ORANGE
à 421 kil. 0. d'Alger. L'enceinte actuelle, très élargie, englobe une superficie de 420 hect., longtemps vide en grande partie, mais qui, surtout depuis quelques années, se remplit rapidement. La ville s'étage du bord de la mer jusque sur les plateaux, comblant les anciens ravins, débordant au-delà des remparts dans les faubourgs d'Eckmiihl, Lamur, de Saint-Eugène, de Gambetta, etc. On peut y distinguer plusieurs quartiers : au N.-O. le quartier de \& Marine, tout en bas, au bord de la mer; un peu plus haut, vers l'O., le Vieil-Oran, avec la Casbah et le quartier espagnol de la Calère; la Basse- Mlle, avec les places Kléber et de la République, et la superbe promenade de Létang, en terrasse au-dessus de la mer; au S. et à l'E., sur les plateaux, la Ville- Neuve, comprenant les anciens faubourgs de la Mosquée, de Karguentah, du Village-Nègre, et se reliant par de belles voies, dont la principale est l'élégant boulevard Séguin, à la Place-d'Armes, devenue le centre de la cité.
L'accroissement de la population est en rapport avec l'extension de la ville. Le nombre des habitants était de 30.;H0 en 1860, de 4o.000 en 1870, de 67.000 en 1886, de 85.081 en 1896, dont 80.350 agglomérés. Sur ce total, on compte â4.088 Français ou naturalisés, 10.651 Israélites naturalisés ou issus de naturalisés, 1.163 indigènes musulmans sujets français, 1.176 Marocains ou Tunisiens, 33.863 étrangers de nationalités diverses, pour la plupart Espagnols; il convient de remarquer l'insignifiance numérique des Musulmans, et par contre l'importance considérable des éléments espagnol et israélite. Oran n'est à aucun titre une ville arabe; par l'origine, l'aspect, les mœurs, le costume, le langage du plus grand nombre de ses habitants, elle est plus •espagnole que française.
C'est un grand centre d'activité commerciale drainant vers son port tout le N.-O. algérien, spécialement les riclies régions de Tlemcen, de Sidi-bel- Abbès, du Sig et Habra, et même du Bas-Chélif, auxquelles elle se relie par les chemins de fer delà Sénia à Aïn-Temouchent, d'Alger à Oran, de Sainte- Barbe-du-Tlélat à Sidi-liel-Abbès et Ras-el-Mà.
Le port, créé à coups de millions, longtemps défectueux, se trouve maintenant dans de bonnes conditions. Il se compose d'un grand bassin de 25 hect., où les plus grands navires peuvent mouiller en eau profonde, et d'un petit bassin d'un peu plus de 4 hect., réservé aux petits navires, spécialement aux balancelles d'Espagne; les quais, bien aménagés, ont un développement de 2.000 m.; la gare maritime qui s'y trouve est reliée par un chemin de fer à deux voies à la gare d'Oran-Kargueutah. Le port €st desservi par la Compagnie Transatlantique, la Société des Transports maritimes, la Compagnie Fraissinet, la Compagnie de Navigation mixte, etc.
On importe des sucres, cafés, viandes salées, céréales, légumes secs, liouilles, vins et spiritueux, matériaux de toute sorte, pétroles, fontes, fers et aciers, papiers et articles de librairie, machines et mécaniques, ouvrages en métaux, ouvrages en bois. On exporte des moutons, des peaux et pelleteries, des laines en masse, des céréales, légumes secs, graines oléagineuses, les tabacs fabriqués, l'alfa, le crin végétal, les écorces à tan, les fruits secs, les légumes frais, les vins ordinaires et les vins mutés. En 1897, le mouvement général des marchandises a été de 2.275.068 T. à l'import., de 3.084.000 T. à l'export.
Il existe à Oran une Chambre de commerce, un entrepôt réel, des succursales de la Banque de l'Algérie et du Crédit Foncier et Agricole d'Algérie, des ■ agences du Crédit Lyonnais, de la Compagnie Algérienne et du Crédit Algérien.
OUANGK (État d'). Pays de l'Afrique méridionale compris entre 26° 48' — 30» 40' lat. N., 22° 15' — 27" 20' long. E. de Paris. Il est borné au N. par le Transvaal , à l'E. par le Natal et le Basutoland, an S. et à l'O. par la Colonie du Cap, dont il est séparé par le fleuve Orange. Sup. : 131.070 kil. carrés (522 kil. sur 257). Pop. : 207.503 hab. en 1890, dont 77.716 blancs. Capitale : Bloemfontein, 5.812 hab. en 1892, dont 3.115 blancs. Un plateau de 1.300 à 1.400 m. d'altitude s'étend sur la majeure partie dn territoire. Les trois principaux cours d'eau servent de frontières : l'Orange au S., le Caledon au S.-E., le Vaal au N. Aucune des rivières n'est navigable ; elles sont presque toutes à sec pendant la saison chaude.
Gouvernement. — L'État libre d'Orange était jusqu'en 1900 une République régie par la Constitution du 10 avril 1854, revisée le 9 février 1866 et le 8 mai 1879. Le pouvoir législatif appartenait à une assemblée, ou Volksraad, de 60 membres élus par le suffrage direct des blancs. Le président de la République, élu pour cinq ans également par le vote direct du peuple, était assisté d'un Conseil exécutif de cinq membres comprenant le landdrost de Bloemfontein, le secrétaire du gouvernement et trois membres nommés par le Volksraad. Il y avait une haute cour de justice à Bloemfontein. Un magistrat ou landdrost siégeait dans chacun des 18 districts de l'État. L'armée comptait 22.000 hommes. Le 13 mars 1900, les troupes britanniques, sons le commandement de Lord Roberts, ont occupé Bloemfontein, le gouvernement constitutionnel de l'État a été aboli et l'État d'Orange annexé à l'Angleterre. Des dispositions provisoires ont été prises pour assurer l'administration civile du pays.
Les recettes se sont élevées de 310.372 liv. st. en 1892-93 à 402.230 en 1897 et 799.758 en 1898, dont 121.411 en droits d'importation; les dépenses, de 378.922 liv. st. à 381.589 et 956.752 liv. st. La dette publique était, en 1898, de 30.000 liv. st. La propriété de l'État est évaluée à 490.381 liv. st.
Climat. — Tempéré, sec et salubre. A Bloemfontein, à 1 .370 m . d'altitude, la température moyenne est de 16': minimum 5° au-dessous de zéro, maximum 34°. La chute des pluies atteint environ 0 m. 60.
Productions. — Les plaines ondulées du pays portent d'excellents pâturages. L'agriculture a fait des progrès; les terres les plus fertiles sont à l'E. du pays. On cultive le blé et les autres céréales, les fruits et les légumes d'Europe. Il existe 10.499 fermes d'ensemble 12.087.000 hectares, dont 101.000 seulement étaient cultivés en 1890. Il y avait, laï même année, 248.878 chevaux , 276.073 bœufs, 619.0^] autres bêtes à cornes, 6.619.992 moutons, 858.155| chèvres, 1.461 autruches.
Les principales richesses minérales sont les diamants : la production est montée de 99.255 caratsJ valant 223.iX)0 liv. st., en 1890, à 282.598 carats! d'ensemble 428.039 liv. st. en 1894, et 307.148 carats valant 1.508.661 liv. st. en 1898. Le pays possède quelques mines de houille. En quelques endroits on] trouve de l'or et des pierres précieuses autres quel les diamants. Chambre des mines à Jagersfontein.l