OREGON
tuer avec succès au jus de citron concentré. Il existe déjà (1900) à Messine ou aux environs cinq usines fabricant ce produit. 305 kilog. de citrate de chaux à une acidité de 64" équivalent à un fût de jus de citron concentré et obtiennent dans le commerce le même prix. Mais comme le jus concentré est expédié dans des fûts en bois, cerclés de fer, pesant 700 kilog, et coûtant 25 fr. ; comme les fûts employés pour le citrate de chaux sont en bois de châtaignier, pèsent de 500 à 550 kilog. et ne coûtent que 14 lires, le second produit offre l'avantage d'une double économie sur le prix du fût et sur les frais de transport. (Rapport du consul de France à Messine, 1900.)
Espagne. — Voici quels ont été, en 1898 et 1899, les chiffres de l'export. des oranges d'Espagne, en kilog. et en francs :
Quantité Valeur
Pays de destination
Angleterre.
France. .. .
Belgique. . .
Hollande. .
Divers
Kilog.
Kilog.
OUC.VNETTE. La véritable orcanette, ou orcanette des teinturiers, buglosse des teinturiers, appartient à la famille des Borraginées. On trouve sa racine dans le commerce en morceaux tordus, d'un rouge noir, inodores, insipides, recouverts d'une écorce fendillée et gros à peu près comme le doigt. De cette racine on extrait une matière colorante nommée anchusine. Sa solution alcoolique est utilisée dans la teinture du coton ; elle donne du violet avec un mordant d'alumine et du gris avec un mordant de fer. Elle sert surtout dans la parfumerie pour colorer les pommades et les huiles de toilette. La dissolution de la racine d'orcanette dans le sulfure de carbone donne une couleur très employée dans la teinture des petits ballons en baudruche.
ORDOU.(TunQUiE d'Asie.) Port sur la mer Noire; 15.000 hab. Commerce de laines, peaux, céréales, chanvre, tabac, noisettes. Le total général du mouvement commercial a été en 1898 de 1.894.000 fr. à l'import., 946.000 à l'export. ; en 1899, respectivement, de 1.696.000 et 1.087.000; la part de la France est d'environ 1/5 à l'import. et à l'export.
La récolte des noisettes a été, en 1899, de 110.000 cantars, soit 6.200.000 kilog., la moitié environ de la récolte moyenne. L'export. des noisettes en coques a été de 2.197.480 kilog., valant 1.417.500 fr. ; celle des noisettes décortiquées, de 2.106.620 kilog. valant 2.717.830 fr.
OIVDURES MÉNAGÈRES (UTILISATION DES). Il est question de mettre en expérience à Paris plusieurs types de fours à brûler les ordures; ailleurs, on a déjà installé de véritables usines où l'on traite ces déchets d'une façon scientifique et profitable.
On a calculé que chaque habitant d'une grande ville fournit en moyenne 250 kilog. de gadoues par an, et que la tonne de gadoue, brûlée en vue d'une utilisation électrique, pourrait produire (d'après expériences faites à l'usine de Javel, 1900), 15 à 30 kilowatts-heure environ, suivant la composition des ordures. D'autre part, la manutention, le tirage forcé pour assurer la combustion, la mise en marche des ventilateurs représenteraient une dépense de 10 ki-
lowatls-heure par tonne, de sorte qu'il resterait 5 à 20 kilowatts-heure utilisables.
Au dépôt londonien de Waterloo-Bridge, on récupère par an, en moyenne : vieux papiers et cartons^ 14.800 fr. ; chiffons, 1.200; bouteilles intactes ou cassées, 2.700; bouchons et cire (car on fait refondre la cire), 1.400; ficelles, 4.500; ferraille, 1.600; verre blanc, 2.400; brosses échevelées et crins isolés qui servent à refaire les brosses, 100; livres et brochures encore lisibles, 700; os, 900; 500fr.de cuivre, 600 de plomb, 400 d'étain et de zinc, 400 de bois à brûler, 800 de couteaux ébréchés et de vieilles chaussures, 100 fr. de caoutchouc. Les cendres provenant de la combustion servent à fabriquer une sorte de ciment dont le produit annuel s'élève à environ 27.000 fr. Au total, on récupère ainsi à Londres une somme globale d'environ 60.000 fr.
La construction des fours pour incinération des ordures ménagères a été l'objet d'une communication intéressante de M. Watson à la Société des ingénieurs de Leeds (novembre 1898). L'auteur a signalé plusieurs points essentiels dans la construction des fours de ce genre. Il faut d'une part séparer chimiquement les parties combustibles des non-combustibles, c'est-à-dire oxyder complètement lespremières et réduire les autres en mâchefer, ce qui exige une température de 900 à 1.000 degrés; il faut d'autre part que les produits de la combustion évacués par la cheminée soient autant que possible débarrassés des poussières nuisibles. Il faut encore considérer, pour la dimension des chaudières, que huit tonnes d'ordures peuvent donner autant de vapeur d'eau qu'une tonne de bon charbon.
