PANAMA
trouve accumulé, dans ce massif central, le cinquième du cube total à déblayer de l'Atlantique au Pacifique.
Le tracé redescend brusquement l'autre versant de l'isthme et pénètre dans la vallée du Rio Grande, qu'il suit dès lors en coupant et recoupant ce Rio. A partir du kil. 62, le Rio Grande s'élargit en estuaire et la vallée devient marécageuse. Le tracé traverse en courbe les bancs à l'embouchure du Rio et poursuit en droite ligne, à travers la rade de Panama, jusqu'aux grands fonds qu'il rencontre au 75' kil., près de l'ile Perico.
Le Rio Grande et l'Obispo sont de simples ruisseaux à allures torrentielles; mais le Chagres, qui draine une vaste contrée et possède de nombreux affluents, est un véritable fleuve dont le débit de plus bas étiage est encore de 25 m. cubes peut-être, tandis qu'aux grandes crues il roule à la seconde 1.500 m. cubes et plus. Aussi l'aménagement des eaux du Cliagres était-il, avec la grande tranchée de la Cordillère, la difficulté primordiale de l'œuvre de percement. Le barrage, dont l'établissement fut projeté à Gamboa, devait être propre à retenir plus d'un milliard de mètres cubes.
Ce n'est qu'au commencement de 1883 que l'œuvre est entrée réellement dans la période d'exécution. Quand, en 1886, les délégués des Chambres de commerce visitèrent les travaux, six grands entrepreneurs se partageaient les 100 millions de mètres cubes à enlever pour l'achèvement du canal, soit avant le 31 décembre 1888, soit avant le 1" juillet 1889. 15.000 ouvriers. Jamaïcains la plupart, étaient réunis dans l'isthme ainsi qu'un matériel énorme : dragues, excavateurs, locomotives de tous types et wagons par milliers. Le Panama Railroad, tout à la disposition de la Compagnie, qui avait acquis intentionnellement la majorité de ses actions, coopérait grandement à l'exécution, puisqu'il desservait tout le tracé. En octobre, le Gouvernement colombien considéra, à ne point prendre le cube pour unique base, que « plus de la moitiénles travaux qu'implique la construction totale» se trouvait effectuée; conformément à la concession, il livra donc à la Compagnie la moitié des terres domaniales qui lui étaient destinées.
Depuis l'origine des travaux, 56 millions de mètres environ avaient été déblayés au début de 1888; les parties qui devaient constituer les biefs maritimes du canal à écluses étaient creusées; les fouilles des écluses se trouvaient en bonne marche; la tranchée centrale avait atteint presque le niveau de la haute vallée de l'Obispo (cote 72).. .
Mais le 14 décembre de cette même année, la Compagnie suspendait ses payements, et la gestion de l'affaire passait à des administrateurs provisoires. Le 4 février 1889, le Tribunal civil de la Seine prononçait la dissolution et la mise en liquidation de la Compagnie universelle du Canal Interocéanique, M. de Lesseps ayant vainement tenté les jours précédents de fonder une Compagnie d'achèvement.
Tant en actions qu'en obligations (non compris le prélèvement des Sociétés civiles d'amortissement des obligations nouvelles, 3* série, et des obligations à lots), l'épargne publique se trouvait avoi^ fourni au total 1.259.139.453 fr. 28. Sur cett somme, plus de 93 millions étaient représentés pa les actions achetées du Panama Railroad. Les titre suivants avaient été émis successivement : 600. actions; 250.000 obligations 5 %; 600.000 obligaJ
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