MEROE
PROVISIONS DE BORD V. Douanes.
rRUD'll03lMES (Conseils de). Les conseils de
PRUD'HOMMES
PRUD'HOMMES
prud'hommes sont des juridictions composées de patrons et d'ouvriers d'une industrie déterminée et chargées de statuer sur les petits différends qui s'élèvent entre les patrons et les ouvriers de cette industrie, à raison de leurs rapports journaliers. Sans remonter aux institutions analogues du moyen âge, les orijrines modernes des conseils de prud'hommes se trouvent dans la loi du 18 mars 1808, qui établit on conseil de prud'hommes à Lyon. Cette loi était spéciale à la ville de Lyon: mais sou art. 34 prévoyait qu'il pourrait être établi par règlement d'administration publique, délibéré en Conseil d'État, un conseil de prud'hommes dans les villes de fabriques où le Gouvernement le jugerait convenable. En outre de la loi du 18 mars 1806, un certain nombre de dispositions législatives postérieures encore en vigueur, au moins partiellement, sont venues organiser la juridiction des conseils de prud'hommes; ce sont : le décret fondamental du 11 juin 1809, le décret du 3 août 1810 sur leurs attributions en matière de police, le décret du 27 mai 1848, en majeure partie abrogé aujourd'hui, l'importante loi organique du 1" juin 1853, la loi du 4 juin 1864 sur le régime disciplinaire des conseils de prud'hommes, les lois dn 7 février 1880 et du 11 décembre 1884. Nous allons tâcher de mettre en lumière les principales règles contenues dans cet ensemble législatif un peu incohérent ^
En tant que juridiction civile, les conseils de prud'hommes sont chargés de juger les petits différends qui s'élèvent journellement, soitentre les fabricants et les ouvriers, soit entre des chefs d'ateliers et des compagnons ou apprentis; leurs jugements sont définitifs et sans appel, lorsque le chiffre de la demande n'excède pas 200 fr. en capital (loi de 1833, art. 13) ; au-dessus de 200 fr., les jugements sont susceptibles d'appel devant le tribunal de commerce. De plus, les conseils de prud'hommes sont des organes de conciliation, en ce qu'ils doivent d'abord tenter de concilier les différends qui leur sont soumis. De là, la division du conseil de prud'hommes en deux bureaux : le bureau de conciliation, c-ncaposé d'un conseiller ouvrier et d'un conseiller patron, qui tient une audience de conciliation au moins par semaine, et le bureau général ou de jugement, qui se réunit an moins deux fois par mois pour juger les contestations qui n'ont pas pu être terminées par la voie de la conciliation.
Les con.seils de prud'hommes sont institués par décrets rendus dans la forme des règlements d'administration publique, après avis des chambres de commerce ou des chambres consultatives des arts et manufactures. Le décret d'institution détermine : le nombre des membres dn conseil, qui est de six au moins, non compris le président et le vice-président, la circonscription du conseil, les genres d'industries qui y doivent être représentées, le tribunal de commerce chargé de connaître des appels portés sur les décisions du conseil. Les conseillers prud'hommes .sont élus : !• par les patrons âgés de 25 ans accomplis, patentés depuis 5 ans au moins et domiciliés depuis trois ans dans la circonscription dn conseil ; 2" par les chefs d'ateliers, contremaîtres et ouvriers, âgés de 25 ans accomplis, exerçant leur industrie depuis 3 ans an moins et domiciliés depuis
1. La Chambre des députés disente actaellemont (12 février 1901) nn projet de loi qui a pour but de refondre, modifier, élargir les «lisposivioDS antérieures.
3 ans dansla circonscription du conseil (loi de 1853) ; une loi dn 24 novembre 1883 a fait rentrer en outre dans la catégorie des électeurs patrons les associés en nom collectif patentés ou non, âgés de 25 ans accomplis, exerçant depuis 5 ans une profession assujettie à la contribution des patentes et domiciliés depuis 3 ans dans la circonscription du conseil.
