PILOTAGE, PILOTES
deux lames de charbon de cornues parallèles entre lesquelles peut glisser une lame de zinc amalgamé. Cette lame est soutenue par une tige de laiton qu'il suffit d'élever ou d'abaisser pour faire sortir le zinc du liquide ou l'y faire plonger, et par suite, pour mettre la pile au repos ou en activité. Le liquide, qui remplit le vase aux 3/4, se compose d'une solution saturée de bichromate de potasse additionné de 200 gr. d'acide sulfurique par litre. Plusieurs variétés de piles au bichromate de potasse ont été combinées par divers inventeurs.
Le type des piles à deux liquides est l'ancienne pile Daniel!, dont chaque couple est composé : d'un vase en verre ou en porcelaine rempli d'une dissolution saturée de sulfate de cuivre, d'un cylindre de cuivre rouge ouvert aux deux bouts et percé, en outre, d'un grand nombre de trous, plongeant dans la solution saline ; d'un vase cylindrique en terre de pipe assez poreux, rempli d'acide sulfurique étendu d'eau et plongeant dans le vase de verre à l'intérieur du cylindre de cuivre; enfin d'un cylindre de zinc amalgamé plongeant dans l'eau acidulée. La plaque de cuivre et le cylindre de zinc sont munis de pinces en cuivre dans lesquelles on peut fixer les fils qui doivent conduire le courant. On obtient avec la pile Daniell un courant presque invariable pendant plusieurs heures.
Dans toutes les piles hydro-électriques à un ou à deux liquides, il arrive qu'au bout d'un certain temps de fonctionnement ces liquides se modifient. Il y a formation de cristaux de nature différente suivant les liquides employés, et par suite augmentation de résistance intérieure de la pile et diminution du débit. C'est pour parer à ces inconvénients que plusieurs inventeurs ont imaginé des piles dites à circulation oïl à écoulement, dans lesquelles les liquides se renouvellent constamment.
On désigne sous le nom de piles étalon des piles donnant une force électromotrice bien déterminée et qui servent dans les mesures de point de comparaison.
On a construit des piles à gaz dans lesquelles l'électricité se produit par la combinaison de deux gaz placés dans des conditions favorables pour que cette combinaison s'opère. Telles sont les piles de Grève et de KendaU.
On emploie pour actionner les divers appareils électro-médicaux des piles disposées de façon à remplir les conditions suivantes : mise en marche instantanée, sans manipulations de sels ou d'acides ; mise au repos forcé pour une position déterminée; transport facile. Les piles les plus usitées pour les applications médicales sont celles : au bichromate de potassse ou de soude; au bisulfate de mercure; au chlorure d'argent; au sulfate de cuivre; au peroxyde de manganèse et au chlorhydrate d'ammoniaque.
On désigne sous le nom impropre de piles sèches les piles dans lesquelles les agents chimiques en présence sont ou solides par eux-mêmes ou tenus en absorption par des substances poreuses. La première pile sèche dérive de cette idée que le contact de deux corps peut suffire pour engendrer non seulement une force électromotrice, mais encore un courant électrique dans un circuit fermé.
II. Piles thermo-électriques. — Quand on forme un circuit avec deux barres de métaux différents soudées entre elles à leurs extrémités, si on chauffe
l'une des soudures, le circuit est parcouru par un courant électrique : tel est le principe sur lequel ont été construits les divers modèles de piles thermoélectriques. Mais ces piles, tout en présentant un curieux exemple de transformation de chaleur en travail, n'ont pu être utilisées jusqu'ici que dans des cas spéciaux. Elles présentent au point de vue pratique deux grands défauts : 1" elles sont très lourdes ; 2» elles ont un mauvais rendement. Ce dernier défaut provient de ce que la chaleur passe par conductibilité directe de la''source de chaud à la source de froid. On peut améliorer le rendement dans une certaine mesure, mais le calcul montre que ce rendement ne pourra jamais atteindre une valeur comparable à celle de nos machines à vapeur. Aussi est-il permis de croire que ce genre d'appareils n'est pas appelé à rendre de grands services. La pile Clamond est restée le type des piles thermo-électriques industrielles, tandis que la pile Nobili et de Melloni était celui des piles thermo-électriques de laboratoire.
