ETAIN
locale, avis du préfet et audition du manufacturier intéressé (décret i'S octobr* 1810, art. 12). Au cad'inexécution des conditions imposées, le droit de révocation n'appartient qu'au Gouvernement; mais en vertu de ses droits de police le préfet peut suspendre provisoirement l'exploitation et ordonner momentanément la fermeture de l'établissement. En outre, l'industriel qui ne se soumet pas aux conditions imposées dans l'autorisation ou qui exploite malgré le rejet de sa demande, tombe sous le coup de l'art. 471 C. Pén. (contraventions de police), et le juge de simple police ordonnera au surplus la discontinuation de l'exploitation, tant que celle-ci n'est pas régularisée.
La nomenclature des établissements insalubres, incommodes ou dangereux par classes, est contenue dans un décret du 3 mai 188G qui ne comprend pas moins de 384 variétés d'établissements. Ce décret a été complété par un décret du 3 mai 1888, modifié par un décret du 13 mars 1890, complété par les décrets du 26 janvier 1892, du 13 avril 1894, du 6 juillet 1896, du 17 août 1897, et modifié par un décret du 29 juillet 1898.
Ces différentes modifications à la nomenclaturetype de 1886 sont dues aux transformations successives desexploitations industrielles et à leurs progrès. Il résulte de ces transformations et progrès incessants que l'on ne peut pas donner une énumération immuable et certaine de tous les établissements insalubres, incommodes ou dangereux. Quelle sera la situation des établissements nouveaux de ce genre non classés? S'ils sont de nature à rentrer dans la seconde ou la troisième classe, c'est au préfet qu'incombe le soin de les autoriser, sauf à en référer an Ministre (ordon. 14 janvier 1813). S'ils sont *de nature à rentrer dans la première classe, les préfets instruisent les demandes et transmettent leur instruction au Ministre, qui provoque un décret (circulaire du 13 décembre 1832). En cas d'autorisation, les tiers peuvent réclamer devant le conseil de préfecture et en appel devant le Conseil d'État dans le premier cas, devant le Conseil d'État dans le second. En cas de refus d'autorisation, le demandeur peut se pourvoir dans tous les cas devant le Conseil d'État. Maurice Dufourmantelle.
KTAIX. Métal blanc, mou, très malléable, peu tenace, à cassure cristalline, fusible à 228". Densité : 7,29, inaltérable dans l'air sec ou humide, mais oxydable à chaud. Ce métal est plus dur, plus ductile et plus tenace que le plomb; il est aussi plus élastique. Il a une saveur désagréable qui lui est propre et une odeur prononcée que le frottement augmente sensiblement. Quand on le ploie il fait entendre un bruit particulier que l'on a désigné sous le nom de ci'i de l'élain. L'étain n'est pas attaqué à froid par l'acide sulfurique, mais vers 130° il y a oxydation avec dégagement d'acide sulfureux et dépôt de soufre. L'acide chlorhydrique concentré dissout rapidement l'étain ; l'acide azotique le transforme en acide métastannique insoluble; les alcalis le dissolvent à chaud.
Le seul minerai d'étain est l'oxyde d'étain ou Cassitérite, généralement associée à des pyrites de fer et de cuivre, des arséniures, de la blende et à une gangue quartzeuse. Ce minerai est principalement tiré de Cornouaille (on l'exploite en ce pays de toute antiquité), de Saxe, de Bohême et des Indes Hollandaises (îles de Banka et de Billiton).
t - ETAIN
L'oxyde d'étain est d'abord bocardé, puis lavé sur des tables dormantes, soit directement, soit aprèsgrillage, dans le cas où il renferme une trop grandeproportion de pyrite de fer. On élimine ainsi les métaux étrangers et particulièrement le fer. L'extraction de l'étain se fait ensuite par réduction, soit dansun four à manche, soit dans un four à réverbère.
Les saumons d'étain brut obtenus par l'un ou l'autre de ces deux traitements sont soumis au raffinage. A cet effet, on les dispose sur la sole légèrement inclinée d'un four à réverbère. On chauffe doucement : l'étain fond et se rend dans une cavité ménagée à la partie la plus basse de la sole, et delà dans un bassin extérieur où on l'agite avec des branches de bois vert. Les crasses remontent à la surface et l'étain est coulé en feuilles qui, roulées^ constituent les balles d'étain du commerce.
L'étain se vend battu, laminé ou en poudre à l'usage des peintres (bronze argentin, clinquant pulvérisé, etc.). Il s'allie facilement à la plupart des métaux. (Voy. Alliages.)
Indépendamment des ustensiles propres aux usages domestiques, tels que : cuillers, fourchettes, chandeliers, vases, canettes, estagnons, plats, assiettes, etc., on désigne, dans le commerce, sous la dénomination de poteries et ouvrages en étain, les objetsconstitués par de l'étain pur ou un alliage de plomb et d'étain, de zinc et d'étain, d'antimoine et d'étain. ou de plomb, d'étain et d'antimoine dit « alliage blanc».
On extrait l'étain des vieux fers-blancs en les reliant au pôle positif d'une pile ou d'une dynamo après les avoir plongés dans une solution de soudecaustique. On emploie comme cathode une plaque d'étain sur laquelle le métal se dépose.
Commerce. — Les chiffres suivants donnent, d'après lestableaux statistiques de l'Administration des douanes, les import, et export, (en quintaux métriques) des minerais d'étain et des différentes sortes d'étain ou (en kilog.) des ouvrages en étain (C. G.) :
IMPORTATIONS
Minerai 1.041 74 1.497
Étain brut (saunions, barres, plaques). 81.779 90.484 81.931^
Étain allié d'antimoine (lingots) 5.5 319 279
Étain batt\i ou laminé 692 771 610
Limaille et débris de vieux ouvrages. 100 672 900
Ouvrages en étain pur ou allié d'anti- kgr. kgr. kgr.
moine, y compris les poteries 188.993 179.283 147. 800-
kxpoutations
Minerai 176 639 206
Étain brut (saumons, barres, plaques) 9.042 11. ."«Oj 11.424
Étain aHié d'antimoine (lingots).... 1.210 918 823
Étain battu ou laminé 1.078 1.461 943
Limaille et débris de vieux ouvrages. » » >>
Ouvragesenétainpur ou allié d'anti- kgr. kgr. kgr.
moine, y compris les poteries 689.784 819.431 903.600
Le prix E. V. D., en 1897, de ces diverses marchandises, était : minerai, 40 fr. le q. m.; étain en masse brut (saumons, barres ou plaques), 165 fr. le q. m.; étain allié d'antimoine, 140 fr. le q. m.; étain battu ou laminé, 245 fr. le q. m.; limailles et débris de vieux ouvrages en étain, 115 fr. le q. m.; ouvrages en étain pur ou allié d'anti^ moine, y compris les poteries, 6 fr. 80 le kgr.
Droits de douanes.— La loi du H janvisr 1892 exempte de tous droits d'entrée en France l'étain en masse brut (saumons, barres ou plaques), ainsi que les limailles et débris de vieux ouvrages.
Pour les autres articles, les taxes d'entrée en France sont les suivantes, par 100 kgr. poiis brut : Étain allié d'antimoine (métal britannique) en lingots, 5 fr. (T. U. et T. M.). Étain pur ou allié, battu ou laminé, G fr. (ï. G.