CM
Les import, étrangères les plus considérables sont les cotonnades, principalement celles d'Amérique, les filés de coton indiens et le pétrole américain et russe. Dans l'ensemble, les import, étrangères se sont élevées en 1897 à la somme d'environ 9 raillions de taëls (de 3 fr. 73), les import, chinoises à 3.600.000, soit un total de 12.600.000 taëls. Les export, ont été, la mémo année, do 5.500.000 taëls pour l'étranger et de 8.300.000 pour les ports chinois : total, 13.800.000.
En 1898, la valeur totale des Import, et des export, a été de 32.441.000 haïkouan taëls : import. 15.993.035, export. 17.448.280. Parmi les import., on remarque : les filés de coton venant des Indes : 137.373 piculs (de 60 kilog.) pour 2.800.000 taëls; 1.822.000 gallons (de 4 lit. 1/2) de pétrole, presque tout américain; 392.000 grosses (de 12 douzaines) de boîtes d'allumettes, à peu près exclusivement japonaises ; on peut acheter à Niou-Chouang, comme à Tchéfou, 10 boîtes d'allumettes d'Osaka pour 30 sapèques, soit moins de 10 centimes. Parmi les export., les haricots figurent pour 4.220.963 piculs, les tourteaux pour 3 millions 695.821, l'huile de fèves 108.323 piculs; les peaux et fourrures (d'écureuils, de renards, de belettes, d'agneaux, de moutons, etc.) pour 135.000 taëls; le tabac en feuilles^ le ginseng et la rhubarbe représentent aussi des sommes appréciables.
Le mouvement de la navigation à vapeur a été, en 1897 :
PAVlt.I.OX
Anglais
NITRATES
A'avires
enlMs el sortis
Tonnes
Allemand
Chinois
Autres
plus 19.000 t. de bateaux à voiles, surtout anglais.
Banques : Succursales de la Hong-Kong Bank et de la Banque Kusso-Chinoise.
Ml'l'OX YUSKN lîAlSllA. La première des Compagnies japonaises de navigation à vapeur. Siège social à Tokio; correspondant à Paris, H. Caplain, 58, rue d'Hauteville. Flotte en 18î)9:G8 navires jaugeant 207.386 t. ; le plus fort de ces bâtiments, le Wakasa Maru, jauge 6.266 1., le moins grand 460 t.
Les principaux services partent de Yokohama pour-: 1° Londreset MarseilleparHong-Kong.Singapore, Colombo, Port-Saïd, tous les quinze jours (le trajet dure 45 jours); 2° Seattle par Honolulu, mensuellement; 3' Melbourne et Sydney par Hong-Kong, environ toutes les quatre semaines ; 4° Bombay par Hong-Kong, Singapore et Colombo, une fois par mois ; .5° Shanghaï, tous les huit jours. Une ligne part tous les quinze jours d'Anvers et Southampton pour Kobé et Yokohama. D'antres services unissent Hong-Kong à Vladivostock ; Kobé à Vladivostock, Niou-Chouang, Tien-Tsin, Otaru, Loochu, Keelung; Yokohama à Manille, Ogasawara, Yokkaïchi ; Ûtsaru à Soya, Nemuro aux îles Kouriles.
IVISCII. Ville de Serbie. V. Nich.
NITU.VTES ou Azotates. Les nitrates ou azotates sont des sels qui résultent de la saturation de l'acide azotique par une base, le rapport de l'oxygène de l'oxyde à celui de l'acide étant de 1 à 5. On les désignait autrefois sous le nom de nitres, qui a été conservé, dans le langage commercial, au nitrate de potasse et parfois aussi au nitrate de soude (nitre cubique). Ils fusent sur les charbons ardents; ils fondent et se décomposent dans un tube fermé, sous l'action de la chaleur. Chauffés avec des matières oxydables, ils donnent lieu à des composés explosibles, comme la poudre à canon; avec le charbon ils déflagrent. Avec l'acide sulfurique ils dégagent des vapeurs blanches d'acide azotique hydraté, et en présence du cuivre, de l'acide hypoazotique, gazeux et rouge orangé; avec l'acide chlorhydrique, ils forment de l'eau régale qui dissout l'or; etc. Notons enfin qu'avec la limaille de zinc et un alcali la chaleur les décompose en produisant de l'ammoniaque, qui colore instantanément en rouge violacé un papier réactif au campêche : c'est un procédé usité pour retrouver dans les eaux des traces de ces sels. Les deux nitrates les plus employés dans l'agricultnro et dans l'industrie sont le nitrate de soude et le nitrate de potasse, appelé aussi nitre on salpêtre.
