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PAPETERIE

PAPIER

importante manufacture d'allumettes appartenant au monopole de l'État. Le personnel employé à la fabrication des allumettes à Trélazé, Règles, Pantin, Aix et Marseille, est de 790 hommes et de 1.310 femmes. On arriverait à le réduire de plus de moitié par l'emploi d'une machine à fabrication continue essayée à Pantin depuis octobre 1899 et qui fait automatiquement, sous un vitrage étanche, toutes les opérations successives qui se terminent par la livraison de boîtes garnies et fermées. Elle reçoit 4;5 fois par minute une série de 100 allumettes blanclies et rend un même nombre d'allumettes toutes préparées, soit à l'heure 270.000 et 2.500.000 environ par journée de travail. 4 ou a ouvriers suffisent, y compris le personnel accessoire aux machines, pour faire 1 million d'allumettes, tandis qu'il en faut 11 avec la fabrication à la main^ (Voy. Allumettes.)

Ateliers de constructions de wagons et de machines de toutes sortes, forges, fonderies; fabr. de vernis, d'épingles à cheveux, d'eau de Javel, de caoutchouc, de chocolat, de pâtes alimentaires; distilleries, huileries, parfumeries, savonneries, verreries, fabr. de produits chimiques, moulins. Grand commerce de bestiaux.

Bureau auxiliaire de la Banque de France dirigé par la Banque centrale; les effets mis en recouvrement en 1899 étaient au nombre de 5.409 et d'une valeur de 2.023.000 fr.

Station du cliemin de fer de l'Est, sur la ligne de Paris à Château-Thierry, Provins et Gargan.

Mouvement de la gaie :

Voyageurs Marchanilises expédiées (T.)

partis G. V. P. V.

PAPEETE. Chef-lieu des Établissements français de l'Océanie, situé sur la côte N.-O. de l'île de Tahiti, par 17° 31' lat. S. et loi" 54' long. 0. de Paris. Pop. : 4.282 hab., dont 2.490 Français.

Le port, sûr et profond, est l'entrepôt des archipels français; les grands navires peuvent accoster aux quais. Papeete est relié mensuellement avec Auckland, les Tuamotu et les Marquises par les paquebots de l'Union Steamsliip of New-Zealand. Un service mensuel de paquebots est établi entre Sau-Francisco et Papeete.

Les export, ont été de 2.430.000 fr. en 1878, 2.620.000 fr. en 1888, 2.960.000fr, en 1898, surtout en: coprah 40 •/.. nacre 30 %, vanille 17 7., coton, noix de coco, oranges. Les import, ont fléchi de 4.130.000 fr. en 1878 à 3 millions 380.000 fr. en 1888 et 2.990.000 fr. en 1898, principalement en: tissus (27 7„), farineux (12 7„), vins (7 V„), conserves de viandes, beurre (7 7o). l'rès de la moitié des produits importés proviennent des États-Unis, un quart de France, 16 7» de la Nouvelle-Zélande et 6 7. d'Angleterre.

La Caisse agricole, instituée sous la garantie de la colonie, émet des bons an porteur qui ont cours légal. Les entrepôts réel et fictif de Papeete sont réglementés par le décret du 10 janvier 1897, publié au Journal oIJiciel de Tahiti du 22 avril 1897. Les tarifs de ces entrepôts sont fixés par l'arrêté du 22 décembre 1898 [Journal officiel du 29 décembre).

P.VPETEKIE (COM.MERCE DE la). Le commercc et

1. La fabricalion des allumettes comporte quatorze opérations ; la machine en exécute dix : elle découpe et fend le bois en picots, place l'allumette brute dans la forme à tremper, opère celte trempe dans le soufre et dans la pâte pliosphorée, enlève les allumettes des formes et les met dans les boîtes. L'empaquetage est fait par des femmes. Pour empaqueter les 1.444.000 allumettes préparées en moins de huit heures par la machine américaine, il ne faut pas moins de 6 femmes travaillant près de 22 heures. Le paquetage seul de 100.000 allunietles coûte 90 centimes ; malgré l'augmcntalion d'un tiers du salaire des femmes, les 100.000 allumettes qui, laites à la main, en 1844, revenaient à 10 fr. 35, prix de fabrique, ne reviennent plus maintenant qu'à 1 fr. 25.

l'industrie de la papeterie, dont nous entendons parler ici d'une façon générale, comprend les industries de la transformation du papier dans toutes ses phases, ainsi que celles des objets complémentaires que nécessite son usage et son emploi, soit :

1° Toutes les industries qui servent à orner, à embellir où à rendre le papier propre à divers usages, comme : la réglure, l'impression, le timbrage, la dorure, la gravure, le découpage, l'enveloppage, l'estampage, le filigranage, le tarotage, le couchage, le vernissage, la bordure, le pliage, lf\s couchages chimiques pour opérationsdiverses photographiques, à calquer, à décalquer, à copier, etc.

2" Toutes les fabriques d'objets qui servent à classer, à assembler, à attacher, telles que celles de la brochure, de la reliure, de la reliure mobile, attaches de toutes sortes, cartonnages, portefeuilles pour classer, sacs, etc.

3" Toute la fabrication des articles permettant soit d'écrire, soit de transcrire, soit de dessiner, soit de découper, timbrer, presser, cataloguer, numéroter le papier, de reproduire l'écriture, de faciliter sou usage à divers points de vue; les fabriques d'encre, de cire, gomme, encriers en diverses matières, etc. ; les fabriques de plumes, crayons, porte-plumes, porte-crayons, règles, équerres, etc., gommes, composteurs, lettres à jour, tampons, timbres numéroteurs, presses à copier, cachets, presses à timbrer, instruments à dessiner, pinceaux, couleurs, coutellerie spéciale, bimbeloterie, etc.

4° Toutes les industries d'objets de fantaisie sont en papier ou en maroquinerie contenant du papier; tels que : menus, abat-jour, papiers découpés, plissés, objets de maroquinerie et même petits bronzes de toutes sortes.

On voit par cette nomenclature plus que succinclo l'importance du commerce et de l'industrie de la papeterie. L'augmentation considérable qui a eu lini dans les transactions depuis 1850 ne saurait être estimée d'une façon positive, aucune statistique anl»'rieure ne permettant de comparaison. Ce que nous pouvons dire, c'est qu'à l'heure actuelle le nombre' d'ouvriers occupés pour répondre aux besoins dt,'.> diverses industries formant un tout désigné sous le nom de « Articles de papeterie » peut, sans exagération, être évalué à plus de 300.000 personnes.