Sont éligibles les électeurs âgés de 30 ans accomplis et sachant lire et écrire. Les étrangers ne peuvent être ni électeurs, ni éligibles. Une fois la liste électorale arrêtée par le préfet, les patrons, réunis en assemblées particulières, nomment directement les patrons prud'hommes; les contremaîtres, chefs d'ateliers et ouvriers, également réunis en assemblées particulières, nomment de même les prud'hommes ouvriers, en nombre égal à celui des patrons. Les conseils de prud'hommes sont renouvelés par moitié tous les trois ans; mais les membres sortants sont rééligibles (loi de 1853).
Le président et le vice-président dn conseil des prud'hommes sont élus par les membres du conseil parmi eux-mêmes; lorsque le président est choisi par les prud'hommes patrons, le vice-président ne peut êtrechoisi que parmi les prud'hommes ouvriers, et réciproquement (loi du 7 février 1880) ; la durée de leurs fonctions est d'une année, mais ils sont rééligibles.
En vertu dn décret du 3 août 1810 (art. 4), les conseils de prud'hommes ont également des attributions de police : ils peuvent prononcer l'emprisonnement, jusqu'à trois jours au plus, ponr tout délit tendant à troubler l'ordre et la discipline de l'atelier, ou pour tout manquement grave des apprentis envers leurs maîtres. De même, les conseils de prud'hommes ont le droit de constater, d'après les plaintes qui leur sont adressées, les contraventions aux lois et règlements, et d'en dresser des procès-verbaux qui sont transmis aux tribunaux compétents (loi de 1806).
Enfin la loi du 18 mars 1806 a chargé les conseils de prud'hommes de mesures conservatrices de la propriété des dessins et modèles de fabrique ( voy. ce mot).
Bibliographie. — Xoavion-Jacqaet, Résumé de jurisprudence à l'usage des Conseillers-Prud'hommes, 1 vol., J«)7.— Sarrazin, Code pratique des Prud'hommes (9* édition), 1 vol., 1898.
Droit fiscal. — I. Ljtiges. Co-titestatians inférieures à iô fr. — Timbre et enregistrement gratis. — Les citations, procès-verbaux de conciliation, jugements et actes devant les conseils de prud'hommes sont visés pour timbre et enregistrés gratis, toutes les fois qu'ils constatent que l'objet de la contestation ne dépasse pas 2;i francs, tant en principal qu'en accessoires. Cette gratuité résulte d'une décision de faveur rendue par le .Mini.stre des finances le 20 juin
Contestations supérieures à iô fr. ou dont l'importance est indéterminée. — Timbre et enregistrement en débet. — lorsque l'objet de la contestation est indéterminé ou que son importance est supérieure à 25 fr., les actes de procédure, les jugements et les actes d'exécution de ces jugements sont visés pour timbre et enregistrés en débet, c'està-dire à charge de recouvrement ultérieur sur la partie condamnée.
Ces actes supportent le timbre de dimension, à l'exception des expéditions délivrées par les secrétaires d«s conseils, qui sont exemptes de cet impôt.
PRUSSE
PRUSSE
Les assignations et autres exploits sont assujettis au droit fixe d'enregistrement de 62 cent. i/2. Les jugements supportent, au minimum de 1 fr. 25, les droits de coudamnation de 1 fr. 25 Vo et de dommages-intérêts de 2 fr.oOVo. Les procès-verbaux de conciliatiou ou de non-conciliation subissent le droit fixe de 1 fr. 25.
IL Contraventions. — Procès-verbaux. — Timbre et enregistrement. — Les procès-verbaux dressés par les conseils de prud'bommes pour constater soit les contraventions aux lois et règlements, soit les soustractions de matières ou les infidélités au préjudice des commerçants, sont assujettis au timbre eu débet. Ces procès-verbaux doivent être enregistrés gratis dans les vingt jours de leur date.
