III. Pêches fluviales
Sauf l'observation de certains règlements sur le temps et les instruments de pêche, la pêche maritime est libre et gratuite ; elle appartient à tout le monde. Cette liberté s'étend, sauf règlements spéciaux, à la pèche dans les ports, havres et rades.
Les pêches se maintiennent au moyeu de primes à l'armement et de primes à l'exportation des produits (décr. 28 juillet 1860).
De nombreuses dispositions spéciales règlent les plus minutieux détails de la pêche à la morue. Le capitaine de chaque navire doit avoir un exemplaire particulier de celles de ces dispositions qui concernent le lieu où il pêche, et auxquelles se joint un tableau présentant: 1" le nom des havres; 2° les numéros et les plans des places comprises dans chaque havre; 3» le nombre des bateaux; 4° les noms et domiciles des armateurs concessionnaires; 5° le nom et le port en tonneaux des navires; 6" le nom et l'âge des capitaines; 7° la force des équipages.
Les droits des armateurs étant déterminés d'une manière sérieuse, des pénalités sont encourues par celui qui, ayant obtenu des places, n'aurait pas expédié de navires pour les occuper, sauf le cas de force majeure. On entend par occuper une place : y déposer le nombre d'hommes d'équipage voulu par la série à laquelle le navire appartient, faire pêche effective dans le havre, trancher et saler sur place les produits de la pêche, y former et entretenir l'établissement complet de pêche.
Le capitaine le plus âgé, avec priorité du long cours sur le cabotage, remplit les fonctions de prud'homme; il est spécialement chargé de maintenir la discipline, la police, le bon ordre; d'assurer à chaque capitaine la jouissance du havre et du mouillage; d'inspecter les filets; de recevoir les plaintes et d'y faire droit, après vérification, lorsqu'il est compétent pour les juger. Il préside les réunions de capitaines, et termine comme arbitre, sans frais ni rétribution, les contestations qui peuvent s'élever entre eux. Il verbalise sur toutes contraventions de pêche et remet ses décisions et procès-verbaux au commissaire de l'inscription maritime du port de départ. Il recherche les délits et les dénonce aux commandants des bâtiments de guerre qui font l'inspection des havres. Aucun navire ne peut aller pêcher s'il ne lui a été délivré un bulletin de mise en possession ; ce bulletin est exhibé au capitaine prud'homme.
Nous ne parlons pas de la pêche à la baleine, qui est abandonnée par nos armateurs français.
II. — Aucun établissement de pêcherie, de quelque nature qu'il soit, aucun parc, soit à huîtres, soit à moules, aucun dépôt de coquillages ne peuvent être formés sur le rivage de la mer, le long des côtes, ni dans la partie des fleuves, rivières, étangs et canaux où les eaux sont salées, sans une autorisation spéciale délivrée par le Ministre de la marine (décr.
Un décret du 27 novembre 1859 attribue aux syndics des gens de mer, gardes maritimes et gen-
darmes de la marine, le droit de constater les délits de la pêche commis entre le point de ce.ssation de la salure des eaux et les limites de l'inscription maritime.
La pêche du hareng et celle du maquereau, avec ou sans salaison à bord, est régie par le décret do 24 septembre 1864. Ces pêches peuvent être effectuées en tout temps et en tous lieux. Les dispositions concernant le nombre des hommes de l'équipage, les filets, les avitaillements ou objets d'armement sont supprimées par ce décret. Les armements avec salaison à bord peuvent être préparés dans tous les ports indistinctement. L'expédition des bateaux et l'importation des produits de pêche, soit par les pêcheurs eux-mêmes, soit par d'autres bateaux dits chasseurs, peuvent avoir lieu dans tous les ports où existent un agent de la marine et un receveur des Douanes, chargés, chacun en ce qui le concerne, de rechercher si l'armement a été fait en vue de la pêche, et de statuer de concert sur l'origine du poisson pour son admission en franchise.
Un décret du 24 octobre 1863 traite spécialement de la pêche de la truite et du saumon, tant à la mer, le long des côtes, que dans la partie des fleuves, rivières, étangs et canaux dont les eaux sont salées.
Les demandes de création de parcs et claies à huîtres, ainsi que celles de dépôts permanents de coquillages ou de crustacés sur une partie du domaine maritime, et de réservoirs à poisson sur une propriété privée, doivent être formulées en conformité du décret du 10 novembre 1862. Les préfets maritimes, et, dans les sous-arrondissements, le» chefs de service de la marine fixent, par des arrêtés, les époques d'ouverture et de clôture de la pêche des huîtres et des moules, et déterminent les huîtrières et moulières en exploitation.