Nitrate de Soude. — C'est un sel blanc, d'une saveur acre et fraîche, très soluble dans l'eau, et même déliquescent. Sa densité est de 2,760. Il fuse sur les charbons ardents et forme, comme le nitrate de potasse, des mélanges fulminants avec le soufre et le charbon : aussi a-t-on essayé de l'employer dans la fabrication de la poudre; mais la facilité avec laquelle il attire l'humidité de l'air le rend impropre à cet usage. En revanche, on le préfère pour la fabrication de l'acide nitrique, à cause de son bas prix et de sa plus forte teneur en acide. On s'en sert aussi pour produire artificiellement le nitrate de potasse, par voie de double décomposition.
En 1820, Mariano de Rivero a fait, à l'École des mines de Paris, la première analyse de cette pr^^ cieuse matière fertilisante, dont le célèbre minér|
NITRATES
NITRATES
logiste Haûy détermina la forme cristalline. Le port d'Iqnique est le centre d'exportation du nitrate, qui forme, entre le 19* et le 21' degré de latitnde Nord, des gisements inépuisables.
Le nitrate de sonde brut, qu'on nomme caliche, se trouve au Pérou, au Chili et en Bolivie, en couches de 1 à 5 m. d'épaisseur sur d'immenses surfaces. La superficie du seul gisement de Tarapaca est évaluée à près de 116.000 hectares. Le caliche est un mélange de nitrate de soude, de sel marin, d'argile et antres impuretés ; sa teneur en nilre pur varie de 10 à 65 */••
On utilise, dans les nombreuses usines du Chili, les diflérences de solubilité dans l'eau du nitrate et du sel marin pour préparer le produit livré à l'agriculture : le sel commercial titre de 92 à 96 "/, de nitrate; ce dernier, à l'état de pureté (100 •/•). présente la composition suivante :
Acide nitrique 63,53
Soude 36.47
Il contient 16,47 d'azote •/, : c'est l'azote nitrique seul qui fait la valeur agricole du nitrate, et c'est par conséquent la teneur du produit commercial en azote qui sert à en fixer la valeur vénale. Le nitrate du commerce renferme de 15,1 à 15,8 d'azote, moyenne 15,6. La loi de 1888 sur la répression de la fraude dans le commerce des engrais oblige le vendeur à garantir sur facture la teneur de l'engrais en principe utile, au cas particulier en azote. Nous ne saurions donc trop recommander aux agriculteurs d'exiger cette garantie dans leurs contrats d'achats et de se refuser formellement à accepter l'évaluation de la teneur en azote par différence, que certains négociants persistent, au mépris de la loi, à vouloir leur imposer.
Le nitrate de soude a fait son apparition sur le marché européen vers 1825, époque à laquelb on a importé 1.000 T. environ destinées principalement à la fabrication de la poudre. En 1850, l'import. était de 26.000 T. seulement (le nitrate coûtait à cette époque 48 à 50 fr. les 100 kilog.), de 100.000 T. à peine vers 1870, au prix de 36 fr. les 100 kilog. Les quantités importées ont progressivement augmenté, au fur et à mesure du développement de l'emploi agricole du nitrate, dont on constatait de toutes parts la haute valeur fertilisante. La consommation européenne du nitrate de soude dépasse, en 1900, 1 million de T. ; elle ira chaque année en augmentant avec la vulgarisation des accroissements de rendement dus à l'application de cet engrais aux récoltes les plus diverses (céréales, plantes sarclées, vignes, etc.). Les gisements de nitrate sont de longtemps inépuisables.
