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PIÈCES D'OPTIQUE

Louvre, porte Jean-Goujon), pour un prix inférieur à celui que l'éditeur privilégié fait payer chez lui. Son traité l'oblige, en effet, à des prix de faveur envers l'État, qui ne prélève aucun bénéfice et en fait profiter les artistes.

De la propriété du type ou cliché photographique. — L'importance de cette question, souvent discutée devant les tribunaux, nous engage à en dire quelques mots, d'après une brochure de M. Davanne, éditée en 1897 (Gauthier-Villars, Paris).

Il est généralement admis aujourd'hui par la jurisprudence de plusieurs pays que le type ou cliché photographique appartient, sauf conventions différentes, à celui qui l'a produit. Le droit d'usage, ou mieux d'en permettre l'usage, appartient à qui l'a commandé et payé; et enfin, le droit de destruction appartient indifféremment et séparément à l'une ou l'autre des parties, à moins de conventions spéciales qu'il serait prudent d'écrire et de signer.

S'agit-il de portraits de contemporains célèbres pour lesquels le photographe ne reçoit aucune rémunération? Il y a évidemment acceptation tacite par le client du droit d'usage laissé au photographe.

S'agit-il, au contraire, d'un cliché pour l'obtention d'une planche gravée (tirages mécaniques)? Il est clair qu'il y a acceptation tacite, par le photographe, du droit d'usage laissé au client, éditeur surtout. Mais, en pareil cas, mieux vaut, évidemment, bien spécifier, sur la commandée et sur la facture, à qui appartiendra le cliché.

De la propriété des œuvres photographiques.— La loi dite de Lakanal, qui protège toutes les productions graphiques, quel que soit le moyen employé, protège aussi la Photographie; mais certaines lacunes existent dans la loi, par exemple pour ouvrages illustrés par la Photographie : il y aurait donc lieu de compléter cette loi, qui devrait déterminer avec précision les conditions d'existence et de durée des droits d'auteur et d'éditeur. J. Fleury-Hermagis.

Bibliographie. — La Photographie (Théoi'ie et pi'atique), par A. Davanne; ta Pratique en Photographie, par F. Dillaye; Traité encyclopédique de Photographie, par Ch. Fabre.

PHOTOGRAVURE OU Similigravure. Mode le plus économique et le plus rapide d'impression industrielle des clichés photographiques tramés, c'està-dire qui portent le réseau d'apparence quadrillée caractéristique de ce procédé.

La trame qui sert à tramer les clichés s'obtient par la gravure sur glace à l'aide de machines d'une grande précision; et la gravure en relief ou typographique des planches de métal, d'après les clichés tramés, s'obtient par le procédé dit au bitume de Judée, ou mieux par celui de Talbot, à la gélatine bichromatée et au perchlorure de fer. (Voy. Photographie : Applications commerciales et industrielles.) J. Fleury-Hermagis.

PHOTO-JIIMELLE OU Jumelle photographique. Petit appareil dit de poche, en forme de pyramide quadrangulaire tronquée, qui, de loin, peut ressembler à une grosse jumelle de campagne dans laquelle on regarderait par le gros bout.

C'est une variété très répandue des nombreux appareils dits à main, à cause de leur légèreté qui permet de les employer sans pied (voy. ce mot) ; maiscelui-ci n'en est pas moins généralementadopté, même pour les instantanés, afin d'éviter toute trépidation, lors du déclenchement, et d'obtenir le maxi-

mum de netteté, condition essentielle pour les Agran dissements (voy. ce mot).

Il existe en France autant de jumelles que de constructeurs, toutes de fabrication soignée et munies d'objectifs (anastigmats, généralement) français ou étrangers. Ceux-ci sont plus coûteux, mais non meilleurs; on peut s'en assurer par un essai comparatif auquel doit se prêter de bonne grâce tout opticien consciencieux. (Voy. Objectif.)

Une bonne jumelle simple ou stéréoscopique, genre Vérascope (voy. ce mot) ou Vélo-Jumelle (voy. ce mot), doit être solide, exempte de ratés, permettre des poses très rapprochées (répétition rapide) et la pose facultative et instantanée, enfin posséder une étanchéité parfaite et inaltérable : condition essentielle du succès, mais que remplit mal toute pièce à coulisse ou à tiroir, susceptible de prendre du jeu, de coincer ou de se fausser.