Une loi du 9 janvier 1832 établit les pénalités applicables aux contraventions et délits en matière de pêche côtière.
III. — La pêche fluviale est régie par un décret du 25 janvier 1868, qui résume la législation antérieure et y ajoute quatre dispositions importantes. Ces dispositions concernent : la création de réserves pour la reproduction des espèces; la fixation, d'une manière désormais uniforme, des époques d'interdiction de la pêche dans les parties fluviales des cours d'eau qui aboutissent à la mer; l'interdiction de la vente, du colportage, de l'import. et de l'export. des différentes espèces pendant les différentes périodes d'interdiction de la pêche.
Les époques pendant lesquelles la pêche est interdite en vue de protéger la reproduction du poisson, sont fixées comme suit : du 20 octobre au 31 janvier est interdite la pêche du saumon, de la truite et de l'ombre-chevalier; du 13 avril au 13 juin est interdite la pêche de tous les autres poissons et de l'écrevisse; est comprise dans cette interdiction la pêche de l'ombre commun, mais non celle des autres poissons qui vivent alternativement dans les eaux douces et salées.
Nonobstant ces dispositions, les préfets peuvent, chaque année, après avoir pris l'avis des conseils généraux, interdire exceptionnellement la pêche de toutes les espèces de poissons, pendant l'une ou l'autre desdites périodes, lorsque cette interdiction sera nécessaire pour protéger l'espèce prédominante. Les arrêtés préfectoraux sont soumis à l'approba-
PÈCHES MARITIMES
PÊCHES MARITIMES
tion des Ministres de l'agricoltnreet du commerce. Dans la semaine précédant chaque période d'interdiction de la pèche, des publications on aDBches seront faites dans chaque commune pour rappeler les dates de leur commencement et de leur On.
Quiconque, dans la période de l'interdiction de la pêche, transportera ou débitera des poissons provenant des étangs ou des réservoirs, sera tenu de justifier de l'origine de ces poissons. La pêche n'est permise que depuis le lever jusqu'au coucher du soleil. Toutefois la pêche de l'écrevisse et de l'an- :guille peut être autorisée avant le lever du soleil et après son coucher, aux heures fixées par un arrêté préfectoral. Cet arrêté détermine, pour l'écrevisse, la nature et la dimension des engins permis. — Le séjour dans l'eau des filets et engins ayant les dimensions réglementaires est permis à tonte heure, sous la condition qu'ils ne peuvent être placés ou relevés que depuis le lever jusqu'au coucher du soleil.
Sont prohibés tous les filets traînants, à l'exception du petit épervier jeté à la main et manœuvré par un seul homme. Est pareillement prohibé l'emploi des lacets ou collets. Il est interdit : 1» d'établir dans les cours d'eau des appareils ayant pour objet de rassembler le poisson dans des noues, boires, fossés ou mares dont il ne pourrait plus sortir, on de le contraindre à passer par une issue garnie de pièges; i* d'accoler aux écluses, barrages, chutes naturelles, pertuis, vannages, coursiers d'usines et ■échelles à poisson, des nasses, paniers et filets à demeure; 3° de pêcher avec tout autre engin que la ligne flottante tenue à la main, dans l'intérieur des «cluses, barrages, pertuis, vannages, coursiers d'usines et passages ou échelles à poisson, ainsi qu'à une distance moindre de trente mètres en amont ou en aval de ces divers ouvrages ; 4' de pêcher dans les parties des cours d'eau et canaux navigables dont le niveau serait accidentellement abaissé, soit pour y opérer des curages ou travaux quelconques, soit par suite du chômage des usines ou de la navigation. L. FouzÈs.
