MARSALA
MARSEILLE
MARQUES DE FARINES. V. Boubse de commerce, Grains.
.M.VRQUETKRIE. La marqueterie est une des branches de l'ébénislerie et de la tabletterie; elle consiste en l'ornementation des meubles par incrustations d'ivoire, de nacre, d'écaillé, de cuivre, d'étain, décerne, parfois d'or et d'argent, imitant des fleurs, des arabesques, des mosaïques, des dessins pins on moins compliqués.
La marqueterie ombrée se borne à passer au sable chaud, pour obtenir des ombres, les découpures constituant l'ornementation; la marqueterie mosaïque ■se sert de petits morceaux rapportés des différentes matières que nous venons d'indiquer.
Le découpage (voy. ce mot) fournit aux marqueteurs les petites pièces de bois, écaille, ivoire, métal, etc., dont ils ont besoin.
Les principaux bois employés sont : l'acajou, le palissandre, l'oranger, le citronnier, les bois dits de jasmin et de citron, le bois marbré de Cayenne, le bois de rose, d'anis, de badiane, d'amboine.etc. Mais ces bois, la plupart exotiques, sont souvent remplacés par de plus communs : l'érable, le sycomore, le tilleul, le noyer blanc, le houx, le chêne, le platane, auxquels la teinture donne les couleurs désirées. On les teint à froid après les avoir découpés en plaques minces.
On comptait à Paris, en 1876, une trentaine de maisons faisant le découpage ponr marqueterie, avec 130 employés ou ouvriers, plus 17 petits patrons on ouvriers à façon travaillant seuls: de ces maisons. 22 occapaient de 1 à 4 Ouvriers, 7 de 5 à 10, 1 de 21 à 50.
.Marqueterie de cristal. — M. Galle, le grand verrier de Nancy, a donné le nom de marqueterie de cristal à un art nouveau dont les procédés ont été inventés par lui et qui permet de fixer sur le verre les colorations naturelles infiniment nuancées des pierres dures, des végétaux, des fleurs, etc. Ces proc€dés sont d'une extrême délicatesse. Pour incruster dans l'objet en verre un effet nouveau, la fins menue parcelle entrant dans une branche d'orchidées ou de cerisier fleuri, il est nécessaire de reporter au feu la pièce tout entière, qui doit ponr chaque nuance revenir au rouge incandescent et à l'état pâteux; et à la nuance il faut marier la forme an moyen de délicates ciselures dans la pâte. On se rend compte des difficultés que rencontre cette pro- -dnction supérieure de l'art du verrier, dont l'Expo- «ition de 1900 offrait de remarquables spécimens.
M.\RQUISES iIles). Ck)lonies françaises dépendant des établissements de Tahiti (voir ce mot), formant un archipel à l'extrémité des îles de la Polynésie éqnatoriale. Elles ont une superficie de 1.274 kil. carrés et une population de 4,443 hab. Les statistiques confondent leur commerce avec celui de l'ensemble des possessions françaises polynésiennes. Ce sont, en général, des régions montueuses et volcaniques, peu fertiles.
MARRoxSet Ca.vTAiGN-ES. V. Fruits : Fruits frais. MARRONS D'INDE (Huile de). V. Huiles végétales.
M.\RS.vi..\. (Italie : Sicile.) Chef-lieu de canton de la province de Trapani, à 164 kil. de Palerme et 31 <le Trapani, sur la ligne Palerme-Trapani. Pop.: 47.000 hab.
.Marsala doit sa renommée an vin qui porte son nom, et dont la fabrication constitue une industrie importante, exercée à Marsala même par 26 maisons
occupant environ 900 ouvriers. Les filts .sont fabriqués pour la plupart par les établissements mêmes.
L'une des principales maisons de Marsala existe depuis 1773 et possède des magasins pouvant contenir 7.000 fûts (loO ouvriers, 26 chev.-vapeur) ; une autre existe depuis 1815; une troisième, qui date de 1833, peut réunir 120.000 hectol. L'export. annuelle de ces trois seules maisons dépasse souvent 30.000 hectol.
Le marsala, qui n'est antre que le vin du pays additionné d'alcool, se vend par pipe de 400 litres, se subdivisant jusqu'à 25 litres. Le vin n'est livré qu'après quatre ans de préparations diverses.
Les autres centres de la province où s'exerce l'industrie œnologique sont, outre Trapani même, Mazzaro del Vallo, Alcamo, C^latafimi, Castellamare, etc. Les principaux produits sont, outre le marsala, les vins secs de Trapani, les muscats de Ségeste et de Pantellaria.
