PISCICULTURE
terre a subi depuis quelques années un temps d'arrêt, dû surtout à la vogue croissante de la pipe en racine de bruyère, dont le bel aspect, la solidité et l'arôme agréable sont lort prisés des fumeurs de tous pays. La France tient incontestablement le premier rang dans la production de ces deux genres de pipes, et ses produits s'exportent sur tous les points du globe, tandis que les autres pays fabriquent surtout pour répondre à des besoins locaux.
Les statistiques officielles des Tableaux du Commerce accusent pour 1899 une exportation de 630.369 kilog. net (de pipes en bois) évaluées à 13 fr. le kilog., ce qui donne un total de 8.194.797 fr. Dans ce chiffre n'entrent pas les pipes et tuyaux en bois montés en ambre, ivoire, nacre, etc. La valeur de cette exportation est à elle seule de 699.114 fr. Les fume-cigares et cigarettes n'entrent pas dans ce total. L'importation des pipes en bois, par contre, ne se chiffre que par 1.109 fr. et celle des pipes et tuyaux montés par 1.009 fr.
La pipe en écume donne lieu à de grandes transactions. Le centre de production de cet article se trouve incontestablement à Vienne, où les Arméniens en ont centralisé le commerce. La matière première, l'écume de mer, qui ne porte ce nom qu'en raison de sa blancheur et de sa légèreté, — cette dernière qualité lui permettant de flotter sur l'eau à l'état brut, — ne provient nullement des flots de l'Océan. On la tire de mines importantes situées en Asie-Mineure. (Voy. Écume de mer.)
Aujourd'hui, la pipe en écume n'est plus aussi courue; on lui préfère la pipe en racine de bruyère. Vienne a souffert de ce revirement; mais Paris, qui est resté le centre de fabrication des pipes en écume pour la France, ne s'en est pas ressenti, car il a toujours fabriqué exclusivement l'article très riche, artistique, s'adressant à une clientèle d'élite, ce qui lui a permis de maintenir ses prix.
En résumé, la pipe est aujourd'hui un article très répandu dans toutes les parties du monde. Les progrès réalisés dans sa fabrication consistent surtout dans l'ornementation de plus en plus artistique, au moyen de sculptures ou d'appliques métalliques, telles que viroles, écussons, etc., et dans les procédés mécaniques de fabrication, qui permettent d'établir de belles et de bonnes pipes à des prix avantageux. L'industrie en est florissante et donne de l'ouvrage à un grand nombre d'ouvriers,
L'Autriche, l'Allemagne, les États-Unis ont fondé des usines pour la fabrication de la pipe de bruyère : leur exportation est très limitée. La France a conservé le premier rang pour la pipe de bruyère, grâce à un outillage perfectionné, et pour les pipes d'écume, grâce au fini de la fabrication et à la supériorité de la sculpture. M. -G. Amson.
l'IRÉE (Le). V. Athè.nes.
PISAGUA. Port chilien de 3.635 hab., par 19°34'9'' lat. S. et 70''11'23'' long. 0. Ce port est ouvert aux vents du Nord. Centre d'un commerce très actif pour l'export. du nitrate, du borax et autres sels industriels. Uni par un réseau ferré aux autres ports du salpêtre (Iquique, Junin, Caleta, Buena, Patillo).
Import, en 1898 : 1.338.633 piastres (de 1 fr.87o) ; export. : lo.31o.287 p.
riSCiCULTURE. La pisculture est l'art de multiplier, par tous les moyens connus, les poissons utiles à l'alimentation de l'homme. Cet art s'est considérablement développé depuis une trentaine d'an-
nées, mais il paraît cependant fort ancien, puisque dom Puichon, moine de l'abbaye de Réome, près de Montbard, pratiquait, dès 1419, la fécondation artificielle. Jacobi, de Lippe-Detmold, connaissait au siècle dernier ce procédé, que Remy, pêcheur à la Bresse (Vosges), redécouvrit pour ainsi dire en 1844, et fit connaître. Coste, ingénieur et ensuite professeur au Collège de France, étudia scientifiquement et perfectionna singulièrement le procédé; il obtint la fondation à Huningue d'un établissement de pisciculture, qui a servi de modèle à tous les autres. Malheureusement, la France, qui avait été l'initiatrice de ce mouvement, s'est laissée, sur ce terrain comme sur tant d'autres, distancer par ses rivales.
Nous nous bornons ici à quelques indications générales.
On peut distinguer la pisciculture naturelle de la pisciculture artificielle. La pisciculture naturelle consiste essentiellement à favoriser le réempoissonnement à l'aide de la reproduction des poissons par eux-mêmes et dans leurs frayères naturelles. Mais pour cela, il faut d'abord tenir compte des causes qui ont amené la disparition du poisson. Ces causes sont exogènes (braconnage, industries qui empoisonnent les rivières; animaux, loutre, par exemple, qui détruisent le poisson; grande batellerie, qui trouble le frai et l'incubation, etc.) et endogènes (maladies). Malheureusement, il n'est guère possible, en France, d'agir plus efficacement contre les premières que contre les secondes; on sait, en effet, que nous sommes à peu près complètement désarmés contre les maladies qui frappent le poisson et qui souvent le font disparaître avec une extrême rapidité. Aussi, Hofer, de Munich, propose-t-il, quand une maladie épidémique éclate, de détruire le poisson infecté, quitte à pratiquer ensuite, après un certain temps, le réempoissonnement. A ce propos iî ne faut pas oublier que, dans l'exploitation des eaux closes (étangs), il est nécessaire de tenir compte de divers facteurs, particulièrement de l'alimentation et de la proportion réciproque à donner, suivant la nature de l'élevage, aux poissons carnassiers et aux poissons herbivores ou simplement insectivores.
On pare cependant à ces inconvénients par la création, dans les cours d'eau, de réserx-es, où toute pêche est interdite pendant un certain temps et que l'on protège contre les animaux ichtyophages, par l'installation A'échelles à poissons, permettant aux poissons de remonter les chutes d'eau et les barrages établis sur les rivières, et de frayères. Les frayères sont des endroits où les femelles viennent déposer leurs œufs et où ces derniers se développent; il faut donc que l'incubation s'y passe à l'abri des causes de troubles, mais cela n'est pas toujours possible; on a recours alors aux frayères artificieUes,qxie l'on peut installer dans les reculées des cours d'eau, avec des enrochements, des fascinages, des semis de plantes aquatiques, etc. Ces diverses dispositions, et notamment les réserves, sont sanctionnées par des décrets, dont le dernier est du 22 décembre 1899.
La pisciculture artificielle, que l'on divise quelquefois en pisciculture en eau douce et pisciculture marine, vise non seulement à repeupler les eaux, mais aussi à augmenter le nombre des espèces utiles, par l'acclimatement d'espèces exotiques et l'hybri dation; elle emploie des moyens qui, naturellement, ne diffèrent pas essentiellement de ceux dont use te-.
PISSASPHALTE