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Soit une valeur

De 1.330 millions de dol. (6.650 millions de fr.) pour les trois grandes céréales, blé, maïs, avoine;

De 42 millions de dol. (210 millions de fr.) pour le seigle, l'orge et le sarrasin ;

De 478 millions de dol. (2.390 millions de fr.) pour les pommes de terre et le foin.

Total général : 1.850 millions de dol. (9.250 millions de fr.).

C'est surtout depuis 1870 que les export, de céréales des États-Unis ont commencé à devenir importantes. En 1879, elles atteignaient 122 millions de bushels, quantité correspondante à environ 40 millions d'hectol. En 1883, les Etats-Unis vendirent à l'Europe 153 millions de bushels de froment pour 190 millions de dol. Les quantités varièrent ensuite de 55 à 100 millions de;, bushels durant les années suivantes jusqu'en 1892, oii le chiffre de 1883, qui avait été un maximum, se trouva dépassé. Les sorties de blé atteignirent alors en effet le chiffre de 157 millions de bushels. L'export. a décru à 60 millions en 1895-96 et s'est relevée à 148 millions en 1897-98 pour une valeur de 144 millions de dol.^.

Il convient d'ajouter à l'export. de froment celle de la farine de froment, qui a été, en 1897-98, de 15.350.000 bushels pour 69 millions de dol.

L'export. de mais avait jusqu'en 1895 été toujours relativement faible, atteignant rarement 5 % du tot^' "Is 1^ récolte. Elle avait varié de 1875 à 1895 entre 98 et 25 millions de bushels. Elle a subitement grossi pendant les trois derniers exercices :

Bushels Dollars

1895-96 100 millions pour 38 millions.

L'export. de l'avoine n'a également pris quelque importance que dans les deux dernières années :

Bushels Dollars

1896-97 35 millions pour 8.700.000

La Caroline du Sud, la (iéorgie et la Louisiane sont les principaux États producteurs du riz, dont le rendement total a été de 17 millions de bushels en 1890. Cette culture est en décadence. De 1860 à 1880 la production du riz est descendue de 187 à 110 millions de liv. anglaises. — Les produits de jardinage sont restés longtemps inférieurs aux similaires d'Europe, en quantité et en qualité. Dans les quinze dernières années de grands progrès ont été faits dans cette branche de culture. Les États atlantiques sont devenus grands producteurs de fruits et de légumes, notamment le New- Jersey et la presqu'île du Delaware.

La consommation du sucre était de 415.000 T. en 1860 (119.000 de sucre indigène et 296.000 de sucre importé). En 1886, elle a atteint 1.193.000 T., dont 1.060.000 importées, principalement de Cuba et de l'archipel hawaïen. Jusqu'en 1890, le sucre était frappé d'un droit d'import. de 82 7„ ad valorem. Une import, de 69 millions de dol. (1887) payait à la douane 56 millions de dol. Les 9 millions de

1. Le prix de l'hectol. en francs, pour l'expert., a varié (moyenne générale) de 27 fr. en 1868, à 12 fr. 07 en 1888, à 8 fr. en 1895. Dans les quatre dernières années, les prix se sont relevés, la moyenne en 1897-98 a été 13 fr. 60.

ÉTATS-UNIS

ETATS UNIS

tlol. de sacres d'Hawaï entraient an contraire en franchise. aa.T termes d'un traité de réciprocité. Le traitement a varié ensuite selon les stipulations des tarifs .Mac Kinley, Wilson et Dingley. En I89i, les États-Unis ont consommé 2 millions de T. de sucre, dont 3(fâ.000 de sucres indigènes, et 1.700.000 de sacres étrangers. Le sucre de canne entre pour 265.000 T. (Louisiane et Texas) dans le premier chiflre. et pour l.;i30.000 (Cuba, Hawaî) dans le second. 1^ complément est fourni : à l'inlérienr, par les sucres de betteraves, de mélasse et d'érable que fabriquent quelques États (Californie, Nebraska, Utah) ; à l'extérieur par les envois d'Europe, principalement d'Allemagne. — Les États-Unis importent surtout du sucre brut. Les raflSneries de la Nouvelle-Orléans ont produit L890.000 T., dont 77 •/. provenant de r.\merican Sngar Refining C*, et 23 V. d'éublissements indépendants. Les Etats-Unis sont, avec l'.Xnglelerre et l'Australie, le peuple qui consomme le plus de sucre proportionnellement à la population (de 23 à 28 kgr. par tète).

Les progrès de la viticulture sont de date très récente. En 1893, le pays (principalement la Californie) a produit 1.280.000 hectol. de vin, et il a été importé 2K.000 hectol. de vins étrangers. La consommation est de 2 litres environ par an et par hab., tandis que la consommation de la bière atteint 1.073 millions de gallons, soit 43 millions d'hectol.. ou 57 lit. par an et par bab. La consommation des spiritueux est de 102 millions de gallons ou 4.100.000 heclol. Une partie de la récolte de Californie sert à fabriquer du « Champagne » et des eaox-de-vie.

Le tabac reste, à coté du froment, du mais, du coton, une importante production du sol américain. En 1894, la production (en liv. anglaises de 430 gr.) a été de 407 millions de liv.. d'une valeur de 28 millions de dol. Les chiffres de quelques-unes des années précédentes (de 1880 à 1889) étaient beaucoup plus élevés. La surface de culture est très inégalement répartie. Le Kentucky en contient 40 */. et produit 46 */. de la récolte entière. Le reste se partage entre une dizaine d'États : Caroline du Nord, Tennessee, Pennsylvanie, Virginie, Ohio, Connecticat, Maryland, Slissonri, New- York, Wisconsin. La valeur totale de la récoite, après avoir été de 190 millions de fr. en 1880 et de 175 en 1889, a fléchi à 115 en 1894.

La production du coton a constitué pour les États-Unis an véritable monopole pendant les vingt années qui ont précédé la guerre de la Sécession. Bien que l'Egypte et 'Inde et d'autres pays aient développé la culture du cotonnier. l'Amérique reste le grand centre d'approvisionnement pour cette matière première. Il a suffi de quelques années, après la cessation de la guerre, pour relever la production au niveau de celle des années antérieures à 1860. En 1876, le total fut de 4.669.000 balles, exactement le chiffre de 1860. Le total atteignit 5 millions en 1878, 6 millions en 1881, 7 en 1888, 8 en 1890, 9 en 1892. Il y eut dès lors an temps d'arrêt dans l'augmentation : le total varia de 6.717.000 en 1893, à 9.893.000 en 1895 et à •8.714.000 en 1897. Un accroissement formidable se produisit en 1898 jusqu'à 11.181.000 balles, du poids net moyen, par balle, de 487 liv. anglaises ou 219 kgr. — Ce grand accroissement de production ne représente pas, à cause de la baisse constante des prix, une augmentation correspondante de richesse. Dix États, situés dans leSud.prodnisent toute la récolte : sur les 8.714.000 balles de 1897, le Texas en a fourni 2.229.000. la Géorgie 1.300.000, le .Mississipi 1.110.000, la Caroline du Sud 776.000, l'Arkansas 771.000. — Un peu plus de 3 millions de balles suffisent encore à la coasommatien indigène. Le reste est exporté dans l'ancien monde, où les États-Unis ont expédié 7. 271. 000 balles en 1897-98.

Les richesses forestières des Étals-Unis ont été littéralement saccagées, et bien des régions, célèbres naguère encore par leur parure de forêts, commencent à se dénuder. Le gouvernement fédéral et nombre d'États ont pris des mesures de protection qui ont le tort d'être bien tardives et n'ont pas eu jusqu'ici une efficacité suffisante. L'incendie et l'abattage déréglé (overcutting) continuent chaque année leur œuvre de destruction. En 1880, il a été brûlé 10 millions d'acres de terres boisées, et une richesse évaluée à une centaine de millions de francs a été

ainsi détruite. La valeur de la production forestière est énorme. On l'évaluait à 500 millions de dol. dès 1880 pour les bois d'ameublement, de construction et de chauffage: des statisticiens l'ont portée jusqu'à 700 millions de dol. Le recensement de 1890 chiflre la consommation indigène à 18 milliards de pieds cubiques, dont 15 employés comme combustible. La superficie forestière est estimée par le département de l'agriculture à 700 millions d'acres, dont 40 millions ont été déclarés < réserves publiques » par diverses proclamations présidentielles depuis 1^1. — Des plantations d'arbres fruitiers ont remplacé sur de vastes étendues les herbes de la « prairie ». On comptait, en 1890, 4.500 pépinières couvrant 70.000 hectares, occupant 30.000 personnes et représentant une valeur de 40 millions de dol.