Une autre industrie naturelle de la province de Trapani, qui s'étend jusqu'à Marsala, est celle des salines, qui avec celles de Cagliari, sont les plus importantes d'Italie : elles sont au nombre de 40 : 26 sur le territoire de Trapani, 4 sur celui de Paceco, et 10 sur celui de Marsala. Elles appartiennent presque toutes à des familles trapanaises, héritières ou descendantes des anciens concessionnaires féodaux.
Il a été calculé que le produit d'un hect. de terrain salinier est en moyenne, dans les salines de Trapani, de 1(K> T., alors qu'il n'est que de 36 dans les salines françaises de la Méditerranée et de 12 dans celles de l'Océan. L'export. de sel de la seule province de Trapani représente à peu près la moitié de l'export. totale italienne : sur une production moyenne de 150.000 T., elle est de 120 à 140,000, dont la presque totalité va à l'étranger.
Le mouvement dn port de Marsala a été, en 1898, entrées et sorties réunies : 2.217 navires, jaugeant 500,760 t,, ayant débarqué 13.957 T. de marchandises et embarqué 31.729 T. Le pavillon italien figure pour 15.252 t. à l'entrée et 23.682 à la sortie; le pavillon anglais ponr 6.861 t. à la sortie.
X Marsala, agent consulaire de France.— Banque d'Italie, Banque de Sicile, à Trapani. Hexrv Blanc.
M.ARSEILLE. Chef-lieu du dép. des Bouches-du- Rhône, par 43» 18' 17' lat. N. et 3*3' 24' long. E. ; altitude : 75 m. (nouvel Observatoire). En 1789, 109.483 hab., en 1857, 233.817; en 1896, pop. domiciliée, 484.948 hab. Superficie : 66.845 hect. Situé sur la Méditerranée, le port de Marseille est le plus important des ports français, au point de vue du mouvement des affaires. L'ancien bassin, ou Vieux- Port, a été jusqu'au milieu de ce siècle le seul port de Marseille. La création du bassin de la Joliette n'a été décidée qu'en 1844. Depuis lors sont venus s'y ajouter les bassins du Lazaret, dWrenc, de la gare Maritime et le grand bassin National. Tandis que le Vieux-Port est constitué par une anfractnosité naturelle du sol, les nouveaux bassins sont entièrement artificiels. Ils sont séparés du large par une grande jetée sensiblement parallèle à la côte, fondée dans la profondeur de 8 m. 50, et qui atteint aujourd'hui 3.593 m. de longueur. On accède aux nouveaux bassins par deux avant-ports, l'un au sud, comprenant l'avant-port proprement dit, et le bassin du Pharo, ayant ensemble 3 hect. 54; l'autre au nord, ayant 15 hect., dont une partie doit former le bassin de la Pinède, actaellement en construction, an sujet
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duquel on trouvera ci-après quelques renseignements.
Dans le tableau ci-dessous, les différents bassins sont rangés du sud au nord, ce qui est aussi l'ordre chronologique de leur construction :
Vieux Port
Annexe : Canal d. Douanes Juliette
i Canal de com- AnnpïPol 5 munication.
Annexesi < Bassin de sta-
f tionnement.
Bassins du Lazaret et
d'Arenc
Bassin de la Gare Maritime Bassin National *
Surfaces
d'eau utilisables
pour les navires en opération
hect. m. c.
Quais
utilisables
pour les
opérations
Tirant d'eau
1. Le tirant d'eau dans ces bassins va en augmentant depuis le quai de rive jusqu'à celui de la jetée du large.
2. Dans le bassin de stationnement il y a encore quelques hauts fonds avec 3,70 d'eau seulement.
Les bassins du Lazaret et d'Arenc sont affectés aux magasins-entrepôts exploités par la Compagnie des Docks et Entrepôts. Ces magasins ont une capacité correspondant à 183.300 T. de marchandises.
On remarque à l'Exposition de 1900, dans la classe 29, un plan en relie! des établissements de cette Compagnie, lequel donne une idée fort exacte de leur importance. Ce plan est accompagné : 1" de divers tableaux statistiques faisant connaître notamment la participation des Docks au mouvement général des marchandises débarquées et embarquées à Marseille; 2" d'une vitrine contenant en modèles réduits les principaux ustensiles de manutention employés par la Compagnie.
Le domaine de la Compagnie comprend principalement les emplacements qui entourent les bassins du Lazaret et d'Arenc, et qui forment, avec la partie nord de la traverse d'Arenc et la partie sud de la traverse de la Joliette, l'ensemble de la concession dont la Compagnie est bénéflciaire jusqu'en 1963, moyennant une redevance annuelle de 100.000 fr. à la ville de Marseille.
A cette concession, il faut ajouter celle de G cales de radoub, laquelle prendra fin en 1971, et les établissements que la Compagnie a créés sur les emplacements dont elle a acquis le sol de ses propres deniers.
