PHARMACIE
de MM. Bourdelles, Ribière, Blondel, ont ajouté à ces catégories celles des feux éclairs, pouvant donner des éclats puissants (1 à 3 millions de carcels) et brefs (l/iO de seconde), et où l'on emploie l'éclairage par incandescence, mais surtout l'électricité. La puissance d'intensité et la précision d'indication de ces récents appareils constituent un progrès considérable.
On a pu ainsi augmenter notablement la portée lumineuse, jusqu'à pouvoir, par temps clair, lui faire dépasser la portée géographique, laquelle est une quantité flxe, dépendant de la rondeur de la terre et de la hauteur du phare. C'est pourquoi on cherche toujours à mettre les phares le plus haut possible au-dessus du niveau de la mer. M. L. Reynaud, dans son Mémoire sur l'éclairage et le balisage des côtes, a donné la portée géographique des phares. Par exemple, un phare de 40 m. de haut a une portée géographique de 24.62ii m., mesurée sur la tangente à l'horizon qui part du foyer, et de 38.113 m. pour un observateur placé dans la mâture, à 12 m. au-dessus du niveau de l'a mer. Le plus ou moins de transparence de l'atmosphère modifie beaucoup la visibilité d'un phare; lorsque la portée lumineuse a diminué de moitié, on entre dans le brouillard. Des observations recueillies depuis un certain nombre d'années il résulte que, sur les côtes françaises de l'Océan, il y a temps clair pendant 1/12 de l'année, temps moyen pendant 6/12, temps brumeux 4/12, brouillard formé 1/12.
Les phares de 1" ordre sont ceux qui ont la plus grande portée lumineuse. Ils sont placés sur les côtes ou en avant des côtes et sont destinés à en signaler l'approche : d'où leur nom de phares de grand of^pr/'asre. Ces phares sont disposés de façon que les cercles tracés avec leurs portées lumineuses respectives se coupent, par temps moyen, assez loin de la côte. Le navigateur qui cherche son point d'atterrissage peut ainsi passer sans interruption d'un cercle dans un autre. Arrivé au point cherché, le navigateur est guidé au port par une série de feux moins puissants que les premiers et qui, suivant leur degré d'intensité, sont dits de 2% 3% 4« et o"^ ordre. Lorsque les conditions topographiques de la côte ne permettent pas d'y construire les tours qui doivent porter les phares, on y supplée par des feux flottants. Les feux qui indiquent le chenal d'un pcrt, dits feux de direction, sont d'une faible intensité.
Depuis peu, l'acétylène a été essayée pour l'éclairage des phares. Ces essais, principalement suivis en Allemagne, paraissent avoir donné des résultats avantageux. L'acétylène a, en effet, un grand pouvoir éclairant et peut se fabriquer facilement dans la tour d'un phare.
Les États officiels de l'Éclairage et du Balisage des côtes sont publiés, chaque année, par les administrations des divers pays maritimes d'Europe et d'Amérique. Les feux y sont classés géographiquement suivant leurs caractères et leur puissance lumineuse. Nous ne pouvons que renvoyer, pour les détails, à ces publications, beaucoup trop vastes pour être insérées ici, et qui, par leur nature même, ne se prêtent pas à l'analyse.
On compte, en France, 462 phares, dont 4o de 1" ordre, 9 de 2% 29 de 3% 54 de 4' et 325 de 5% plus 17 feux flottants. Le nombre des ouvrages relatifs au balisage (amers, balises, bouées: voy. ces mots) est de 3.859.
La rapidité croissante des voyages transatlantiques et l'importance des navires obligent à resserrer chaque jour davantage les mailles du réseau protecteur qui garnit les côtes. Son établissement » coûté, de l'origine à ce jour, 35 millions de francs environ, somme modeste en regard des immenses services rendus à la navigation. J. Fleury.
BiHLiooKAPiiiK.— Phares et Balises, E. Aliard. — Mémoire sur les Phares, M. Douglas (en anglais).— Mémoire sur l'intensité et la portée des Phares, E. AUard. — Phares, fanaux, bouées et signaux, L. Sautter.— i:tats officiels de l'Éclairage et du Balisage des côtes de France (dern. édit., 1" janvier 1900).— Compte rendu delà Conférence de Washington en 1889 sur l'uniformité de réglementation de la sécurité de la navigation.— Dictionnaire encyclopédique de l'Industrie, E.-O. Lamy.
PHAUMACIE. Généralités. — La pharmacie, au moment où nous écrivons, est encore un commerce savant, intermédiaire entre les professions libéralesvraies et les professions commerçantes proprement dites. En effet, la loi exige, pour l'exercice de la pharmacie, un diplôme spécial, dont la possession ne peut être obtenue qu'après des études de plus en plus difficiles : le pharmacien doit donc être un homme très instruit.
Il est en effet l'intermédiaire obligé et légal entre le médecin qui prescrit les médicaments et le malade qui les prend; non seulement il a la responsabilité de la bonne exécution d'une ordonnance, mais on l'oblige encore à un contrôle pour les cas où le médecin aurait pu commettre une erreur. En outre, en raison des progrès de plus en plus grands de la chimie physiologique, le pharmacien devrait être un chimiste assez expert pour pouvoir pratiquer sérieusement les analyses diverses demandées par le médecin et aussi celles que peut réclamer l'expertise sommaire, notamment pour ce qui concerne les procès relatifs aux substances alimentaires.
Mais, nonobstant ces obligations d'ordre essentiellement scientifique, la profession de la pharmacie, comme toutes les professions et plus encore que les autres professions, subit une crise assez grave qui peut avant longtemps transformer la situation du pharmacien : celui-ci se trouve être un commerçant, et à ce point de vue sa situation est très mauvaise. Beaucoup de causes ont amené ces transformations.
Il n'y a pas encore longtemps, le pharmacien fabriquait lui-même dans son officine tous les médicaments composés, dits officinaux, et n'achetait en droguerie que les matières premières destinées à leur préparation : les extraits, les hydrolats, les alcoolats, les teintures, les onguents de toute sorte, etc., tout était préparé sur place. Mais les progrès de la droguerie et de l'industrie chimique ont permis au pharmacien de se procurer à meilleur compte, dans le commerce de gros, tontes les préparations qu'il faisait jadis, et cela avec plus de garantie pour le malade, attendu que les préparations faites dans les usines, avec des moyens perfectionnés, fournissent des résultats excellents. Le pharmacien se cantonne donc de plus en plus dans l'exécution des ordonnances. En même temps, la pléthore des sujets pourvus de diplômes a augmenté considérablement le nombre des pharmaciens, pendant que la facilité des communications permettait aux malades de se procurer les médicaments nécessaires dans des pharmacies de grandes villes qui les attiraient par des rabais : donc augmentation de la concurrence etdi-