Animaux, Laine, Pêche.— Le nombre des animaux de ferme n'a pas beaucoup augmenté, il a même diminué pour certaines espèces depuis le recensement de 1890. En 1896, le département de l'agriculture comptait :

Nombre Millions

de dol.

Chevaux 15. 124.000 ponr 500

.Mules, mulets 2.279.aiO — 103

Vaches laitières 16. 136.000 — 364

Autres bêtes à cornes 32.083.000 — 509

Moutons 38.299.000 — 65

Porcs 42.843.000 — 186

Valeur totale 1 .727

Ou 8.635 millions de fr.

D'après r.AiSsociation nationale des manufacturiers en laines, le nombre des moutons au 1" janvier 1898 était de 37.657.000, d'une valeur de 93 millions de dol. — Les États qui possèdent le plus de moutons sont : le Texas, le Montana, chacun plus de 3 millions: l'Ohio, le New-Mexico (Territoire), la Californie, l'Orégon, l'Utah, chacun plus de 2 millions.

Les 16 millions de roches laitières donnent près d'un milliard de livres de beurre, d'une fabrication encore très défectueuse, malgré les progrès réalisés depuis 1890. Ces animaux sont surtout répartis dans les États à prairies, à l'E. du Mississipi ; à l'O. da fleuve, le bétail domestique a remplacé les bisons, dont d'immenses troupeaux, aujourd'hui entièrement détruits, peuplaient les solitudes de la vallée du Mississipi et des plateaux des Montagnes-Rocheuses.

L'élevage s'est surtout développé depuis 1875 dans l'O. Des capitalistes d' .Angleterre et d'Amérique ont constitué des compagnies qui louent pour des sommes relativement faibles d'immenses étendues [ranches] et y font vivre et se reproduire en liberté les bêtes à cornes par milliers, sous la surveillance de gardiens bouviers ou cou:boys. Les ranches alimentent les usines à viande de Chicago et de Kansas-City et les marchés d'export. de bétail vivant.

Il a été tué, empaqueté et vendu, aux État-s-Unis, dans l'année 1897, un total de 26 millions de poris, dont 6 millions 747.000 à Chicago, 3. 184.000 à Kansas-City. 1 million 673.000 à Boston, 1.570. OGO à Omaha, 1.239.000 à Saint- Loois, 1 million à Milwaukee, 636.000 à Cincinnati. La valeur des produits de porcs (lard, jambons, saindoux, etc.), exportés par les États-Unis en 1896-97, a été de 82 1/2 millions de dol., contre 84 et 90 millions dans les deux années précédentes. L'.\ngleterre et l'Allemagne absorbent presque les trois quarts de ces envois.

La production de la laine, en 1897-98, a été de 267 millions de liv. anglaises de 430 gr. Il a été importé 133 millions de liv. de laines étrangères. L'expert, de laines domestiques ayant été de 122 millions de liv., il est resté en tout, pour la consommation intérieure, 397 millions de liv., chiffre très inférieur à ceux des années précédentes : 402 millions de liv. en 1890-91 : 439 en 1891-92 : 471 en 1892-93 : 346 en 1893-94 ; 309 en 1894-% ; 491 en 18%-96. — La quantité de laine produite dans le monde a passé de liv. 953 millions en 1860 à 1.295 en 1870; 1626 en 1880; 2.457 en 1890 : 2.689 en 1898.

Comme l'élevage a remplacé la poursuite du bétail fauve, la pisciculture remplace peu à peu la pèche. La

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poursuite de la baleine occupe encore une centaine de bâtiments, celle des phoques à fourrure ;i donné lieu à de longs démêlés avec l'Angleterre et le Canada. Les controverses avec l'Amérique anglaise pour les pêcheries sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre, de Terre-ÎS'euve et des provinces maritimes du Dominion remontent aux premiers temps de l'indépendance. Les plus importants des produits de pêche aux Étals-Unis sont le saumon du fleuve Coluiiibia, les aloses et les huîtres de la baie de Chesapeaiie. L'industrie de la pêche occupe environ 150.000 hommes et la valeur de ses produits a été en 1890 de 45 millions de dol.

Production minière. — Les États-Unis tiennent le prennier rang pour la production minière comme pour l'accroissement proportionnel de la population, pour la richesse agricole et la production des céréales. Le service géologique évaluait en 1887 la valeur totale de la production minérale à 540 millions de dol. Ce chiffre s'est élevé progressivement jusqu'à 742 millions de dol. en 1896-97 et 733 en 1897-98. — La valeur des principaux produits minéraux en 1897 a été de : charbon, 206 millions de dol.; minerais de fer, 31 millions; fer et aciers bruts, 93; or, 59; argent (valeur commerciale), 34; cuivre,56; pétrole, 45; gaz naturel, 10; plomb, 12; zinc, 8. — Les quantités en 1897-98 ont été : 189 millions de tonnes de cliarbon ( anthracite, 45 millions; charbon bitumimeux, 144); 13 millions de tonnes de coke; 20.700.000 de minerai de fer; 11.907.000 de fer brut; 247.000 de cuivre; 95.000 kgr. d'or; 2.059.000 kgr. d'argent ; 7.526.000 T. de pétrole ; 1 .670.000 de sel. — A citer, parmi les autres richesses mihérales des États-Unis : les pierres précieuses, le platine, le mercure, la pierre à bùtir, les ciments, plâtres, marbres, granits, grès, porphyres, eaux minérales, etc.

La production de l'or a été de 45 millions de dol. en 1895, de 53 en 189G, de 59 en 1897 (2.8G4.000 onces). Cette même année, l'Australasie a produit 2. 093. 000 onces; l'Afrique 2.820.000; la Russie 1.124.000. Pour le monde entier, les chiffres sont de 11.489.000 onces et 237 millions de dol. La production des États-Unis représente donc le quart de celle du monde entier. Les deux principaux États producteurs d'or sont le Colorado (19 millions de dol.), la Californie (14 1/2 millions). Viennent ensuite le Dakota-Sud, 5.700.000 dol.; le .Montana, 4.373.000; l'Arizona, le Nevada, l'Utah, l'idaho, l'Alaska, 1.778.000 dol. — La production de l'argent, 54 millions d'onces, représente un peu plus du quart de celle du monde entier (183 millions d'onces). Elle est sensiblement égale à celle du Mexique (53.903.000 onces). L'Australasie donne 16 millions d'onces, la Bolivie 15 millions. Les principaux États producteurs d'argent sont: 1^ Colorado, le .Montana, l'Utah et l'idaho.

Voici quelle a été la production, en milliers d'onces, de l'or et de l'argent aux États-Unis dans les dix dernières années :

Or Argent

L'augmentation a été continue et considérable pour l'or depuis 1892. Le volume de la production de l'argent a été à peu près stationnaire depuis 1890.

La production du cuivre a pris un développement considérable depuis le krach du syndicat constitué en France en 1890. De 100.000 T. environ en 1887, sur un total de 225.000 pour le monde entier, elle s'est élevée d'année en

année jusqu'à atteindre 262.000 T. en 1898, soit 582 millions de liv. anglaises de 450 gr. Or, le prix s'est considérablement élevé dans le cours de l'année 1898. De 11 cents (55 centimes) en 1898, il a été porté, par un grand mouvement de spéculation et la formation d'un trust du cuivre, à 14 cents en janvier 1899 et 17 cents en avril. Ce prix, correspondant à 75 liv. st. ou 1.875 fr. la T., la valeur de la production de 1898, évaluée au taux d'avril 1899, atteindrait tout près de 100 millions de dol.

Les États-Unis avaient dépassé, en 1890, la Grande- Bretagne pour la production du fer. Us l'ont dépassée ea 1893 pour celle du charbon. Or, en 1870, ils produisaient à peine le tiers de la production houillère de l'.-Vngleterre, et en 1881, la moitié. La Pennsylvanie donne à elle seule 107 millions de T., soit plus de la moitié du total. Viennent ensuite: l'Illinois, 20 millions; 1« Virginie Occidentale, 14 millions; l'Ohio, 12; l'Alabama, 6; l'Indiana, 4. La T. d'anthracite vaut (au prix d'extraction) 1 dol. 79 cents,, la T. do charbon bitumineux 89cents(resp. 9fr. et 4 fr.50)- La valeur de la production totale (189 millions de T.) a été de 206 millions de dol. en 1897-98.

Il a été extrait aux États-Unis, en minerais de fer : Tonnes Dollars

En 1887 11.000.000 34.000.000

La baisse considérable des prix du fer a naturellement influé sur la valeur du minerai. Le Michigan fournit 40 % environ du total. Ensuite viennent : l'Alabama, la Pennsylvanie et le New-York.

