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Gascucl, Notes .<«/• les vhamps d'or de Cool'jardie

4° Russie. — La production d'or de la Russie d'Europe et de la Sibérie a dépassé, eu 1898, 12;» millions de fr. : la plus grande partie de cet or provient de l'exploitation de placers,qHi existent en nombre considérable dans le bassin des divers fleuves de la Sibérie.

L'exploitation de l'or en Russie est plus ancienne que dans la plupart des autres centres aujourd'hui connus : c'est au milieu du dernier siècle que remonte la découverte de gisements dans les monts Oural et dans le gouvernement d'Arkhangelsk. An début du XLK" siècle, les filons de Berezof, situés au bord de la rivière Berezofska, donnèrent un moment 3C0 kilog. d'or par an, vers 1810; après une longue diminution, ou est à peu près revenu au

MINES D'OR

MIXES DOR

même chiffre aiijourd'lini. Dans l'Oural méridional, le premier gite (llonien fut découvert en 170i» (De- Balz, les (Gisements aurifères en Sibérie) : anjonr- ^ d'Iiui, Katclikar fonrnit près de iJiOO kilog. par an. Des placers aurifères furent découverts eu 1814 dans la région onralienne: en 1812, le Gouvernement per- , mit aux particuliers d'extraire l'or sur leurs propres ; terres: le Code minier de 1838 devait régler la qnes- i tion pour les non-propriétaires. En 18:11, furent décou- ' vertes les mines des monts Altaï, entre les rivières Tom et lénisséi, dans le bassin de la Kia: après 1870, '. les filons du gouvernement d'Iénisséi et de la pro- | vince trausbaïkalienue: en 189;), des gîtes filoniens ; dans l'arrondissement de Mariinsk (gouvernement ^ de Tomsk}. En 1847, les alluvions d'Iénisséi four- ; Hissaient 60' „ de la production totale d'or de la; Russie. En 1849 commença l'exploitation des riches ! alluvions du bassin de l'Olekma (gouvernement de : Yakoutsk); eu 1854, celle de Bargouzinsk (province de Transbaïkaliei; en 1860, celle des steppes des, Kirghizes; en 18G8, celles du Haut-Amour, dans le i bassin de la Djalinda: eu 1871, celles du bassin de 1 l'Auigonne; en 1890 enfin, l'exploration des bords i de la mer d'Okhotsk.

Depuis 17o4 jusqu'à la fin de ISÎHi, on estime que la Russie a produit 1 10.000 ponds, soit environ 1.7o0.000 | kilog. d'or, valant plus de o milliards de francs. Voici, pour l'année 1890, le détail de la production :

Or de lavage (alliivion)

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Semi|Ktlatinsk, Aknioliusk et Semirelthié

Atcliinsk, Minoussiiik et Krasnoiarsk.

( Domaine inii»crial

Liltoral

Resie «le la Sibérie

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La législation russe permet aux particuliers d'exploiter en Sibérie les sables et les filons aurifères sur les terres dites de toute propriété, sur les domaines de l'État et sur ceux de l'empereur, avec certaines réserves et exceptions. Pour entreprendre la recherche de gisements aurifères, un permis spécial de la direction des mines est nécessaire. Le gisement reconnu exploitable doit être déclaré à la direction de police du district. Lîi concession est faite par un commissaire spécial d'allocations iotcotchik). Le Code minier impose deux sortes d'impôt: la redevance foncière, calculée d'après la sni)erficie de la concession, et l'impôt en nature, c'est-à-dire le prélèvement, an profit dn Trésor, d'une fraction de l'or produit, qui varie de 3 à 15 • „ et aussi les frais du transport de l'or jusqu'à l'hôtel des monnaies de Saint-Pétersbourg. Tout l'or retiré des placers ou filons doit être vendu à l'État. Pour la Sibérie, deux laboratoires, installés à Irkontsk .-t à Tomsk, fondent en lingots l'or apporté par les exploitants, analysent et titrent ces lingots et fixent la redevance à payer. Le prix de revient est en général élevé, il varie des 8/9 aux 2/3 de la valeur de l'or produit.

! "i* Autres pays. — Parmi les autres pays producteurs, le Canada a fait de grands progK'S depuis l'ouverture du champ aurifère connu sous le nom de Klondyke (voy. ce mot), qui a fourni en 1898 près de ;yj millions d'or: deux lits {rreekf} de rivièri's seulement, la Itonauza et l'Eldorado, y ont été exploités jusfju'ici avec quelque intensité : on s'attend pour 1899 à une production encore plus forte qu'en 18518. Le reste du Canada a fourni environ 20 millions. La Colombie britannique itarait renfermer des richesses aurifères sérieuses.

Parmi les autres pays, il n'y a guère à citer, dans r.\mérique du Xord, que le Mexique, qui a produit près de 40 millions d'or, et qui est en même temps le principal producteur d'argent du monde, à côté des États-Unis : ils fournissent chacun presque un tiers du total général dn métal blanc. Dans l'.lmériqne du Sud, le Brésil a donné 9 millions, le Chili 7, la Colombie 8, la Guyane anglaise 9, la Guyane hollandaise 3, la Guyane française 7, le Venezuela, 4 millions.

En Asie, on évalue la production de la Chine à 3o millions: celle des Indes anglaises à 40 millions, celle du Japon et de la Corée à 7 millions. En Europe, les seules productions qui vaillent la peine d'être mentionnées, en dehors de la Russie, sont : r.\utriche-HoBgriell millions, l'Allemagne 9 millions, la France et l'Italie, chacune 1 million.

On peut observer, d'une façon générale, que les statistiques de la production aurifère doivent être inférieures à la réalité: elles n'embrassent pas toutes lesentreprises: un certain nombredecelles-ci peuvent avoir intérêt à dissimuler une partie de leur production, notamment là où l'État impose des droits élevés; des vols sont faciles.

Quoi qu'il eu soit, la recherche et l'exploitation des gîtes aurifères constitue de nos jours une industrie des plus vivantes, des plus prospt-res, qui n'occupe pas .seulement une quantité considérable d'ingénieurs et d'ouvriers, qui n'alimente pas seulement de commandes les industries comme celles de la construction des machines, des pilons, etc., mais qui contribue à l'activité des transactions financières sur plusieurs grands marchés. Pendant longtemps, la place de Londres a conservé une sorte de monopole à cet égard: lorsqu'une région nouvelle était découverte, c'était en .\ngleterre que se formaient des Compagnies pour l'exploiter. Depuis 1893, le marché de Paris s'est ouvert à ces entn^prises. Ce n'est pas ici le lieu de rappeler les circonstances qui ont accompagné cette évolution, ni les excès de spéculation, ni les déboires qui en sont résultés. La nature de ces affaires est aujourd'hui mieux qu'an début connue des capitalistes français, qui s'y intéressent à la fois avec pins de hardiesse et moins d'ignorance.

Il faut observer le caractère unique de cette industrie, qui est l'absence de risque du cours de la marchandise produite. L'or, dans presque tous les pays civilisés, peut être frappé en monnaies libératoires pour des quantités illimitées. Dès lors, le seul élément du problème à résoudre est le coût de l'extraction. La démonétisation graduelle de l'argent n'a fait que mieux affirmer encore cette supériorité du métal jaune, qui, en réalité, est aujourd'hui le seul métal monétaire, au sens complet du mot.

Que si, plongeant nos regards dans l'avenir, nous essayons de nous représenter ce que sera, dans les

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