La Compagnie a le monopole de l'entrepôt réel des douanes. Elle effectue le débarquement, l'embarquement, l'emmagasinage, l'expédition directe par chemin de fer, etc., de toutes les marchandises. Constituée en Magasin général, elle délivre des warrants. Elle possède un outillage de manutention très per-
fectionné, actionné par l'eau comprimée, et ses quais, hangars et magasins sont éclairés à l'électricité.
Voici quels ont été en fr., pour les années 1896^ 1897 et 1898, les produits de l'exploitation et les dépenses de la Compagnie des Docks et Entrepôts de Marseille :
Produits d'exploitation. 8.329.51C 8.040.736 9.356.428
Dépenses 5.659.129 4.317.105 6.163.593
Produits nets .. . 2.670.387 2.723.631 3.192.835- Les appareils de manutention sont ainsi distribués sur les quais de Marseille :
Vieux Port
Joliette
Lazaret et Arenc (apparte
nant aux Docks)
Gare Maritime >
Gare Nationale J
Grues fixes Grues roulantes
Les navires de gros tonnage peuvent accoster bord à quai dans les bassins du Lazaret et d'Arenc; mais dans le bassin de la Joliette, les navires sont amarrés en pointe, c'est-à-dire l'arrière au quai, et le déchargement se fait par l'intermédiaire d'allèges, ce qui est à la fois plus lent et plus coûteux.
Une loi du 17 juillet 1893 a déclaré d'utilité publique la construction à Marseille d'un nouveaat bassin, dit bassin de la Pinède, le prolongement de] la jetée extérieure sur une longueur de 500 m. et] l'établissement d'un bassin de remisage pour lesl navires désarmés ou en démolition et pour les ba-| teaux de servitude. A l'intérieur de la darse, creusée] au moins à 8 m. 50 sous basse mer et qui aura un€ superficie de 30 hect., seront établis deux môles dfl 100 m. de largeur, ayant respectivement 130 et 250 mi de longueur. La longueur des quais utilisables pour] l'embarquement et le débarquement des marchandises sera de 2.780 m.
Radoub. — Un bassin de carénage, avec quai incliné, est situé dans le Vieux-Port. Sur le côté du bassin National, avec lequel ils communiquent par une passe spéciale de 28 m. de large, se trouvent i 1° un bassin de réparations à flot de 5 hect. de superficie; 2" un bassin de réparations, à l'aide depontons, de 3 hect. ; dans ce bassin s'ouvrent six formes de radoub, dont 2 de 130 m. de long et 1 de- 181 m. 50. Ces formes, construites par l'État, sont exploitées par la Compagnie des Docks.
Navigation maritime. — En 1898, le mouvement maritime du port de Marseille a donné les résultats, suivants (en milliers de t.) :
En 1898
Long
cours
Cabotage
internai
Colonies
Ensemble
Cabotage
Nav.
Tonn.
Nav.
Tonn.
Nav.
Tonn.
Nav.
Tonn.
Nav.
Tonn.
Entrées | ^Ss:::::;;::;:::::: ! i:::.": !
Totaux
sor"«M voffierl-.v.::::::::::::::::::::::
Totaux
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Il ne s'agit ici qae des navires ayant fait des opérations commerciales, constatées par la Douane. Certains documents émanant des corporations locales donnent des chiffres pins forts, mais c'est parce qu'on y tient compte, à tort, des navires sur lest et des relâches, ce qui est une manière incorrecte d'évaluer le mouvement commercial. La proportion des navires français est de 33,4 •/. dans le long cours et 30,7 V. dans le cabotage international. Le cabotage côtier et la navigation avec IWlgérie sont exclusivement réservés au pavillon français.
Si l'on établit la comparaison entre le mouvement dn port de Gênes et celui du port de Marseille en 1898, on trouve, en faveur de ce dernier, un excédent de 4. 193 bâtiments et de 2.968.310 t. Marseille maintient donc encore sa supériorité; mais celle-ci
n'en est pas moins menacée, car le traQc de notre grand port reste à peu près stationnaire, tandis que celui du port de Gênes fvoy. ce mot) s'accroît considérablement. C'est une situation qui a déjà éveillé l'attention des intéressés marseillais et du Gouvernement.
La plupart des navires qui participent aa mouvement maritime de Marseille appartiennent à de» Compagnies desservant des itinéraires réguliers. Quelques-unes font des services postaux et, à ce titre, reçoivent des subventions importantes, qui, ponr le seul port de Marseille, se sont élevées en 1898 à pin» de 15 millions de fr., soit 56 '/. de la somme totale de 26 millions 1^2 distribuée de ce chef par l'État.
Les principales Compagnies maritimes qni ont Marseille pour port d'attache sont les snivantes :