La production du pétrole avait varié de 900 à 1.900 millions de gallons (de 4 lit.) entre 1883 et 1891 ; elle a atteint 2 milliards de gallons en 1892 et s'est élevée à 2.500 millions en 1898 ; sur ce total, elle a exporté environ 1 milliard de gallons. La région pétrolifère embrasse la partie occidentale de l'État de Pennsylvanie, la vallée de l'Alleghany et de l'Oil-Creek, Pangle occidental de PÉtât de New-York.

Industrie. — Bien que l'agriculture soit encore la plus importante des industries américaines par le nombre de mains qu'elle occupe et de familles qu'elle soutient, les industries manufacturières se sont développées, dans les dix dernières années, avec une telle force, qu'aujourd'hui on peut tenir les États- Unis pour la plus grande nation industrielle du monde, avant l'Angleterre et l'Allemagne.

D'après le census de 1890, le nombre des personnes employées dans les établissements industriels était de 4.712.000, recevant 2.283 millions de dol. de salaires et donnant un total de produits d'une valeur de 9.372 millions de dol. D'après une autre classification, fondée sur les résultats accusés par les plus importants de ces établissements, on trouve les données suivantes :

Nombre d'établissements faisant connaître leur situation 322.000

Capital employé Dol. 6.139 millions.

Dépenses diverses » 615 —

Personnel administratif Nombre. 426.000

Salaires du personnel Dol. 372 millions.

Autres employés et ouvriers. Nombre. 4.051.000

Salaires Dol. 1.800 millions.

Matériaux » 5.021 —

Valeur des produils » 9.057 —

Les États où domine l'activité industrielle sont 1& New-York (1.712 millions de dol. de produits), la Pennsylvanie (1.332 millions), l'Illinois (909 millions), le Massachusetts (888 millions), l'Ohio (641 millions). Viennent ensuite le New-Jersey, le Missouri, le Connecticut et le Rhode-Island, le Michigan, le Wisconsin et l'Indiana, la Californie et le Minnesota. En 1880, la valeur des produits industriels avait été évaluée à 1.100 millions de dol., celle de la Pennsylvanie à 750 millions. On peut juger

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dn progrès qni a dû s'accomplir entre 1890 et 1900 par celai qui s'est accusé entre 1880 et 1890. Le rapprochement entre la valeur totale des prodnits «t le nombre des ouvriers fait ressortir que chacun de ceux-ci a livré en moyenne, en 1892, grâce à l'emploi de tons les agents industriels, une valeur ■de 12.330 fr. en objets fabriqués.

De tontes les industries américaines celle qui a (ail les pins remarquables progrès est l'industrie métallurgique. Les Étals-Unis étaient encore, en 1870, pour la production dn fer brut et de l'acier, en arrière de l'Angleterre, de 4'Allemagne fX de la France. Ils ont depuis longtemps dépassé ces deux derniers pays, et ils ont distancé r.\ngleterre depuis 18110. !-a production du fer (fonte, fer brut, jicier) fut celte année-là de 9.20;j.000 T., contre 7.GO5.00O en 1889, 6.150.000 en «888 et 1887, et 5.684.000 en 1886. En celte même année 1886, l'Angleterre produisit 7 millions de T. de fer: l'Allemagne. 3.340.000: la France, 1.507. 000; la Belgique, 697.000. Depuis 1890, la production ans États Unis a été de 8.280.000 T. en 1891, de 11.774.000 en 1898. Certaines évaluations portent le produit de 1807 9S à 14 millions de T. (Voy. Fo.nte.) La progression aux États-Unis a d'ailleurs suivi celle dn monde entier, qui. de 12 millions de T. en 1870. a passé à 18 millions en 1880, à 26 en 1894, à 31 millions en 1897. La <îrande-Bretagne. qni donnait avant 1875 plus de 50 % de la production du monde, n'en donne plus en 1898 que ^ •/,. D'une manière absolue, la production du fer, depuis 1871, a augmenté de 85 '/. dans la Grande-Bretagne, elle a quadruplé en .\llemagne et quintuplé aux États-Unis. -Ces trois pays fournissent à peu près les 4/5 de la pro- ^Inction du monde entier. — La valeur de tous les produits de fer on d'acier aux États-Unis a dépassé 600 millions de •dol. en 18î)7. Les import, ont été réduites en 1898 à 41 millions (le dol., les export, se sont accrues, de 20 millions de dol. en 1888, à 63 millions en 1897 et 83 millions en 1898. — Les plus grands établissements métallurgiques sont -ceux de la Pennsylvanie {voy. ce mot), notamment ceux de Pittsburg (Carnegie), puis ceux de Chicago (Illinois). En 1890, on comptait environ 600 établissements pour l'industrie dn fer, employant 38.000 personnes et donnant ■77 millions de fr. de salaires annuels. Ces deux derniers -chiffres sont notablement dépassés aujourd'hui.

Une autre grande industrie américaine est la fabrication des fils et tissus de coton et de laine. (Voy. Fils de coton, FiLATiBE DE LAi.NE.) Le nombre des établissements pour la filature et le tissage du coton était de 900 en 1890, -celui des métiers de 310.000, celui des broches 15 1/2 millions (17.570.000 en 1898), celui des balles de coton em- 'ployées, 2.500.000 (plus de 3 millions aujourd'hui). La valeur des produits de cet appareil industriel était en 1891 I de 270 millions de dol. La moitié de l'industrie cotonnière est cantonnée dans le Massachusetts et le Rhode-Island. {Voy. ces mots.) Le trait le plus remarquable de l'histoire ■de cette industrie depuis 1880 est le progrès réalisé par les Étals du Sud. De 1880 à 1890. le nombre des établissements y est passé de 161 à 334, celui des métiers de 12.000 à 40.000, celui des broches de 560.000 à 1.800.000, celui des balles employées de 181 .000 à 545.000, la valeur des prodnits de 17 à 56 millions de dol. Le siège principal l'industrie cotonnière dans le sud est Birmingham \labama). — Le nombre des établissements pour la filauie et le tissage de la laine était, en 1890, de 2.963, celui 'es métiers de 74.000, celui des broches de 3.300.000, la valeur des produits de 340 millions de dol. (matière première consommée, 203 millions).

On signale, parmi les autres grandes industries, les principales suivantes : machines de toute sorte, matériel de chemins de fer, outils, instruments et machines agricoles, machines à coudre et à écrire, bicyclettes et matériel pour bicyclettes, cordonnerie, chapellerie, voitures, quincaillerie, verrerie, cuirs, meubles, soieries, distilleries, brasseries, raffineries, etc.

Le nombre des triuts (coDcentration de ractivité indus-

trielle par la fusion d'entreprises mattiples en qnelqncs immenses Sociétés) s'est maltiplié d'une façon prodigieuse : trusts pour les brasseries, le enivre, le pétrole, le sucre, la minoterie, la métallurgie, le sel, même pour les chemins de fer.

En 1890, on évaluait la valeur des prodnits de quelques industries aux chiffres suivants : minoteries, 560 millions de dol.: fer et acier, 480 millions; conserves de viande, 400 millions: machines-outils, voitures, etc., 300 millions: charpente et meubles, 250 millions; cuirs, 200; brasseries, 160, etc.

La richesse publique. — Le Gouvernement des États-Unis fait tous les dix ans, avec le recensement de la population, l'inventaire des ressources, des valeurs, de la richesse du pays. Le dernier inventaire, celui de 1890, montre que dans la période de dix années qui va de 1880 à 1890 la richesse aux États- Unis s'est accrue dans des proportions extraordinaires. En 1880, la valeur taxée Ibiens, meubles et immeubles) appartenant aux habitants des États- Unis, était de 16.903 millions de dol., représentant une valeur véritable de 43.642 millions de dol. En 1890, la valeur taxée s'élevait à 24.250 millions de dol., équivalant à une valeur réelle de 65.000 millions de dol. La richesse absolue, d'après le superintendant du recensement de 1890, peut donc s'estimer, anx États-Unis, à environ 1.000 dol. (5.200 fr.) par tête d'habitant ; elle était de 870 dol. en 1880, de 780 en 1870 et de 514 en 1860. La richesse acquise par la population des États-Unis de 1880 à 1890, c'est-à-dire en dix ans, est supérieure à celle qui existait dans toute l'étendue du territoire de l'Union américaine en 1850. Cette plus-value de richesse acquise est générale. Elle se manifeste dans tous les États de l'Union américaine. Mais c'est dans les États du Far- West qu'elle s'accuse avec le plus d'énergie. Dans la Californie (dont la richesse est montée de 584 à 1.071 millions de dol. de valeur taxée), l'augmentation est de 99 " ,, environ. Dans les États de l'Est, le chiffre tombe à 42 '/, pour New- York et 36 % pour le Massachusetts. Les États qni ont le moins augmenté leur richesse sont la Caroline du Sud, qui n'a que 1 ° . d'augmentation, la Virginie 17,50 '/„ la Virginie-Ouest 21,70, l'Ohio 15,89, l'Indiana 7,50. L'augmentation de la valeur taxée est de 117 "/„ dans le Texas, 131 % dans l'Arizona, 153 Vo dans le Colorado, 3(fô Vo dans le Nouveau-Mexique, 424 "/„ dans le territoire de Washington, 471 7, dans le Montana, 7tfâ % dans le Dakota-Nord, 1.040 •/„ dans le Dakota-Sud. Il faut dire que dans ce dernier État la population, entre 1880 et 1890, a passé de 98.000 à 328.000 hab.

