OUTILLAGE AGRICOLE. V. INSTRUMENTS AGRI- COLES
OUTILS. V. Instruments agricoles. Machines, MÉTIERS, Quincaillerie.
OUTRE.^IER. V. Bleus, Couleurs, Indigo, Matières COLORANTES.
OUVRAGES DE DAMES. On désigne aussi par «travaux de mains» les superfluités que la femme exécute en dehors de la couture proprement dite, avec l'aide de l'aiguille, du crochet, de la navette, etc. Les principaux travaux dits o de dames» sont : le tricot, le crochet, la frivolité, le filet, la dentelle, la tapisserie, les broderies et applications, et tous leurs dérivés. (Pour la Broderie, la Dentelle, la Tapisserie, voy. ces mots.)
Des progrès énormes ont été réalisés en toutes les branches. On a pu sinon dépasser, du moins égaler
l'art ancien des tapisseries, des dentelles et des broderies. Le talent s'est surtout généralisé; aujourd'hui pas une main féminine ne se contente d'exécuter ce qui satisfaisait nos grand'mères. 11 est curieux de constater, en effet, la décadence du goût de l'ouvrière à l'époque justement florissante de 1830 pour la littérature.
L'Exposition de 1900 met surtout en relief ce que nous appelons ï Art nouveau: les broderies à teintes plates, mais d'un dessin impeccable, d'une rectitude parfaite, dont les modèles sont fournis par des artistes de premier ordre. La frise du Pavillon de la Ville de Paris, exécutée par les Écoles, sera, il faut l'espérer, conservée comme un spécimen parfait du travail féminin au début du vingtième siècle.
Plusieurs maisons très importantes existent à Paris, faisant exclusivement commerce d'ouvrages de dames : les unes se sont spécialisées dans un genre très luxueux, les autres ont vulgarisé les modèles courants pour les pensionnats, tels que canevas échantillonnés au point de marque, tricots et filets ordinaires.
Il est fort difficile de donner une approximation du chiffre d'affaires, des gains, des salaires, en cette branche industrielle assez complexe. Elle comporta la subdivision de l'outillage, des fournitures et de la main-d'œuvre. L'outillage embrasse les aiguilles de toutes espèces, les épingles spéciales, les dés,j| ciseaux, fourches, navettes, fuseaux, crociiets d'acier, de bois, d'os, d'ivoire, d'écaillé; les métiers, tambours, carreaux, etc. ; les papiers à décalquer, à piquer; les poudres à poncer pour la transparitioQ des dessins, les modèles sur papier, les livres et albums. Les fournitures, toutes françaises, en dépit de certains qualificatifs, tels que « laine de Berlin » ou autres, comprennent : les tissus préparés, dessinés, échantillonnés ; les fils de coton, lin, laines,, soie, chenille, or, argent; les tulles, cuirs, étamines, filets en bandes ou carrés, papiers perforés, perles,, paillettes, canetilles, cabochons, lacets, rubans, galons, franges, etc. La main-d'œuvre a ceci d'intéressant qu'elle n'implique jamais l'atelier. Ce travail est une des rares ressources de la femme chez elle. Mais pour qu'il soit rémunérateur, elle doit se persuader que c'est un véritable état, et s'y consacrer absolument. C'est une erreur trop répandue de croire qu'il suffit d'y employer ses loisirs.
Voici comment procèdent les magasins : la maison de luxe, ne vendant qu'à une clientèle très mondaine, a ses échantillonneuses, créatrices, véritable*^ artistes; elles travaillent exclusivement pour un patron qui sait les retenir en leur assurant une besogne régulière et suffisamment rémunératrice. A côté de celles-ci, on a les « mains » habiles, mais non guidées par des cerveaux inventifs. Elles « exécutent )v seulement, et peuvent, en travaillant sous une di-, rection, gagner de 3 fr. 50 à 4 fr. par jour, sans chô^ mage. Souvent une sorte de groupement se produis entre un certain nombre de ces ouvrières. 11 n'y pas « atelier », mais « association ».
Les maisons de gros s'adressent à des entrepre-3 neuses. Les fournitures sont données à ces dernières^ qui font travailler des talents très médiocres à de salaires très bas.
Il est superflu de dire que le rapport de ces articles communs dépasse de beaucoup celui des travaux élégants. Notre exportation est relativement considérable. Elle va dans le monde entier. L'im-