MARTINIQUE
pour la faire aboutir à Marseille, mais l'influence de la Compagnie P.-L.-M. l'a fait arrêter à Cette. Marseille a cinq gares : Saint-Charles, gare principale, située en haut de la ville, affectée au service des voyageurs et de la messagerie ; Vieux-Port ; La Joliette; Arenc; Prado. Un embranchement partant de la Joliette et passant à Arenc va se relier à la ligne principale à la station de l'Estaque. Le mouvement des voyageurs par chemin de fer a été, en 1898, de 1.984.114 arrivants et de 1.909.230 partants; celui des marchandises :
Grande et petite Tilesse réunies Expéditions Réceptions
Saint-Charles 311.012 S36.682
Joliette 790.264 358.063
Prado 258.736 243.698
Vieux port 12.364 6.377
Arenc 344.467 114.635
Totaux. ..».., Ensemble
A peu près toutes les sortes de marchandises concourent à alimenter le commerce marseillais.
L'ouverture du Gothard, en favorisant Gênes, a détourné de Marseille le courant commercial de l'Est de la Suisse, de l'Allemagne méridionale et d'une partie de l'Alsace. La politique douanière de la France a fait le reste : les restrictions apportées aux admissions temporaires ont été très nuisibles au commerce des céréales et des farines ; les interdictions de manutentionner en entrepôt sont une gêne pour le commerce d'exportation des vins.
Les principales industries de Marseille sont :
La Minoterie. — 120 usines ; 6.407 chev.-vapeur de force motrice : travail possible par jour, 22.730 qx de blé.
L'Huilerie. — Cette industrie, consacrée à l'extraction du principe gras des arachides de l'Inde et d'Afrique, est concurrencée par l'importation des huiles de graine de coton et du saindoux, tous deux d'origine américaine. L'épuration des huiles d'olives brutes d'origine indigène est stationnaire. L'épuration des huiles exotiques, importées sous le régime de l'admission temporaire, présente plus d'activité : elle s'est exercée en 1898 sur 1 million 880.000 kilog. de produits bruts de provenance italienne ou espagnole.
La Savonnerie existe depuis plus de trois siècles à Marseille et réussit à se maintenir. Elle produit environ 120.000 T. de savon par an, dont 20.000 pour l'exportation.
La Stéarinerie est florissante. Elle a exporté en 1898 près de 2.500 T. de produits finis.
La Rafjinerie de sucre est loin d'être ce qu'elle était autrefois, alors qu'un régime douanier plus libéral facilitait l'arrivée des sucres bruts de la Réunion, de l'Inde, de Java. En 1898, le produit de la rafHnerie est de 107.688 T.
Distilleries de Liqueurs. — Ces industries sont prospères, mais ne fournissent pas un appoint important à l'exportation, puisque le total, en 1898, ne dépasse pas 50.000 litres.
Industrie céramique. — 31 grandes tuileries et briqueteries mécaniques sont installées dans le quartier Saint-Henri. La production annuelle exportée s'élève environ à 235.000 T.
L'industrie métallurgique est représentée à Marseille par quelques raffineries de plomb et par les hauts-fourneaux de Saint-Louis, qui, ne travaillant
que des matières grevées de lourds frais de transport, ne paraissent pas devoir prendre de l'extension.
Les affaires paraissent stagnantes à Marseille : la Banque de France y escompte moyennement par au GOO.OOO effets représentant 500.000.000 de fr.
Marseille est alimentée en eau potable par une dérivation de la Durance ; son système d'égouts est aujourd'hui développé. Marseille est le siège d'un tribunal de commerce dont les décisions font autorité. Jules Fleury.
MARSHALL (Iles). Archipel d'Océanie, appartenant à l'Allemagne, s'étendant à l'E. des îles Carolines, entre 4» 20'— 14° 45' lat. N. et 158» 45'— 171" 40' long. E. de Paris. Il comprend deux groupes : Ratak à l'E. avec 13 îles, et Ralik à l'O. avec 11 îles. Sup. totale : 415 kil. carrés. Pop. : 13.000 hab. en juin 1897; 45 Allemands sur 58 Européens. Climat sain. La ville principale, Yalouit, est la résidence du commissaire impérial allemand. 11 y a des plantations de cocotiers. Le coprah est la production la plus importante : elle a été en 1897 de 2.362 T. La même année, le port de Yalouit a reçu 84 navires jaugeant 12.333 t.
M.VUTIN-SIEMENS. V. AciER.
MAUTL\IQUE. Une des Petites-Antilles, appartenant à la France, située à 130 kil. S.-E. de la Guadeloupe, entre 14» 23' — 14» 52' lat. N. et 63» 9' — 63° 34' long. 0. de Paris. Sup. : 988 kil. carrés (65 kil. sur 34). Pop. : 187.092 hab. en 1895 (190 par kil. carré), dont 1.307 seulement sont nés en France. Le nombre des naissances a été en 1895 de 6.026, celui des décès de 5.007.