D'après les statistiques des fonctionnaires chargés du recensement, les Etats les plus riches sont ceux de Rhode-Island (913 dol. de valeur taxée par tête), Massachusetts (888 dol. par tête), Montana (805 dol.), Californie (676 dol. par tète d'habitant). Les États les moins riches sont les États du Sud : 114 D. par tête dans la Caroline du Sud, 122 dans le Mississipi, 131 dans la Caroline du Nord, 196 en Floride, 218 en Virginie. En tenant compte de la relation entre la valeur taxée et la valeur vraie de la propriété, les habitants de Rhode-Island auraient en moyenne 13.500 fr. par tête, ceux de la Caroline du Sud environ 1.700 fr. senlement.

D'après le census de 1890, l'évaluation à la fin de chacune des quatre périodes décennales de la richesse aux États-Unis donnait comme niveau réel présumé : 17 milliards de dol. en 1860, ïj milliard*

en 1870, 45 en 1880, Go en 1890. — La richesse par ■ tète anrait été de 2.575 fr. en 1860, de 3.{m en 1870, de 4.350 en 1880, de 5.200 fr. en 1890.— Cette richesse totale se composerait des éléments suivants :

Milliards de (loi.

Hiens fonciers et améliorations 3y,.')4!j

liétail vivant, matériel de terme 2,703

Mines et carrières 1 ,292

Or et argent 1,139

Matériel industriel 3,039

Chemins de fer et matériel 8,(183

Télégraphes, télépliones, canaux 702

Divers 7.894

Total 03,039

De 1890 à 1900, l'accroissement de la richesse, îiu taux de la décade précédente, porterait le total à 100 milliards de dol. au commencement du vingtième siècle.

Monnaies, Mesuuks et Poids. — La loi du 12 fév. 1873 avait fait du dol. or l'unité monétaire; la législation de fév. 1878, confirmée par celle de 1890, a donné le caractère de monnaie légale au dol. argent de 412 1/2 grains de fin. Toutefois, l'obligation pour le Trésor d'acheter et de faire monnayer chaque année une quantité déterminée d'argent, a cessé en 1894. — Le dollar or pèse 1 gr. G7I83 et vaut 3 fr. 1813. Le rapport légal de l'or à l'argent est de 1 à 13,98. Le dol. argent pèse 26 gr. 729. Le dol., or ou argent, représente 100 cents; un cent vaut pratiquement cinq centimes. Les poids et les mesures de longueur, de superficie ou de volume, sont en général les mêmes qu'en Angleterre. L'emploi des poids et mesures du système métrique décimal est autorisé depuis 1876. — Le pied U'oot) égale 12 pouces, soit 0 m. 3048; le pouce (mc/t), Om. 0234; le yard, 0 m. 914; le mille {mile), 1.60!) m. 313; l'acre, 4.046 m. carrés 71.— Le baril égale 32 gallons (143 lit.); le gallon 4 lit. 343; le hushel, employé jiour les grains, 33 lit. 24; la livre (pound) vaut 16 onces, soit 433 gr. (M); l'once, 28 gr. 33 ; la tonne courte, 2.000 livres; la toniie longue, 2.240 livres.

Le signe du dollar est un 8 modifié. La pièce espagnole qu'il a remplacée valait 8 réaux. De là le signe $. Le cent a pour signe un C barré : (|].

Commerce. — Voies de communication. Canaux et chemins de fer. — On ne saurait chiffrer l'importance du commerce intérieur des États-Unis. On peut seulement constater qu'elle est énorme; les économistes américains qui évaluent le montant des échanges intérieurs à vingt fois celui du commerce extérieur, ne commettent probablement aucune exagération. On peut encore se faire une idée de l'activité du trafic intérieur par les totaux des clearings, par les mouvements de fonds entre l'Ouest et l'Est, par le développement continu des recettes du trafic local dans l'ensemble du rendement des chemins de fer. Il j' a de plus à considérer que le territoire américain produit à peu près toutes les denrées et matières nécessaires à l'alimentation (sauf le sucre, le café et le thé), à l'habillement, à l'activité industrielle et au luxe. — Les grands cours d'eau ont conservé, malgré les chemins de fer, une réelle importance pour certains échanges intérieurs. Les denrées lourdes sont encore transportées sur les rivières et les canaux : charbons, sels, sur l'Ohio, en amont de Cincinnati; coton, bois, sur le Mississipi; minerais, charbons, bois, grains, sur les grands lacs, où une flotte de plus de 2.000 navires, vapeurs et voiliers, fait vivre une centaine de ports américains. En 1889, environ 27 millions de tonnes ont passé par la rivière Détroit, entre les lacs Huron et Érié, en 234 jours de navigation. Plus de 8 millions de tonnes ont franchi en 1890 le canal de Sault-Saint- Mary, issue du lac Supérieur dans le lac Huron. On

évalue à plus de 20 millions de tonnes le mouvement de la navigation sur l'Hudson, entre New- York et Albany. — La plupart des canaux existants aux États-Unis ont été construits de 1800 à 1850. Le canal lUinois-Mississipi a été ouvert en 1895. Le plus important de tous est l'Érié (381 milles), construit de 1817 à 1825, de Buffalo à Albany, avec un embranchement de 81 milles sur le lac Champlain et le Saint-Laurent. C'est de l'ouverture du canal Érié que date la grandeur de la ville de New- York, comme centre d'échanges entre l'Ouest des États- Unis et l'ancien monde. Aujourd'hui encore, malgré la concurrence du chemin de fer New-York Central,, qui suit le même tracé, et d'autres lignes reliant New-York à Buflalo, le canal Érié transporte 5 à 6 millions de tonnes de marchandises. La longueur totale des canaux est de 2.575 milles (4.150 kil.).

La construction des premières voies ferrées remonte à l'année 1827. En 1860, on en comptait 50.000 kil.; 6 milliards de francs étaient déjà engagés dans cette industrie. Le réseau se développait surtout dans l'Est, proportionnellement à la densité de la population, mais sans aucun plan méthodique,, chacun des États favorisant sur le territoire soumis à sa juridiction la création de compagnies indépendantes de celles des États voisins. La guerre civile n'interrompit que dans le Sud la construction des. voies ferrées. En 1867 fut ouverte la première ligne transcontineiitale (Omaha à San-Francisco par l'Union et le Central Pacific), à laquelle cinq autres, lignes transcontinentales font aujourd'hui concurrence. La longueur des lignes exploitées s'élevait à 90.000 kil. en 1870. Dans les vingt années suivantes,, le réseau reçut un développement énorme, sa longueur atteignant 263.000 kil. en 1890. En uneseul& année (1887) furent construits 21.000 kil. De 1890 à 1897, le réseau s'est encore accru de 3i.000 kil.; il atteint ainsi 297.000 kil., représentant une moyenne (très inégalement répartie) de 10 kil. de ligne par 250 kil. carrés, de 41 kil. par 10.000 hab. — Les- États qui sont sillonnés par la plus grande longueur de voies ferrées sont l'Illinois (17.350 kil.),. la Pennsylvanie (16.000), le Texas (15.400), le Kansas (14.200), l'Ohio (14.200), le lowa (13.700), le New- York (13.200) : soit, pour sept États, 104.000 kil., plus du tiers du réseau.

Le personnel occupé par les chemins de fer en 1897 comptait 820.000 employés ou ouvriers de toutes catégogories, les salaires moyens variant par catégories de 9 dol. 34 cents par jour à 1 dol. 16 c. — Le nombre total des voyageurs transportés a été de : 340 millions en 1894, 307 millions en 1893, 312 millions en 1896, 489 en 1897,. 304 millions en 1898. — Le capital représenté par les. 297.000 kil. de chemins de fer est de 10.900 millions de D.. (33 milliards de fr.) Il est à peu près e.xactement diviséen actions et obligations. Le matériel comprend : 36.000" locomotives, 23.273 wagons pour voyageurs, 8.133 fourgons pour bagages, 1.229.000 wagons de marchandises. H a été transporté, en 1897-98, 788 millions de T. de marchandises.

Millions de dol.