IIL Obligations des secrétaires des conseils. — Les secrétaires des conseils sont tenus de rédiger, sur une feuille ou sur un registre d'audience sur papier timbré, tous les jugements rendus par les conseils et de porter, jour par jour, sur un répertoire également timbré, tous les actes dont l'enregistrement sur la minute est prévu par la loi fiscale.
PRUXEAUX, Prunes sèches. V. Conserves alimentaires, Fruits secs.
PUUSSli; (Royaume de). L'État le plus considérable de l'Allemagne (64 % du territoire, 60 Vo de la population), s'étend de 5" 50' à 22° 25' long. E., de 47° 6' à 55° 53' lat. N. ; le territoire a une superficie de 348.607 kil. carrés, avec une population de 31.855.123 hab., répartis en 6.815.946 ménages, 205.818 étrangers; en 1885, 28.318.000 hab.; en 1871,24.691.000'.
La Prusse a pour limites : au N., la mer du Nord, le duché d'Oldenbourg, le Danemark, le Mecklembourg-Schwerin et Strelitz, la mer Baltique; à l'E., la Russie (Pologne) et la Galicie autrichienne; au S., l'Autriche (Silésie, Moravie, Bohême), la Saxe, les États de Thuringe, la Bavière, la Hesse; à l'O., l'Alsace-Lorraine, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas. Ce territoire embrasse la partie principale du Royaume; il entoure comme enclaves six États plus petits (Brunswick, Anhalt, Waldeck, Lippe, Schaumbourg-Lippe, Hambourg), et des portions d'autres États. En outre, la Prusse possède des districts enclavés par d'autres États, ce qu'on appelle des exclaves, notamment le port de Wilhemshaven. Frédéric II (1740-86) a annexé la Silésie, la Pologne prussienne, la Frise, 77.620 kil. carrés; sous Frédéric-Guillaume II, à la suite de diverses acquisitions, la Prusse atteignit 312.000 kil. carrés. Réduite après les guerres malheureuses du commencement du siècle, elle était de 284.737 kil. carrés enl815. Les guerres contrele Danemark (1864), contre l'Autriche (1866), furent suivies de l'annexion du Schleswig-Holstein, du Hanovre, de la Hesse électorale, de Nassau, de Francfort-sur-Mein (72.213 kil. carrés),
1. Le recensement de 1900 a donné pour Berlin, la capitale, le chiffre de 1.884.345 iiab., en augmentation de 207.041 sur le chiffre du recensement de 1895.
Berlin possède déjà (1900) : un chemin de fer métropolitain sure levé qui dessert les principaux quartiers de la ville et raccorde entre elles les principales gares ; des tramways électriques à la surface et des lignes d'omnibus automobiles ; on projette d'établir un réseau souterrain à traction électrique. Ce nouveau réseau, indépendant des lignes existantes, comprendrait, comme le métropolitain de Paris, une ceinture intérieure, deux lignes nord-sud se réunissant à une troisième prolongée vers la banlieue au sud de la ville, et deux lignes est-ouest. La ligne circulaire réunirait les gares de Potsdam, Anhalt, Lehrt, Stettin et GorJitz.
Sauf dans le S. et dans la région rhéno-westphalienne, la Prusse constitue une vaste plaine, avecuo climat plutôt rude, des changements brusques de température. En 1899, il a été cultivé : en seigle, 4.465.258 hect. (production 6.450.000 T.), en froment 1.172.960 hect. (2.329.000 T.), en orge, 868.000 hect. (1.616.444 hectol.), en pommes de terre, 2.135.267 hect. (25.934.000 T.), en avoine, 2.607.647 hect. (4.495.000 T.), en prés, 3.231.000 hect. (11.302.000 T. de foin) ; 17.932 hecl. (dont 15.247 dans les provinces du Rhin et de Nassau) sont occupés par des vignes; la production en vin a été de 153.695 hectol. en 1899. La richesse en bétail, d'après le recensement de 1897, est de 2.808.400 ch«vaux, 10.552.700 têtes de gros bétail, 7.859.000 moutons, 9.390.000 porcs.
