissance à un champ tournant avec une vitesse contraire et égale à celle de l'induit quand celui-ci est mobile. Il en résulte que, en réalité, ce champ est fixe dans l'espace et ne donne pas naissance à des courants de Foucault. Quand l'induit est fixe, le champ tourne dans l'espace dans le même sens et avec la même vitesse que l'inducteur, de sorte qu'il est encore immobile par rapport à ce dernier.
On peut obtenir très simplement deux courants biphasés en montant sur le même arbre deux alternateurs que l'on cale avec un écart angulaire d'un demi-intervalle de pôle. On peut également obtenir des courants triphasés au moyen de trois alternateurs simples montés sur un arbre commun.
Droits d'entrée en France. — D'après la loi du 11 janvier 1S92. les machines dynamo-électriques pesant moins de 10 kilog. pièce sont considérées comme instruments scientifiques admissibles au régime des instruments et appareils scientifiques (exempts). A partir de 10 kilog., elles sont réputées machines industrielles et deviennent passibles des droits. Voici les tarifs établis par la loi du Il janvier 1892 et par la loi du 16 août 1893, par 100 kilog. nets :
Machines de 10 à 50 kilog 100 80
- de 50 à 1.000 kilog 45 30
- de 1.000 à 2.000 kilog 30 20
{ renfermant moins de Machines de ) 50 */. de fonte moulée. 30 20 2.000 à 5.000 kilog.) renfermant au moins
( 50 '/.de fonte moulée. 30 18'
MACHINES ELECTRIQUES
MACHINES ÉLECTRIQUES
C renfermant moins de Machines de > 50 V. de fonte moulée. 30 20 3.000 kilog. et plusj renfermant au moins
C 507. de fonte moulée. 30 12 Les dynamos montées sur chariots acquittent le droit des machines dynamos sur l'ensemble, à moins que le chariot ne puisse être facilement séparé. Dans ce cas, il est imposé au droit des voitures de commerce.
G. DUMONT
France.— La comparaison de la force motrice disponible
aux Expositions de 1867, 1878, 1889 et 1900 donne les
chiffres suivants :
Nombre Force moyenne Puissance totale
machines par machine
en chevaux
L'ensemble des machines dynamos à l'Exposition de 1900 forme donc 37 groupes (18 français, 19 étrangers), avec 37 moteurs à vapeur, d'ensemble 36.000 chevaux, assurant une production électrique de 20.245 kilowatts. Les groupes français ne fournissent que 8.000 kilowatts, tandis que les groupes étrangers en produisent 12.000, dont plus de 4.000 pour l'Allemagne seule : deux machines William Robinson et Boersig, de 2 . 400 chevaux chacune actionnant des dynamos Siemens et Halske ; machine Schuckert de 2.000 chev., et machine de la Société électrique d'Augsbourg de 1.900 chev. Des machines françaises, la plus puissante est la machine Dujardin, de 1.500 chev., actionnant les dynamos Schneider et C".
* On voit à l'Exposition de.l900, sous la coupole du Creuset, une machine dynamo de 500 chevaux destinée à l'électrolyse; elle peut fournir un courant de 300.000 ampères sous une tension de 110 volts, à la vitesse de 130 tours.
A/^emaf/ne. — L'industrie électro-technique fait en Allemagne, d'année en année, des progrès considérables, dont nous avons déjà dit un mot à l'article Electricité. Les grandes Sociétés (Allgemeine Elektricitaets Gesellschaft; Berliner ElektricitaetsWerk; « Union » Elektricitsets Gesellschaft; Elektriciteets Gesellschaft, vormals Schuckert, etc.) -sont de plus en plus prospères. La première compte actuellement (1900) des succursales dans 22 villes de l'intérieur et de l'étranger et emploie 13.000 personnes; elle a construit ou agrandi 23 stations centrales qui ont coûté 33.000.000 de marks ; elle a construit depuis sa fondation 1.055 kil. de chemins de fer électriques, dont tout le matériel sort également de ses ateliers (1.861 wagons à moteurs, 3.600 moteurs). La Berliner Elektricitœts Werk a posé, en 1898, 35.400 nouvelles lampes à incandescence (Voy. Lampes électriques) et 1.093 lampes à arc et augmenté de 3.000 chevaux la puissance de ses moteurs électriques. La «Union », fondée en 1892 au capital de 1.500.000 M., est maintenant à 18 millions de M., et la « Société d'entreprises électriques », fondée à côté d'elle en 1894, possédait à la fin de 1898 un capital de 30 millions de M. La « Union » disposait en 1898 de 3.036 wagons à moteurs et 527 moteurs, et elle avait construit déjà 1.423 kil. dévoie; elle a obtenu d'importantes commandes d'éclairage à l'étranger : Madrid, Buénos-Ayres, et de tramways électriques : en Autriche, Suède et Norvège, Espagne, Italie, etc.