Les recettes brutes ont été de 1 . 123

Les recettes nettes d'exploitation 338

Les produits d'autres sources 93

Intérêt du capital-obligations 231

Autres charges 92

Dividende aux actions 83

Surplus disponible 27

Le résultat de la liberté pratiquement illimitée laissée ài] la construction des chemins de fer a été de provoquer entre^ les Compagnies ane rivalité qui, au début, parut salatain

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ETATS UNIS

aa point de vne de la rapidité et du bon marché des transports. Mais l'application à outrance du système de la concarrence finit par causer la mine d'un grand nombre d'entreprises. On comptait environ 1.700 Compagnies petites ou grandes dans la décade 1877-86. Durant celte périmle. 383 Compagnies, représentant 26.000 kil. de lignes, firent faillite, et leurs propriétés tombèrent à vil prix aux mains des gros réseaax. Les guerres de tarif se succédèrent sans trêve, devenues le régime normal de l'industrie des chemins de fer. Les tarifs étaient brusquement abaissés ou élevés, au gré de quelques personnalités omnipotentes, (Kings of railroads) : Vanderbill, Gould, Roberts, Garrett, Huntington, qui concentraient entre lears mains la direction, sinon la propriété de la plus grande partie des Compagnies. Ces brusques variations surtout étaient préjudiciables à la clientèle commerciale des lignes, aussi bien qu'aux actionnaires. — La plupart des Etals (surtout ceux de l'Ouest, désignés sous le nom de grangers (agricoles) se sont efforcés d'intervenir, par voie législative, dans la fixation des tarifs et dans l'administration même des Compagnies. Mais ces efforts restèrent en général infructueux, les Compagnies étant assez puissantes pour paralyser par tous les moyens, y compris celui de la corruption, l'action des gouvernements d'États. Le Congrès s'occupa lui-même de la question et vota, sous la pression de l'opinion publique, en 1887, une loi, connue sous le nom i'Iiiterstate Commerce Act, instituant une haute Commission qui a le droit d'exiger de tontes les Compagnies des publications régulières de leurs bilans et de leurs opérations, et de contrôler, sous de certaines conditions, la fixation des tarifs, ainsi que la formation des pools, coalitions on syndicats entre les Compagnies. — Depuis la mise en vigueur de cette loi. les lottes ont continué, mais non plus avec la même àpreté que précédemment ; elles ont été, en outre, très souvent interrompues par la constitution, entre les directeurs des grandes Compagnies, d'associations diverses pour l'établissement et le maintien de tarifs normaux.

Un résultat des luttes anciennes, de la construction de nombreuses lignes concurrentes et du développement énorme du réseau entre 1870 et 1890, a été une diminution constante des tarifs pour le transport des marchandises, et une réduction des bénéfices nets distribués sons la forme de dividendes aux actions. Malgré l'augmentation énorme des recettes brutes, les dépenses et charges sont telles que le total des dividendes oscille toujours autour du chiffre rond de 100 millions de dol., plutôt au-dessous qu'au-dessus, soit moins de oOO millions de fr. pour un capital-actions de près de 30 milliards. — La tendance continue, durant les vingt dernières années, a été à la concentration des réseaux en groupements de forces de plus en plus compactes. En 1890, il existait encore 600 Compagnies, mais le plus grand nombre étaient associées en syndicat? plus on moins puissants. .\u sommet du système sont les Compagnies géantes, dont les neuf pins importantes par l'étendue de leurs lignes exploitent 90.000 kil. Ces neuf compagnies sont : le Pennsylvania R.-R. (li.500 kil.), le Chicago, Burlington and Quincy (12.000), l'.\tchison, Topeka and Santa-Fé (11.700), le Milwaukee and Saint-Paul (9.900), le .Missouri Pacific (8.600), le Chicago and Northwestern (8.200), leGreat Northern (7.500), l'Illinois Central (7.400). le Northern Pacific (7.000). On cite encore, parmi les grands réseaux de 4.000 à 7.000 kil., le New- York Central, le Rock Island and Pacific, le Baltimore and Ohio, leLonisville and Nashville. le Cleveland, Cincinnati. Chicago and Saint-Louis, le Boston and Maine, le Sou- 1 thern Pacific*.

1- Le gouvernement des États-Unis a pris l'initiative de la tion d'une grande ligne ferrée qui traverserait le nouveau uent du Nord aa Sud, de New- York a Buénos-Ayres. Les ■i préliminaires, aujourd'hui achevées, ont coûté environ Ot» doUars. La ligne aurait 16.500 kil., dont 7.500 déjà cons- - ; il faudrait 180.000.000 de dollars pour construire les 9.000 kil. :iis. De New-York le tracé emprunte les lignes de l'Union ; i Laredo, à la frontière Nord du Mexique, qu'il traverse ju.<- : Guatemala : il franchit, par des raccordements aui lignes iates. le Salvador, le Honduras, le Nicaragua, Costa-Rica. la mbie, l'Equateur, le Pérou, la B.)livie, contourne la CordiUère Andes et rejoint le réseau de la République Argentine.

Marine marchande. — Les États-Uois, \-ers le milien da siècle, étaient nne des grandes nation» maritimes du monde. Vers 1840, les neuf dixièmes dn commerce extérieur des États-Unis se faisaient sons pavillon national. Cette situation se tronva gravement entamée par les progrès de la navigation à vapenr, qui firent passer à l'Angleterre, aa point de vne de la construction des navires en fer et à moteur mécanique, tous les avantages dont avaient bénéficié les États-Unis au temps des voiliers en bois. La décadence fut achevée par la guerre de la Sécession, à l'issue de laquelle les États-Unis ne transportèrent plus sous leur propre pavillon qu'une faible partie de leur commerce extérieur : II V. en 1890.

En 1890-91, sur 804 millions de dol. de marchandises importées par voie de mer, 128 millions ont été transportés par navires américains et 676 par navires étrangers. A l'export., dans la même année, les navires américains ont transporté 77 millions de dol. seulement de marchandises, les navires étranger» 765 millions de dol. En 1898, les États-Unis possédaient, comme engagés dans le commerce extérieur, 303 vapeurs (290.000 t.) et 738 voiliers (425.000 t.), et dans le commerce de cabotage (réservé au pavillon américain), 6.400 vapeurs (2.078.000 t.), et itJiO& voiliers (1.351.000 t.).

D'après le bureau de la navigation à Washington, la marine marchande des États-Unis, au 30 joi» 1898, se composait des unités suivantes :

Unités Tonnage total

(t. bruis) 22.7œ 4.749.73»

• Bâtiments de tonte nature.

Steamers

Ces chiffres comprenant la navigation fluviale et celle des lacs, ainsi que la navigation maritime (pèche, cabotage et long coursi.

Il a été construit aux États-Unis, en 1897-98, qb total de ^2 bâtiments de tonte nature, d'un tonnage total de 180.000 t., dont 394 vapeurs jaugeant l(fô.838 t. Les navires en fer figurent dans le total pour un jaugeage de 62.000 t., dont 48.500 pour les vapeurs et 13.500 pour les voiliers.

Crédit et Banques. — En Europe, c'est la fonction, dans chacune des nations, d'une grande banque centrale d'émission, plus ou moins étroitement dépendante du Gouvernement, de régler les conditions et le volume de la circulation fiduciaire, d'en surveiller les mouvements de contraction et de dilatation, de veiller au maintien du stock métallique, de constater le taux courant des capitaux, d'agir, quand il convient, sur ce taux par la fixation del'escompte.

Il n'a rien existé de semblable aux États-Uni» depuis la disparition de la seconde Banque nationale de l'Union en 1836.

C'est le Trésor qui est le plus grand réserrœr, comme il est le plus grand distributeur de capitaux. Il reçoit du métal, donne dn papier en échange, rembourse ce papier en métal, se procure de l'or par tous les moyens, notamment par l'emprunt, quand il ne lui en vient pas assez par la voie du payement des taxes, pour assurer le payement en or de tous ses papiers, greenbacks, certificats, bons, etc. Mais il ne fait pas et ne peut pas faire la banque, il n'escompte ni ne réescompte; cet office est rempli par les quelques milliers de Banques, nationales ou d'États, dont l'ensemble constitue le système cir-

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culatoire financier des États-Unis. (Voy. BaiNques : Banques étrangères.)

Dans le jeu de ce mécanisme, le rôle le plus important appartient au groupe des banques associées de New- York, qui se prêtent aux avances ou restreignent le crédit, abaissent ou relèvent le taux de l'escompte, selon les circonstances, comme fait la Banque d'Angleterre. Les banques lointaines prêtent aux commerçants et agriculteurs et empruntent elles-mêmes aux banques de l'Est, qui à leur tour font venir de l'or d'Europe, quand le numéraire leur fait défaut.