La Prusse est donc un pays où l'agriculture joue un rôle très considérable; la grande propriété foncière, qui se trouve surtout dans les provinces à l'est de l'Elbe, est un important facteur dans la politiquelntérieure, notamment en ce qui concerne la politique économique, fiscale et douanière. D'autre part, l'industrie s'y est développée avec intensité. Les recensements professionnels indiquent la répartition suivante de la population :
Agriculture 11.375.096 11.904.407
[ndnstrie 12.196.352 9.393.750
Commerce et transports. 3.585.430 2.725.344 Services de l'État (professions libérales) 1.671.827 1.305.657
Il y aune diminution sensible dans l'agriculture, une augmentation très considérable dans l'industrie et le commerce. On comptait, en 1895, 3.272.781 chefs d'industrie, 8.601.663 ouvriers et employés, 981.311 domestiques, soit 12.835.755 personnes, on 40 % de la population.
En 1899, 311 fabriques de sucre ont travaillé 9 millions 692.529 T. de betteraves (récoltées sur 338.592 hect.), produit pour 1.295.884 M. de sucre et 239.303 de mélasse.
L'industrie minière et métallurgique est très développée en Prusse; l'abondance du combustible fait sa force. Les bassins de la Prusse, dont les principaux sont ceux de Westphalie, de la Silésie, de la Sarre, ont produit, en 1896, 78.987.000 T. pour 531.128.000 M., en 1898, 89.571.000 T. pour 642.193.000 M. Le bassin de la Ruhr, autour de Dortmund, Essen, Bochum, Hagen, est le plus riche du continent; il a une aire de 880 kil. carrés, exploitée depuis 1740. C'est dans ce bassin que se sont développés les grands centres métallurgiques ; il fournit aujourd'hui plus de 50 millions de T. L'industrie de la houille a été puissamment organisée en Westphalie : la première tentative d'entente remonte à 1879; depuis 1892 fonctionne le syndicat, qui a produit, en 1898, 45 millions de T., sur les 96 millions extraits dans toute l'Allemagne (voy. la Crise du charbon en Allemagne, par Perquel, 1900). La richesse en minerais de fer est considérable, de même en zinc, plomb, enivre (Mansfeld). Il nous paraît inutile d'énumérer les branches d'industrie que l'on trouve en Prusse : verre, porcelaine, ouvrages en terre, ouvrages eu fer, industrie électrotechnique, construction de machines, pianos, horlogerie, produits chimiques, matières colorantes, industries textiles, cuir, caoutchouc, papier, vêtements et confection, imprimerie et lithographie. Elles sont toutes en plein essor: les dernières années du XIX' siècle ont vu un progrès considérable. La Prusse est abondamment pourvue de voies de
PRUSSE
PSATHI
navigation intérieure : 56 fleures et rivières avec 7.000 kil.. 126 canaux avec 3.(fâ6 kil. De grands travaux sont projetés pour upir l'est et l'ouest de la monarchie (voy. Rhin a l'Elbe (canal dei. Le réseau des cliemins de fer comprenait, en 1898, 28.968kil., dont 17.687 en lignes principales et 9.038 en lignes secondaires appartenant à l'État, 642 en lignes principales et 1.601 en lignes secondaires appartenant aux Compagnies.
La marine marchande de Prusse, en 1899, comptait 1.544 voiliers de 91.789 t., lii remorqueurs de 2.186 t., 494 vapeurs de 299.717 t.
La Prusse exporte deux fois autant de produits manufacturés qu'elle en importe; elle importe par contre une beaucoup plus forte quantité de matières premières qu'elle n'en exporte.
Le FinanzChronik publie ces chiffres, qu'il dit déûnitifs, de l'export. allemande dans les huit dernières années, depuis la politique commerciale inaugurée par le chancelier de Caprivi :
Millions de Jrancs 3.753 3.786 4.010 4.207
L'organisation du crédit est très développée en Prusse. Voy. les art. B.\nques : Banques étrangères, Berlin.