Dans ces industries, comme partout, la concurrence générale amène des mécomptes, mais toutes sont en pleine voie de prospérité.

Les fabricants de matières premières sont devenus eux-mêmes des transformateurs. Le manque d'initiative des industriels de certaines de ces professions cause seul l'arrêt des export, pour quelquesunes d'entre elles.

La qualité, la diversité, le goût, la présentation dans les meilleures formes, le prix modéré, sont le propre des objets produits par les industries françaises de la papeterie.

On compte à Paris (recensement de 189G) 362 marchands papetiers avec 813 ouvriers et employés, dont 306 femmes; 330 petits patrons travaillant seuls et ouvriers à façon, dont 213 femmes ; des 302 établissements qui comptent plus d'une personne, 203 en ont de 1 à 4, 2i de 5 à 10, iO de 11 à 20, 2 de 21 à 50. La banlieue de Paris compte 33 marchands papetiers, dont 18 femmes, avec 27 établissements ayant d» 1 à 4 employés.

PAPIEU. (Syn. : Angl. et HolL : Paper. AUem. : Papier. Russe : Bumagna. Esp. et Portug.: Pa/^eL Ital. : Car ta.)

PAPIER

PAPIER

i MM.ui\E : Aperçu hîstoriqne. — Aperça technique. — Considérations économiques sur la Fabrication et le Commerce du papier. — Papiers de fantaisie. — DiOérentes sortes de papiers.— Commerce du papier.

Aperçu historique. — Le papier s'est snbstitné au papyrus comme organe de transmission et de conservation de la pensée; son origine remonte aux temps les plus reculés de la civilisation asiatique. Les procédés de sa fabrication, empruntés aux Chinois, furent importés en Egypte par les Musulmans. La Grèce, l'Italie, l'Espagne, grâce à leurs relations commerciales avec l'Égyple, furent les premières nations occidentales qui en adoptèrent l'usage, et ce fut vers le X' siècle que le papier, qu'on appelait alors improprement j;arc7te/Hi», fut introduit en France. Ce produit, au début, était exclusivement formé <1p coton vierge : mais la rareté de cette matière amena les fabricants à la remplacer par des chiffons. Cinq siècles s'écoulèrent avant que la paille, grâce à l'initiative de Séguin, intervînt comme substance constituante dans la fabrication du papier ; l'impulsion, au point de vue de l'emploi des succédanés, «tait donnée : Lespermont, en 1851, assurait par ses procédés l'utilisation de la pâte chimique de paille: Helenns fabriquait en 1854, à Echarcon et à Essonne, du papier d'alfa, et vingt ans plus tard environ les pâtes de bois (mécaniques et chimiques) faisaient à leur tour leur apparition comme matières premières du papier'.

La trituration des chiffons s'effectuait primitivement par l'intermédiaire d'appareils dits maillets ; les fabricants y substituèrent les cylindres et, vers le milieu du siècle dernier, Pierre Montgolfier en fit en France l'application à son usine d'.Annonay. C'est en 1799 que fut inventée par Nicolas-Louis Robert, contre-maitredansla papeterie Didot -Saint- Léger, à Essonne, la première machine à papier; mais ce n'est qu'en 1804 qu'elle fut en état de fonctionner régulièrement; de nombreuses et importantes modifications furent apportées dans la suite à cet organe mécanique élémentaire.

L'opération du collage, destinée à rendre le papier imperméable, se pratiquait, dès le principe, en trempant cette substance dans un bain de gélatine ou colle animale; le collage au savon résineux ou colle végétale y a été snbstitné dans la plupart des fabriques. Depuis une vingtaine d'années des appareils dits

1. On obtient avec des herbes par le procédé ordinaire : lavage à l'eau, traitement p.-ir une lessive de soude chaude, nouveau lawge et mise en pâu- dans les cuves, un «papier d'herbe» qui commence à trouver, paraît-il, un grand emploi en Angleterre. Les variétés d'herbes les plus communes sont propres à cette nouvelle fabrication, à la condition qu'elles soient récoltées avant le commencement de la noraison. Ce papier d'herbe a des qualités de souplesse et de ténacité remarquables. On a calculé qu'un kilog. de gazon produit un quart de son poids de papier et qu'un hectare de terrain planté en gazon j>cut en fournir, en moyenne, 2.500 kilog. Nous lisons, dans le Uulletin de la Chambre de commerce Jvaiuaiife de Seir-Yorli (août 1900) :

«Aux Kiats-Unis, les journaux se servent d'un papier de beaucoup supérieur à celui employé en Europe. Ce papier est fabriqué avec la pulpe de pin et son prix de revient est très bas, quoique la qualité ne laisse rien à désirer. Son export, augmente graduellement. Pendant le mois de juin 1900, il a été exporté CC6.877 dol.dc papier «t durant l'année fiscale 1S99-1900, 6.215.550 dollars. Ces expéditions ne portent pas exclusivement sur certains pays, mais se réjKirtisscnl sur le monde entier. Une des dernières a été faite pour on port de la Suède, ji-iys d'où l'Enroi^e a tiré jusqu'ici le bois qui forme l'élément principal dans la fabrication du papier employé par les journaux. Londres. Hull, Manchester, Rotterdam, Anvers et Vienne ont acheté dernièrement beaucoup de papier américain.

Une Compagnie vient de se former à Montréal pour la fabrication de la pulpe de bois sur les bords de la rivière Jacques-Cartier, les terrains achetés couvrant S.OOO acres; d'autres suivront et sont . même déjà en état de formation. (Voy. Pâte de Bois.) 1

calandres, permettant de lustrer le papier dans sa continuité, ont détrôné les anciennes lisses on satineuses, qui avaient l'inconvénient d'entraîner des frais de main-d'œuvre relativement importants, et n'étaient susceptibles d'exercer leur action qne sur le produit préalablement coupé et interposé feuille par feuille entre des plaques de zinc ou des cartons appropriés à cet usage.

