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PHILIPPINES

PHILIPPLNES

même y aura-t-il nne assemblée législative partiellement élue, qui serait dans ses décisions soumise an veto du président des États-Unis. Actuellement le gouvernement est encore militaire, et il le demeurera probablement longtemps, la guerre continuant à ensanglanter l'archipel et arrêtant tout commerce (novembre 1900). La situation linancière ne peut encore être connue ; tout ce qu'on peut dire, c'est qu'en 1897 les revenus et les dépenses se balançaient à peu près autour du chiffre de 17.300.000 dollars.

L'agriculture était la principale ressource de ce pays, malheureusement elle a été ruinée par la guerre, précisément dans les provinces les plus riches. Les procédés de culture employés sont tout h fait primitifs et les bras ne sont pas suffisants : c'est pour cela que de tout temps on a eu recours aux Chinois, qui se sont d'ailleurs également emparés d'une bonne partie du petit commerce, les Philippins étant fort indolents, quoique très intelligents. Parmi les principalescnltures, nous signalerons celle du riz, notamment à Luçon; puis celle de la canne à sucre dans les Visayas ; ensuite celle de l'abaca ou chanvre de Manille dans ces deux régions à la fois. 11 faut citer la récolte du coprah, amande séchée du cocotier; puis le tabac, dont l'importance est bien connue et dont les plantations ont assez souffert de la guerre et de l'insurrection. D'une manière générale, cette crise causera un retour en arrière dans les procédés mêmes d'exploitation de ces terres si fertiles; les .américains qui étaient venus pour former des syndicats de plantations sont repartis, désespérant du présent et même un peu de l'avenir. D'ailleurs, le climat met les Européens et les Américains hors d'état de travailler dans ce pays.

L'industrie comporte non seulement des sucreries et des fabriques de cigares et de cigarettes, mais encore des brasseries, des fabriques d'huile de coco, de savon, de préparation du riz, des distilleries, des fabriques de tissus avec les flbres textiles des îles, et notamment des chapeaux ; mais l'outillage a été en grande partie détruit sur bien des points, et les envahisseurs ne tentent que timidement la préparation des viandes frigorifiées.

Les mines et carrières sont riches en elles-mêmes; elles fournissent du charbon, du cuivre, du plomb, du fer, de l'argent, du soufre, du marbre, du kaolin ; mais l'exploitation est médiocre, même en temps de paix. On a trouvé aussi du pétrole. Les voies de communication sont fort primitives : cependant il existe nne ligne ferrée de 200 kil. dans Luçon; les lignes télégraphiques ont un développement de plus d'un millier de kil. ; les routes, en tout temps mal entretenues, ne le sont plus depuis 1898.

La guerre actuelle a empêché l'établissement de statistiques complètes pour les plus récents exercices. En 1896, époque à peu près calme, on évaluait les import, à 35 millions de pesetas et les export, à 103 millions à peu près. A ce moment et d'une manière générale, les principales import, étaient : le riz, la farine, les vins, le pétrole, les vêtements et le charbon; les export, consistaient surtout en : sucre, abaca, tabac en feuilles on manufacturé, coprah. La Grande-Bretagne est à la tète du commerce de ces îles; elle a réussi à maintenir sa position, en dépit de la crise présente. Le commerce allemand y lient également nne bonne place ; la Chine et le Japon ont d'importantes relations avec l'archipel. Naturellement, l'Espagne a perdu son

rang, mais ses commerçants font les plus vigoureux efforts pour reprendre une partie de leur brillante situation de jadis. Quant à la France, elle se manifeste surtout par les import. d'Indo-Chine; elle est presque seule à ne point prendre part au commerce d'export. des Philippines\

Voici un tableau d'ensemble, aussi completque possible, qui renseignera sur les principales export, de Manille, de Cébu et d'iloïlo en 1899 ; nous indiquerons ensuite la répartition par pays pour quelques articles " importants (le picnl vaut à peu près 60 kilog. 1/2) :

Chanvre de Manille 1 .201 .i76 picals.

Sacre 1.488.871 —

Rois de sapan 5.70<J —

Cigares 134.849 milliers.

Café 660 picals.

Indigo 23.500 kilog.

Feuilles de tabac 1.300.000 —

Nacre i6 picals.

Coprah 264.976 —

Viennent ensuite quelques milliers de kilog. de peaax.

Les sucres ont été expédiés sur les États-Unis et le Canada pour 354.000 piculs, pour 287.000 sur la Grande-Bretagne, pour 848.000 sur la Chine et le Japon. Quant à l'abaca, les États-Unis et le Canada en ont reçu 570.000 piculs, la Grande-Bretagne 540.000, la Chine et le Japon 34.000. Antérieurement les expéditions de chanvre avaient pu atteindre 1.364.000 piculs en 1895 et 1.804.000 en 1897: pour le sucre, on avait relevé les chiffres de S.tfôl.OOO piculs en 1892, 4.184.000 en 1893 et encore 3.323.000 en 1898.