A la fin de décembre 1898, le nombre des banques nationales aux États-Unis était de 3.598, avec un capital autorisé de dollars 624 millions, savoir:

Banques Capil.-il

Nouvelle-Angleterre i>82 D. 155

États de l'Est 954 192

— du Sud 537 65

— du Centre 1.054 160

— de l'Ouest 348 32

— du Pacifique 123 20

Il existe en outre 5.145 banques et institutions de

crédit diverses, dont 980 banques d'épargne. Le nombre de ces dernières, après avoir été de 278 en 1860, de 517 en 1870, de 629 en 1880, de 921 en 1890 et de 1.059 en 1892, a diminué depuis d'année en année. Les 980 banques d'épargne existant en 1890 avaient 2.065 millions de dollars de dépôt appartenante 5.385.000 déposants (soit une moyenne de 383 dollars par déposant). Ces 2.065 millions de dollars de dépôts sont répartis entre une douzaine d'États ; le New-York en détient 767 millions, le Massacliusetts 474.

Le mécanisme des banques nationales fonctionne bien, mais avec moins de délicatesse que ne fait celui de la Banque de France, tout compte tenu de la différence des lieux et des bommes. Il est trop rigide, il n'a pas l'élasticité du système français ; il est impropre à prévenir les crises et impropre, quand elles ont éclaté, à les réduire à un minimum d'action néfaste et de durée.

Le taux moyen d'escompte dans les quatre années 1893-97 a été (d'après Bradstreet) :

De 3,83 7. à Boston;

De 4,41 % à New-York, de 4,59 à Baltimore, de 4,64% à Philadelphie;

De 5 % à Cincinnati, de 5,85 à la Nouvelle-Orléans, de 5,84 à Pittsburg, de 5,74 à Chicago, de 5,tX) à Saint- Louis;

De G % à Richmond, de G à Buffalo, de 6, .37 à Cleveland, de 6,60 à Saint-Paul, de 6,91 à Kansas-City, de 6,82 à Lonisville, de 6,21 à San-Francisco ;

De 7 7. à Charleston, de 7,31 à Galveston, de 7,05 à Los Angeles, de 7,98 à Omaha;

De 8 à Atlanta, à Birmingham, à Salt-Lake-City, à Portland, de 9,27 à Tacoma, de 9,97 à Seattle, de 10 à Denver.

Ces divergences de taux s'expliquent en grande partie par les différences de qualité du papier. Ceux qui sont pratiqués dans le Centre et dans l'Ouest contiennent en réalité une prime d'assurance. L'écart entre Boston et Denver est de 6 % ; alors qu'au Canada, sur toute l'étendue du territoire, il ne dépasse pas 1 à 1 1/2 Vo-

Cet écart, qui croît avec la distance et avec les degrés de différence dans l'avancement de la colonisation et du comfort, est destiné à s'atténuer. Les facilités de plus en plus grandes de communication font refluer en effet dans les grands réservoirs de capitaux de l'Est le papier, même médiocre, qu'ef-

fraye la tension presque probibitiv« des taux exigés sur place.

Pour l'exercice annuel d'octobre 1897 à septembre 1898, les opérations faites par le Clearing-House ou Chambre de compensation de New-York présentent les chiffres suivants: payements par chèques, dollars 39.853 millions (200 milliards de francs). Une manipulation de dollars 2.338 millions de monnaie (12 milliards de francs), soit 6 % du total, a sufH pour liquider ces comptes énormes. La monnaie est donc réduite, à New-York, au minimum d'emploi.

Sur les dollars 2.338 millions de monnaie, 1.109 ont été représentés par des bons de caisse, payables en or, émis par le Clearing-House et acceptés comme soultes par les créanciers. Le reste des balances a été réglé à l'aide de dollars 86 millions d'espèces et de 1.142 millions de billets des États-Unis (groenbacks).

La moyenne quotidienne des payements en chèques a été de 658 millions do fr., et celle des mouvements de fonds de 38 millions 1/2 de fr.

Commerce extérieur. — Relations commerciales entre la France et lea États-Unis. — Le commerce extérieur des États-Unis a été de tout temps, mais surtout depuis la guerre civile, régi par une législation nettement protectionniste, qui a été en s'aggravant constamment et a trouvé son expression la plus violente dans le tarif Dingley, voté en 1897 par le parti républicain, qui venait de sortir vainqueur de la grande lutte électorale de 1896. — En 1886-87, sous un régime modérément protectionniste qui datait de 1883, les import, de marchandises, non compris les métaux précieux, s'élevèrent à 692 millions de dollars. Sur ce total les marchandises entrées en franchise représentaient une valeur de 242 millions de dollars, soit 35 "/„ du total ; les marchandises soumises aux droits, une valeur de 450 millions ou 65 % du total. Ces dernières ont payé au Trésor fédéral un ensemble de droits s'élevant à 217 millions de dollars, soit en moyenne 48 % de la valeur déclarée des marchandises imposées et 31 Vo de la valeur de l'import. totale. Les marchandises importées en franchise, figurant sur ce que les Américains appellent la free list, étaient des matières premières ou des denrées alimentaires que ne produit pas le sol des États-Unis : peaux brutes, soie brute, caoutchouc, produits chimiques, thé, café, épices, etc., et le sucre brut, importé franc de droit des îles Hawaï en vertu du traité de réciprocité existant avec les États-Unis. La liste des articles soumis à des droits divers était très variée. Il n'y avait aucune coordination systématique dans l'établissement du tarif, tant de fois remanié depuis les premiers temps de la République. Les droits étaient établis à mesure qu'une industrie réclamait du Congrès le bénéfice de la protection. Les modifications apportées en 1890 par la loi Mac-Kinley au tarif de 1883 eurent pour résultat de concéder la francljise à divers articles, notamment aux sucres, et de surélever les droits existants sur un grand nombre d'articles, surtout de ceux qui affectaient les import^ anglaises aux États-Unis (laines, lainages, cotonnades, fers et aciers, etc.). X quantités égales, l'effe^ du nouveau tarif eût été de faire perdre au reveni douanier 60 millions de dollars par les suppressions de droits et de lui faire gagner 80 millions de dollars par les surélévations.

Le mouvement des import, ne cessait d'ailleurs de s'acJ

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croître. En 1889-90, avant le vote de la loi Mae-Kinley, les import, s'élevèrent à 789 millions de dol. Le bill, voté an milieu de 1890, fut appliqué dès l'automne de la même année. Les import, de 1890-91 atteignirent 8i5 millions, dont 479 millions représentaient des marchandises taxées, ayant payé 219 millions de droits, et 366 millions de marchandises exemptes de droits. — Le bill .Mac Kinley avait eu pour objet d'entraver l'enlrée aux États-Unis d'un grand nombre de marchandises européennes, surtout anglaises. L'effet se produisit les années suivantes, et se continua même après 1894, lorsque le tarif .Mac Kinley eut été remplacé par le tarif Wilson, qui contenait quelques atténuations de taxation, et après 1897, lorsque le tarif Wilson fit place au tarif Dingley, qui est un tarif Mac- Kinley aggravé.

Voici en effet, pour les sept années qui ont suivi l'exercice fiscal 1890-91, le montant des import, et celui des droits de douane, perçu par le Trésor (en millions de dollars) : Droits Droits

Années Import. peri;us Années Import, perçus

Avec des alternatives qui ont leur explication dans la succession des tarifs, la tendance a été à la dimination de la valeur totale des marchandises importées et du total des droits perçus. Bien que le tarif ait été trois fois remanié depuis 1883, la liste des articles admis en franchise free list ■ esi restée composée à peu près de la même fa- (;on : animaux pour la reproduction, livres anciens pour bibliothèques, anthracite, café, certains produits chimiques ou pharmaceutiques, engrais, soie brute, peaux brutes, tbé, etc.

Les export., pendant la période de 1886-87 à 1897-98 n'ont, au contraire des import., cessé de tendre à une augmentation. Voici les totaux, pour la première période de six années, de 1886-87 à 1891-92 (en millions de dol.) :

Eiport. Réeiport. Export, domestiques — totales

Après 1891-92, le tarif .Mac Kinley eut pour résultat de ralentir le mouvement des export. Celui-ci a repris sous le régime du tarif Wilson et n'a pas été entravé par le tarif Dingley, comme l'indiquent les chiffres pour les six années suivantes :

Eiport. Réeiport. Eiport.

domestiques — totales

Le trait caractéristique du commerce extérieur des États-Unis dans les douze années 1887-1898, et notamment dans les deux dernières de la série, 1896-97 et 1897-98, a été la diminution des import. et l'énorme expansion des export.