Le prix d'une bonne jumelle varie de 250 à 300 fr. pour 6 V2 X9. de 300 à 400 fr. pour 9X12 et de 400 à oOOfr. pour 13X18. Certaines jumelles sont à décentrement, c'est-à-dire permettent de hausser l'objectif au-dessus du centre, pour obtenir des monuments élevés sans déformation ; mais, vu la forme conique de l'instrument, ce décentrement est presque toujours insuffisant. Mieux vaut donc, à notre avis, si l'on tient à photographier correctement de hautes tours sans les décapiter, adopter de préférence un modèle soigné de petite chambre pliante, très mince, genre folding, à soufflet, 3 châssis et grand décentrement (prix 200fr. avec aplanat), et qui devient universelle, c'est-à-dire propre également aux instantanés, même à l'ombre, par l'adjonction d'un obturateur spécial (Otto) monté sur astigmat ou aplanastigmat (Prix: pour 9X12 = 28ofr., et pour 13 X 18 = 383 fr. ; supplément pour châssis-magasin de 12 plaques, 70 ou 95 fr.).

N. B. — Un soufflet de longueur convenable permet l'emploi sur cette chambre de plusieurs objectifs de foyers différents, avantage considérable pour les photographies de monuments, tableaux, statues, etc. J. F. -H.

PHOTOTVPIE ou Photocollographie. Moded'impression photomécanique dans lequel une couche de gélatine bichromatée, qui recouvre une plaque de verre ou de métal bien plane, remplace la pierre lithographique. (Voy. Lithographie.) On impressionne cette plaque sensible, à la lumière du jour ou d'une lampe électrique, sous un cliché photographique, jusqu'à apparition des plus fins détails ; on lave pour enlever le bichromate non réduit par la lumière; on essuie la planche; on l'encre au rouleau et à l'encre lithographique, et on tire à la presse à bras ou à vapeur, sur un papier ordinaire ou couché. (Voy. Papiers photographiques.)

Ce procédé exige beaucoup d'expérience et de soins minutieux; il paraît impraticable dans les pays chauds, à cause de la multiplicité des insuccès; mais en France, en Allemagne, en Angleterre, en Russie même et en Suisse, il est très apprécié comme mode économique d'impressions commerciales. (Voy. Photographie -.Applications au Commerce et à l'Industrie.) J. F.-H.

PIANO. V. Intruments de musique.

PICADIL. Verre impur provenant de la matière qui déborde des creusets pendant l'affinage, (V. Verrerie, Verres.)

PIÈCES D'OPTIQUE. V. Cristal, Objectif, Optique, Verrerie.

PIERRES

— lOfô —

PIERRES

riEi>. Ancienne mesure de longnenr valant : en France, 0m.3*5: en Angleterre, Om.305; en Hollande : pied dn Rhin 0 m. 314, et pied d'Amsterdam Om.283: en Snède, Om.297; en Norvège, Om.3i4; en Snisse, Om.30.

PIEDS D'APPAREILS de PHOTOGRAPHIE. (Voy.

Photographie, Chambres noires, Kodak, Photo-

JCMELLES, VkLOCIGRAPHE, VÉRASCOPE, CtC.)

Le pied d'atelier, que tout le monde a vn chez les photographes, est un trépied stable et massif, en bois ou en fer, à un, deux ou trois montants, suivant la grandeur de la chambre noire, à crémaillère et à volant d'inclinaison, pour élever et incliner l'appareil à volonté. Le prix de ces modèles varie, suivant la matière, la force et le mécanisme, de 32 à 200 fr., et peut atteindre 500 fr., s'il s'agit d'un piedtable à 4 montants commandés par nue seule manivelle.

Les pieds de campagne à 3 branches rentrantes oo pliantes, noyer ciré, bonne fabrication, coûtent de 7 à 15 fr. ponr 9 X 12. de 10 à 20 fr. pour 13 X 18, et de 15 à fô fr. pour 18 X 2i. — Sopplément pour noyer on acajoa verni : 5, 6 et 7 fr.

Les pieds de campagne dits anglais, en bois verni, à tête triangulaire mobile, coûtent 30 fr. pour chambres 13 X 18 et 18X24, et 35 fr. ponr formats sapérienrs jasqa'à 27X33.