.Vperçu techniole. -— La fabrication du papier, à l'heure actuelle, se divise en deux branches principales : 1' la fabrication à bras, à la forme, on à la cnve ; 2" la fabrication mécanique. Dans la plupart des fabriques de papier à la forme, les cylindres ont remplacé les maillets, divers appareils mécaniques ont simplifié le travail manuel; le pourrissage préalable des chiffons a été supprimé et des étuves convenablement aménagées ont facilité l'opération du séchage des feuilles.

La fabrication des papiers mécaniques comporte les opérations préalables et successives de : lessivage, défilage, blanchiment et raffinage. Suspendues dans nne quantité d'eau convenable, les fibres constituantes du papier se débarrassent de leurs impuretés dans les sabliers et les épurateurs, puis passent sur la toile métallique de la table de fabrication, où elles s'étalent d'une façon uniforme et régulière. Les rouleaux égouttenrs, les siphons ou les pompes aspirantes permettent l'écoulement de l'eau qui les tenait en suspension et le papier est ainsi formé; toutefois son état d'humidité est tel, qne l'action des presses doit intervenir avant le séchage définitif, pratiqué au moyen de réservoirs cylindriques remplis de vapeur. La conduite da papier entre ces divers appareils sans cesse en mouvement est assurée par des feutres qui le dirigent et le soutiennent, feutres coucheurs, mont^ints, sécheurs: le calandrage, l'embobinage ou le coupage mécanique terminent la préparation du produit.

Le papier fabriqué au Japon possède des caractères spéciaux dus aux matières qui le composent : gampi, mitsoumata, koso, et aux procédés de traitement de ces matières végétales.

Les marchands de papier vendent leurs marchandises au poids et à la rame; la rame est de vingt mains et la main de vingt-cinq feuilles. La hauteur et le poids des bobines varient avec les emplois : impressions de journaux, gravures de modèles d'écriture pour écoliers, impressions pour papier de tenture, couchage mécanique, etc.

Les rames affectent certaines mesures usuelles, caractérisant leur format. Les formats les plus communément employés sont : le Soleil, 69 cm. sur 100 cm. : le Colombier, 60cm. sur 90 ; le Jésus, oo cm. sur 70 : le Raisin , 50 cm. sur 6o : le Cavalier, 45 cm. sur 60; le Carré, 45 cm. sur 56; la Coquille, 44 cm. sur 56; l'Écu, 40 cm. sur 52; la Couronne, 36 cm. sur 46; le Pot, 31cm. sur 40. (Voy. Formats, Librairie.)

Le papier est vélin on vergé ; la vergeure s'obtient dans la fabrication à la cuve par le simple emploi de formes appropriées, et dans les papeteries mécaniques par l'intervention du rouleau vergeur placé sur la table de fabrication; les divers filigranes en pâte s'effectuent par les mêmes procédés. Le papier est blanc, bulle ou coloré, par suite de l'addition de substances colorantes dans les raffineuses.

Multiples sont les emplois et les variétés de ce produit. Comme papiers à imprimer, nous signale-

PAPIER

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Tons, en dehors des sortes pour journaux : les collés et les sans-colle pour librairie, les articles pour photographie, lithographie, chromolithographie, gravure, taille-douce, les couleurs pour affiches; comme papiers à écrire : toute la collection des vélins et vergés blancs, bulles et colorés, les rectangles et les losanges pour enveloppes, les sortes collées à la gélatine, le papier ministre, les articles pour registres.

Touchant de près à ces deux classes de produits viennent prendre place les filigranes à la forme ou à la machine pour billets de banque, les parcheminés pour titres, chèques, effets de commerce. Mentionnons : les bobines blanches ou colorées pour papiers de tenture, les raisins et les jésus pour bristols, les sortes d'intérieur ou de dessus pour l'encollage de la carte, les articles affectés à la fabrication des papiers couchés, dits de fantaisie. Citons également toute la série des sortes minces : papier à cigarettes, serpentes pour fleuristes, pelures pour copies de lettres, pour gardes de gravures, mousselines, etc., l'assortiment des buvards, les papiers à filtrer, les papiers Joseph, les sortes à dessin, à aquarelle, etc. Parlons enfin des papiers de paquetage, comprenant une infinité de variétés, dont les principales sont : le phormium, le goudron, la manille, la paille, la maculature, le bulle anglais, le papier à sucre, à aiguilles, etc.

Les déchets de papier prennent la dénomination de cassés ; on peut les .utiliser comme pâte à papier, à la suite de cuisson à la vapeur suivie de l'écrasement au moyen- de meules mécaniques.

La diversité des emplois des papiers a conduit les consommateurs à se montrer exigeants sous le rapport de la convenance du produit, et à côté des laboratoires particuliers d'analyses et d'essais, on a créé en France et à l'étranger des établissements publics destinés à ces expériences ; nous citerons entre autres celui de l'Institut industriel de Charlottenbourg et celui de la Chambre de commerce de Paris^ Les analyses consistent principalement dans la recherche de la nature et de la proportion des matières constituantes; dans l'incinération établissant la dose de charge (ensemble de substances introduites dans le produit soit pour lui donner du poids : kaolin, sulfate de chaux, sulfate de baryte, soit pour le coller : alun, matières résineuses, fécule, soit enfin pour le colorer : agents colorants divers) ; les essais portent sur la résistance dynamométrique à la traction, à la perforation, sur les propriétés d'allongement et de longueur de rupture, sur le degré d'imperméabilité, le pouvoir absorbant, l'état chimique, etc.

Considérations économiques sur la Fabrication ET LE Commerce du papier. — L'industrie du papier est intimement liée au développement intellectuel des peuples, et sa production s'accroît au fur et à mesure que s'élève et se généralise l'instruction. S'il n'est pas possible de préciser exactement la quantité de papier fabriquée annuellement dans les usines du monde entier, il est du moins permis

1. MM. Rostaing et du Sert présentent, dans un ouvrage intéressant, toute une série de reproductions par la microphotographie des principales substances employées pour fabriquer le papier : coton, chanvre, lin, ramie, ortie, genêt d'Espagne, mûrier, bambou, arundos, paille, alfa, phormium, bois résineux et non résineux, etc. En se reportant à ces types, on retrouve la composition de la parcelle de pâte ou de papier placée sous le champ du microscope, et l'on obtient, avec un peu d'habitude des manipulations photographiques, une épreuve de la matière soumise à l'analyse, c'est-à-dire un document indiscutable au regard des tiers.

de l'indiquer d'une façon approximative. Boulhae en 1867 estimait que cette production générale s'élevait à 900.000.000 de kilog. fournis par 3.960 manufactures comptant 90.000 ouvriers; nous l'avons évaluée nous-même en 1889 à 2.261.904.430 kilog. provenant de 2.758 cuves et 4.397 machines desservies par un personnel de 205.716 ouvriers. Encore est-il que dans cette évaluation ne figurent point les chiffres se rapportant à l'industrie papetière du Japon et de la Chine.