PÈCHES MARITI.>IES. Les pêches maritimes se divisent en deux branches principales : 1° celles qui exigentl'emploi de bâtiments d'un assez fort tonnage «t des voyages de long cours, et dont les produits conservés et même fabriqués sont ensuite livrés à la consommation, soit pour l'alimentation humaise, soit comme matières premières pour les usines; 2° celles qui se font au moyen d'embarcations pins légères, sur les côtes de France on peu éloignées de la France, et produisent le poisson qui, frais, salé ou autrement préparé, est livré aux marchés du pays ou de l'étran- .ger. Les premières, connues sous le nom de grandes pêches, comprennent la pêche de la baleine, du cachalot et des autres cétacés on amphibies à lard, et la pêche et salaison de la morue dans les eaux de Terre-Neuve et d'Islande et dans la mer du .Nord. La pêche du corail, qui jadis était comptée parmi les grandes pêches, tend de plus en plus à disparaître : elle est exercée comme pêche côtière, en Algérie et Tunisie. Dans les secondes sont rangées : la pêche du hareng, du maquereau, de la sardine, etc., et celle de tous les poissons et coquillages qui, frais ou salés, alinientent nos marchés et servent à la consommation. Cette dernière est ordinairement comprise «eus la dénomination de petite pèche on pêche ■ côtière.
La pêche maritime est, en France, exclusivement
réservée aux inscrits, c'est-à-dire aux gens de mer ayant accompli lenr service militaire sur la flotte de guerre, s'étant assujettis aux obligations et jouissant des avantages qui leur sont réservés. Le matériel d'exploitation est, sur un grand nombre de points et pour la plus grande partie des pêcltes, fourni aux inscrits par des armateurs. L'ezenice de la pêche maritime est soumis à une réglementation spéciale. (Voy. Pêches : Législation.)
La population pêcheuse française compte environ 90.000 hommes, ainsi répartis sur nos côtes : région flamande et boulonnaise 10.000, normande 12.000, bretonne 41.000, vendéenne 7.500, gasconne 5.000, languedocienne 7.000, provençale 4.500, corse 800, algérienne 3.400.
Le matériel flottant comprend 22.000 bateanx de dimensions très variables, jaugeant ensemble 200.000 1.; 60.000 hommes, femmes et enfants, pratiquent la pêche à pied le long des grèves.
Grandes Pêches
Pêche de la baleine. — La pêche de la baleine est pratiquée soit dans les mers du Nordj soit dans les mers du Sud.
La pêche du Nord se fait dans le détroit de Davis, la baie de Baffin et dans les mers qui se rapprochent du pôle .Arctique. La baleine devient de plus en plus rare et les pêcheurs sont forcés de s'élever de plus en plus vers le Nord. La saison de pêche ne dure que deux ou trois mois. La baleine franche, baleine proprement dite fBalœna mysticetusjen est le produit principal; elle donne une huile abondante, d'une qualité supérieure à celle de la baleine du Sud, et des fanons qui font l'objet d'nn commerce important. Les lards de baleine sont rapportés en nature et fondus au port de retour.
Les pêcheurs du Nord, surtout les Américains, se livrent à la chasse des diverses variétés de phoqnes ou veaux marins qu'ils rencontrent en très grand nombre soit sur les banquises flottantes, soit sur les rivages des mers glaciales. (Voy. Phoques.)
La pêche à la baleine est loin d'avoir l'importance d'autrefois. La Narval Company de Nordenfeldt est tombée; en 1899, une nouvelle Compagnie norvégienne a établi deux usines aux îles Feroê, pour la préparation des produits de cette chasse exécutée par de petits vapeurs : 128 cétacés de 6 à 7 m. ont été ainsi capturés, mais il ne semble pas que cette exploitation ait grand avenir.
D'ailleurs, les grands cétacés sont d'année en année moins nombreux. La baleine de Biscaye, autrefois abondante sur nos côtes, a disparu presque complètement; dans le Nord, la baleine franche est devenue également très rare, et les pêcheries groëalandaises, si florissantes autrefois, n'existent ponr ainsi dire plus. Depuis qu'on fait la chasse à l'hyperoodon, celui-ci disparaît aussi, et on a observé le même fait pour la baleine de Californie.
La pêche du Sud se pratique sur les bancs du Brésil, sur les côtes de la Patagonie et an sud du cap Horn jusqu'au 62« degré de latitude méridionale, et à l'ouest de ce cap sur les côtes du Chili, du Pérou et de Californie. Elle se fait également sur les côtes occidentales et méridionales de l'Afrique, à l'est dn cap de Bonne-Espérance, jusqu'au 50* degré de lat. et au 45' degré de long. E.
Les armements pour la pêche de la baleine sont nuls en France depuis plus de 30 ans; la dernière expédition a été faite en 1867, par un bateau de 64 1.