Comme chiffres d'import., nous pouvons citer 404.000 dollars en provenance des États-Unis en 1899 et 216.000 liv. st. de Grande-Bretagne en 1898.

Les statistiques delà navigation manquent presque complètement; cependant en 1899 le mouvement des entrées à Iloîlo a été de 76 nav. avec 92.1^ t. (dont 45 anglais avec 60.319 t.); le chiffre correspondant pour Cébu a été de 47 nav. et 36.664 1. (dont 25 anglais avec 35.^3 1.). Les relations avec les pays étrangers sont assurées par correspondance avec les vapeurs touchant à Hong-Kong et Singapour, et surtout par la Compagnie Transatlantique espagnole.

La monnaie en usage est le dollar mexicain. Il y a trois banques dans l'archipel, dont une espagnole ayant une circulation de billets de 2.500.000 piastres.

Le tarif des Douanes, qui n'est que provisoire, a été inséré dans le 1" fascicule de 1899 des Annales du Comm. Ext.; il est peu libéral : on paye notamment une demi-piastre par tonne pour droit de quai, avec récente majoration de la même valeur pour droit de port sur les export. : de monstrueuses amendes frappent les erreurs ou fraudes sur les manifestes et déclarations'. D.\mel Bkllkt.

1. Le consal de France à Manille écrivait, le 30 septembre 1900 (Afonit. Off. (lu Comm.) : « Notre indastrie et notre commerce, qui ne sont pas représentés, à Manille, en dehors des magasins de joaillerie-bijouterie, ne participent que très indirectement anx chances de placement d'une série de produits français dont il serait pourtant possible de donner le goût à la partie nouvelle de la population de cette ville. Les Philippines sont destinées à devenir, après la crise qui les ruine dans le moment présent, un pays d'affaires de tontes sortes : entreprises minières, agricoles, indostrielles, commerciales. Ljisserons-nous les Américains, les Anglais, les Allemands, les Suisses, les Belges, les Hollandais répartir entre letirs maisons de' commerce toutes les affaires qui reprendront sur des b.ises nouvelles, c'est-à-dire sur les ruines des anciennes maisons des habitants de celte contrée si féconde t Pour prendre part au mouvement, il est indispensable que le commerce français prépare dès maintenant le terrain, s'il vent avoir dans les transactions futures de ce pays la place qu'il y pourra tenir. »

2. Ani termes d'un ordre général rendu le 31 août 1900 par le gonvemeur militaire des Iles Philippines, les marchandises im-

l'HONOGRAPHES

PHONOGRAPHES

PHiLllM'OrOLl. Capitale de la Roumélie orientale (Bulgarie), située sur la Maritza, à 177 m. d'alt., par 42» 3' lat. N. et 22° 33' long. E. de Paris, à 373 kil. N.-O. de Constantinople et 140 kil. S.-E. de ■Sofia. Pop. : 33.440 hab. en 1887, 36.033 en 1893, 4'! .068 en 1898.

Commerce actif en produits de la région : céréales, vins, laines, tabacs, graines oléagineuses, essence de roses. Station du chemin de fer de Belgrade à Constantinople. Consulat de France.

PHNOM-PEXlï. Capitale du Cambodge. V. C.\m-

BODGE.

PHONOGRAPHES (de phôné, voix, et graphein, graver.)

Sommaire : I. Historique. — II. Description des diflérents types : aj Phonographe; b) Graphophone; cj Grammophone.— m. Conseils sur les moyens de vérifier les matières employées, les modes de fabrication, et d'éviter les contrefaçons et falsifications.

Le phonographe est un appareil qui permet de ^^raver la voix et de la reproduire ensuite.

Les principes sur lesquels repose cet appareil appartiennent au domaine public. Chacun peut s'occuper du phonographe, au point de vue soit du commerce, soit de la construction, toutes réserves faites quant aux marques régulièrement déposées et aux brevets reconnus valables par les pouvoirs conipétents. On conseille de demander le brevet allemand, le Patent Amt de Berlin étant en mesure et se chargeant de faire toutes les recherches d'antériorité, qui seraient longues et coûteuses pour l'inventeur. Le brevet allemand obtenu, on n'a plus qu'à se procurer des brevets, sous un titre identique, dans les autres pays où l'on désire conserver la propriété des nouveaux dispositifs imaginés.

On fera d'ailleurs sagement de ne s'adresser qu'aux grandes Compagnies de construction d'appareils phonographiques, lesquelles ont tout avantage à se tenir au courant de tous les perfectionnements.