La production s'est accrue considérablement depuis 1889, par suite de l'installation de nouvelles machines et de la substitution des machines à larges dimensions (quelques-unes de ces dernières fournissent une largeur de papier rogné de 2 m. 50, marchent à une vitesse de 60 mètres à la minute, et débitent jusqu'à 25.000 kilog. de papier par jour ^). Nous serons plutôt au-dessous de la réalité en estimant cet accroissement à 40 % , ce qui nous conduit à une évaluation dépassant 3.000.000 de T. Le développement industriel ne s'est pas manifesté dans la même proportion, quant au nombre des machines : nous estimons l'augmentation à 10 "/„ et nous considérons que la quantité des cuves utilisées n'a point sensiblement varié depuis 1884. On peut donc avancer que la production contemporaine indiquée plus haut se rapporte au travail d'environ 4.800 machines et 2.800 cuves desservies par un personnel de 250.000 individus, l'accroissement numérique des ouvriers travaillant dans les papeteries étant représenté d'une manière assez exacte par la proportion de 20 %•

Le matériel des papeteries mécaniques est d'une valeur assez élevée (une machine à papier coûte à elle seule de 80.000 à 100.000 fr.) et les capitaux nécessaires à l'exploitation de cette industrie sont importants, le payement des matières premières s'effectuant généralement à 30 jours et les ventes du produit à 90 jours.

Les fabriques de papier sont situées habituellement sur des cours d'eau qui leur procurent la force motrice et les alimentent incessamment. Il en existe dans presque tous les départements français, mais elles se trouvent groupées plus particulièrementdans la Charente, l'Eure, l'Ardèche, la Manche, les Vosges, la Haute-Vienne, le Puy-de-Dôme, la Dordogne, la Seine, la Sarthe, Indre-et-Loire, la Haute-Saône, les départements de Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, etc.

Les salaires quotidiens des personnes employéesdans les papeteries varient de 5 fr. à 8 fr. pour les conducteurs de machines, de 31r. à 5 fr. pour les gouverneurs de cylindre, de 2fr. 50 à 4fr. pour les manœuvres. Les femmes gagnent de 1 fr. 50 à

2 fr. 50 par jour et les apprentis des deux sexes de Ofr. 50 à 1 fr. Nombre de fabriques de papier possèdent des ateliers destinés aux diverses transformations du produit, des habitations pour le personnel et des écoles pour les enfants des ouvriers.

L'examen comparatif des chiffres qui suivent permettra d'avoir une idée générale de l'évolution économique de l'industrie du papier depuis 150 ans.

1. Il y avait à l'Exposition de 1900 trois grandes machines àpa-l pier continu fonctionnant sous les yeux des visiteurs : une machinal française fabriquant du papier de 2 m. 80 de largeur, dont la pâte estjj produite sur place ; une machine allemande donnant du papier do

3 m. 30 de large et comportant des dispositions inédites (la place al manqué pour installer une machine de plus grandes dimensions);] une machine suisse faisant du papier, rogné et apprêté sur une on deux faces, de 1 m. 60 de large.

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- 9fô —

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Prix moyen du papier blanc moyen et prix moyen des chiffons blancs moyens (aux 100 kilog. et en (r.)

Papier

Chiffons

Années

P.ipicr

Chiffons

lU)

iO

i:iO

1900 6pr»iersBois

Les papiers blancs, primitivement, se fabriquaient exclusivement avec des drilles blanches; mais la découverte des procédés de décoloration a permis pour la confection de ces mêmes produits l'emploi de toutes espèces de chiSons.

Le prix moyen de ces matières est actuellement de : 38 fr. les 100 kilog. pour les blancs, 23 fr. pour les bulles et 12 fr. pour les couleurs; la pâte mécanique de sapin vaut 23 fr. les 100 kilog., la pâte chimique dite cellulose au bisulfite se vend 32 fr. non blanchie et 37 fr. blanchie.

Le cours dn papier pelure moyen, d'autre part, est aujourd'hui de 130 fr. les 100 kilog.: celui des sortes blanches mi-fiues, de 70 fr.; le journal vaut 40 fr., le goudron 30 fr. et la sorte paille 25 fr.

L'extension de l'industrie du papier a. favorisé la vulgarisation de l'instruction dans toutes ses branches et a permis de satisfaire aux besoins de plus en plus variés et nombreux des consommateurs. Protégée par on droit de 10 fr. par lOOkliog. frappant le produit à son entrée, droit compensant, d'une façon à peu près exacte, l'infériorité économique de ses prix de revient, la papeterie française, grâce à ses constants eBorl.-^, voit le chiffre de ses importations tendre à diminuer et celui de ses exportations à s'accroître.

Import.\tioxs (en kgr.) Exportations (en kgr.)

1900 6 premiers «ois 10.731.600

Le papier est relativement favorisé au point de vue des tarifs de transport : les Compagnies de cheminsdefer, pour s'assurer la clientèle des fabricants, «e montrent généralement disposées à leur accorder des tarifs spéciaux.

Une loi du 4 septembre 1871 avait frappé le papier d'un droit intérieur variant, suivant la catégorie des sortes, de ofr. à 15 fr. par 100 kilog.; elle fut abrogée à partir dn 1°' décembre 1886. Dans presque toutes les fabriques de papier d'une certaine importance fonctionnent régulièrement des institutions de prévoyance destinées, sous des formes diverses, à secourir les ouvriers et ouvrières malades ou infirmes.

Les fabricants de papier français ont formé, en 1864, une association dénommée actuellement « Syndicat professionnel de l'Union des Fabricants de papier de France » et destinée à discuter les intérêts de la corporation ; des comités régionaux, constamment en rapport avec le bureau du Syndicat, dit Ck)mité central, se réunissent régulièrement dans «ertainscentres départementaux, en vuedu même objet. Des institutions corporatives analogues existent à l'étranger. E. Choquet.