PÈCHES MARITIMES — 1010
e^ec 3 hommes d'équipage, qui a rapporté 18 T. d'huile; dans la période 1857-66, on n'avait compté annuellement que 2 navires d'ensemble 980 1., avec 55 marins, ayant rapporté en moyenne 355 T. d'huile et 11 de fanons; de 1837 à 1846, la moyenne annuelle des rendements avait été de 4.618 T. d'huile et 146 de fanons.
Pêche de la morue. — La morue est un poisson de la famille des Gadoïdes (Gadus morrhuaj ; la pêche en est surtout pratiquée sur les côtes du cap Breton, de la Nouvelle-Ecosse, du Labrador, du golfe Saint-Laurent, autour des îles Saint-Pierre et Miquelon et du banc de Terre-Neuve (voy. Terre- Neuvei, dans la mer d'Islande et dans la mer du Nord (Dogger-Bank, entre la Grande-Bretagne, la Hollande et le Danemark).
Chaque bateau terre-neuvien possède à bord plusieurs embarcations légères, s'emboîtant les unes dans les autres, à fond plat; deux ou trois hommes, munis de vivres pour deux ou trois jours, montent chacune et font ainsi la pêclie sur le banc. Ces embarcations, d'origine américaine, sont employées depuis 1865 et se nomment doris; elles ont complètement changé le mode et les résultats de la pêche.
Les pêcheries de Saint-Pierre et Miquelon se livrent, en outre, à la pêche des encornets, des buccins (ou billots], du lançon et du capelan, petits poissons qui servent d'appât (ou boette) pour prendre la morue; ils en fournissent des quantités aux navires venus de France.
La morue se prépare de deux manières. Elle est salée, puis séchée avec soin et mise en balles, ou, ce qui est beaucoup préférable, en boucauts. C'est la morue sèche, le dried cod des Anglais, le tork- /isk des Norvégiens, qui fait l'objet d'un commerce très considérable. La seconde préparation consiste à saler le poisson à même dans la cale (salaison dite en grenier) ou à le mettre en barils. C'est ce que l'on appelle la morue verte ou plate (greeii on picked cod, klipfisk des Norvégiens). La fabrication de la morue sèche exige un établissement à terre pour y étendre le poisson et l'exposer à l'action de l'air et du soleil. Le rivage oriental de l'île de Terre-Neuve et ceux de Saint-Pierre et Miquelon sont consacrés à cet usage. On a créé aussi des sécheries sur le littoral de la France. La morue verte est préparée à bord des navires pêcheurs.
Outre sa chair, la morue donne quelques produits accessoires: l'huile qui est tirée de son foie; les langues salées et conservées, considérées comme un mets délicat; les œufs qui, sous le nom de rognes, sont apportés en France et servent d'appât pour la pêche à la sardine; enûn les vessies natatoires, avec lesquelles on fait une colle de poisson égale en qualité à celle de l'esturgeon.
Les morues pochées vers la fin de la saison sont salées en vert ou séchées dans les ateliers de France, où elles sont apportées après avoir reçu une salaison provisoire. Les produits des mers d'Islande et du Dogger-Bank sont ou préparés en vert, ou apportés en France pour être séchés.
La loi du 21 juillet 1851 a institué des primes en faveur des armements pour la grande pêche. Ces primes sont do deux sortes : 1° les primes d'armement qui ont pour base l'homme embarqué, ainsi calculées : 50 fr. par homme pour la pêche avec sécherie à Terre-Neuve, 30 fr. pour la pêche sans sécherie à Terre-Neuve, 50 fr. pour la pêche sans
PÊCHES MARITIMES
sécherie en Islande, 15 fr. pour la pêche au Dogger- Bank; 2" les primes calculées à raison de 20, 16 ou 12 fr., suivant l'origine et la destination des produits. En voici le montant pour les dernières années :
Primes
Primes sur
Primes
Primes sur
d'arniement
les produits
d'armement
les produits
Le crédit pour 1898 a été de 3.875.000 fr., et celui de 1899 de 5.000.000 de fr.
Le 31 décembre 1898, le nombre des bateaux faisant la grande pêche était de 631, avec ensemble 50.610 t. et 12.544 marins pêcheurs. La moyenne décennale, de 1877 à 1886, a été de 467 nav. d'ensemble 52.060 t. avec 10.262 hommes d'équipage ; celle de 1887 à 1896 a été respectivement de 436,^ 45.500 et 8.784.