L Historique. — Après les rêves d'inscription de la parole signalés dans le Courrier Véritable de 1653i (voy." Bibliothèque Nationale de Paris) et dans les Estais et Empires de la Lime, de Cyrano de Bergerac; après les publications de l'évêque Wilkins et celles du duc de Lévis, vinrent les travaux scientifiques d'où découla la construction du phonographe. A propos du duc de Lévis, Willon, dans son ouvrage le Phonographe et ses Applications (chez Tignol, quai des Grands-Augustins, p. 8), cite certain passage de Wilkins dans un opuscule intitulé (c Correspondance entre deux mandarins chinois » : à la Bibliothèque Nationale, il nous a été impossible de retrouver cet ouvrage.

Thomas Young, le premier, enregistre les sons en 1807 (voy. À Course of Lectures on Natural Philosophy and the Mechanical Arts, London, 1807) ; Duhamel en 1840 (Comptes rendus Acad. des Sciences, 1840, t. II), Wertheim en 1844 {Annales de Chimie et de Physique, '3' série, t. XII), Lissajoux en 1857 (Comptes rendus de l'Acad. des Sciences, 1857, tome I), puis Helmholtz, Regnault, Mercadier perfectionnent l'appareil de Young.

Tous ces auteurs enregistrèrent les sons produits par des corps solides. II appartenait à un pauvre

• portées et non dédouanées ne seront désormais vendues aux enchères que dans un délai de 7 mois (au lieu de 90 jours), et l'information écrile de la vente sera donnée par le receveur des Douanes

■ aux consuls des nations d'où les marcliundises en question auront ■été importées.

ouvrier typographe français, Scott, d'avoir l'idée géniale de remplacer l'action directe du corps en vibration par son action à travers l'air, grâce à une membrane qui permettait d'enregistrer, aussi bien que les sons des corps solides, la voix et la parole. (Voy. le Problème de la Parole s'inscrivant ellemême, 26 janvier 1857, Bibliothèque Nationale.) Marcel Desprez {Revue des Deux-Mondes, t. XXV, 3' période) entrevit en effet la possibilité pratique de reproduire les sons avec l'appareil de Scott. Charles Cros, enfin, le 30 avril 1877, déposa à l'Académie des sciences un pli cacheté contenant une description du phonographe suffisante pour le construire et le faire fonctionner. Ce pli fut ouvert le 3 décembre 1877. C'est le 19 décembre de la même année qu'Édison brevetait sa première idée du phonographe, dont le premier modèle paraissait au commencement de

II. Description des différents types. — Nous ne ferons qu'indiquer la caractéristique des trois types principaux de machines parlantes, car une description technique est impossible sans figures.

aJ Phonographe. — On réserve plus spécialement ce nom aux machines parlantes dont la membrane est fixée dans une pièce rigide : ce sont les premiers modèles établis par Edison, aujourd'hui presque totalement abandonnés du public, car ils n'ont pas la force des appareils perfectionnés qu'on a construits depuis et leur reproduction de la voix est à la fois nasillarde et étouffée.

bj Graphophone. — Dans ces machines parlantes, le diaphragme, libre, se guide d'après le sillon ; il n'est donc pas besoin de constamment le régler, comme dans le phonographe d'Édison : la reproduction vocale y est puissante et claire.

cJ Grammophones. — On nomme ainsi des machines parlantes où les cylindres sont remplacés par des plaques d'ébonite. Ces appareils sont de plus en plus abandonnés du public et destinés, ainsi que les phonographes à membrane fixe, à disparaître prochainement du marché. De plus, le grammophone ne permet pas d'enregistrer soi-même, et le frottement du style de l'appareil sur la plaque en ébonite détermine un bruissement désagréable qui accompagne toute audition.

Ce même bruissement a éloigné définitivement le public des machines parlantes à cylindres de celluloïd. Le seul avantage de ces cylindres était la solidité, mais il a disparu depuis que les cylindres de cire sont produits par l'industrie à des prix qui rendent les risques de casse insignifiants; d'ailleurs, ils ne s'usent pas pins vite que les cylindres de celluloïd, beaucoup plus chers et ne permettant pas d'enregistrer soi-même.

III. Conseils sur les moyens de vérifier les matières employées, les modes de fabrication, et d'éviter les contrefaçons et falsifications : nécessité d'une expertise. — Le phonographe est un appareil des plus délicats, à raison de son mécanisme d'horlogerie, de la qualité du cristal et du saphir du diaphragme, de la qualité de la cire des cylindres. Le seul moyen de se renseigner sûrement avant de conclure une affaire commerciale, c'est-à-dire d'acheter un certain nombre de ces appareils, est de demander une expertise à l'une des grandes Compagnies qui se sont formées en Amérique et en Europe et qui se consacrent uniquement à la fabrication et à la vente des phonographes. L'expertise fournit l'exposé

PHONOGRAPHES

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