Papiers de fantaisie. — Sous le titre de papiers de fantaisie sont rangés tous les papiers transformés dont on fait emploi pour la confiserie, les cartonnages, l'enveloppage des produits alimentaires «t autres, les impressions, la papeterie, la reliure, etc.

La consommation des papiers de fantaisie est considérable et occupe un grand nombre d'ouvriers. Les principales usines sont groupées : en France, à

Paris; en Belgique, àTurnhout; en Allemagne, à Aschaffenbourg et à Nuremberg.

Cette industrie a été longtemps confondue avec celle des papiers peints pour la tenture, quoique les procédés de fabrication soient bien différents. (Voy. Papier peint.)

Généralement pen connu, qaoiqne fort ancien, le papier marbré, qui est une spécialité dans cet art, date de plusieurs siècles. Fichtemberg a publié en 1852, chez Roret, un manuel du Fabricant de papiers de fantaisie, où il cite des ouvrages de chimie, imprimés en 1694, dans lesquels il est fait mention de papiers marbrés. A l'Exposition internationale du Livre, tenue à Paris en 1894, on pouvait voir de vieilles reliures avec des gardes marbrées dans des volumes du temps de Henri II.

Ces papiers n'offraient pas une grande variété et l'on n'en fabriquait guère qu'un genre. Depuis 1830, cet art a fait d'assez grands progrès, et les Anglais et les Allemands, ainsi que les Français, ont créé une grande quantité de genres de marbrés, connus sous les noms de Peigne, Caillouté, Ombré, Coulé, .Agate, etc. M. F.-M. de MongolBer, à Annonay, inventa un genre de papier marbré pour la couverture des livres et registres, qui eut longtemps un grand succès, par suite de la qualité exceptionnelle de ses papiers. On appelait cette sorte o Annonay ». Les imitations faites en Allemagne et en Belgique étaient désignées sous le nom de «façon Annonay». La fabrique d'.Annonay n'existe plus.

Les papiers dits « allemands » imitant l'agate ont eu aussi la faveur, par suite de leur grande variété de dessins et de leur vernis brillant dit (< vernis feu ». Les Anglais ont préféré et emploient particulièrement les papiers ombrés ou peignés. En France on fabrique depuis longtemps des papiers marbrés, mais particulièrement de petits dessins.

On désignait également sous le nom de Papiers de fantaisie les papiers imprimés à la planche; mais ce procédé ne s'emploie plus et ces genres de papiers sont imprimés maintenant en lithographie.

Les papiers unis, satinés, moirés, maroquinés, imprimés étaient fabriqués autrefois à la main, an moyen de la brosse, du pinceau, de l'éponge et de planches; on emploie depuis une vingtaine d'années des machines. La couche de couleur est mise par une machine appelée « fonceuse », et le brillant est obtenu par les lisseuses ou les calandres. La lisseuse est armée d'une agate ou d'un silex et le brillant s'obtient par le frottement de la pierre sur le papier. La calandre est une machine composée de rouleaux en fonte douce. Le papier passe entre les rouleaux et le brillant est plus ou moins accentué suivant la pression.

Le papier marbré se fait à la main : les couleurs sont jetées sur un bain dont la base est de la gomme adragante ou d'antres produits donnant un mucilage, comme les graines de psyllinm. Suivant la réaction chimique, le nombre des couleurs et le mode de jeté, on obtient des variétés infinies de dessins.

On désigne également du nom de Papiers de fantaisie, les papiers à lettres illustrés.

Les principales sortes de papiers-de fantaisie sont connues sous les dénominations suivantes :

Papiers bitumés, cirés, noirs on en conlears pour emballage ; papiersdentelles pour garnitures de boites, cierges, etc. : papiers de fantaisie, imprimés on brocarts; papiers chagrinés, gaufrés, moirés.

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Papiers glacés on porcelaine, pour cartonnages; papiers indiennes employés pour les cartes à jouer, les chemises de notaires, etc.

Papiers marbrés, portant divers noms, dont les principaux sont : l'agate, l'annonay, le cailloiUé on turc, l'ombré, la mosaïque, le mosnaire, le peigne, le racine, le schrœtel, le soleil ou œil-de-perdrix, le wanda, etc.; ces papiers sont employés pour les reliures de livres et de registres.

Les papiers métalliques, dorés, argentés, etc.

Les papiers paraflinés pour l'enveloppage des produits gras.

Réglementation. — L'emploi des papiers qui servent à l'enveloppage des produits alimentaires est régi par «ne ordonnance de police, suivant un avis conforme du Comité consultatif d'hygiène publique de France et les instructions du Ministre de l'intétérieur des 7 mai 1889, 29 août et 29 septembre 1890.

Les couleurs appliquées sur les papiers et cartons doivent être inofïensives. Les couleurs interdites sont:

Couleur!^ minérales. — Composés de cuivre : cendres bleues, bleu de montagne. Composés de plomb : massicot, minium, mine orange. Carbonate de plomb : blanc de plomb, cérnse, blanc d'argent. Oxyclilorures de plomb : jaune de Cassel, jaune de Turner, jaune de Paris. Antimoniate de plomb : jaune de Naples. Sulfate de plomb : chromâtes de plomb, jaune de chrome, jaune de Cologne. Chromate de baryte : outremer jaune. Composés d'arsenic : arsénite de cuivre, vert de Schwuinfurt.

Couleurs organiques. — Gomme gutte: aconit napel.

11 est interdit également d'employer des feuilles d'étain plombifère pour envelopper les fruits, les confiseries, les chocolats, les fromages, les saucissons, la chicorée, et d'une manière générale, toutes substances entrant dans l'alimentation.

Les feuilles d'étain destinées à cet usage devront être constituées par un alliage contenant au moins97Vo d'étain, dosé à l'état d'acide métatannique. Cet alliage ne devra pas renfermer plus de 1/2 pour cent de plomb (0,50 pour 100 gr.) et un dix-millième d'arsenic (1 centigr. pourlOOgr.).

Production, Formats et Prix. — Les Papiers de fantaisie se vendent au poids ou à la rame. Les formats les plus usités sont ; l'écu, la couronne, le carré, la coquille, le raisin, le jésns et le colombier. Depuis quelques années, ces divers formats se font également en double et portent le même nom avec la mention « double », etc. L'usage tend aussi à se répandre des livraisons en bobines pour les papiers à édition et le cartonnage mécanique.

