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NICKEL

importante. En 1896 elle a exporté pour 2.738.660 fr. et importé pour 1. 150.570 fr. de marchandises. La part de la France, nulle à l'export., a été de 5.943 fr. à l'import., tandis que celle de l'Autriche-Hongrie était de 836.510 fr., celle de l'Angleterre de 41.521 fr. et celle de l'Allemagne de 29.938 fr.

Le principal article d'export. est le blé, qui est de bonne qualité et pèse de 76 à 78 kilog. l'hectol. Le prix en est déterminé, comme pour les blés de Belgrade, d'après les cours du marché de Pest. Puis viennent les porcs abattus : il en a été exporté en 1896 pour 674.000 fr. à la seule destination d'Autriche-Hongrie; le bétail, 297.500 fr., les peaux, 270.000 fr., le vin de Nich (133.700 fr. en 1896), demandé par les négociants de Belgrade et de Hongrie an prix de 22 à 26 fr. l'hectol. de blanc et 18 à 20 fr, l'hectol. de rouge. Ces vins de Nich sont très sucrés et ont une belle couleur.

L'import. porte sur tous les articles manufacturés, puisque l'industrie est nulle ou à peu près; mais les chiffres en demeurent minimes.

KICKEL. Le nickel pur est un métal blanc grisâtre, malléable, ductile et très tenace ; peu altérable à l'air, il se dissout facilement dans l'acide nitrique, qu'il colore en vert. Densité variant de 8,2 à 8,8. Chaleur spécifique 0,1108. Ses minerais sont indiqués en détail à l'art. Minerais.

Quand on arrive à quelques milles en vue de Nouméa, l'œil est attiré par une belle montagne rose : le mont d'Or, justement célèbre dans l'histoire économique de la Nouvelle-Calédonie. C'est, en effet, sur c»tte montagne que M. Jules Garnier, en cherchant du charbon, trouva les premières traces du métal calédonien par excellence : le nickel. Il le découvrit dans un minerai de couleur verte, au grain rugueux, pareil à du lichen durci et gommé, qui, du nom de son inventeur, fut appelé garnicrite. On sait qu'un même métal se présente en des minerais d'aspects très différents de pays à pays, voire dans le même pays. La garniérite est spéciale aux gîtes calédoniens.

Ce fut l'ingénieur Caulry qui, le premier, traita le minerai vert. Alais, par la suite, on s'aperçut que celui ci n'était pas à beaucoup près le plus riche. De nouvelles analyses établirent la supériorité d'un certain minerai pulvérulent de couleur brune, vulgairement appelé chocolat, qu'on avait jusqu'alors jeté au remblai comme ne valant pas la peine d'être fondu. Le rôle du nickel calédonien date de la constatation des vertus de ce chocolat qui, sur beaucoup de points de l'île, saupoudre les chalands, les wharfs, les quais, les routes, les vêtements des travailleurs, les mains et les visages. On l'extrait en carrières, à ciel ouvert. On le dépose par tas réguliers dont les masses chaudes se distinguent au loin sur la verdure. On l'expédie en de petits sacs de jute formant autant de paquets de poids égal. (Lettres de .Jean Carol au Temps, septembre 1899.)

Le nickel est rare à la surface du globe, on n'en a jusqu'ici découvert d'autres gisements importants que dans quelques parties du Canada. Il n'avait d'ailleurs, jusqu'en ces dernières années, aucun emploi dans la grande industrie. Depuis, on a découvert qu'en le mêlant au fer dans une proportion déterminée, on obtient de l'acier d'une qualité supérieure; il est devenu aussitôt de première nécessité pour les engins de guerre, les constructions navales et la grande industrie métallurgique en général. Celle-ci aura besoin désormais de plusieurs centaines de mille tonnes de nickel par an.

On se demande qui, du Canada ou de la Nouvelle- Calédonie, s'emparera du marché de ce métal. Le nickel calédonien est plus riche que le canadien, dont la teneur est de 3 1/2 "/„ au maximum et dont le

traitement est difficile, par suite de la présence du cuivre et de l'arsenic; mais le Canada a la maind'œuvre sur place, tandis que la Nouvelle-Calédonie est obligée de faire venir du dehors, à grands frais, celle dont elle a besoin.

La garniérite est un hydrosilicate de nickel et de magnésium ; on en extrait le nickel par fusion au cubilot avec des matières sulfurées, comme des pyrites.

Le nickel' encrasse les limes; il est magnétique et à peu près aussi conducteur que le fer; il est presque aussi réfractaire que le manganèse et il devient aisément fusible par addition d'un peu de carbone. (Voy. Alliages.)

L'inaltérabilité du nickel le fait employer pour recouvrir les objets en fer, en cuivre ou en laiton au moyen de l'électrolyse (voy. Nickelage), ou bien, sous forme de tôle mince, en placage sur le fer ou le cuivre. On fait ainsi des réflecteurs pour lampes, des instruments de chirurgie et de laboratoire, des enveloppes de cartouches et de balles, de la monnaie.

Voici quelques alliages de nickel d'après MM. Moissan et Ouvrard :

Fils jiour passementerie

Peinture et impressions argentées.

Bronzes pour monnaie :

Suisse

Allemagne

Belgique < "

États-Unis [ 12

Alliage binaire 1 20

Déjà tout l'armement se fait à l'acier au nickel : canons, cuirasses, armes de toute sorte. Les chemins de fer commencent à employer, dans toutes leurs parties, l'acier au nickel : rails, roues, tôles de chaudières, etc. Aux États-Unis, une seule grande usine de bicyclettes utilise jusqu'à 400 T. de nickel pour la préparation de ses aciers.

On extrait, en Nouvelle-Calédonie, environ 120.000 T. de minerais de nickel par an, représentant une somme industrielle et commerciale de plus de 20 millions de fr. : cette exploitation est faite principalement par deux Sociétés au capital global de 30 millions de fr. et par plusieurs antres. A cause du prix élevé des charbons qu'ils emploient et qu'ils tirent de l'Australie, les Calédoniens sont réduits à extraire purement et simplement le minerai et à le vendre. Ils ne peuvent ni le fondre, ni l'affiner : le prix de revient dépasserait tous les profits. Ils le vendent aux .\nglais, qui le fondent dans les hauts fourneaux de Glascow. Une fois fondu, le nickel est transporté en fonte brute, pour ce qui intéresse l'industrie française, à une usine d'affinage installée au Havre, qo: le distribue en France.

Il en est de même pour le Canada, qui ne possèd( pas d'usine d'affinage du nickel et qui exporte l minerai aux États-Unis. Les mines canadiennes sont situées dans la partie 0. de la province d'Ontario, autour de la ville de Sudbury.

Commerce extérieur. — Nous donnons ci-après les chiffres des import, de nickel (minerais compris) de la Nouvelle-Calédonie en France pour les années 1889 à 1898, puis ceux des export, totales de nickel du Canada pour les

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