V. .\réomètre
PEST. Capitale de la Hongrie. V. Budapest.
PETIT-BOUSCHET. V. ViNS.
PETIT-GRIS. V. Pelleteries.
PETIT P.VRQUET. V. Parquet (Bourse).
PÉTROLE. On désigne sous le nom de pétroles les huiles minérales propres à l'éclairage.
Ces huiles peuvent se diviser en deux classes : les pétroles naturels, tout formés dans le sol ; les pétroles artificiels, provenant de la distillation des schistes bitumineux ou autres minerais analogues.
Le pétrole naturel brut donne par la distillation des essences, des huiles lampantes et des huiles lourdes.
Le pétrole artificiel brut donne par distillation des huiles légères ou essences, des huiles lampantes et des huiles lourdes paraffinées. I. — Pétrole naturel
Le pétrole naturel ou huile de naphte est connu depuis la plus haute antiquité, mais l'usage industriel de cette substance ne date, en Europe, que de l'année 1859.
Le pétrole est un hydrocarbure (C" H^) qui se trouve à l'état liquide en bien des contrées, en Europe, en Asie et en Amérique; mais ce sont les gisements de r.\mérique et du Caucase qui fournissent actuellement la presque totalité des pétroles consommés sur le globe.
Les opinions sont partagées sur l'origine de ce produit. Certains chimistes et géologues (Berthelot, Mendeleef) l'attribuent à des réactions se produisant à hante température entre les divers éléments de l'écorce terrestre, ou à des phénomènes d'ordre volcanique (Humboldt, Deville), ou encore à la distillation ou aux émanations des roches schisteuses ou carbonifères, ou enfin à la décomposition de matières organiques et animales préhistoriques (Sterry ilunt). Bien des savants ont cherché à élucider cette question, qui ne paraît pas avoir été tranchée. Dans ces dernières années, le professeur Engler a fourni certains arguments en faveur de l'origine animale des pétroles, tandis que, aux États-Unis, le professeur Edouard Orton a essayé de prouver que la formation des pétroles devait être assimilée à celle de la houille, en s'appuyant sur des observations de phénomènes qui ne se retrouvent pas exacts pour les mines du Caucase.
Les expériences faites, en 1897, par M. Moissan avec le four électrique jettent un jour nouveau sur ia formation du pétrole. M. Moissan est parvenu à combiner deux métaux rares, le cérium et l'uranium, avec le charbon. Les carbures de cérium et d'uranium donnent, en présence de l'eau, des gaz analogues à l'acétylène et des carbures liquides, c'est-àdire du pétrole. On peut admettre que les mêmes réactions se soient produites sur notre globe, lorsque les conditions géologiques étaient précisément celles du four électrique.
Quoi qu'il en soit, le pétrole, tout en n'appartenant spécialement à aucune couche géologique, se rencontre généralement dans les régions qui longent ies chaînes de montagnes. En Europe, on le trouve
dans les roches tertiaires, tandis qu'aux Etats-Unis il sort du dévonien et même du silurien.
La permanence des puits à pétrole, révolution en apparence inépuisable des gaz hydrocarbures, nous portent à croire que les hydrocarbures se forment aussi vite qu'ils se consomment, qu'il n'y a guère à craindre d'en manquer, et qu'on peut espérer rencontrer l'hnile minérale presque partout près de la surface de la terre, surtout dans le voisinage des grands bouleversements géologiques.
Extraction. — Les méthodes d'extraction du pétrole sont à peu de chose près les mêmes dans les divers pays producteurs. Le pétrole se trouvant contenu dans des poches souterraines ou dans des couches de sable, à une profondeur plus on moins grande au-dessous du niveau du sol, on fore, an hasard, des trous de sonde qui rencontrent ou non le gisement d'huile. Ce dernier renferme non seulement de l'huile, mais de l'eau, qui se trouve audessous du pétrole, et des gaz, qui se trouvent audessus; si donc le trou de sonde pénètre à la partie supérieure du gisement, il s'en échappe du gaz ; s'il tombe dans la partie occupée par le pétrole ou l'eau, et si la pression exercée sur ces deux liquides par les gaz qui remplissent la partie supérieure de la poche est suffisante, le pétrole ou l'eau sortiront en fontaine jaillissante du trou de sonde. Mais on comprend que ce jaillissement ait une durée limitée: ainsi, à Bakou (Caucase), elle est d'environ 3 à 5 mois; passé ce temps, il faut extraire le pétrole par des procédés mécaniques. Les trous de sonde ont généralement un diamètre de 30 cm. ; ils sont forés au trépan mis en mouvement par une machine à vapeur, qui est ensuite employée à l'exploitation du puits.
Lorsque le pétrole contient trop de sable (15 '/, environ) pour permettre l'emploi de pompes, l'exploitation se fait simplement en plongeant dans le puits un récipient cylindrique, ouvert par le haut et fermé par le bas an moyen d'une soupape. Ce récipient, qui a généralement une capacité de 300 lit. permet d'extraire environ 140 m. cubes d'huile par jour. Ce rendement, quoique considérable, est loin d'atteindre celui des fontaines jaillissantes, qui fournissent souvent 7.300 m. cubes par 24 heures.
La profondeur des puits à pétrole est fort variable. Dans l'Ohio (Amérique), on rencontre l'huile à 10 m. au-dessous du niveau du sol, tandis qu'en Pensylvanie on arrive à 150 et 160 m. En Amérique, la profondeur moyenne est de 20 à 70 m. ; dans la région du Caucase, au contraire, le pétrole se rencontre en couches à 100 et 250 m. de profondeur, dans des sortes de poches ou fissures souterraines.
Le pétrole extrait des sources, soit à puits jaillissants, soit à l'aide de machines d'épuisement, est conduit dans de grands réservoirs métalliques, analogues aux gazomètres des usines à gaz, par de simples canaux creusés dans le sol, lorsque ce dernier est argileux et par suite imperméable, comme au Caucase, ou, dans le cas contraire, par des conduites en fonte analogues à celles qui servent à la distribution des eaux. Il existe dans la région de la Pensylvanie, en Amérique, plus de 2.000 sources de pétrole en exploitation, produisant ensemble 11.500 m. cubes d'huile par jour, qui sont dirigés, par un vaste réseau de conduites en fonte, dans des réservoirs mesurant 30 m. de diamètre et 7 m. 50 de hauteur, ce qui représente nne contenance de 5.000 m. cubes par réservoir.