Le tableau suivant indique l'ensemble des résultats donnés par les banques berlinoises en 1899 (en millions de marksl :
Millions
Millions
Millions
d<! tonnes
de francs
de tonnes
Bani^les
Capital rétribué
Réserres
Bénéiice net
tiiideide
Deutsche B
20,32 17, (fâ 14.92 8,32 10,07 6,91 9,99 3,63 5.20 06,41
8 lj2
Disc. Gesell
National B
Schaaff. B
Berliner B
Si-S.D
Mot. 9.01
La statistique officielle des caisses d'épargne prussiennes, pour l'année 1897 comparée à 1896, accuse une augmentation de 27 caisses d'épargne sur un chiffre total de 1.540 et de 96 succursales sur un total de 4.191. Voici la situation d'ensemble des diverses catégories de caisses :
Dépôts
(lilliOBS it I.)
Livrets 4.256.276
Caisses d'épargne Nombre
Urbaines 642
Régionales 187
lyarrondissem.fl de cantons 385 Prorinciales et professionnelles 6 421.877 lfô,9
Syndicales et privées 320 805.701 615,8
Le montant des dépôts est en augmentatien constante ; le voici de 1883 à 1897 (en millions de marks) :
ISœ... 2.263,2 1890... 3.281,6 1895...
Monarchie constitutionnelle, la Prusse est pourvue de deux Chambres : la Chambre des Députés, nommée aa second degré d'après un système électoral reposant sur la quotité des impôts payés par les électeurs, qui sont répartis en trois classes; la Chambre des Seigneurs, comprenant des membres héréditaires, des membres à vie, dont un certain nombre
nommés par le Roi sur la présentation des corporations. L'administration est exercée par 10 Ministères. LesQuances de la Prusse, comme celles de tout État particulier dans une Confédération, sont dans un rapport spécial avec les Onances de l'autorité centrale (Empire), à laquelle il a été lait abandon de certaines branches de revenus (impôts indirects sur le sucre, l'alcool, le timbre, les postes et télégraphes, part dans les bénéfices de la Banque de l'Empire), à charge de restituer une partie des recettes ; d'autre part, les États particuliers doivent nne contribntion fixe. La Prusse a :
(Millions de marks)
Reçn de l'Empire. 252 264 285 290 313
Payé à l'Empire.. 244 256 278 298 320
Le budget prussien comprend en recettes les produits des domaines, des impôts directs et indirects, de la loterie, de l'exploitation des chemins de 1er, la part dans les impôts d'Empire avec des dépenses correspondantes. Le total, en 1900, a été pour le budget de 2.476 millions, dont 1.363 incombent au .Ministère des travaux publics (Chemins de fer). Le produit des chemins de fer de l'État a été de 54S millions, en 1900, contre 265 en 1897.
Les impôts directs ont fait l'objet d'une réforme profonde exécutée par M. E. de Miquel. Il a fait abandonner aux communes l'impôt foncier, l'impôt sur la propriété bâtie, les patentes du commerce, et il a modifié, au profit de l'État, l'impôt sur le revenu, avec déclaration obligatoire au-dessus de 3.000 M. de revenu, en y ajoutant l'impôt complémentaire sur le capital. Les centimes additionnels locaux n'ont pas disparu d'ailleurs, et le contribuable prussien paye 10 à 12 v. de son revenu annuel à l'État et aux communes en impôts directs.
En 1899, 3.094.428 contribuables ont payé 159,5 millions de M. à l'État sur le revenu. La source du revenu se décompose ainsi : fortune mobilière 1.080 millions, fortune immobilière 867, commerce, industrie et mines 1.304, professions diverses 892. On a estimé que les 64,28 • ', de la population ont moins de 900 M. de revenu, 27,42 V. de 900 à 3.000, 2,61 "A de 3.000 à 6.000, 0,69 de 6.000 à 9.500, 0,57 de 9.500 à 30.000, 0,12 de 30.000 à 100.000, 0,02 de plus de 100.000 M. Ajoutons que le fisc conteste l'exactitude, dans une proportion de 25 à 30 V», des déclarations faites par les contribuables.