On peut estimer à 10 millions de fr. la valeur de la production française actuelle de papiers de fantaisie, ;i une trentaine de millions celle de la production étrangère, qui a beaucoup augmenté en ces dernières années.

Les prix moyens pour les papiers de cartonnages sont de : 100 à ItiOfr. les lOOkilog.; pour les papiers marbrés, de 150 à200fr.; pour les papiers dorés, de aOO à 800 fr.

Nous extrayons le tableau ci-dessous de la Statistique du recensement des industries et professions, en 1896, pour Paris et sa banlieue :

Facricants de

Papii;

P.ipieis cirés, gommes et vernis

de fantaisie

filtre

pour décalcage

il cigarettes

;i lettres, enveloppes, etc

goudronné et verni

Etabliss. comptant ilt

Pour le papier à cigarettes et le papier à lettres notamment, le personnel employé est maintenant (1900) beaucoup plus important. A. P.

Différentes sortes de Papiers. — On n&

saurait donner ici une liste complète de toutes les variétés de papiers qui trouvent leur utili.saliou dans^ l'industrie ou le commerce; nous nous bornons à mentionner les plus connues :

Papier autographiqu,e ; Papier enduit d'une préparation spéciale qui permet de reproduire sous pression un écrit ou un dessin sur pierre lithographique ou plaque de zinc.

Papier à calquer o\x décalquer : Y oy.TttcjihQVE^

Papier à cigarettes : Est fait avec une pâte de chiffons de chanvre ou de lin aussi pure que possible, sur des machines spéciales, composées d'un cylindre central (seul en relation avec le moteur), qui entraîne par frottement direct les organes groupés autour de lui (presse coucheuse, cylindre sécheur, etc.); le tout est donc animé d'une même vitesse, ce qui évite la cas.sure du papier. Certaines fabriques de papier à cigarettes font par an plusieurs millions de fr. d'affaires. Les machines de dernier modèle prennent à une extrémité le papier et le carton, le fil de fer, la colle et le caoutt'iiouc: le cahier de papier complètement terminé, fermé par le caoutchouc, sort à l'autre extrémité; d'autres font les cahiers cartonnés comme de petits livres.

Papier à dessin : Vergé, non glacé ni satiné, parfois un peu pelucheux, du format ordinaire de 0 m. 50 sur Om. 65.

Papier à lettres : Tout le monde le connaît; son format et sa couleur, de même que ceux des enveloppes qui l'accompagnent, varient avec les caprices de la mode.

Papier à peindre : Papier spécial, fort, enduit d'une couche de peinture (ordinairement de l'ocrs clair), sur lequel on peut peindre à l'huile.

Papier à polir : Papier grossier enduit de colleforte qui retient de la poudre d'émeri, de silex ou de verre. On emploie le papier d'émeri pour polir l'acier, la fonte, etc.; le papier de silex pour le bronze; le papier de verre dans l'ébénisterie et la préparation des surfaces à peindre.

Papier à procédé : Employé pour les dessins àj reproduire par la photogravure. Il fournit un fond tout préparé pour la gravure en relief. Il y en a de j blanc, strié ou pointillé en creux dans l'épaisseur] de la couche de céruse dont il est enduit, et d€ teinté, c'est-à-dire strié ou pointillé en noir sur la couche de céruse.

Papier bulle : Légèrement bis ou jaunâtre, employé le plus souvent pour le paquetage et pour les] impressions ou écritures communes.

Papier buvard : Papier sans colle dont on se serti pour éponger l'encre. Le plus fin est le papier à fil-j trer, qu'on obtient avec des chiffons de chanvre oui de lin bien blanchis, épurés à l'acide chlorhydriquei et rincés à l'eau distillée. On s'en sert aussi poui capsules de bouteilles, pour garnitures de marteaux] de pianos, comme doublures pour tailleurs, comme polissoir de pierres précieuses; on en fait un très bon isolant en le traitant par certains bains chimiques; on le substitue dans les hôpitaux aux bandages en toile, le bandage étant brûlé après chaque| pansement.

Papier ciré : Fait d'un papier solide qu'on en-j

PAPIER

PAPIER

iuit d'uno composition de colle et de vernis colorée

M noir. 11 lient lieu de toile cirée pour l'emballaîre.

Papier comprimé : Substance analogue au bois,

itbteniie avec de la pâte à papier rendue imperméable

par un procédé cbimique et fortement comprimée,

II bien ressemblant au cnir par une imprégnation iIl' bitnme. On en fait, en Amérique, soit de menus nbjets, soit des tuyaux à gaz, des chaussures, des fûts pour le pétrole, des pavés, des roues, etc.

Papier de Chine et du Japon : Ce papier est fal)riqué le plus souvent, en Chine, avec des pousses annuelles de bambou, au Japon avec l'écorce de mûrier; mais on emploie aussi dans ces deux pays, selon les provinces, les pousses de cotonnier, le chanvre, la paille de blé et de riz, etc., jamais le . hillon. Ces matières sont traitées à deux reprises

liflérentes par la chaux, puis à chaud par une lessive caustique provenant des cendres de paille de riz. Le papier de Chine est fabriqué sur la forme à peu près comme notre papier à main ; mais la feuille, au lieu d'être séchée entre deux feuilles sous pres- ■^ion. l'est par dépôt sur une surface plane chauffée : li^ côté en contact avec cette surface devient beau-

oup plus lisse que l'autre. Ce papier est ordinairelaent d'un ton crème et n'est jamais franchement lilanc. Il est excellent pour les impressions artistiques. Le papier, au Japon, sert à faire des carreaux de fenêtre, des cloisons de séparation dans les habitations, des lanternes, des parapluies et des ombrelles, des bâches imperméables, des mouchoirs, des

icelles, du cuir artificiel, etc.

Papier de sûreté : Il n'existe pas jusqu'ici de papier offrant des garanties absolues contre tonte tentative de falsification partielle ou totale. Les ts- -;iis de mélange do réactifs chimiques à la pâte ( ;i

iive sont de moins en moins probants avec les progrès incessants de la chimie. D'autre part, la photographie a rendu facile la reproduction des dessins les plus compliqués.