Pieds d'Appareils à main. (Voy. Photo-Jumelles, etc.) On en fait : i' en acajoa verni, à nne coulisse et une brisure, au prix de 20 fr.; 2" en forme decannespouvant s'allongeràvolontéjusqu'àl m. 30, tubes intérieurs en enivre nickelé inoxydable et tube extérieur servant de fourreau noirci et émaillé an j four (prix 27 fr.): 3» à tubes rentrants, cuivre ou aluminium, modèle dit télescopique, express et antomatiqne, longueur Cm. 3.5 tout fermé ; très apprécié des cyclistes; prix : de 20 à 35 fr. en tnbes ronds, et de 28 à 45 fr. en tubes triangulaires. Un 4* modèle analogue an précédent, mais non automatique, coûte 12 à 18 fr. en tnbes ronds et 22 à 28 fr. en tubes triangulaires.

Ces divers pieds peuvent recevoir : !• une tête à rotule dite universelle, qui rend faciles toutes les inclinaisons de la chambre (prix 7 à 9 fr., selon la force) ; 2"* une tète mobile de précision, pour panoramas complets, photographies de plafonds, etc. (Prix, ^fr.) J. Fleury-Herm.vgis.

PIERRE A FUSIL OU SiLEx PYROM.\TiQCE. V. Verrerie, Verre.

PIERRE A PORTRAIT. V. Diamant (Taille du).

PIERRE DE TOUCHE. Schiste rugueux, noir, très dur, à grain très fin et très serré, résistant aux acides, employé pour l'essayage de l'or et provenant de l'Asie-Mineure, de la Bohême, de la Silésie, de la Saxe. Quoique cette pierre ne soit pas à proprement parler une pierre précieuse, on trouve dans l'inventaire du garde-meuble de 1791 nne urne antique gravée estimée 6.000 fr.

PIERRE EN TABLE, PIERRE ÉPAISSE. V. Di.v- MANT (Taille dn).

PIERRE PONCE. V. Feldspath.

PIERRES. (Syn.: Xugl.: Stones. Allem.: Steine. Ital. -.Piètre.) Les pierres à bâtir, ou pierres de construction, sont les matériaux qui ont été les plus employés, de tous temps, dans le bâtiment.

On trouvera aux mots : Ardoises, Briques, Gra- «iTs, Grès, Meulière, etc., des renseignements sur ces diverses catégories de matériaux. Nous nous contenterons ici de traiter des calcaires proprement dits.

Pierres calcaires. — Les calcaires, étant dn carbonate de chaux, font effervescence avec les acides, dans lesquels ils se dissolvent; ils se décomposent à nne certaine température (quoique étant très réfractaires) en chaux et en acide carbonique. Ils ne sont point assez durs pour produire des étincelles sous le choc de l'acier.

On trouve surtout des calcaires dans les terrains sédimentaires. Suivant l'épaisseur des bancs, ils sont dits pierres de haut ou de bas appareil. Les meilleures pierres de construction sont celles qui présentent le grain le plus fin et le plus homogène, la texture la plus compacte, le travail le plus facile, le plus d'adhérence an mortier, la plus grande résistance à l'écrasement et à la rupture, le plus d'inaN térabilité sous les diverses actions extérieures, le plus de dureté, etc. Le poids du mètre cube atteint 2.900 kilog. pour les basaltes, 2.700 pour les marbres, 1.800 pour les lambourdes et les vergelés. (Voy. Essais mécaniques. Résistance des .matériaux.)

On appelle pierre de taille un bloc destiné à être taillé et dont le poids nécessite l'emploi d'engins de bardage (transport) et de montage. Les libages sont des blocs employés bruts ou grossièrement dressés sur les faces pour les fondations des édifices. Une pierre de taille offre : 1* deux faces horizontales appelées lits, dressés dans le sens des lits de carrière: 2« des faces vues que l'on appelle parements (également dressés) : il peut n'y en avoir qu'un à une pierre: 3» des faces verticales que l'on appelle faces de joints. Les joints réservés ponr recevoir le plâtre ou le mortier entre deux pierres sont de 0-004 à 0"010.

On taille généralement la pierre dans un endroit disposé près de l'édifice à construire, avant de la mettre en place; mais la taille de certaines parties ne peut se faire qu'après la pose (taille sur le tas). Le raralement consiste à régulariser les parements et à tailleries moulures; le rejointoiement, à remplir les parties apparentes des joints et des lits avec dn mortier.