La Société Schuckert (de Nuremberg) a des entreprises d'éclairage à Anvers, Florence, Palerme, Mayence, Jassy (Roumanie), de traction électrique à Turin, Palerme, Christiania, Milan, à Paris même (tramway Paris-Arpajon). En 1898, la totalité des machines dynamo installées par cette Société représentait 112.000 kilowatts ou 170.000 chevauxvapeur, tandis que l'année précédente elle n'était que de 72.500 kilowatts ou 110.000 chevaux. Elle a posé, en 1898, 12.000 lampes à arc, contre 10.000 en 1897, 14.000 ampèremètres contre 8.000, 150 projecteurs contre 220, etc. Le nombre des ouvriers s'est augmenté de 1200 d'une année à l'autre.
Belgique. — Voici, d'après les statistiques françaises, les chiffres du C. S. de la France avec la Belgique, pour les années 1896, 1897 et 1898, en ce qui concerne les machines dynamo-électriques (valeur en francs) :
Impokt. Export.
en France de France
États-Unis.— Pour transmettre le courant électrique, nous ne possédons guère en Europe que des dynamos relativement faibles, c'est-à-dire correspondant à une puissance effective de 600 à 1.000 chevaux pour le plus grand nombre. Les Américains sont prêts à prendre une avance considérable sur ce terrain, comme sur bien d'autres : l'Electrical Engineer annonce la prochaine installation à Louisville d'une machine monstre destinée à fournir la force à une Compagnie de tramways. Mue par une force de 4.000 chevaux, cette dynamo produira une puissance de- 2.400 kilowatts à 3.200, suivant les besoins. Le diamètre extérieur de cet énorme appareil sera de 5 m. 70 et l'anneau aura 3 m. 80 avec un poids total de près de 38 T.
11 y a déjà près des chutes du Niagara une fabrique de carbure de calcium, substance productrice du gaz acétylène ; on y adjoint une nouvelle usine qui tirera des chutes une force électrique de 23.000 chevaux et permettra de fabriquer par jour 200.000 kilog. de carbure. Cette usine fonctionnerait dès cet été (1900) en manière d'essai.
La Pike's Peak Power Company (États-Unis) s'occupe actuellement d'utiliser une chute d'eau de 700 m., entre Beaver Creek et des usines métallurgiques du district de Cripple Creek, dans le Colorado. Une conduite de 1.800 m. de long débitera assez d'eau pour fournir une puissance de 5.000 chev. -vapeur, divisée en deux stations, dont la première fonctionnera sous une chute do 330 m., et la seconde à 350 m. plus bas. Les deux usines comprendront 8 machines génératrices d'électricité d'une puissance totale de 3.000 kilowatts environ.
Le « Waldorf Astoria Hôtel », de New- York, possède de vastes sous-sols où sont établis tous les organes producteurs de l'énergie mécanique dépensée dans l'établissement. Un groupe de chaudières pouvant développer 4.000 chevaux alimente 6 machines à vapeur de même force, qui actionnent directement des générateurs électriques capables de produire 1.500 kilowatts. L'éclairage comporte une installation de 23.000 lampes; les appareils frigorifiques peuvent donner une quantité de froid quotidienne équivalente à la production de 150 T. de glace; des pompes élèvent et distribuent l'eau partout où besoin est ; les ascenseurs et monte-charges de tontes sortes sont mus par l'électricité;, les ventilateurs déplacent par heure 14 millions de pieds cubes d'air dans les quatre étages inférieurs de l'hôtel, affectés aux restaurants, cafés, salles de concert et de bal. Enfin, des moteurs électriques de toute sorte sont utilisés dans les cuisines, les offices, la blanchisserie, etc.
On établit (mai 1900) à Masséna (États-Unis) une usine électrique pour l'utilisation des chutes du Saint-Laurent; elle comprendra sept groupes générateurs formés chacun d'une machine dynamo Westinghouse de 3.000 chevaux, actionnée par une turbine et produisant un courant de 2.200 volts; ces dynamos mesurent 0 m. 60 de hauteur et pèsent 193.000 kilog. Cette usine, qui n'occupera que le quart de l'installation totale, produira 33.000 chevaux.
Russie. — Une Société anglaise vient de se constituer (mai 1900) pour utiliser la force hydraulique perdue par les rapides du Dnieper, avant que ce fleuve ne se jette dans la mer Noire, près de Kherson. La Société rendrait cette partie du fleuve navigable au moyen d'écluses et transformerait en énergie électrique la force ainsi captée, pour le plus grand profit du développement industriel de la région. Cette Société aurait obtenu du gouvernement russe une concession de 80 ans avec garantie de 3 7« tlir capital engagé.
Près d'Imatra, sur la Vouox, à 200 kil. au nord de Saint-Pétersbourg, en passant par Viborg (Finlande), se trouvent la chute et les rapides de Linen-Kosté. Une Société finlandaise y achève l'installation d'une première station électrique de 5.000 chev., qui utilisera une chute de 3 m. de hauteur, tandis que, du côté opposé, un second barrage en pierre donnera une force de 20.000 chev., avec une chute de 3 m. On compte obtenir, par l'utilisation de toute la force de la Vouox, une puissance totale de 40.000 chev.