La dette publique de la Prusse est de 6.592 millions de .M., exigeant 230 millions pour les intérêts, 40 pour l'amortissement. A. R.\ff.\lovich.
l'SAMMITE ou Grès holiller. V. Grès.
PSATHI. Port de l'ile .Argentière ou Kimolos (île de la mer Egée), dans les Cyclades, au S.-O. de l'archipel et au X. de Milos. Chaque année, une petite flottille de voiliers, servant de magasins-dépôts, vient dans les eaux de Kimolos pour la pèche des éponges; ils sont accompagnés de barques montées par une dizaine d'hommes, avec un appareil de scaphandriers. On pratique aussi la pêche des éponges an moyen de chaluts dans les grandes profondeurs, et par harpons et plongeurs le long des côtes.
Les pêcheurs d'épongés (de 200 à 300, suivant les années) viennent des îles turques des environs de Rhodes. Les éponges sont simplement lavées et débarrassées de la terre et du sable, puis séchées aa soleil; elles ne sont blanchies qu'au lieu d'exportation. (Voy. Éponges.)
Le mouvement de la navigation de Psatbi a été
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en 1899 de 35 vapeurs et de 360 voiliers, jaugeant «nsemble 36.500 1., dont 53 vapeurs grecs, 1 turc «t 1 italien; les voiliers sont presque tous grecs.
l»UAXf (Bois). V. Bois EXOTIQUES.
PUBLICITÉ. La publicité devient de plus en plus nne des conditions essentielles du progrès industriel et du développement des affaires. Tout perfectionôement, toute création de l'industrie ou de l'art, 4oute combinaison intelligente et nouvelle de l'esprit commercial demeureraient perdus, ignorés, sans «Bfet, si la publicité n'intervenait pour les porter à la connaissance des personnes que ce perfectionneaaent, cette création, cette combinaison peuvent intéresser. Il ne faut pas, d'ailleurs, demander à la pu- Sblicité plus qu'elle ne peut donner, c'est-à-dire une ■simple indication d'origine, de nature ou de prix, ^indépendante de toute garantie quant à la valeur Téelle, à l'utilité, aux promesses faites. Pins on va, iplus le public, à qui l'annonce, l'alRche, les prospectus et la réclame s'adressent, devient sceptique à l'égard de ces promesses, et plus les industriels «t commerçants qui veulent appeler son attention se persuadent de l'inutilité des« boniments » exagérés on fallacieux.
Les progrès de la publicité ont été prodigieux depuis un demi-siècle et dans un rapport étroit avec le développement de l'instruction publique. Elle ne «consistait guère autrefois que dans les cris de la rue. Avant l'affichage, l'enseigne constituait la seule publicité murale; il n'y avait que quarante afficheurs à Paris à la veille de la Révolution. Vers 1660, Théophraste Renaudot avait institué à Paris son Bureau d'adresses, la première idée du Bottin actuel; et Montaigne nous apprend dans ses Essais ^ue son père «avait désiré qu'il y eût es villes certain lieu désigné, auquel ceux qui auraient besoin de quelque chose se pussent rendre et faire enreffistrer leur affaire à un officier établi pour cet effet : ■comme, «je cherche à vendre des perles», «je •cherche des perles à vendre»; tel veut compagnie pour aller à Paris; tel s'euquiert d'un serviteur de telle qualité; tel d'un maître; tel demande un ouvrier; qui ceci, qui cela, chacun selon ses besoins». On estime qu'en 1900, pour la France seulement, la publicité représente un chiffre d'affaires annuel 4e plus de 100 millions; il est permis d'évaluer au double et au triple le chiffre correspondant pour l'Angleterre et surtout les États-Unis.
On peut ramener à quatre les principaux modes de publicité : l'affiche, le prospectus, la brochure et le catalogue, les journaux et revues: article, réclame, annonce, encartage; à deux, les principaux modes de distribution des prospectus, brochures et catalogues : distribution sur la voie publique, distribution à domicile sons bandes ou enveloppes.