La pierre calcaire tendre se débite à la scie à dents: elle se taille avec le ciseau, la pioche, le marteau rustique, le marteau tranchant, et l'on termine les parements à la ripe. La pierre calcaire dure se débite au moyen de la scie sans dents et du sable; elle se taille avec le têtu, le ciseau, la gradine, la pioche, le poinçon, le marteau bretté on laie, la boncharde, et l'on termine h la ripe. Les marbres, les calcaires très durs, les granits, les laves, les basaltes, les grès, sont taillés h la pointe.

Les pierres, ponr pouvoir être mises en œuvre dans la maçonnerie, doivent donc être taillées, leurs parements bien dressés et leurs joints réguliers. On donne le nom d'abatage à la partie de pierre piochée ou jetée bas à l'extérieur de deux faces adjacentes conservées pour former les angles saillants. (Voy. Maçonnerie et Carrières.)

Nous allons énumérer les principales pierres calcaires dures :

Le liais, pierre de bas appareil, ne contient ancune empreinte de coquilles; il se taille bien, résiste aux intempéries quand il a été tiré de la carrière en temps convenable, mais est sujet à la gelée quand on l'emploie avant qu'il ait essuyé son eau de carrière.

Le liais dur, dont le grain est fin et la texture compacte et uniforme, s'extrait de Bagneox, Arcaeil,

PIERRES

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Saint-Denis, Clamart. Il s'emploie surtout pour bancs, marches d'escaliers, monuments funéraires, carreaux, dalles, etc. On tire aussi du liais de Cliàteau-Landon, Corgoloin (Côte-d'Or), Larrys-du-Bief (Yonne), Morley (Meuse).

Le liais Férault (faux liais) est aussi dur que le précédent, mais d'un grain bien plus gros. On l'emploie pour les ouvrages de plus d'épaisseur.

Le liais rose ou liais tendre se tire de Maisons- Alfort, Créteil, Isle-Adam. Mais on donne aussi le nom de liais à toutes les pierres dures de bas appareil provenant de Bel-Air, Pacy, Conflans-Sainte-Honorine, Nogentsur-Oise, de Senlis, du Laonnois.

Le cliquart est une pierre de grain fin et égal et de très bon appareil, contenant peu de débris coquilliers. On l'extrayait de Montrouge et Vaugirard; mais elle est devenue rare, comme le liais. On remplace généralement le cliquart par une pierre tirée de Bagneux, Clamart et Val-sous-Meudon, sous le nom de liais cliquart.

La roche est une pierre très dure et quelquefois coquilleuse, à grain serré; les meilleures viennent de Bagneux, Chàtillon (grises) et la Butte-aux- Cailles. Arcueil fournit une roche très bonne lorsqu'on a ébousiné les lits inférieurs, qui sont marneux. Les pierres de roche de Bel-Air, de Flenry, de Montrouge, contiennent des fils que les carriers cachent souvent avec de la boue jaunâtre. Les carrières d'Ivry fournissent une roche fine, souvent coupée par des fils. A Vitry, on trouve une roche d'un grain très fin, maison ne doit l'employer qu'après lui avoir fait jeter son eau de carrière. On emploie encore des pierres de roche dure de Saillancourt (Seine-et-Oise), de Saint-Nom {coquillier, gris très clair), de Châtenay, près Versailles, de l'Isle-Adam, de Silly, de Sainte-Marguerite, de Souppes, de Chûteau-Landon (Seine-et-Marne). Ces dernières, d'un gris jaunâtre, sont très dures et prennent le poli comme le marbre ; elles ont des moyes et des parties terreuses qui obligent à les nettoyer avant l'emploi.

En Bourgogne, les meilleures carrières de pierres dures sont entre Montbard et Châtillonsur-Seine (Côte-'d'Or), dans le canton de l'Isle et à Tonnerre. La roche de Chàtillon est aussi dure que celle de Château-Landon et elle ne renferme pas de parties terreuses.

Les pierres dures de Lorraine sont tirées d'Euville (coquillier), Lérouville, Mécrin (prèsdeCommercy), des Savonnières (près Bar-le-Duc); ces pierres sont pétries de grosses en troques, ce qui leur donne une cassure miroitante; on les emploie aux soubassements. On se sert encore des pierres de Belvoye, Damparis ou Saint-Ylie (Jura); ces dernières sont rougeâtres, prennent le poli du marbre; on en fait des tablettes, des balustrades, des parapets. Citons aussi les pierres de la Ferté-Milon (Aisne), de Valangoujard, Soissons, Laversine, Comblanchien (oolithique), Vilbonneur (Charente), Victoire (Senlis), Bavière (Yonne), Saint-Maximin (Oise), Courville (Marne), l'Échaillon (Isère, blanc ou rose), Lussac-les-Chàteaux (Vienne). Beaucoup de ces pierres se rapprochent du marbre et sont employées pour travaux hydrauliques.

