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ESSENCES DE HOUILLE

EssE.NCE DE MiRB.\NE, NitTobenzine, Essence d'amandes amères artificielle.— La nitrobenzine, obtenue par l'action de l'acide nitrique sur la benzine, se présente sous la forme d'un liquide oléagineux, jaunàtre,à odeur prononcée d'amandes amères; grâce à son prix de revient peu élevé et à son pouvoir odorant considérable, on l'utilise avec avantage en parfumerie, notamment pour aromatiser les savons de toilette do qualité ordinaire. Sous le nom d'essence de mirhane, elle est très répandue dans le commerce et présente une réelle importance au point de vue industriel.

loNONE, Essence de violettes artificielle. — L'analogie qui existe entre le parfum de la violette et celui de l'iris a depuis longtemps poussé les chimistes à isoler le principe odorant de celte racine; ce principe, auquel on a donné le nom d'irone, se trouve en très minime proportion dans la racine d'iris; on a cherché à le reconstituer par synthèse, et on est arrivé, par l'action de l'acétone sur le citral, à un produit de condensation isomère de l'irone et présentant exactement, quand il est très dilué, l'odeur de la fleur de violette; cette substance a été introduite dans le commerce, depuis deux ou trois ans, sous le nom d'ï'onone, et, quoique d'un prix très élevé, elle est cependant couramment employée, car son pouvoir odorant considérable compense largement cette élévation de prix. L'ionone est un liquide incolore, soluble dans l'alcool et l'éther, et par conséquent d'un emploi très facile ea parfumerie.

Saucyl.\te DE MioTHYLE, Esscuce dc icintergreen artificielle. — L'essence de wintergreen vraie, retirée du Gaultheria procumbens, est constituée en majeure partie (env. 90 V„) par du salicylate de méthyle; ce dernier corps, pouvant être obtenu synthétiquement à l'état de pureté par l'action de l'acide salicylique sur l'alcool métliylique, est livré dans le commerce à un prix moitié moindre que celui de l'essence vraie et est arrivé à la remplacer à peu près complètement en parfumerie. Depuis quelque temps on emploie également le salicylate de méthyle en pharmacie, en badigeon nages, comme antirhumatismal. Four ce dernier usage, qui a pris récemment une certaine importance, on emploie uniquement le salicylate de méthyle pur, l'essence de wintergreen véritable possédant une action caustique irritante qu'on n'observe pas avec le produit de synthèse.

Le salicylate de méthyle pur est un liquide incolore, de densité 1,15 à 1,20, distillant entre 220° et 225", à peu près insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther. A. Adrian.

ESSENCES DE HOUILLE. Le goudron de houille (voy. ce mot) renferme une série de composés que la distillation, poussée à une température de plus en plus élevée, permet de dégager et d'isoler les uns des autres et qui sont notamment : la benzine et le toluène bruts, l'acide phénique, le crésol, la naphtaline, le chrysène, l'anthracène, etc. Chacun de ces produits est ensuite l'objet d'épurations et de traitements spéciaux.

Il y a donc lieu de diviser les produits dérivés du goudron de houille en deux classes : ceux qui sont obtenus directement par la distillation du goudron de houille et ceux qui dérivent des produits de la distillation de la houille. Parmi les produits de la 1" catégorie (produits obtenus directement par la

ESSENCES DE PARFUMERIE

ESSENCES DE PARFUMERIE

distillatioD do gondron de honiilej se troave l'e^- ' nce de houille.

KssENCE i>E PÉTROLE. — L'esscDce dc pétrole (voy.

mot) est UD liquide incolore, odoraot, inflammable

la température ordinaire, employé dîins les lampes

>ponge et à la fabrication des vernis et peintures.

Essences ue résine. — En distillant le brai on la

lophane, on recueille des essences et de l'huile. Les ->ences de résine, dont la proportion est d'environ I à 2 * , du poids de la colophane soumise à la distillation, possèdent une odeur très prononcée, une couleur brunâtre et se résinifient rapidement à la façon de l'essence de térébenthine. Leur composition est très complexe ; elles sont utilisées pour la confection de peintures extérieures et surtout pour le nettoyage des pièces de machines. (î. Dumo.nt.

ESSENCES DE PARFUMERIE. Les feuilles, les fleurs, les fruits, les semences, le bois des plantes sont susceptibles de donner des huiles essentielles, qui sont généralement constituées en majeure partie de produits entrainables à la vapeur d'eau, ce qui les distingue des huiles grasses, dites Oses. Cette propriété est fréquemment utilisée comme un des •meilleurs procédés d'extraction et de puriGcation.