Le chiffre d'export de 1896-97 (1.031 millions de dol.) avait été le plus élevé qui eût jamais été atteint. Celui de 1897-98 l'a dépassé de 180 millions de dol., soit 900 millions de fr. Jamais, d'autre part, les import, n'étaient tombées à un niveau aussi bas qu'en 1897-98. En fait, les export, de cette dernière année représentent un total qui est exactement le double de celui des entrées.

Voici quel a été l'excès des export, sur les entrées dans chacune des cinq dernières années (millions de dol.) : 1893-94 237 1896-97 286

La plus grande partie de l'augmentation des export, en

1897-98 a été due à l'accroissement des envois de céréales en Europe. Ce résultat est dti à la médiocrité des récoltes européennes, c'est-à-dire à une circonstance qui ne peut se reproduire qu'accidentellement. 11 est dû aussi, pour une plus modeste part, à une augmentation continue des export, de produits fabriqués.

Voici quelle a été la valeur des quatre principales catégories d'export. (millions de dol.) dans les deux dernières années :

Coton ".

Céréales

Salaisons

Produits industriels

Ensemble

sur un total de 1.032 et 1.210 respectivement. Les États- Unis exportaient déjà en 1870 pour 227 millions de dol. de coton. Le chiffre a fléchi à 202 millions en 1895, s'est relevé à 290 en 1891, pour revenir à 230 en 1898, soit à peu près au total de 1870. l.es quantités exportées ont été bien plus considérables, mais les prix ont fortement baissé. Avant 1898, le pins fort chiffre d'envois de céréales en Europe avait été celui de 299 millions en 1892. La valeur des salaisons exportées a doublé depuis 1870, celle des produits industriels exportés a plus que quadruplé, passant de 68 à 291 millions de dol. (277 en 1896-97, 229 en 1893-96, 184 en 1894-95). On voit par ces derniers chiffres qae le progrès a été surtout sensible dans les quatre dernières années.

Les États-Unis arrivent aujourd'hui sur ce terrain de la production industrielle, non seulement à réserver le marché intérieur, dans une mesure de pins en plus large, à leurs propres produits, mais encore à menacer l'ancien monde d'une concurrence formidable sur les marchés extérieurs dont celui-ci avait jusqu'alors le monopole.

De 1896-97 à 1897-98 les import, ont diminué de 148 millions de dol. La part de l'Europe dans ce chiffre est de 124 millions. Elle n'a vendu aux États-Unis que 308 millions au lieu de 430 en 1896-97. Ont vendu aux États-Unis (millions de dol.) :

France

Italie

Pays-Bas

Au contraire, les États-Unis ont vendu (millions de D.) :

A l'Angleterre 483 541

A l'Allemagne 153 155

A la France 57 96

Aux Pays-Bas 51 64

A la Belgique 33 48

En résumé, les export, des produits de l'industrie ont dépassé pour la première fois les import, de même nature. Les export, de blé, de farine, de maïs ont excédé celles de tontes les années antérieures; il en a été de même pour celles des salaisons et des produits de ferme. Les industries du fer et de l'acier, du cuir, des chaussures et des huiles minérales ont surtout participé à l'accroissement des export, industrielles.

En 1896-97, les ÉUts-Unis ont exporté :

Dollars

An Japon 13.256.000

En Chine 11.924.000

A Hong-Kong 6.060.000

.\nx Indes anglaises 3.845.000

.\ux Indes Orientales hollandaises 2.094.000

A Aden 991.000

En Russie d'Asie 414.000

Aux Indes Orientales françaises 135.000

Dans l'Australie 17.460.000

Aux îles Sandwich 4.690.000

Soit 38.584.000 dol. en Asie et 22.130.000 en Australie et aux îles Sandwich.

Les marchandises suivantes ont alimenté le commerce d'export. vers les pays d'Orient :

ÉTATS-UNIS

ETHERS

Dollars

Cotonnades 9.783.000

Pétrole (huile minérale) 14.425.000

Ouvrages en fer etaeier, voitures et wagons. 6.614.000 Bléet farine G. 221. 000

Total pour quatre articles 37.043.000

Marchandises diverses 23.691 .000

Total général 60.734.000

Des mêmes pays les États-Unis importent, pour douze articles, une valeur de 77 millions de dol., dont, pour trois articles : thé, soies grèges et sucre, 54 millions de dol. Les États-Unis sont donc encore tributaires des pays d'Extrême-Orient. C'est à peine si la valeur de toute leur export, en ces pays (61 millions de dol.) dépasse celle de trois des articles qu'ils leur achètent (thé, sucre et soies grèges) et leurs achats en d'autres articles dépassent encore 30 millions de dol.

Cette situation, toutefois, ne sera pas de longue durée. La part des États-Unis dans le commerce avec la Chine s'accroît depuis deux ou trois années avec rapidité, et leur établissement aux Philippines, avec la splendide position ■de Manille, ne pourra qu'accélérer ce mouvement.

Les États-Unis accablent l'Europe de leurs produits agricoles et de leurs matières prentiières, céréales, pétrole, coton. Ils vendent à cette partie du monde plus du triple de la valeur des achats qu'ils effectuent chez elle. Ils vendent également plus qu'ils n'achètent au Canada et au Mexique. Enfin leurs cotonnades ont trouvé un débouché en Afrique, où ils achètent fort peu.

Dans l'Amérique du Sud, par contre, dans toute l'Asie, comme nous venons de le voir, et dans rOcéanie, ils achètent encore notablement plus qu'ils ne vendent.

Les export, françaises aux État.s-Unis ont décru de 1897 à 1898. Presque toutes nos export, en ce pays sont des produits fabriqués. Dans les 246 millions de fr. de 1897, les tissus de soie figurent pour 56 millions, ceux de laine pour 23 millions; la ganterie, fabriquée surtout dans l'Isère, pour 10 millions. Nous avons vendu aux Américains des vins fins pour 11 millions. Quant à nos import, des États- Unis, elles tendent plutôt à augmenter: 437 millions de fr. en 1897 contre 283 en 1895. Nous importons surtout des matières brutes : blé, coton, pétroles, huiles, graisses, cuivre. En 1897, nos achats de blé ont atteint 67 millions. Nous pourrions tirer difHcilement d'ailleurs, même de Russie, une aussi forte quantité de froment.

Au point de vue de la navigation, la France n'occupe que le troisième rang dans le mouvement des ports des États-Unis.

Si l'on considère le nombre des navires entrés dans les ports de l'Union, venant de France, dans l'année 1895-96, on trouve 105 voiliers et 130 vapeurs, ensemble 235 bâtiments, dont 123 sur lest et 112 chargés d'environ 300 T.

Le pavillon français ligure dans ces deux chiffres pour 15 navires sur lest et 86 chargés, ces derniers portant une «harge de 258.000 T. Le fret n'abonde pas dans nos ports pour les États-Unis, auxquels nous ne vendons guère que des marchandises peu encombrantes. C'est sur nos navires cependant, on le voit, que sont emportées en grande partie ces marchandises.

D'autre part, le nombre des bâtiments sortis des ports américains à destination de la France est de 420, tous ehargés, et portant 749.000 T. de marchandises; le pavillon français figure dans ces totaux pour 228 bâtiments et 315.000 T. Il y a aussi un mouvement maritime entre nos colonies, principalement celles d'Afrique, et les Etats-Unis. Il se chiffre par une navigation de 75.000 T. dans un sens et autant dans l'autre (chiffres approximatifs). Pas un seul navire français n'est chargé dans nos possessions d'Afrique

à destination des Etats-Unis. Nos marchandises de cette provenance et pour celte direction ont été enlevées en 1895-96 par 27 navires anglais, 9 italiens, 2 allemands, 2 autrichiens, 1 hollandais, 1 norvégien, 1 suédois et 3 américains.

Un traité de réciprocité a été conclu en mai 1898 entre la France et les États-Unis, conformément aux termes de la section III de la loi de 1897, qui autorisait le président à accorder par décret des réductions de tarif pour un certain nombre de marchandises dénommées en échange de concessions équivalentes. Cet arrangement entra en vigueur le 1" juin 1898. Il contenait des réductions notables de droits sur quelques-uns de nos principaux articles d'exportation aux États-Unis. Mais il n'était qu'un premier pas vers une entente commerciale plus complète. De nouvelles négociations s'engagèrent, sur la base de l'autorisation donnée au président des États-Unis, par la section IV du tarif Dingley, de passer avec les puissances étrangères des traités de commerce dans les deux années suivant la promulgation du tarif.

Les négociations aboutirent à la signature, le 25 juillet 1899, d'une convention commerciale accordant notre tarif minimum aux produits américains qui n'en jouissaient pas encore, exception faite pour quelques produits agricoles, tels que chevaux, fromage et beurre, et faisant bénéficier de réductions de tarif, à l'entrée aux États-Unis, un assez grand nombre de marchandises françaises dont la liste est annexée à la convention. A. Moireau.