Les carrières du Poitou fournissent les roches dures de Chanvigny, demi-dures de Bonnillet, de Fontaine-du-Breuil, de Bonnes, de Tercé-Normandonx et de Lavoux, etc. Cette dernière est très employée pour la sculpture.

Le hanc franc (pierre franche) est moins dur que la roche et d'un grain plus fin et plus égal; on n'y rencontre ni parties coquilleuses, ni empreintes. On emploie cette pierre pour remplacer le liais, par économie; elle provient de Montrouge, Bagneux, Chàtillon, Arcueil, l'Isle-Adam, Méry, le Val (Oise), la Ferté-Milon, Pâlotte (Yonne).

Presque toutes les carrières de pierres dures ont des bancs de qualité trop inférieure pour être employés comme pierres de taille. Les meilleurs sont employés comme libages, pour les fondations des édifices.

Le grignard est un banc franc coquillier. Le rustique présente des parties dures qui en rendent la taille très difficile.

Les calcaires de Ruoms (Ardèche) sont gris bleuâtre et très durs.

Les pierres calcaires tendres résistent à la gelée lorsqu'elles ont perdu leur eau de carrière; elles se taillent facilement et leur parement durcit à l'air. Voici les plus connues :

La lambourde tendre, la plus recherchée, provient de Saint-iMaur; mais on en extrait aussi à Carrière-sous-Bois (près Saint-Germain-en-Laye). Les carrières de Gentilly, Nanterre, Carrière-Saint- Denis, Houilles, Montesson, etc., ont fourni une lambourde inférieure.

Le vergelé et le saint-leu s'extraient des mêmes carrières, sur les bords de l'Oise (Laigneville, Neuillysous-Clermont, Rousseloy, Saint- Vaast, Saint-Maximin). Le vergelé, pierre maigre, est résistant et formé de l'agrégation d'un sable calcaire, rubané déveines ocreuses. Le saint-leu, pierre grasse, est d'un grain plus fin et s'écrase sous une plus faible charge; il provient de Saint-Leu et de Trossy.

Les carrières de Silly fournissent un vergelé plus gras et plus marneux. Saint-Vaast fournit aussi du vergelé.

On appelle conflans une belle pierre tendre et homogène que l'on extrait à Conflans-Sainte-Honorine (sur l'Oise), à Savonnières, Jouy-le-Comte, Méry, Butry, Prestes, Rousseloy, Saint-Maximin, Saint- Vaast (Oise), à l'Abbaye-du-Val, à Vassens, à Vierzy (Aisne) et à Château-Gaillard (Vienne).

La première espèce (banc royal) a le grain extrêmement fin; on en tire d'énormes blocs pour la sculpture; la deuxième espèce est plus tendre et plus fine; la troisième espèce (lambourde) est d'un grain fin, mais plus tendre et de moindre qualité.

Le parmain provient de l'Isle-Adam (Jony-le- Comte) ; il est tendre et d'un grain fin.

On emploie aussi des pierres tendres appelées tuf, tuffeau, marne solide; mais elles sont souvent peu résistantes.

Les principaux défauts des pierres, qu'il faut éviter autant que possible, sont: les fils ou solutions de continuité, les moyes ou parties terreuses, le bousin ou partie trop tendre, les trous, etc. Il faut rejeter aussi les pierres pouffes, graveleuses (qui s'égrènent à l'humidité), celles qui sont trop hygrométriques (absorbent l'humidité) et celles qui sont trop dures, trop cassantes et trop difficiles à travailler (pierres fier es).

Chaque qualité de pierre doit être appropriée à un usage particulier.

Les pierres gélives ou gélisses sont celles qui ne résistent pas à la gelée ; elles ne doivent être employées que dans les fondations.