Le tableau suivant résume la production et la consommation du nitrate dans le monde entier, en tonnes, durant la dernière période décennale :
Pn^Klioi C«is«Hïtioi C4i»»ili(i
Années totale États-Unis Europe totale*
1890.. 1.035.000 lOi.OOO 779.810 883.810
1. Les stocks des années précédentes comblent l'écart entre les diifires constatés pour l'extraction et la consommation de chaque année.
En dix ans, la consommation du nitrate en Europe a donc augmenté de 3^.000 T. environ, soit de 60 V..
La consommation européenne se répartit très inégalement suivant les divers pays; en 1889 et en 1898, elle était la suivante, en tonnes :
Pays 1889 1898
Allemagne 302.800 4(6.390
France 187.510 247.740
Belgique 105.150 152.520
Rovanme-Uni » 131.730
Pavs-Bas 32.310 79.830
Autriche- Hongrie Néant. 12.280
Totanx.... 667.730 1.0SU.180
C'est l'Allemagne qui, à raison de sa grande culture betteravière en sols généralement pauvres, tient le premier rang: la France occupe le second ; mais nous sommes loin de consommer les quantités de nitrate que réclament nos cultures de céréales, de plantes sarclées et nos vignobles.
Il est aisé, en effet, de constater combien est faible, par rapport à l'étendue des surfaces cultivées, l'import. européenne du nitrate de sonde. Les 1 million 50.180 T. introduites en 1898 correspondent à 163.828 T. d'azote nitrique. Si l'on suppose l'emploi de 200 kilog. de nitrate, soit 30 kilog. d'azote à l'hectare, estimation bien modérée, puisque les plantes sarclées et la vigne en réclament le double au moins, l'importation de l.ffôO.OOOT. de nitrate sufHrait à peine à fnmer 5 millions d'hectares ! Réduites au faible chiffre de 100 kilog. de nitrate par hectare pour les céréales et à 200 kilog. pour les plantes sarclées et pour la vigne, les quantités de nitrate que la France seule pourrait utilement appliquer à ses récoltes s'élèveraient aux chiffres suivants :
Hect.ires Nitrate
Céréales 14.300.000 a 100 tgr. = 1.430.000 T.
Plantes sarclées.. 2.200.000 à 200 » = 440.000»
Vignes 1.500.000 à 200 » = 300.000 »
Total =2.190.000 7.
Pins de 2 millions de T. pour la France seule, c'est-à-dire le double de la consommation actuelle de l'Europe entière!
Le nitrate de soude est un sel hygroscopique : par suite de cette faculté d'attirer l'eau, le tissa des sacs dans lesquels se font tontes les expéditions du Chili s'imprègne plus ou moins complètement de nitrate. Un sac peut ainsi absorber plusieurs centaines de grammes et jusqu'à 1 kilog. de ce sel.
Cette propriété d'attirer l'humidité joue un rôle considérable dans le mode d'action du nitrate visà-vis du sol et des plantes et commande quelques règles pour son épandage. Ach. Muntz a montré que, dans un sol très sec, à 5 •/« d'humidité seulement, les cristaux de nitrate attirent l'eau et forment de petites taches renfermant 13 •/• d'eau empruntée au sol qui les entoure. Contrairement à ce qu'on pensait, malgré son hygroscopicité, le nitrate diffuse très lentement dans la terre; il ne se forme pas, en temps sec, de solution homogène de nitrate : ce fait explique l'insuccès parfois complet du nitrate de soude dans les années de sécheresse. Deux autres conséquences de cette propriété, importantes à noter : le nitrate, desséchant le sol au contact des cristaux, peut entraver la germination par défaut d'ean autour de la graine : si, lors de l'épandage, le sel tombe sur de très jeunes feuilles, il les brûle en leur enlevant leur eau de constitution. De là résulte ; 1° que, dans les terrains très secs, il est son-
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vent préférable, pour les céréales de printemps, d'enfouir le nitrate dans la couche arable, quelque temps avant la semaille ; 2" qu'il faut éviter d'épandre le nitrate à la volée sur de très jeunes végétaux.