ÉTAU. L'étauest un outil d'origine fort ancienne, car dès que l'homme commença à travailler le bois, puis les métaux à froid, il lui fallut maintenir en place la pièce qu'il mettait en œuvre. Il est indispensable dans certaines industries ; chaque serrurier, chaque ajusteur a son étau. Nous n'avons pas besoin de définir l'étau ordinaire, qui est connu de tous. La plupart, la très grande majorité, sont des étaux dits à froid. Il y a aussi des étaux à chaud pour le travail de certaines pièces de fer ou d'acier chaud. Ces derniers ont des dimensions toujours plus considérables que ceux à froid, parce qu'ils ne doivent pas trop s'échauffer afin de rester maniables, et parce que, le travail à chaud étant plus brutal qu'à froid, l'outil doit offrir une plus grande surface de refroidissement et une plus grande résistance. Les formes des étaux diffèrent naturellement suivant le travail à exécuter.

Quand il est essentiel que le serrage de la pièce à travailler soit uniforme et que cette pièce se présente bien droit, il faut employer l'étau parallèle, dont la branche mobile se déplace parallèlement à elle-même sous l'action de la vis, au lieu de décrire un arc autour d'une articulation. Les mâchoires, ou mors, tiennent ainsi mieux la pièce sous l'action du marteau et du burin, ou de la lime. Sauf les étaux de menuiserie, qui sont en bois, tous sont en fer, en acier ou en cuivre. A. Rubin,

Ingénieur dos Arts et Manufactures.

ÉTHEUS. (Syn. : Ail. : Œther. — Angl. : Ether. — Esp. : Eter. — Ital. : Etere. — Russe : Œphir.)

Les chimistes désignent sous le nom d'éthers toute une série de produits présentant les propriétés les plus diverses, gazeux, liquides ou solides, solubles ou insolubles, dont le seul point commun est d'être constitués par la combinaison d'un acide avec un radical alcoolique (éthers ooinposés) ou par deux

ÉTHERS

ETHERS

radicaux aleooliqnes unis à l'aide d'un atome d'ox y- ;gène {éthers luixtest: tous les composés de cette «érie présentent également comme propriété commune d'être décomposés par les alcalis avec reconslitution des deux composants.

Dans le commerce, on réserve généralement la dénomination d'éthers à des liquides fluides et volatils, facilement inflammables, et dont le type est réther sulfurique. Outre les éthers bromhydrique, ■chlorhydrique et iodhydrique, qui sont plus généralement désignés sous les noms de bromure,

lorure et iodiire d'éthyle (voy. ces mots), il en -t trois seulement qui présentent quelque imporiance commerciale : ce sont les éthers acétique, azoteux et sulfurique. Les éthers, étant très volatils, doivent toujours être conservés en flacons bien bouchés.

Éther acétiquk, Acétate d'éthyle iC'H'O-, C*H'). Densité à 15» = 0,915. Point d'ébullition +72"8.

Liquide incolore, très volatil, à odenr aromatique spéciale très agréable, soluble dans 12 parties d'eau et en toutes proportions dans l'alcool et l'étheror- •dinaire. Quand il est pur et fraîchement préparé, il est complètement neutre au tournesol; mais au bout de peu de temps, surtout s'il renferme un peu d'eau •et d'alcool, il se décompose partiellement avec formation d'une quantité variable d'acide acétique, qui lui communique une réaction acide d'autant plus prononcée que la décomposition est plus avancée.

L'éther acétique s'obtient en distillant un mélange d'acétate de sonde, acide sulfurique et alcool à 90*, ■en desséchant le produit de la distillation sur du carbonate de potasse et rectifiant par une nouvelle distillation.

Les usages de ce produit, d'ailleurs très restreint, sont exclusivement médicinaux: on l'emploie quelquefois en frictions comme excitant et léger rubéfiant.

L'éther acétique pur, le seul qui doive être employé en pharmacie, doit répondre aux caractères indiqués ci-dessus : une feuille de papier de tournesol bleu plongée dans ce liquide ne doit pas virer au rouge, car ce serait l'indice certain d'une altération ou d'une addition frauduleuse d'acide acétique.

Éther xitreux, Ether nitrique, Nitrite d'éthyle {AzO'C-H'i. Densité à 15° = 0,947. Point d'ébullition -I- 18».

Liquide jaunâtre, très fluide et très volatil, à odeur de pomme reinette, obtenu en distillant un mélange d'acide azotique et d'alcool à parties égales et en rectiOant le produit de la distillation, après l'avoir desséché sur du carbonate de potasse. Le produit ainsi obtenu est très instable et se décompose facilement, surtout quand il n'est pas parfaitement desséché, avec formation d'acide nitrique et de bioxyde d'azote, .\ussi, étant données cette facilité d'altération et son extrême volatilité, il est très difcile à conserver pur; on le trouve généralement dans le commerce mélangé avec son poids d'alcool à 90*, sous le nom d'esprit d'éther nitrique ou éther nitreux alcoolisé. Assez employé par les Anglais en pharmacie comme diurétique, il est à peu près inusité chez nous; son importance commerciale est très restreinte.

Éther sulfurique, Oxyde d'éthyle (C'H^i'O. Densité à IS* = 0,720. Point d'ébnllition -|- 34» 5.

Liquide incolore, très mobile et très volatil, à odeur suave et pénétrante, soluble dans 9 parties

d'eau et en toutes proportions dans l'alcool, les huiles fixes et volatiles; il dissout lui-même un trentesixième de son poids d'eau. Ses vapeurs sont très inflammables et forment avec l'air un mélange détonant pouvant déterminer des accidents terribles, si on ne s'entoure pas de précautions suffisantes dans la manipulation de ce produit. Ces vapeurs, étant très lourdes, ne se mélangent pas immédiatement à l'air environnant, mais gagnent rapidement les parties basses de la pièce et forment une traînée ininterrompue qui s'enflamme instantanément an contact d'une flamme quelconque, en communiquant le feu au récipient : d'où une violente explosion, avec projections en tous sens de liquide enflammé.

On trouve dans le commerce quatre sortes principales d'éther :

!• Éther officinal on Éther à 66* : c'est l'éther chimiquement pur, ordinairement réservé pour l'anesthésie; le seul, dans tous les cas, qu'on doive employer à cet usage.

2" Éther rectifié ordinaire ou Éther à 65*, pesant 0,724 à 15" ; moins bien rectifié que le précédent, il contient encore des traces d'eau et environ 3 ■", d'alcool; on l'emploie en pharmacie comme antispasmodique pour l'usage interne, mais il ne doit jamais être administré pour l'anesthésie.

3» Éther à Si', pesant 0,735 à 15° : il renferme une petite proportion d'eau, environ 8 • , d'alcool et souvent des matières étrangères provenant d'une rectification insuffisante; il doit être réservé aux usages industriels, et ne doit être délivré en pharmacie que pour l'usage externe.

4* Éther à 56', obtenu par nn mélange de 700 parties d'éther à fô- et 300 parties d'alcool à 90» : cette sorte est utilisée en pharmacie pour la préparation du coUodion et des teintures éthérées : mais son emploi le plus important est la dissolution du fulmi-coton dans la préparation des poudres sans fumée. Cette industrie toute nouvelle consomme actuellement des quantités considérables d'éther : elle a contribué à augmenter dans des proportions énormes la consommation de ce produit, autrefois relativement restreinte quand elle était presque uniquement limitée aux besoins de la pharmacie.

L'éther sulfurique se prépare dans l'industrie, comme dans les laboratoires, par l'action de l'acide sulfurique sur l'alcool ; cette préparation s'effectne dans des usines spécialement aménagées à cet effet, où toutes les précautions sont prises pour éviter les accidents : les foyers de chauffe sont installés dans un bâtiment séparé; les appareils d'éthérification et de rectification sont uniquement chauffés à la vapeur, et tous les bâtiments éclairés, autant que possible, à l'électricité, pour éviter tout contact des vapeurs d'éther avec une flamme quelconque. — L'alcool entrant dans la préparation de l'éther n'est soumis qu'aux droits de dénatnration, soit actuellement à raison de 3 fr. l'hectol. d'alcool pur: la dénaturation doit être opérée en présence des employés de la régie, par addition de 10 * , de résidus d'éther provenant d'une opération antérieure, et 10 V, d'acide sulfurique à 66". L'addition d'acide sulfurique est très dangereuse, à cause de réchauffement de la masse et des explosions qui pourraient en résulter, quand on agit sur de grandes quantités. Aussi l'administration consent -elle à quelques modifications dans la formule de la dénaturation sous certaines conditions. Voici notamment

ETHERS

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