Papier en rouleau : Papier mécanique, à décalquer, très transparent, blanc ou bulle, dont se servent les architectes et les dessinateurs pour les reproductions de grand format; il a d'ordinaire 10 m. de long sur i m. 10 à 1 m. 50 de large.

Papier filigrane : Généralement fait à la main, les filigranes transparents étant dus à des saillies disposées sur le fond de la forme. Cependant les billets de banque sont fabriqués, sur une machine inventée par M. Dupont, avec de la filasse de chanvre et de lin écro, coupée, lessivée, peu décolorée et soigneusement collée.

Papier goudron : C'est un papier ciré, dans l'enduit duquel on fait entrer du bitume ou du goudron.

Papier incombustible : Un mélange de trois parties de pâte à papier ordinaire et d'une partie de pâte d'amiante délayée dans une solution de sel commun et d'alnn donne, après passage à la machine, puis dans un bain de gomme-laque en dissolution dans l'alcool, un papier incombustible et imperméable, très propre à recevoir l'écriture, le dessin et l'impression. On a réussi, d'autre part, à composer des encres et des couleurs indélébiles, inaltérables par l'action du feu; de sorte qu'on a pu soumettre dans un four, à de très hautes températures, des feuilles de ce papier couvertes de ces encres on couleurs, sans que ni les unes ni les antres fussent altérées en quelque manière.

Papier Ingres : C'est nn papier à dessin très en usage dans les collèges, lycées et grandes écoles; il est un peu pelucheux et teinté.

Papier Joseph (du nom de l'inventeur Joseph Montgolfier) ou papier de soie : Employé par les doreurs, les bijoutiers, les confiseurs.

Papier linge : Composé pour moitié environ de fibres de soie ou de coton, qui le rendent souple, épais et résistant; on le recouvre souvent, au cours de la fabrication, d'un tissu de coton qui fait corps avec lui, et on lui donne souvent aussi de l'éclat et du soutien au moyen d'arsenic, ce qui peut n'être pas sans danger, cette sorte de papier étant surj tout utilisée pour les cols et manchettes.

Papier mâché ou papier pourri : Fait avec des rognures de papier réduites en pâte et booillies; cette pâte, additionnée d'un peu de colle de farine, se prête très bien aux moulages les plus délicats.

Papier médicinal : Papier à emplâtre, à cautères, papier épispastique, papiers chimiques divers, papier-moutarde pour sinapismes.

Papier parchemin ou sulfurisé : Imitation do parchemin obtenue par l'immersion de papier de fibres de coton non collé dans un mélange de deux parties d'eau et d'une partie d'acide sulfurique; on lave ensuite à l'eau et on fait sécher. Ce papier trouve un emploi de plus en plus considérable, comme enveloppe, chez les épiciers, pâtissiers, etc., parce qu'il a acquis, sous l'action de l'acide, une résistance et une solidité exceptionnelles. On s'en sert aussi pour envelopper les cartouches de dynamite, et il permet encore, par une filtration spéciale connue sous le nom de a dialyse », de séparer dans un liquide des principes qui y sont en dissolution, comme par exemple la séparation du sucre contenu dans les mélasses. On l'appelle aussi parchemin végétal et papier imperméable.

Papier pelure : Fait uniquement avec des chiffons; il est très mince et semi-transparent; quand il est sans colle, on le superpose aux gravures, on on en recouvre les boîtes de bonbons, les objets de luxe; collé, on s'en sert comme de papier à lettre, son faible poids permettant d'insérer plusieurs feuilles sous une même enveloppe.

Papier porcelaine : Papier fort enduit d'une dissolution de céruse ou de blanc de zinc.

Papier quadrillé : Divisé au cours de la fabrication par un croisillé de lignes horizontales et verticales ; employé souvent comme papier à lettres, sert surtout pour les croquis d'architecture, plans, relevés de machines.

Papier réactif : Bandelettes de papier obtenues en imbibant du papier non collé de certaines substances chimiques; on les laisse sécher à l'abri de la lumière, des vapeurs ou des émanations gazeuses : papier de tournesol, papier de curcuma, papier à la fuchsine, à la liguline, au campêche, à l'iodate de potasse, à la noix de galle, à l'acétate de plomb, à l'iodure de potassium, etc., qui trouvent leur emploi dans les laboratoires.

Papier timbré (voy. Timbre) : Fait à la forme, avec des chiffons purs, portant le timbre de l'État et servant à la transcription des actes.

Papier torchon : Papier Whatman à gros grains employé pour certain genre d'aquarelles.

Papier vélin : Papier fort et sans grain, très uni et satiné, excellent pour le tirage des vignettes en relief. (Voy. Parchemin.)

PAPIER

PAPIER

Papier vergé : Qui laisse voir l'empreinte des fils métalliques sur lesquels il est passé au cours de la fabrication ; très bon pour le tirage des épreuves en taille- douce.

Papier Whatman : Très solide, à grains divers; le Whatman à grain fin sert à certaines impressions de luxe après satinage; les feuilles de ce papier ont de 0 m. 60 à 1 m. de longueur. Commerce du Papier

Commerce extérieur de la France.— Les Tableaux do Commerce nous fournissent les chiffres suivants des import, et export. (C. S.) des papiers de toutes sortes pour les années 1887 et 1891, en fr. :

Papiier à lettres de toute espèce

A cigarettes, soie, pelure, parchemin

A écrire, dessiner, imprimer

Bulle et à pâte de couleur naturelle

Imp.

Exp.

Imp.

Depuis 1892 inclus, ces diverses sortes de papier sont autrement catégorisées; voici les chiffres des import, et export. (C.S.) en fr. pour les années 1897 et 1898 :

Imp. Exp. Imp. Exp.

Papier de fantaisie 11.893.44511.891.514 1.167.91211.617.463

— autre 2.405.458 8.223.709 2.276.536 8.395.514

— sulfurisé | 265.582) 4.883 341.140| 139.543

Le prix E.V.D. du kilog. est, à l'import. : papier de fantaisie, Ifr. 70; papier autre, Ofr. 45; papier sulfurisé, 1 fr. ; à l'expert., le prix du «papier autre» varie seul, à Ofr. 40 le kilog.