Les huiles essentielles peuvent être extraites des organes végétaux par un certain nombre de moyens découlant de trois grands procédés généraux :

1* Extraction par expression, c'est-à-dire par broyage ou rupture des cellules odoriférantes, comprenant les procédés dits à l'éponge ou à l'écuelle, spécialement employés pour les essences d'aurantiacées :

2' Extraction par distillation. — Distillation «èche, distillation à la vapeur d'eau, entraînemeut par un courant de vapeur d'eau surchauffée ;

3* Extraction par les solvants.

Voici quelques renseignements succincts sur chacune de ces méthodes :

1' Expression. — Elle est en usage pour les fruits très riches en huiles essentielles, comme le zeste des aurantiacées. On peut se contenter, soit de presser les fruits à la main en recueillant l'huile essentielle sur une éponge /procédé dit à l'éponge), soit de déchirer les cellules odorantes de l'écorce au moyen de pointes métalliques disposées au fond d'un vase plat on encore de côtes aiguës (procédé à l'é- «uelle, remplacée souvent par un vase profond muni d^arétes, qtie ferme un couvercle également muni d'arêtes I.

Pour retirer de ces écorces les dernières traces d'huile essentielle, on fait usage de presses à vis n hydrauliques.

2" Distillation. — Ce mode d'extraction constitue le cas général. Il s'applique à tous les produits qu'une température de 100* et l'action prolongée de la vapeur d'eau n'altèrent pas sensiblement. Pour rendre ce procédé le moins pernicieux possible, on doit distiller doucement, élever le moins possible la température, et, à la sortie de l'alambic, condenser énergiquement et rapidement les vapeurs mélangées.

Beaucoup d'essences se distillent sur place, au moyen d'alambics, dont la plupart sont des instruments très primitifs, composés d'une cornue chauffée a feu nu ; le col traverse un récipient rempli d'eau qui refroidit et condense les vapeurs. Il en est ainsi pour la Rose de Bulgarie, pour la Cannelle et la Badiane de Chine, pour la Menthe du Japon, pour le

Tbym, l'Aspic, la Lavande, le Romarin, distillés dans les montagnes mêmes (Alpes de France).

Dans certains cas, il est avantageux d'effectuer la distillation dans un vide partiel.

3* Extraction par les solvants. — Un certain nombre de plantes et surtout de fleurs ne supportent pas l'opération do la distillation sans une destruction totale du parfum. Dans ce dernier cas, |)our obtenir l'huile essentielle, on a recours, soit à la macération grasse à chaud ou à froid, soit à l'extraction du parfum par les solvants volatils.

a) Macération ou Enfleurage à chaud. — C'est le procédé employé pour les parfums qui supportent sans se détruire une légère élévation de température. On emploie, dans ce cas, comme solvants des graisses /suifs) ou des huiles (olive, neutraline), ou enfin des corps gras, comme la glycérine, la vaseline, la paraffine. Les fleurs sont mises en digestion dans ces corps gras, chauffés eux-mêmes à une température variant de 40* à fô", dans des bassines étamées. On peut renouveler un certain nombre de fois cette opération. (Dans quelques cas, on fait passer jusqu'à 25 fois les fleurs fraîches sur la même graisse.)

b) Enfleurage à froid. — C'est le même procédé de macération pratiqué à froid pour les parfums les plus délicats et les plus altérables (Jasmin, Tubéreuse). A l'aide d'une spatnle on étend la graisse sur des châssis, ou l'huile sur des morceaux de coton qu'on pose au fond des châssis. Par dessus, en contact direct, on élend les fleurs. On laisse séjourner 24 heures, puis on remplace les fleurs par d'autres fleurs fraîches, et l'on renouvelle cette opération jusqu'à concurrence de 1 à 4 kilog. de fleurs pour 1 kilog. de graisse, suivant la qualité du parfum qu'on veut obtenir. Les graisses ou huiles parfumées par ces deux procédés (o et b} sont ensuite agitées avec de l'alcool, qui s'empare de l'essence.

f) Extraction par les solvants volatils. Dissolution. — On peut traiter certaines fleurs, pour leur enlever leur parfum, par des vapeurs de dissolvants très volatils, tels que : chlorure de méthyle, chloroforme, sulfure de carbone, éther de pétrole, etc.

On peut obtenir aussi des essences concrètes, où le produit se trouve mélangé et fixé dans une grande proportion de cires naturelles. Mais, comme nous l'avons déjà dit, pour obtenir des essences, on se sert le plus généralement de la distillation, et c'est ainsi qne sont obtenues la plupart des huiles essentielles décrite* plus loin.

Essences de fruits. — Les essences artificielles imitant le parfum des fruits (poire, pomme, ananas, coing) sont des éthers des acides gras inférieurs (acétique, butyrique, salécique, caproïque).