Terre-Neuve. — A Terre-Neuve, la grande pêche emploie chaque année 3.500 à 4.000 hommes montés sur des bateaux de 125 à 300 t. Voici les chiffres que nous avons pu réunir pour ces dernières années :
Morues Équipages
Bateaux
Jauge
en kilog.
Valeur des
produits 5.570.937 5.282.752 5.512.201
» 24.383.926 6.871.939 » 31.263.477 8.762.774 La valeur des rendements annuels a été, dans les principaux quartiers d'armement pour Terre-Xeuve, en 1895 :
Binic 56.176
Tréguier 36.445
Dieppe 30.698
Fécamp 3.048 603
Granville 1.372.407
Saint-Malo .... 526.050
Cancale 391.354
Outre les mornes, la pêche rapporte encore des barils d'huile de foie (4.099) et des rogues (203.896 barils).
Islande. — Les bateaux qui vont en Islande sont généralement gréés en goélette et jaugent une centaine de tonneaux ; l'équipage est de 20 à 25 hommes. Voici les résultatsde cette pêche :
Équipages
Navires
Jauge
Morues en !<gr.
Val. en fr.
Les valeurs des rendements annuels dans les diversquartiers d'armement étaient en 1895 :
Dunkerque 2.454.517
Paimpol 2.043.492
Binic 632.398
Boulogne 524.239
Saint-Brieuc 448.707
Gravelines, 409.984
Calais, Fécamp.
Granville.Tréguier 103.390
Les centres métropolitains où la morue subit des manipulations définitives sont : Saint-Nazaire, la Rochelle. Bordeaux, Cette et Port-de-Bouc.
Dogger's Bank. — La pêche au Dogger's Bank a donné les rendements suivants, pour les années 1896 et 1897, en quantité par kilog. et en valeur par fr. :
Quantités Valeurs
Poche côtîère française
La pêche côtière est un terme générique qui comprend l'ensemble des pêches exercées aux abonl^ des côtes et au large, dans les mers qui avoisineni la France. Nous ne pouvons, dans les limites de C' ' article, examiner en détail les industries ressm tissant aux pèches dans les diverses régions; nou nous bornerons à indiquer pour la France les inoiii généraux de pêche, la valeur des principales pêchrles régions qu'elles intéressent et les ports où ell' s'exercent.
PÈCHES MARITIMES
PÊCHES MARITIMES
Modes généraux de pêche : /• Aux hameçons. — Les hameçons sont amorcés, montés isolément ou en petit nombre snr des lignes que les pêcheurs jettent d'une embarcation immobile, on réunis par centaines et même par milliers sur des lignes placées sur les fonds marins (pêche aux palangres en Méditerranée, aux grandes et petites cordes dans la Manche, aux harouellesà Terre-Nenve); quelquefois ces mêmes hameçons apàtés sont traînés par des bateaux qui se laissent dériver sons voile (morne, dorade) ou Aient avec une vitesse variable de 3 à 6 nœuds, suivant les espèces à capturer (maquereau, germon) ; quelquefois enfin (pêche à la faux) l'hameçon ne porte pas d'appât : il accroche par secousses brusques (pêche à la morue) le poisson attiré par la lueur d'un petit poisson on par un affard (moules écrasées).
♦• Aux filets. — Les Blets fixés, plongés aux fonds, varient suivant les espèces et les localités: ils ont toujours ce caractère commun d'être légèrement lièges en hant et fortement lestés de plomb en bas, pour que leurs nappes demeurent verticales; quelquefois ils sont composés d'un unique filet, dans les mailles duquel le poisson s'embarrasse (folles); d'autres fois ils sont formés de filets à mailles différentes, le poisson faisant poche dans la maille la pins fine à travers la plus grande (tramail).
Nous ne citons que pour mémoire les filets côtiers fixes dits « bas et hant parcs », et les nasses ou pièges plus ou moins compliqués (écluses à poissons ou pêcheries de Cancale et de l'Arguenon : dans quelques régions, ces pièges sont immergés à une certaine profondeur (madragnes, trabacs, esturies, bordignes, etc.)
Dans une autre catégorie de filets, dits « filets dérivants », le plomb n'entraîne pas le liège ou flotteur fort au-dessous de la surface, au voisinage de laquelle reste le filet (appelets à harengs, filets à sardines, surmulet, bogue, maquereau, anchois, etc.).
Enfin, si des filets de ce genre sont manœuvres de manière à capturer le poisson en l'entourant de toute part, on désigne ce genre de pêche sons le nom de « pêche à la senne » (senne à morue de Terre-Xeave, lamparo, rets volants en Algérie, pêche au bourgin, à l'eissaugne).