C'est surtout de Belgique (556.608 kilog. en 1897 et 117.357 en 1898) et d'Allemagne (443.058 et 460.629) que nous importons le papier de fantaisie; l'Angleterre ne nous en fournit que de 80.000 à 100.000 kilog.— Par contre, c'est d'Angleterre que nous vient en très grande partie le « papier autre » (3.437.000 kilog. en 1897 et 3.095.400 en 1898); viennent ensuite : l'Allemagne avec 892.800 et 988.000, la Belgique avec 623.400 et 627.000, etc.— Ennn, le papier sulfurisé nous est fourni pour les 2/3 par la Belgique (177.715 kilog. tn 1897 et 217.438 en 1898) et près du tiers par l'Allemagne (74.000 et 107.600).

Nous exportons surtout en Angleterre (490.100 kilog. en

1897 et 415.681 en 1898) et en Belgique (100.000 et 193.200) nos papiers de fantaisie. 11 convient de noter que le Brésil et ta Bépublique Argentine, qui nous en avaient demandé de 125.000 à 135.000 kilog. chacun en 1897, n'en ont plus reçu en

1898 que 58.000 à 66.000 kilog. chacun, ce qui indique une puissante concurrence. Nous en expédions en Algérie de 42.000 à 54.000 kilog. — Nos export, de «papier autre» vont surtout : en Angleterre (1.649.500 kilog. en 1897 et 1.792.600 en 1898), en Belgique (1.410.400 et 1.691.277), an Brésil (2.782.500 et 1.778.800), en Allemagne (908.000 et 1.122.200) et en Turquie (1.642.100 et 1.428.600). Mais notre premier client est l'Algérie, qui n'a pas reçu moins de 4.824.000 kilog. en 1897 et 5.395.000 en 1898: l'ensemble de nos autres colonies et pays de protectorat en reçoit de 1.800.000 à 2.220.000 kilog. par an.— En ce qui concerne le papier sulfurisé, on a vu que notre export, est beaucoup plus réduite; elle va presque toute en Angleterre (114.500 kilog. en 1898).

Douanes.— Le papier dit de fantaisie paye par 100 kilog. nets: 36 fr. d'entrée T. G., 30 fr. T. M., s'il est colorié en blanc ou en couleur, marbré, indienne, gaufré, estampé, découpé; 72fr. T. G., 60 fr. T. M., s'il est recouvert d'un métal quelconque, en feuilles ou en poudre. — Le «papier autre» que le papier dit de fantaisie, paye : 13 fr. T. G., 10 fr. T. M. par 100 kilog. bruts, quand il est fabriqué à la mécanique; 15fr. T.G., 12 fr. T. M. les 100 kilog. nets quand il est fabriqué à la forme ou à la main et introduit en feuilles non rognées sur les quatre côtés. — Le papier sulfurisé paye 25 fr. T. G., 20 fr. T. M. les 100 kilog. nets.

Commerce international : Allemagne. — Voici, pour l'année 1899, la production des industries du papier, (tlapport du consul de France à Stuttgart, novembre 1900) :

Quintaux métriquBS 7.690.000 2.506.980 7.779.757

Valeur

en marias

Pâte de bois

Cellulose

Papier et carton ,

L'ensemble de la production des industries travaillant le papier a été, en valeur, de plus de 271 millions 1/2 de marks, dont (en marks) :

Papier de luxe 31.949.190

Cartonnages et étuis 27.908.146

Papier de couleur et carton 23.819.979

Ouvrages communs en papier ( carnets,

bourses, sacs, etc.) 21.267.587

Travaux de reliure 24.137.375

Begistres avec impression 11.121 .06.3

Jouets et poupées en papier mâché 8.213.332

Albums 5.010.625

Lithographie, pholotypie, chromolithographie 61.281.311

Papiers peints 17.030.511

Les export, ont été, en milliers de marks, de 1890 à 1898:

Papier

et carton 57.502 54.936 58.149 55.897 55.452

Livres, cartes, lithogr.

Papier

et canon 64.010 67.364 59.410 59.280

Livres, cartes, lithogr.

La prospérité croissante de la fabrication et du commerce des cartes postales illustrées, dont l'Allemagne fournit le monde entier (et la France en particulier), a permise ce pays de ne pas trop souffrir, ces dernières années, de la surproduction des papiers de luxe.

L'export. allemande de ces papiers a beaucoup diminué en Autriche-Hongrie, ce pays ayant largement développé sa production; de même en Italie, par le fait surtout des droits protecteurs élevés qui s'opposent à l'entrée des papiers de luxe étrangers. L'Angleterre fait toujours une grande consommation de christmas-cards , mais elle ne traite qu'à des prix très bas.

La France, sauf pour les cartes postales illustrées, est à peu près fermée aux papiers de luxe allemands et en particulier aux chromo-lithographies : les droits sont en effet de 225 fr. les 100 kilog.; par contre, nos produits peuvent encore faire concurrence en Allemagne même aux produits allemands. L'Allemagne a importé en 1897 pour 1.439.375 fr. et en 1898 pour 1.386.350 fr. de papier à imprimer.

Angleterre. — Voici (en milliers de liv. st.) les chiffres des import, et des export, des principales espèces de papier dans le Boyaume-Uni, de 1895 à 1899 :

Lmportations 1893 1890 1897 1898 1899

Papier non imprimé. 2.046 2.3()8 2.536 2.4'J9 2.618 Imprimé ou peint. ... 254 278 312 301 346

Carton divers 462 411 499 604 597

— de pâte de bois. 84 81 133 126 162

Papier à écrire ou imprimer et enveloppes 957 1.097 1.017 922 Papier peint et de tentures; 148 172 174 192

Cartes et cartons (y compris cartes à

jouer) 46 52

Papiers non dénommés et ouvrages en papier (à l'exception du papier mâché).. 286

Les contrées qui ont le plus fourni à la Grande-Bretagne en 1899, sont : la Norvège, 364.789 qx; la Suède, 295.366; les États-Unis, 222.009; la Hollande, 217.004; l'Allemagne, 168.192, et la Belgique, 121.884.

États-Unis. — Nous donnons d'abord les chiffres des import, de papier, puis de livres, cartes, gravures, etc. (en milliers de dol.), pour les années 1890 à 1899; on remarquera que pour ces derniers certaines catégories sont soumises aux droits d'entrée, tandis que d'autres en sont exemples :

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