Ainsi l'acétate d'isoamyle possède l'odeur de poire, dite de bonbons anglais: l'essence d'ananas est un mélange de butyrates d'éthyle et d'amyle: l'essence de fraises est un mélange de formiate d'éthyle, de butyrate de méthyle et d'amyle et d'acétate d'amyle; l'essence de pommes est du valérate d'amyle; l'essence de pèches est faite du mélange des éthers éthyliques des acides acétique, butyrique, formique, valérique, œnanthique, salicylique et sébacique; l'essence de coings, enfin, est constituée par du pélargonate d'éthyle.

Ces divers parfums artificiels sont utilisés très généralement par les confisenrs pour parfumer les bonbons ou les confitures.

ESSENCES DE PARFUMERIE

ESSENCES DE PARFUMERIE

Eau de Cologne. — On appelle Eau de Cologne une dissolution alcoolique des diverses essences d'aurantiacées : Orange, Citron, Bergamote, Néroli (bigarade et petit-grain), additionnées d'essence de Romarin. Certaines eaux peuvent d'ailleurs contenir, outre les précédentes, un certain nombre d'autres essences (Absinthe, Hysope, Anis, Carvi, Fenouil, Lavande, Menthe, ïiiym, etc.) ou des hases parfumées (Benjoin, Musc, Ambre). Il n'existe pas de proportions déterminées pour le mélange des huiles, mais la qualité d'une eau de Cologne dépend ; 1° de la qualité des essences ; 2" de la qualité de l'alcool.

Sous le nom d'eau de Hongrie, de Lisbonne, de Portugal, on comprend des succédanés de l'eau de Cologne. L'eau de Cologne classique est un des parfums les plus agréables que l'on puisse produire; son odeur est franche, très fraîche et très vive.

Elle doit être surtout appréciée à l'odorat. Elle doit avoir aussi la propriété de rendre l'eau lactescente, propriété qu'on peut exalter par addition de benjoin.

Eau de toilette.— Des Eaux de Cologne on peut rapprocher les Eaux de toilette, qui sont des produits destinés au même usage, mais dont les parfums différents rappellent soit l'odeur d'une fleur, soit un parfum de fantaisie quelconque. Comme l'eau de Cologne, les eaux de toilette rendent l'eau lactescente.

PRINCIPALES ESSENCES DE PARFUMEttlE

Amandes amères (Ess. d'). — Extraite du tourteau des amandes amères, ainsi que de l'amande du noyau de divers fruits. Elle renferme de l'aldéhyde benzoïque, à laquelle elle doit presque entièrement son parfum. Malgré la concurrence faite par le produit synthétique, son cours se maintient aux environs de 30 fr. le kgr.

Ambrette (Ess. d'). — Extraite des graines d'ambrette, dont les plus estimées proviennent de la Alartinique, elle est semi-solide à température ordinaire et possède une très forte odeur musquée.

Anis (Ess. d'). — L'essence d'anis provient surtout de la Chine (Anis Badiane). Elle renferme de l'anéthol et doit être appréciée à sa teneur en ce dernier produit. On fabrique également de l'essence d'.Vnis en Russie. L'essence d'Anis Badiane coûte de 18 à 20 fr. le kgr.

Aspic (Ess. d'). — Les grands centres de production de cette huile à odeur aromatique, agréable et pénétrante, sont les départements du Midi de la France (Drôme. Gard, Ardèche). Elle vaut de G à 7 fr. le kgr.

Bergamote (Ess. de). — Elle est fournie par une variété de citron, le Citrus Bergamia, et, vu son importance commerciale (base des eaux de Cologne et de toilette), a été l'objet de nombreux et récents travaux. Le principe odorant actif semble être l'acétate de linalyle. Par le fait de la concurrence et de la surproduction, son cours moyen, qui était récemment encore de 30 fr. le kgr., est tombé à 20 fr.

Bois-Rose (Ess. de). — L'essence de Bois-Rose est un produit à odeur agréable. Elle vaut de .30 à 40 fr. le kgr. Les meilleures qualités proviennent de la Guyane française.

Cananga (Ess. de). — On connaît diverses provenances de Cananga plus ou moins estimées : l'huile provenant des Philippines vaut (50 fr. le kgr., tandis que le produit exporté des Indes Néerlandaises a un cours de 40 à 50 fr. Ces essences sont des succédanés de l'essence d'Ylang- Ylang, dont elles n'ont pas la finesse.

Cannelle (Ess. de). — La Cannelle de Chine est une huile à odeur très aromatique, essentiellement constituée par l'aldéhyde cinnamique. Elle vaut environ 18 fr. le kgr.; c'est un produit très utilisé dans la savonnerie commune. La Cannelle de Ceylan, d'un bouquet plus fin, est plus appréciée et vaut actuellement environ 90 fr. le kgr.