A Hambourg, fonctionne une usine de trente-six fours, qui depuis 1896 consume les immondices d'environ la moitié de la ville. La combustion y est activée par des injections d'air chaud et sec dans les. foyers; on arrive ainsi à brûler 7.000 kilog. d'immondices par four et par jour, sans aucune additioa de combustible, si ce n'est pour l'allumage. La chaleur produite contribue à la production de vapeur que réclament les machines actionnant les dynamos pour l'éclairage électrique.
A Munich, une Société formée récemment enlève à domicile les déchets ainsi que les balayures dft ménage. Elle les emporte en voitures closes dans, une usine spéciale. Là, ils sont soumis à un triagi dans de grands tambours mécaniques à grillages les os, les ferrures, le verre, les chiffons sont séparés de la masse, nettoyés, puis emmagasinés; quant aux matières tamisées, on les mélange avec diverses substances chimiques pour en faire des engrais. L'installation en question met en jeu une force motrice de 120 chevaux ; les chaudières à vapeur où s'élabore cette force sont chauffées principalement à l'aide des matières combustibles, inutilisables autrement, trouvées dans les ordures elles-mêmes
ORÉGON, un des États de l'Union de l'Amériqui du Nord, limité au N. par le Washington, dont I sépare le fleuve Columbia, à l'E. par l'Idaho, don le sépare la rivière Snake, au S. par le Nevada ei la Californie, à l'O. par l'Océan Pacifique. Sup. 245.000 kil. c. Pop. en 1899 : 500.000 hab. (13.000 en 1850, 194.000 en 1880). Les productions agricoles sont le blé, l'avoine, l'orge, le seigle, le maïs, le tabac, les pommes de terre (18 millions de bnshels de blé et près de 6 millions d'avoine en 1897) La partie principalement habitée et cultivée de l'Éta
ORFKVRERIE
ORFEVRERIE
■est le Western Oregon, qui comprend les vallées de la Willamette, de l'Umpqua et de la rivière Rogne, ■entre le Cascade Range à l'E. et le Pacifique à l'O. sur une longueur de 480 kil. de côtes'et une largeur de i40kil. entre la montagne et la mer.
Une voie ferrée de l.OCOkil. relie Sacramento à "Portiand, la ville principale (92.000 liab.)- La capitale est Salem. Les autres villes, de peu d'importance encore, sont : Astoria, Albany, Cornwallis, Eugène City, Harrisburg, Oregon City, Dalles, etc. A l'est du Cascade Range s'étend l'Eastern Oregon, plateau montagneux, en grande partie stérile. L'Oregon exporte des quantités sans cesse croissantes de saumon en boîtes [Canned salmon). A. M.
ORFKVRKRIE. (Syn. : Angl. : Goldsmith's art, icare ou trade. AUem. : Goldschmidsarbeit. Ital. : Oreficeria.]
Sommaire : I. Hisloriqne. — II. La fabrication en France. — m. I^ fabrication à l'étranger. — IV. Commerce. — V. Les syndicats. — VI. Considérations générales. L'orfèvrerie est l'art de travailler les métaux précieux, et la bijouterie n'a été longtemps qu'une des branches de l'orfèvrerie, qui comprend aujourd'hui exclusivement le travail des objets importants, tels que vaisselle, ornements d'église, pièces d'art, etc. L Historique. — Chez tons les peuples, l'orfèvre {auri faber, artisan de l'or) a été connu dès la plus liante antiquité, il a vu sa profession se développer en même temps que la richesse publique. De l'Egypte *t de l'Asie le goût de l'orfèvrerie passa en Grèce, puis à Rome, pour gagner peu à peu les Gaules et -ensuite la Germanie. Elle se transforme avec les Barbares et elle a en France un centre très prospère à Limoges, grâce à saint Éloi. Après une longue période de décadence, qui va jusqu'au XII' siècle,les orfèvres du Pont-au-Change de Paris, suivant l'exemple de leurs confrères de Gand et de Bruges, rendirent à leur corporation son antique prospérité, que vinrent encore développer la Renaissance, puis le goût très français du XVII" siècle, pour atteindre son apogée au XVIII'. Mais la Révolution va faire passer à l'étranger ou envoyer au creuset tous les trésors d'orfèvrerie accumulés depuis des siècles, trésors déjà bien diminués par les guerres de Louis XIV, et faire disparaître le bon connaisseur comme le bon praticien.