Dans les sols humides et dans les années pluvieuses, les choses se passent tout autrement. Le nitrate se dissout et se délaye dans la terre; autant que possible, il convient de le répandre en couverture par un temps humide ou légèrement pluvieux. Inversement, il ne faut pas nitrater les récoltes au moment de pluies abondantes. L'azote nitrique, on le sait, n'étant pas absorbé par les éléments du sol, comme cela a lieu pour l'acide phosphorique et pour la potasse, traverse la terre, s'il n'est pas promptement utilisé par les racines du végétal, et se perd, entraîné par l'eau, dans les couches profondes.
Pour les céréales , deux stades de la végétation sont particulièrement favorables au nitratage : le tallage et l'épiage; pour la vigne : le débourrage et l'approche de la véraison.
Les doses de nitrate à employer varieront naturellement avec l'étal de fumure du sol : 100 à 200 kilog. à l'hectare, distribués en deux fois au semoir ou à la volée, sont des doses qu'on dépassera rarement; pour les plantes sarclées, pommes de terre, betteraves, 2o0 à 3o0 kilog. ; enfin, pour la vigne, 300 à ï)00 kilog. à l'hectare. On ne devra jamais perdre de vue que le nitrate, pour produire les résultats qu'on est en droit d'en attendre, doit trouver le sol où on le répand abondamment pourvu en acide phosphorique et en potasse. Quand cette condition est remplie, si le régime climatérique est favorable (assez d'humidité dans le sol et pas de pluies torrentielles), on peut espérer les augmentations suivantes de rendements, par 100 kilog. de nitrate employé :
Céréales (grains)
Pommes de terre
Choux, carottes
Betteraves
Maïs, fourrage
Raisins
Ces rendements supplémentaires, par rapport aux récoltes du même sol non nitrate, seront souvent dépassés.
Pour assurer une bonne répartition du nitrate, si l'on ne fait pas usage de semoir à engrais, il convient de mélanger la quantité à épandre à trois ou quatre fois son poids de terre fine, de plâtre ou de toute autre matière inerte.
Le nitrate, qui se prend aisément en pelotes très dures lorsqu'il est en poudre fine, ne doit pas être moulu, mais seulement divisé grossièrement au pilon ou autrement. Il peut être mélangé pour l'épandage à d'autres engrais, scories, sels de potasse, mais non au superphosphate, dont l'acidité occasionnerait des pertes d'azote par volatilisation. Une excellente pratique consiste à fractionner la quantité de nitrate à épandre : 100 kilog., par exemple, à l'hectare, en deux ou trois lots qu'on sèmera à diflérentes périodes de la végétation active. On assure ainsi sa meilleure utilisation par les récoltes. Pour les plantes sarclées, pommes de terre, betteraves, etc., on peut enfouir le nitrate soit totalement, soit partiellement, avant la plantation. Si l'on a donné moitié seulement de la quantité à employer avant la plantation, on épandra l'autre moitié au moment du buttage, en ayant soin d'éviter la projection du sel sur les jeunes feuilles.
En terres fortes, argileuses, le nitrate concourt à
6 qx.
oO à 53 — 40 à 43 — 4.000 à 6.000 liiloa
Exportations Quantités Valeurs 2.201,3 849,7
Quantités Valeurs 222.937.624 40.131.372 4.256.264 766.128
maintenir un certain degré d'humidité dans le sol ; en terres légères, perméables, on a toujours à redouter l'entraînement du nitrate par les pluies abondantes.
Après un hiver très froid, le nitrate semé au printemps atténue très notablement les dégâts produits par la gelée sur les céréales. Il n'exerce pas une influence moins heureuse sur le développement du bois des vignes après de fortes gelées, préparant pour la récolte suivante des ceps vigoureux.