PIERRES

PIERRES

Les bonnes pierres prodaisent nn son plein quand on les frappe; celles qui renferment des (lâches oa fentes intérieures rendent un son sourd. Les pierres qui exhalent une odeur de soufre lorsqu'on les travaille sont les plus résistantes. Pour des pierres de même espèce, les plus denses sont les plus dures et les plus fortes. Quand elles se fendent, plus les éclats sont arrondis, plus la pierre est tendre. Il faut rejeter les pierres renfermant de l'oxyde de fer on de manganèse.

Nous donnons ci-après la classification des pierres de construction adoptée par la Série des prix de la ville de Paris. (Les pierres n"* 1 et 2 sont compactes et susceptibles d'an beau poli) :

Pierre n* I. — Liais de Corgoloin, rosé et monchelé; roche d'Hauteville, Villebois.

Pierre n* 2. — Pierres de Châteaa-Landon. Sonppes, Belvoye-Damparis (dites de Saint-YIie); roches de Comblanchicn et d'.\ncy-Ie-Franc ; liais de Grimanlt; roche de Vilhonneur.

Pierre n* 3. — Boches et liais tt'ès durs : Échaillon. blanc; roche d'.\nmont; liais de Violaine, Longpont-la- (irille, Conrville; roche de Tessanconrt. Jérnsalem, Arthieal, Damply, Villiers-la-Fosse ; liais Cliquart de Ciamart; roche de la Cellc-Braère.

Pierre n* 4. — Roches et liais durs : Roche de Bagnenx (qualité supérienre): liais des Armes (Chàtillon), Lignerolles, Larrys-dn-Bief, des Meules (de Morley); roche de la Fontaine-dn-Hreail ; liaisde la Sablière : roche de la Victoire (de Senlis), Nogent (de l'Isle-Adam), Poissy, de la Forêt (de Villers-Colterets), Arthieul (roche blanche). .\ntilly, Pierrechèvre. Conlmiers, Savoisy, Semond et Pnits (roche grise): roche d'Anstrnde (banc jaane et banc gris), Longpont (Aisne), Conrville, Saint-Qnentin, Savoisy (roche grise), Saint-Masimin (roche grise dnre, pour balcons), Chassignelles (roche grise).

Pierre n' 5. — Roches et liais demi-durs, bancs francs durs : Liais de Carrières Saint-Denis, Poissy, Larrysdes-Brosses ; roche de l'IsIe-Adam, Saint-.Maximin (roche basse et hante). Saillanconrt, Pargny et d'Hamaret, Celle- Brnère, .Moloy, la Ferté-Milon, Silly et Marenil, Butry, Chàtillon, Bagnenx et Clamart (Seine), du .Monlin (Seine), Vitry, Chassignelles (banc blanc dit liais), Ravières, d'Eaville et Bonconrt (pierre de choix, dite de marbrier) ; roche d'Enville ordinaire, Léronville; grès de Vacqoeville-Merviller, Phaisbonrg; pierre franche de Chanvigny, Tercé.

Pierre n* 6. — Roches douces, bancs francs, bancs royals durs : Roche franche de Saint-Framboorg (Ivry, Seine) ; banc franc de Vitry (Seine), banc d'argent ; roche fine de .Marly-la-Ville; banc franc de Moloy, la Ferté- -Milon, Silly et Marenil: roche douce de Saint-.Maximin: banc franc de Clamart, Chàtillon, Bagnenx et du Monlin delà Roche (Seine): banc franc de .Marly-Ia- Ville. Mériel, Batry, Angy, Charentenay, la Ferté-Milon, .Moloy, Silly. .Marenil et Saint-Maximin : banc royal de Jérusalem, .Méry et Villers-Adam (roche douce on banc royal dur): banc royal de Clamart, Chàtillon, Bagnenx (Seine). Vitry (Seine), Courson, Saint-Jolien-Lavoux, Châtean-Gaillard, Ravières et du Larrys-du-Bief, Anstrnde, Savonnières (ordinaire et fin).

Pierre n* 7. — Bancs royals tendres : Banc roval tendre de Conflans-Sainte-Honorine, Marly-la-Ville, r.\bbaye-du-Val (commune de rjsle-.\dam), r,enainville,Méry, Jouy-le-Comto, Saint-.Maximin, Saint-Vaast, Rousselotj Saint-Len-Laigneville, d'Antrèches et de Vassens. Crouy,' la Ferté-Milon, Moloy, Vierzy, Longpont, .Malvanx, Branvilllers, Chevillon, d'Allemagne.