Au XIX" siècle, à mesure que la fortune se reconstitue en France, le luxe se démocratise à la portée des moindres bourses; les perfectionnements mécaniques apportés d'abord au couvert et à l'orfèvrerie en métal gagnent peu à pen l'orfèvrerie d'argent, qui subit en une profusion d'ornements les différentes tendances de l'école romantique ou les lourdeurs du goût anglais, pour récapituler ensuite les styles des temps passés et emprunter tous ses modèles à l'archéologie. Depuis 40 ans, le développement de la richesse et la baisse continue de la valeur de l'argent (230 fr. en 1789, 220 en 1870, 185 en 1880, 130 en 1890, 95 en 1900) ont augmenté considérablement le chiffre d'affaires des orfèvres, et les dernières Expositions universelles nous ont montré les progrès énormes accomplis sous la troisième République dans l'orfèvrerie religieise, civile et d'imitation. L'admission des arts décoratifs aux salons annuels a en aussi une heureuse influence sur les modèles employés, et nous ne doutons pas que cette industrie bien française ne sache conserver son rang et se développer encore dans le grand mouvement artistique
qui se produit depuis quelques années, pour tout ce qui touche à la décoration.
IL La fabrication en France.— L'orfèvre emploie plus spécialement l'argent, quelquefois l'or et exceptionnellement le platine. De même que l'or, l'argent a besoin d'être allié à une certaine proportion de cuivre. Il devient ainsi plus résistant; mais comme cet alliage en abaisse la valeur, presque tons les pays l'ont réglementé, et le lectenr trouvera à l'article Garantie des ouvrages d'or et d'argent l'ensemble des lois, décrets et règlements qui ont pour but de lui donner, par l'essai et le poinçonnage, tonte sécurité, quant au titre des ouvrages mis en vente en France. Les titres légaux fixés par la loi du 19brnmaire an VI sont, pour l'argent :
1" titre : 930 millièmes {employé pour l'orfèvrerie et obligatoire pour les médailles sans bélières).
2* titre : 800 millièmes (employé pour la bijouterie), avec une tolérance de 5 millièmes pour les objets pleins et de 20 millièmes pour les objets creux et soudés.
Les ouvrages qui ne correspondent pas au titre indiqué sont brisés et les objets importés reçoivent des poinçons spéciaux. Comme les bijoutiers, les orfèvres n'ont cessé d'adresser aux pouvoirs publics, depuis un siècle, des demandes réitérées de réformes; depuis 1890 fonctionne une Commission extraparlementaire chargée de reviser la loi de Brumaire et d'examiner les protestations des intéressés contre les mesures de police très rigoureuses auxquelles les soumet cette loi ; depuis quelques années, cette Commission a préparé un projet qui n'attend que le vote du Sénat (novembre 1900).
On peut diviser l'orfèvrerie d'argent en : orfèvrerie d'église ou religieuse, orfèvrerie d'art, qui se rapproche beaucoup de la bijouterie, et orfèvrerie civile, qui se subdivise elle-même en grosse orfèvrerie (vaisselle), orfèvrerie cuilleriste (cuillers, manches de couteaux, accessoires de table) et petite orfèvrerie (objets de tous genres en argent).
L'orfèvrerie en plaqué, qui avait autrefois une législation toute spéciale, a disparu devant les procédés électro-chimiques, qui ont donné un énorme développement à l'orfèvrerie imitation. (Voy. Argenture, Dorure, Galvanoplastie). Quant aux orfèvreries de cuivre et d'étain, elles emploient des procédés tout différents ; nous devons même à ce sujet constater avec plaisir le nouvel essor donné par certains artistes, depuis quelques années, à la fabrication des objets d'art en étain.
Jusqu'à la fin du XV'III' siècle, toutes les pièces d'orfèvrerie étaient exécutées au marteau par l'opération dite ciselure au repoussé, travail par excellence de l'orfèvre ; mais les procédés de la mécanique ont transformé complètement cette vieille et noble industrie en amenant une division du travail qui a fatalement abaissé le niveau de l'habileté et du savoir professionnels, et fait disparaître les traditions antiques du marteau et du ciselet. Les quelques outils employés autrefois, marteaux, bigorne, tas, pinces, limes, ciselet, burin, étau, ressingue, billes, banc à tirer, ont presque disparu devant les modernes instruments que meuvent la vapeur et l'électricité, tours, balanciers, laminoirs, découpoirs, tours à guil locher, machines à repousser, à estamper, à frapper le couvert, sans oublier la fonte et la galvanoplastie. Pour multiplier le produit, les modèles, jadis uniques, sont tirés à un nombre considérable d'épreuves sur des matrices en acier trempé, et ce mode de fabri-
GO
ORFEVRERIE