III. Piles photo-électriques. — On désigne sous le nom de piles photo-électriques, ou piles actinoélectriques, celles dans lesquelles le courant est engendré par l'action de la lumière sur les éléments qui les composent. On a construit des piles de ce genre en mettant à profit la propriété que possède le sélénium de produire un courant électrique lorsqu'on l'expose à l'action seule de la lumière.
G. DUMONT
PILOTAGE, PILOTES. (LÉGISLATION.) SoMMAHiE : l. Définition, dispositions générales.— II. Droits de pilotage. — III. Responsabilités.
I. — L'organisation du pilotage a été réglée par le décret législatif du 12 décembre 1806. Ce décret n'a subi aucune modification sérieuse par les règlements divers émanés depuis, soit du pouvoir législatif, soit du pouvoir ministériel.
On entend par pilote un agent de l'administration maritime chargé, sous les ordres du capitaine, de diriger un navire à l'entrée et à la sortie des ports, havres et rivières, pour éviter les écueils, courants ou autres dangers qui subsistent dans ou près la station où il est attaché.
Les obligations, droits et devoirs des pilotes lamaneurs (lamina) ou locmans (loci manens), ainsi qualifiés à raison de leur travail ou de leur connaissance des lieux, autrefois régis par le livre III, titre IV, de l'ordonnance de 1681, sont déterminés actuellement par le décret-loi du 12 décembre 1806, dont nous venons de parler, et par les décrets ultérieurs qui ont tarifé le salaire des pilotes. Les pilotes sont tenus, dans l'exécution de leurs fonctions, d'être porteurs d'un exemplaire du décret de 1806 et du règlement de leur station, et d'exhiber le tout à première réquisition des intéressés. Les pilotes sont astreints à un examen. L'admission, les fonctions et les marques distinctives des pilotes sont précisées par les art. 1 ji 7 du décret de 1806; leur remplacement, par les art. 8 à 11; leur inspection et leur police, par les art. 12 à 39; leurs salaires, par les art. 40 à 49; et la compétence et le jugement, par l'art. oO.
Les bateaux des pilotes portent dans leurs voiles une ancre peinte en noir, le numéro qui leur est assigné et les lettres initiales du nom de leur station. Il est expressément défendu aux pilotes do faire bourse commune et d'établir entre eux un
PILOTAGE, IMLOTES
l'IPE
ordre on tour de service ponr aller au-devant des navires, sous peine d'interdiction de 15 à 25 jours et de plus forte punition en cas de récidive. Les pilotes ne peuvent exiger d'antre rétribution que celle du tarif, ni consentir aucun rabais, sous diverses peines graduées suivant l'importance de la contravention. Tout pilote qui s'enivre habituellement est, sur le rapport qui en est fait au commissaire de l'inscription maritime, suspendu de ses fonctions pendant moins d'un mois pour la première fois; en cas de persistance dans cette habitude, il en est rendu compte an Ministre de la marine, pour que son titre lui soit retiré.
Les bateaux à vapeur faisant un service régnlier entre deux ports de France sur la même mer, ou entre nn port de France et un port étranger peu éloigné, peuvent avoir un pilote spécial au mois. Les pilotes ne peuvent faire plus de six mois conséeatifs sur le même bateau.
II. — Les capitaines des navires français doivent toujours déposer les droits de pilotage pour la sortie entre les mains de leurs courtiers ou consignataires, qui en deviennent alors responsables. Les capitaines des navires français ou étrangers sont tenus de payer ce même droit à l'avance, s'ils n'ont ni courtier, ni consignataire. Les prix flxés par les tarifs sont applicables à tous les navires français et étrangers assimilés, astreints par la loi ou par une convention particulière à prendre un pilote. Les capitaines des navires non assimilés payent moitié en sus du prix fixé pour les bAtiments français.
En cas de refus du capitaine de prendre un pilote, sous le prétexte de la distance, le capitaine n'en doit pas moins payer au pilote refusé l'intégralité des salaires auxquels il aurait eu droit s'il avait été reçu à bord.
L'indemnité de secours n'est gagnée par le pilote que quand il dirige vers le port un navire assailli par la tempête et en danger évident. Il ne faut pas confondre le secours avec le sauvetage ; ce dernier donne droit à une indemnité qui doit être répartie entre tous les sauveteurs, quels qu'ils soient, tandis que l'indemnité de secours est personnelle au pilote.
