PÉTROLE
peuvent s'enflammer comme le ferait le gaz ordinaire. (Voy. Becs, Lampisterik.)
L'emploi des essences est beaucoup plus dangereux que celui de l'huile de pétrole; il importe surtout de ne pas remplir d'essence une lampe faite pour brûler de l'huile lampante.
Un nouveau procédé d'éclairage par le pétrole aurait été inventé à New-York (1900). Le pétrole est comprimé à 4 atmosphères dans un récipient spécial pouvant suffire à alimenter de 20 à 30 lampes à incandescence. .\u sortir de ce récipient, le liquide est amené dans un vaporisateur par un faisceau de petits tubes réunis ensemble à la façon de fils électriques. Une petite flamme d'allumage chauffe au début le vaporisateur et assure la vaporisation du liquide au fur et à mesure de l'arrivée. Les vapeurs de pétrole parviennent alors à la lampe par un bec spécial, comportant un corps susceptible d'entrer en incandescence et dont le rayonnement entrelient d'ailleurs la vaporisation après l'allumage. Les lampes sont à deux ou trois brûleurs, elles donnent un éclairement de 300 à 730 bougies Hefner, et tout danger d'explosion paraît écarté, puisqu'il ne peut y avoir accumulation de gaz ni dans le vaporisateur, ni dans la lampe même.
M. Belin, consul de France à Batavia, annonce dans un rapport sur « les ressources du sous-sol des Indes-Néerlandaises » (1900), que l'entreprise du gaz de houille a fait des expériences sur la transformation économique en gaz d'éclairage des huiles minérales de Koetéi (Bornéo); le succès en a été tel, que d'importants contrats pour l'achat de ces huiles auraient déjà été passés : deux grands bateaux-citernes de 8.300 t. sont en construction pour le transport direct des résidus de naphte entre Samarindo (Bornéo) et Londres.
La composition du pétrole, quoique variable suivant sa provenance, peut être considérée comme comprise dans les limites suivantes pour l'huile lampante : carbone 82 83 V», hydrogène 13 à 13 %. oxygène 1 à 3 "/«. Sa puissance calorifique varie de 10.600 à 11.000 calories; elle est un peu supérieure à celle du gaz d'éclairage. Le pétrole peut donc être avantageusement employé au chauffage.
Dans les régions pétrolifères, en Russie notamment, où les résidus de distillation du pétrole brut valent au plus 3 minimes le litre (à Balakhani), l'emploi de cette matière comme combustible a pris 00 grand développement. On s'en sert pour le ehanSage des machines locomotives, des machines de bateaux, des foyers industriels et même pour le chauffage des habitations.
Le pétrole est, en effet, d'un emploi très commode, et il peut s'emmagasiner facilement dans des citernes. On le brûle généralement en le pulvérisant dans le foyer au moyen d'un jet de vapeur ou d'air, ce qui produit une sorte de brouillard de pétrole qui s'eoflamme facilement et se consume avec une grande r^nilarité.
Partout on projette de chauffer les navires avec
s résidus de pétrole, comme l'exemple en a été donné par la Russie, pour sa flotte de la mer Caspienne. La Compagnie anglaise la Shell Line, dont les navires transportent le pétrole en vrac de Batoom aux Indes et en Extrême-Orient, a déjà douze apenrs chauffés au pétrole. Le premier essai a été fait par YHaliotis, de la Tyne à Gravesend, sur la Tamise; ce navire n'a brûlé que 738 grammes de
pétrole par cheval-heure, et il a fait avec 300 T. de pétrole le même voyage qu'avec 300 T. de charbon. L'emploi dn pétrole se recommande aussi par l'économie considérable qui résulte de la réduction do personnel, de la facilité réelle de l'approvisionnement et du chargement, de la disparition à peu près complète de la fumée, de la propreté du bord, etc.
Le transport et l'emmagasinage du pétrole sont soumis, en raison des dangers de cette matière, à des règlements spéciaux.
Un chimiste bavarois a trouvé un moyen pratique de solidifier les pétroles de rebut, afin de les employer comme combustible. Il mélange à chaud 80 V. de pétrole brut à un liquide composé, par parties égales, de lessive de soude et de graisse commune. Ce mélange, chauffé et agité pendant plusieurs heures, sans que la température atteigne le degré d'ébnllition du pétrole, devient pâteux, peut être moulé et découpé, après refroidissement, en blocs de dimensions convenables.