D'autres filets avec armature en fer et en bois forment une poche ouverte qui engloutit en traînant tous les êtres qu'ils rencontrent : c'est la catégorie des engins traînants (chalut, gangni, bœuf ou ottertrawl).
Le nombre des équipages pêcheurs était en France, au 31 décembre 1897, de 47.231 pour la pêche côtière snr 10.480 bateaux d'ensemble 92.315 t.
Le nombre des pêcheurs (vivant exclusivement de la pêche en mer) est variable suivant les quartiers ; voici quelle était la répartition en 189:*» :
Quartiers
Donkerqae
('herbourg
~ ; nt-Servan
est
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tntes. .., ohefort ideaax.
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-■érie. ..
Hommes
Bateaux
Tonnage
l.OiO
En 1898, les chalutiers de CardiC, Swansea et
Milford ont fait plus de 200 voyages an large descôtes de France, dans le golfe de Biscaye.
Le graphique des rendements de la pêche française indique une marche ascendante, presque constante de 1866 à 1883. En 1866, la i^cbe donnait environ 58 millions de fr., et en 1883 107; en 1884, elle tombe à 88 millions environ, se rapprochant desrésnltats antérieurs de 1877, 1878, 1879 et 1880. En- 1895, une reprise se manifeste; pnis l'augmentatioDi est presque constante chaque année et permet de noter pour 1898 un rendement de près de 99 millions, inférieur de 8 millions à celui de 1883. Cettedernière année parait avoir été la plus henrenseponr l'industrie de la pêche de 1866 à 1898.
En 1898, le produit des grandes pêches a été de 15.075.368 fr. ; celui de la pêche hautnrière, de 26 millions 262.810 fr. ; de la pêche littorale, de 32.363.149' fr.: de la pêche à pied, de 1.433.063 fr.
Par espèces de poissons : morne 18.075.388 fr., hareng 8.545.704, maquereau 3.^6.315, sardine 9 millions 205.000, anchois 614.782, thon 2.070.363, saumon 420.203, poissons frais 40.030.424, crustacés- 6.640.167, coquillages 3.639.070, divers 465.897,. goémon 4.753.165.
Par sous-arrondissement : Dunkerque 18.269.743^ fr., le Havre 12.704.883, Cherbourg 3.789.788, Saint- Servan 8.873.917, Brest 15.099.296, Lorient 10 millions 415.458, Nantes 4.584.753, Rochefort 9 millions^ 371.843, Bordeaux 2.907.532, Marseille 7.^1.899, Toulon 2.029.533, Corse 838.527.
Les quartiers d'inscription maritime qui ont capturé en 1898 les plus fortes quantités sont : Boulogne,, qui a vendu pour 11.693.306 fr.: Fécamp, pour 7.491.712; Croix, 5.030.518; Granville 2.714.042; Dunkerque 2.551.550: Dieppe, 2.405.949; Douarnenez, 2.979.S48: sur la .Méditerranée, Marseille pour 1.870.962 fr.
Les salaires se montent, pour les matelots desbateaux à vapeur, de 90 à 100 îr. par mois à Boulogne, 70 fr. à Dieppe, avec de I à 3 •/« sur le produit brut de la pêche.» Sur les chalutiers à voiles,, les pêcheurs sont payés à la part : l'armateur prélevant la moitié on le tiers du produit et l'équipage se partageant le reste, en avantageant, bien entendu, le patron du bâtiment.
Il existe des écoles de pêches, des poissonneries,, des associations mutuelles entre pêcheurs dans tonsi les principaux ports de pèche, tant de la .Manche I que de l'Océan et de la .Méditerranée.
On admirait à l'Exposition de 1900 (Pavillon des Pêcheries) de très belles cartes lithologiques dressées par M. le professeur Toulet, de la Faculté des sciences de Nancy. Ces cartes montrent d'un simplecoup-d'œil le relief du sol sous-marin, dont elles indiquent avec netteté les diverses natures, au moyende toutes sortes de teintes, demi-teintes, courbes et signes conventionnels. Dressées pour toutes les par- I ties des côtes de France, elles sont appelées à renÊie- ; aux pêcheurs de signalés services. L'Angleterre,. I l'Allemagne, la Norvège, la Suède, les États-Unis I en possèdent déjà d'analogues pour tout ou partie de leur littoral.