Pierre n* 8. — Pierres tendres : Vergelé de Genainvllle, Méry, Parmain, Saint-.Maximin, Saint-Vaast, Ronsseloy, d'Antrèches et de Vassens ; pierre tendre de Laigne ville, Saint-Leu.

Les hauteurs des bancs de pierres dans les carrières sont évidemment très variables.

Les moellons sont des pierres non taillées et

d'un volume tel qu'un seul homme puisse les transporter. Les moellons de roche sont employés pour travaux hydrauliques, murs, ma.ssifs résistants, enrochements. Les moellons de banc franc ou moyennement tendres servent à élever les murs de clôture et ceux des bâtiments en élévation. Les moellons tendres font des parements parfaitement dressés, à cause de leur facilité de taille. Les moellons de roche et de banc franc sont provenus ou proviennent de Vitry, Arcueil, Montrouge, Passy, Moulin delà Roche, Vaugirard, et les moellons tendres, les plus friables et qui soutiennent le mieux les arêtes, sont tirés de Saint-Maur, Créteil, Carrière-Saint-Denis, Houilles, Nanterre, Montesson, Bnisson-Richard, Carrièressous-Bois (près Saint-Germain-en-Laye).

Pierres artificielles. — Les pierres artificielles sont généralement constituées par des mortiers et bétons, c'est-à dire par des mélanges qui atteignent parfois une grande dureté. Les briques, tuiles, carreaux et antres matériaux en argile cuite sont aussi des pierres artificielles. (Voir : Béto.vs, Briques, Poterie, etc.)

En mélangeant dans un malaxeur de la chaux vive en poudre avec une proportion variable de sable siliceux et une certaine quantité d'eau, on forme une pâte qui, soumise à une forte pression dans des moules, puis pendant plusieurs heures, en vase clos, à la vapeur sous pression, fournit des pierres artificielles ou briques propres à être utilisées dans la maçonnerie. En perfectionnant le procédé, on est arrivé à produire en grande quantité des briques de sable qui ont une résistance de 230 kilog. par cent, carré et supportent sans éclat ni fissure les différences de température les plus considérables. Cette industrie nouvelle se développe en Russie, en Pologne, en Allemagne, où deux fabriques importantes sont établies dans les vastes étendues sablonneuses et incultes du Brandebourg. La Revue technique de Varsovie dit qu'on peut monter une pareille fabrique avec un moteur de -4 chevaux seulement, capable de produire 400.000 à 500.000 briques par an, moyennant une dépense de 16.000 fr. environ. Une telle fabrique peut d'ailleurs être facilement transportée à proximité des dépôts de sable ou de calcaire. Il en existe une, de dimensions plus grandes, qui n'a pas coûté plus de 75.000 fr. et qui fournit 10.000 briques par jour.

Paix. — A Paris, le prix élémentaire payé par l'entrepreneor est de 1 fr. ou 0 fr. 75 pour une heure de tailleur de pierre on de poseur, 0 fr. 65 pour un contre-posenr. Ofr. 60 pour un ficheur, pinceur ou bardenr. En règlement, une heure de tailleur de pierre on de poseur se paye 1 fr. 30 on Ofr. 97 et les autres en proportion. La taille d'une pierre tendre ou vergelé est de 2 fr. 50 le mètre snperticiel: celle d'une pierre de roche ou liais très dur atteint 12 fr. Le montage d'ane pierre revient, par mètre cube, pour le premier mètre à 1 fr. 95. puis Ofr. 40 pour chaque mètre en plus. La pose d'une pierre revient à 11 fr. environ le mètre cube, y compris fichage et mortier.

Les prix des pierres varient énormément suivant leurs qualités et leurs provenances. .\ Paris, non compris la taille des surfaces vues, les pierres de taille ordinaires valent de 50 à 150 fr. le mètre cube. Le moellon de Chàtillon vaut 9 fr. à 9fr. 50, les liais de Conrville 70 fr., la roche fin« de Saint-.Maximin 70 fr., le vergelé 38 fr., le libage ordinaire 40 fr. le mètre cube, etc.

Les pierres en morceaux de 1 m. cube à I m. cube 5, ne dépassant pas 2 m. 50 de long, rendues an bâtiment, et ayant plus de Om. 10 d'épaisseur, reviennent (compris transport, taille des lits et joints, bardage, pose, fichage, etc.) à 64 fr. le mètre cube pour les pierres tendres de Car-

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