Les courtiers sont responsables du payement des droits de pilotage dus par les capitaines des navires étrangers, à moins que ceux-ci n'aient fait que toucher au port sans remettre leurs papiers de bord, on n'aient pas opéré commercialement.
III. — La présence d'un pilote à bord du navire ne décharge ni la responsabilité du capitaine, ni celle de l'armement. Toutefois, le capitaine non fautif n'est tenu que comme représentant l'armement pour la faute du pilote; il n'en est pas personnellement responsable.
Le navire qui, entré dans un port, remonte on descend la rivière, doit être muni d'un véritable pilote, et non d'un pratique ou aspirant pilote. L capitaine et l'armement sont responsables en ca d'accident. Au reste, l'absence d'un pilote à bord, dans tous les cas où ses services pouvaient être requis on acceptés, entraine la présomption juridique de faute contre le capitaine. Ce dernier peut détruire la présomption en prouvant le cas fortuit ou la faute d'autrui, c'est-à-dire en justifiant que l'événement ou le sinistre est exclusivement attribuable à des censés étrangères à la contravention qni loi est reprochée.
L'administration locale dn pilotage agit en vue du commerce, mais seulement dans nn intérêt d'ordre publie; conséquemment, elle ne saurait encourir ancnne responsabilité civile poor les faits et fautes dn pilote. L. Fouzés.
riLOU. On donne ce nom à une sorte de flanelle de coton, imprimée, commnne, qui se fabrique surtout en Normandie.
PIMEXT. V. Épices.
PIX (Bois de). V. Bois.
PIN (HciLE de). V. Huiles vÉcéTALES.
Pix.\. Nom donné aux filaments tirés de la feuille de l'ananas. On fait nsage de ces filaments ponr le tissage, mais seulement aux Philippines. On obtient ainsi des tissus lisses, légers, clairs, très fins et presque transparents. G. D.
PIXAXG. V. POLLO-PiXANG.
PIXCEAUX. V. Brosserie.
PIXEY (Huile de]. V. Huiles végét.\les.
PIXOT. V. Vixs.
PIPE. (Syn. : Angl. : Pipes. Ail.: Pfeife. Ital. : Pipa.) La pipe est un article d'importation essentiellement américaine. Sa première apparition en Europe .est postérieure à l'introduction chez nous de l'herbe à Nicot, autrement dit du tabac. Les premières pipes nous arrivèrent de Lisbonne, rapportées du Nouveau-Monde par des navigateurs portugais. Les indigènes du nouveau continent se servaient courammentdeces pipes, en métal, en terre crayeuse rouge ou en simple glaise; il serait donc difficile de retracer les origines de ce petit ustensile si apprécié de tous les fumeurs et de fixer une date précise ou même approximative de son invention.
Ce furent les Hollandais qui, les premiers en Europe, établirent des fabriques de pipes en terre. Des Pays-Bas, des ouvriers émigrèrent dans les provinces du Nord et du Nord-Ouest de la France et y implantèrent la nouvelle industrie, qui ne tarda pas à prospérer. C'est ainsi que prirent naissance des centres de production, tels que Givet, Lille, Arras, etc. D'autres fabriques, de moindre importance, se créèrent dans le Midi de la France.
Bientôt, on ne se contenta plus de faire des pipes en terre. D'autres matières premières furent employées, et aujourd'hui nous connaissons les pipes en bois, en écume et en métal.
C'est la pipe en bois qui prime actuellement toutes les autres. On la fabrique principalement en France à Saint-Claude, dans le Jura, où cette industrie fait vivre plus de 8.000 ouvriers et ouvrières, qui produisent annuellement pour environ 12 millions de francs de pipes en racine de bruyère.
La racine de bruyère n'est employée que depuis une cinquantaine d'années; mais les résultats obtenus par ce bois d'essence méridionale, — on la tire de la Corse, de l'Algérie, de l'Espagne et quelque peu du Midi de la France, — lui ont fait donner la préférence sur tous les autres bois, tels que le merisier, le buis ou le bois d'Iris, importé d'Australie et connu plus généralement sous la dénomination de « bois de violette ». Les pipes en merisier sont restées une spécialité des pays d'Alsace et de la Forêt- Noire, où l'on n'en produit que pour la consommation locale.
Les principaux consommateurs de pipes sont les Anglais, que l'on pent considérer comme nos meilleurs clients, presque exclusivement pour la pipe en racine de brnyère. La fabrication de la pipe en