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PHILIPPINES

à Paris, de 1838 à 1860, la passion des timbres parmi les enfants, les premiers adeptes se donnaient rendez-vous au Jardin des Tuileries, sous les grands marronniers qui bordent l'allée centrale. Les jeudis et les dimanches, le petit marché était plus mouvementé, par la présence des collégiens. Peu à peu des commis de banque et de maisons de commerce s'y rendirent, apportant de nombreux timbres étrangers. Cette petite bourse devint bientôt renommée; on en parlait dans les revues de fin d'année. M. Sardou introduisit dans sa Famille Benoiton (1865) nn boursier de 8 ans d'une rouerie précoce.

En 1864, la Bourse réunissait de 200 à 400 personnes les jeudis et les dimanches. Les enfants n'y figuraient plus déjà que pour moitié; ce rassemblement ayant été interdit, les collectionneurs émigrèrent au Luxembourg. Dissous à nouveau, le marché se reporta aux Champs-Elysées, à différentes places, et en dernier lieu au carré Marigny, derrière les théâtres de Guignol ; il y est resté depuis.

A l'étranger, on a signalé des marchés libres de timbres dans toutes les capitales, mais dès qu'ils dépassaient les proportions de jeux d'enfants, c'està-dire dès que les marchands apparaissaient, ils n'étaient plus tolérés et se réfugiaient dans des locaux loués ou dans des brasseries : on cite ainsi la petite Bourse de Vienne.

C'est une erreur de dire qu'à la bourse des Champs-Elysées se fait la cote des timbres-poste : les prix, un peu élastiques d'ailleurs, sont fixés par les catalogues et les journaux des grandes maisons de Paris, Londres, Bruxelles, Leipzig, New-York, etc., qui disposent de plusieurs millions, non de timbres, mais de francs, et dont quelques-unes sont montées par actions aussi solidement que de bonnes banques.

Des expositions philatéliques ont été instituées depuis 10 ans: celle de 1900, organisée par la Société française de timbrologie, a réuni les collections et les timbres rares les plus remarquables.

La philatélie a donné naissance à toute une librairie spéciale. Il existe une dizaine de journaux philatéliques français. Le plus important est le Collectionneur de limbres-poste, fondé par M. Arthur Maury il y a plus de 36 ans. Les grands marchands publient des catalogues sans ce.sse tenus à jour, et des albums pour collectionneurs, dont quelques-uns atteignent des prix très élevés ^ . Albert Livet. ^ PHILIPPEVILLE, port d'Algérie, chef-lieu de l'arrondissement du même nom, dans le dép. et à 87 kil. N. de Constantine, par ;i6° 52' de lat. N. et 4° 35' de long. E. Ville de création toute française, fondée en 1838, sur l'emplacement de l'antique Rîisicada, pour servir de port à Constantine, à laquelle elle est reliée par chemin de fer depuis 1870. La pop., de 8.000 hab. en 1860, est de 20.450 en 1899, dont 13.311 agglomérés; elle comprend 7.792 Français d'origine ou naturalisés, 49 Israélites naturalisés ou nés de parents naturalisés, 4.867 indigènes musulmans sujets français, 6.787

1. D'une curieuse statistique du mouvement de la carte postale illustrée dans les divers pays d'Europe en 1900, il résulte que c'est la Suisse, relativement à sa population, qui « consomme» le plus de cartes postales : elle en met 22 millions ^n circulation par an (7,3 cartes par habitant) ; la Belgique et la Hollande viennent ensuite, avec chacune 12 millions de cartes par an, soit 1,9 par hab.; puis, l'Allemagne 88 millions (1,76 par hab.), l'Autriche- Hongrie 31 millions, l'Italie 27 millions, l'Angleterre 14 millions, la Turquie 2 millions, l'Espagne 4 millions, enfin, la France, qui ne « consomme» que 0,2 de carte postale par habitant, mais qui eu met cependant en circulation 8 millions par an.

hab. de nationalité diverse, la plupart italiens oa anglo-maltais.

Le port, abrité par la grande jetée du Nord et l'épi du Château-Vert à l'Ouest, se compose d'utt avant-port accessible aux cuirassés et d'une darse; il est garni de 1.423 m. de quais, reliés par voies ferrées au chemin de fer de Philippeville à Constantine. Il est desservi par les Compagnies Générale Transatlantique, de Navigation mixte, des Transports maritimes à vapeur, des Bateaux à vapeur du Nord, la Compagnie havraise péninsulaire, la Compagnie des Transports maritimes algériens, celle des lignes côtières algériennes.

Il reçoit surtout des vins, eaux-de-vie, houilles, farines, fontes, fers et aciers, ouvrages en métaux, matériaux de construction, bois bruts et sciés, tissus; il expédie des bœufs et moutons, des vins, des grains, de l'alfa, du liège. Le mouvement en 1897 a été de 77.456 T. à l'import., soit 64.159 provenant de la France et de l'étranger, 13.297 desautres ports algériens; de90.893 T. àrexport.,dont 70.237 à destination de la France et de l'étranger, et 20.636 à destination des autres ports algériens. Les chiffres de 1898 marquent une diminution sensible, surtout à l'expert. ; les voici : import, de France et de l'étranger, 39.648 T., des autres ports algériens, 11.743 T., total: 71.393 T.; export., respectivement, 48.361 et 17.192 T., total : 65.333 T., soit 23.340 de moins qu'en 1897. Philippeville possède une Chambre de commerce, des succursales de la Banque de l'Algérie et du Crédit foncier et de la Banque agricole d'Algérie, un Comptoir d'escompte.

Une loi du 24 juillet 1900 a déclaré d'utilité publique les travaux d'amélioration à exécuter au port de Philippeville. La dépense, évaluée à un million de fr., sera couverte au moyen des fonds fournis par la Chambre de commerce, en échange de la concession à ladite Chambre, pour une durée de 75 ans, d'une partie des terre-pleins du port à affecter aux opérations du commerce maritime. Différents péages maxima sur les passagers et les marchandises seront établis et perçus au profit de cette Chambre de commerce.

PHILIPPINES (Iles). On peut les considérer actuellement comme des possessions américaines, bien que les États-Unis affirment que leur intention est seulement d'en prendre le protectorat en leur laissant une grande indépendance ; elles leur furent cédées par l'Espagne à la suite du traité du lOdécembre 1898. Elles s'étendent du N. au S., de Formose à Bornéo et aux Moluques, sur 16 degrés de lat. et 9 de long. ; elles ne comprennent pas moins de 2.000 îles, petites ou grandes, dont la plus importante est Luçon (100.000 kil. carrés environ), puis Mindanao. Au total, en y comprenant les Soulou, dont la cession n'avait pas été précisée, la superficie en est évaluée à 290.000 kil. Sur une population de 8 millions d'habitants (encore par évaluation), dont Manille en possède 154.000, il n'y a guère que 230.000 Européens et 100.000 Chinois. Les indigènes sont des Malais et aussi des Négritos.

Sous la domination espagnole le pays était partagé en trois gouvernements : Luçon, les Visayas, et Mindanao avec les Soulou comme annexe ; il est probable que les Américains garderont cette division, avec un gouverneur général et des gouverneurs provinciaux, le gouverneur étant assisté d'un conseil d'Américains et aussi d'indigènes; peut-être

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