Les agences spéciales ont un personnel de distributeurs sur la voie publique; elles demandent, en général, de 1 à 3 fr. Iq mille de prospectus. Il en est beaucoup gaspillé : on peut direqu'il va plus d'exemplaires dans les bouches d'égouts et les ruisseaux, qu'il en est semé sur les trottoirs ou jeté au vent, deux ou trois fois plus qu'il n'en est réellement remis aux passants, car il n'y a pas possibilité de contrôle efficace. Les annonces accompagnant les « feuilletons populaires », distribuées gratuitement, de temps à autre, par les journaux qui font ce qu'on appelle un « lancement », jouissent, à cet égard, d'un traitement privilégié; mais ceci rentre dans la publicité des journaux et revues.
La distribution à domicile se faitde deux manières : par la poste ou par l'intermédiaire des agences. Dans les deux cas, il faut au préalable choisir, réunir, confectionner les adresses, puis mettre les prospectus sous bandes ou sous enveloppes. Une maison de commerce qui ne vise que sa clientèle fait d'ordinaire ce travail elle-même ; quand elle veut atteindre d'antres catégories de clients éventuels et que le nombre des prospectus à distribuer est considérable, elle recourt à des agences dont ce genre de travaux est la spécialité. Ces agences possèdent des catalogues où sont classées les différentes professions, soit pour Paris, soit pour la province, avec quantités d'adresses pour chacune. Le Bottin est, en pareil cas, d'un grand secours.
Le prix de la confection des adresses sur les bandes ou les enveloppes se compose: du travail d'écriture avec usage des listes, 2 fr. 50 à 4fr. le mille; du prix des bandes, depuis Ofr. 75 le mille, ou des enveloppes depuis 2 fr. ; de la mise sous bandes depuis 1 fr. 50 le mille, ou sous enveloppes depuis 2 fr., quand le prospectus est livré tout plié, autrement on doit ajouter 0 fr. 60 par mille et par pli.
La distribution à domicile par la poste (voy. Poste pour le tarif d'affranchissement) offre plus de garantie que celle des agences, mais elle devient très coûteuse quand il s'agit d'un nombre considérable d'exemplaires. Aussi s'adresse-t-on presque toujours, dans ce cas, aux agences, qui se chargent de ce service au prix de 25 fr. le mille, au lieu de 50 fr. qu'exigerait la poste. De toute façon, le prospectus ordinaire distribué à domicile n'attire guère l'attention du destinataire.
La brochure et le catalogue y réussissent mieux, surtout s'ils sont illustrés, comme le plus souvent aujourd'hui, et si, comme les catalogues des grandes librairies, des grands magasins, des grands entrepreneurs, ils constituent de véritables albums, quelquefois d'un caractère artistique réel. C'est évidemment là un des meilleurs modes de publicité, du moins pour les grandes entreprises. Il revient assez
On trouvera aux mots Affichage, Affiches tous cher, mais il rapporte en proportion.
les renseignements désirables sur ce mode de publicité.
Le prospectus se prête à une diffusion très étendue. Le prix varie suivant le nombre des pages, le format, la qualité du papier, le chiffre du tirage, en Jïoir ou en couleurs; par exemple, un prospectusd'une page, du format in-16, coûte, en moyenne, 5 fr. pour «n tirage de 10.000 exemplaires au minimum, de 2 pages 8fr,, de 4 pages 12 fr.; de format in-8, 8, 12 et 10 fr., respectivement; de format in-4», 12, 18 et 27; il ne s'agit ici que de papier ordinaire et tirage en noir.
On donne les chiffres suivants comme base d'évaluation pour le prix d'une brochure ou d'un catalogu ordinaire avec tirage minimum de 10.000 exea plaires, suivant les formats les plus usités
In-16 In-8- rn-4«
8 pages Fr. 150 190 3351
Ib - » 2iO 300