La colonie est divisée en deux arrondissements (Fort-de-France et Saint-Pierre), 9 cantons et 32 communes. Chef-lieu : Fort-de-France, 18.000 hab. Principal centre commercial : Saint-Pierre, 25.382 hab. en 1895. Elle est administrée par un gouverneur, assisté d'un Conseil privé et d'un Conseil général de 36 membres élus ; un sénateur et deux députés la représentent au Parlement. Le budget local de 1897 atteignait 5.369.000 fr. ; au budget de 1898, la part de la métropole était de 2.638.000 fr.; le budget de 1899 se chiffre par 6.545.000 fr., le service de la dette est de 95.000 fr.
L'île est volcanique; point culminant, 1.350m. 75 cours d'eau, dont 2 navigables, la Rivière- Pilote et la Rivière-Salée. Climat chaud et humide. La saison fraîche dure de décembre à mars (21» à 28°, 475 mm. d'eau), la saison sèche d'avril à juillet (22» à 31», 140 mm. d'eau), ouragans et grandes pluies de juillet à décembre. La fièvre jaune et le choléra sont redoutables pour les Européens.
Productions. — Sur les 98.800 hectares de l'île, 45.000 sont cultivés, dont 20 à 25.000 en canne à sucre. Les autres cultures principales sont le cacao (1.700 hect.), le café (300 hect.), le tabac, le coton, le manioc, l'igname, les arbres à épices, le bananier, l'ananas, l'oranger, etc. Les forêts ne sont pas exploitées, par suite de la difficulté des transports. On compte de 20.000 à 25.000 boeufs, 20.000 porcs environ, quelques milliers de chevaux et de mulets. Il n'y a pas d'exploitation minière.
Industrie. — Il existe à la Martinique 20 usines à sucre de canne, de nombreuses rhumeries, 15 distilleries de tafia à Saint-Pierre, avec une fabrication journalière moyenne de 30 hectolitres, 1 tonnellerie, 1 savonnerie, 2 tanneries, 1 vermicellerie, 4 glacières, 4 chocolateries, 2 fabr. de liqueurs.
M A se AT E
MASQUKS
1 minoterie, 1 fabr. d'allnmettes, 1 fabr. d'engrais, i scieries mécaniques, 1 fonderie.
Commerce extérieur. — Les import, sont passées de 22.885.000 f r. en 1806 à 21 millions 4 en 1897 et 24.3 en 1898, (13,1 en marchandises françaises, et 11,2 en marchandises étrangères), dont 4,0 en farineux alimentaires, 2,4 en marbres, pierres, terres, 2,0 en tissns. 1 ,8 en ouvrages en métaux, 1,6 en boissons, 1,6 en denrées coloniales de consommation, 1,4 en poisson. Les import, de France consistent en denrées alimentaires et objets manufacturés variés. L'Angleterre fournit en partie les tissas, la presque totalité de la hoDille et le riz venant de l'Inde. Les colonies françaises expédient à la Martinique la mélasse, le café et la morue.
Les export.,d'ane valeur de 21.431.000 fr. en I89G, 19 millions 3 en 1897, 22.3 en 1S98 (dont 20,3 à destination de la France) se font surtout en sucre d'usine, 31.318.000 kilog. en 1898 pour 10.474.000 fr. ; eaux-de-vie de mélasse. 15.003 hectol. pour 7.120.000 fr. : cacao en fèves, 035.000 kilog. pour 1.272.000 fr. ; campêche. En 1899, les import, se sont chiffrées par 27.004.000 T. et les export, par 24.368.000 T.
Les deux entrepôts de douanes de Saint-Pierre et de Fort-de-France sont entretenus sur les fonds du budget local.
Navigation.— Les entrées ont été, en 1896, de689nav. jaugeant 352.000 t., dont 355 nav. français avec 181.000 t. Do 1" janvier 1899 an 1" janvier 1900, les entrées se sont élevées à 6.33 nav., jaugeant 315.000 t., dont 380 nav. français avec 157.000 t. Services mensuels de la Compagnie Transatlantique de Saint-Nazaire à Saint-Pierre et Fortde-France en 14 jours (prix : 750 à 900 fr.), de .Marseille à Fort-de-France et Colon, de Fort-de-France à Port-aa-Prince et de Fort-de-France à Cayenne. Un bateau à vapeur de la Compagnie Girard établit des relations deux fois par semaine entre les localités du littoral S.-O.
Voies de communication. — Les routes ont une longueur de 487 kil. Les localités de l'ile sont reliées entre elles par le téléphone. Câbles de Fort-de-France à Saint- Pierre, à New-York et à la France par Haïti, du Prêcheur à la Guadeloupe.
Monnaies, Poidset Mesures.— Les mêmes qu'en France. La Banque de la Martinique a le privilège d'émettre des billets de banque de 500 fr., 100 fr., 25 fr. et 5 fr. ayant cours légal dans l'intérieur de l'Ile.
Établissements financiers. — Saint-Pierre possède le siège social de la Banque de la Martinique, une succursale du Crédit foncier colonial et une agence de la Colonial Bank de Londres.
Régime douanier. — I>es produits d'origine étrangère importés à la Martinique ont été sonmis, sauf exceptions, au tarif métropolitain, par décret du 29 novembre 1892. (Voy. Annales Com. ext., 2* fascicule 1893.) I..es sucres payent un droit de sortie de I fr. par 100 kilog., les rhums et tafias de 0 fr. 01 par litre. Les prodoits d'origine coloniale importés directement en France entrent en franchise, sauf exceptions soumises au régime du tableau E. du T. G.