Carvi (Ess. de). — Provenant principalement d'Allemagne (Bavière) ; c'est une huile à odeur forte et pénétrante.

Cèdre (Ess. de bois de). — Utilisée pour parfumer les savons communs, elle est extraite du bois de cèdre.

Cédrat (Ess. de). — C'est une huile à odeur très fine de citron. Estimée dans l'industrie, elle vaut environ 90 fr. le kgr.

Citron (Ess. de). — On l'extrait, principalement en Sicile et en Calabre, des zestes frais des citrons communs. Son cours, vu les inégalités dans les récoltes et la qualité, est très variable ; ces dernières années, il a été, en moyenne, de 10 à 20 fr. le kgr.

Citronnelle (E.ss. de). — Fournie par une variété d'Andropogon, dont les grands centres de culture sont dans l'Inde et à Ceylan, cette huile est commercialement une des plus importantes, non seulement pour ses usages directs, mais encore, vu son bas prix, pour l'extraction de divers principes définis, tels que le géraniol et le citronnellol. Elle vaut environ 8 fr. le kgr.

Gaultheria ou Wintergreen (Ess. de). — Cette huile, jaune rougeâtre, à parfum des plus puissants, est composée presque exclusivement de salicylate de méthyle, qu'on fabrique maintenant d'une façon synthéMque sur une grande échelle. Cependant, à cause de la finesse de son odeur, le produit naturel a vu son cours se maintenir aux environs de 15 fr. le kgr.

Géranium (Ess. de). — Diverses qualités d'huile de Géranium sont connues et utilisées. La moins fine est le Géranium de l'Inde, dont le kgr. vaut de 13 à 20 fr. Les géraniums provenant de Bourbon et d'Algérie, également estimés, valent actuellement 40 à GO fr. Les variétés fines de France et d'Espagne sont cotées 80 à 130 fr. Toutes ces huiles sont parmi les plus employées en parfumerie et savonnerie.

Girofle (Ess. de). — Extraite des clous de girofle, à provenance de .Madagascar, Bourbon, Zanzibar et Amboine, cette huile a vu son importance industrielle s'accroître par suite de la transformation de son constituant, l'eugénol, en vanilline. Elle vaut environ 8 fr. le kgr.

Iris (Ess. d'). — On extrait de l'Iris de Florence, le plus estimé, un beurre concret, à odeur très fine de violette, qui vaut actuellement, par suite de surproduction, environ 800 fr. le kilog., alors que son cours récent dépassait 1.200 fr.

Lavande (Ess. de). — Cette essence vaut, suivant sa qualité, de 11 à 13 fr. le kgr. Les essences de Lavande distillées dans les Alpes sont plus estimées que celles distillées dans le midi de la France. L'Angleterre produit également des essences très estimées, dont le cours varie de 80 à 120 fr. Ces produits sont très utilisés en parfumerie pour la fabrication des eaux de toilette.

Lemon-Grass ou Vej'veine (Ess. de). — Une variété d'Andropogon, originaire de Malabar, fournit ce produit, qui a vu son importance industrielle augmenter beaucoup, par suite de l'extraction du citral, son principal constituant, matière première de la fabrication de la ((Violette artificielle ». Le cours de cette essence est aujourd'hui aux environs de 14 fr.

Linaloc (Ess. de). — Cette huile, extraite d'un bois dont la provenance principale est le Mexique, contient surtout du linalol. Elle vaut environ 11 fr. le kgr.

Menthe (Ess. de). — On connaît et on utilise en parfumerie plusieurs variétés de Menthes. Les plus fines et les plus estimées sont les menthes cultivées dans le midi do la France et les menthes anglaises (Mitcham). La Menthe française vaut de 70 à 80 fr. le kgr.; la Menthe anglaise, de 120 à 150. Les Menthes de Chine et du Japon, dont on retire industriellement le menthol, ont une bien moindre valeur : la Menthe de Chine vaut 10 fr. environ et la Menthe du Japon 30 fr. le kgr.

Néroli (Ess. de). — L'huile de Néroli, extraite par distillation des fleurs de l'oranger, possède une odeur remarquablement suave, qui rend son emploi considérable en parfumerie; son cours varie de 300 à 400 fr. le kgr. Des. feuilles de la même plante on extrait une huile beaucoup moins estimée appelée (( petit grain », qu'on emploie dans la fabrication des eaux de Cologne ordinaires. La variétéindigène vaut 30 fr. le kgr. ; celle provenant du Paraguay, 12 fr. seulement : elle est d'ailleurs bien moins fine

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