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ÉTOILE POL.\IRE (L'). Diamant célèbre. V. Diamant.
ÉTOUPE. L'étoupe est le déchet obtenu an teil lage ou au peignage du lin. Ce déchet se compose de fibres plus ou moins fines, d'une longueur variable et plus on moins chargées de paille et de poussière. Les étoupes provenant du teillage sont les plus grossières : on les nomme émouchures : on les carde et on en fait de gros fils pour la fabrication des toiles à sacs. Les émouchures provenant de Uns supérieurs sont travaillées sur des machines spéciales appelées combing ; on en fait des fils ayant presque l'aspect dn fil de lin.
Les étoupes de peignage se divisent en plusieurs catégories, suivant la finesse des peignes qui les ont produites: on les distingue ordinairement en n" 1,2, 3, 4 et repassures, ces dernières provenant d'un dernier coup de peigne fin donné à la main aux poignées sortant de la machine à peigner.
On appelle étoupes d'importation des étoupes provenant de lins peignés à la main en Russie. Ces étoupes, importées en grosses balles sous nattes, Iiroviennpnt, pour la plupart, de lins rouis à terre, .t sf> divisent en n"» 1 et 2. Elles sont tirées d'ail-
leurs de nombreux districts différents dont ellesportent les noms.
ÉTRANGERS (OUVRIERS). Les promoteurs des droits de douanes invoquent, pour les justifier, la protection du travail national. Logiquement les ouvriers ont dit : « Le travail national, c'est nous : et par conséquent, si vous prohibez plus on moins complètement les produits étrangers, il faut également écarter la main-d'œuvre étrangère. »
De nombreuses propositions de loi, pendant les dernières législatures, ont été déposées sur cette question. En 1885, il n'y en eut pas moins de cinq. .\ucnne n'a abouti jusqu'à présent, sauf la loi dn- 8 août 1893, qui n'est guère que la reproduction d'un décret du 20 octobre 1888. Elle est intitulée : « Loi relative au séjour des étrangers en France et à la protection du travail national. » Elle oblige tout étranger arrivant dans une commune pour y exercer une profession, un commerce ou une industrie, à faire une déclaration de résidence en justifiant de son identité. Toute personne qui emploiera un étranger non muni du certificat d'immatriculation sera punie des peines de simple police. Cette loi n'a point pu les conséquences protectionnistes contenues dans son titre.
Le cahier des charges des travaux de l'Exposition de 1900 a limité à 10 • /, le nombre des ouvriers étrangers susceptibles d'être employés sur les chantiers.
Les décrets du 10 août 1899, relatifs aux conditions des cahiers des charges pour les travaux de l'État, des départements et des communes, remettent aux préfets le soins de fixer là proportion des ouvriers étrangers selon la nature des travaux et la région où ils sont exécutés.
Les États-Unis, qui sont un produit de l'émigration, ont commencé par refouler les Chinois : ils repoussent maintenant les étrangers qui ne justifient pas de moyens d'existence. Au mois de décembre 1892, trente ouvriers souffleurs de verre, amenés de Belgique pour remplacer des grévistes, par le steamer Friedland, furent mis en quarantaine et renvoyés, et la Compagnie Pittsburg, qui les avait fait venir, . pouvait être condamnée à une amende de 25.000 fr. par tète.
En Angleterre, il y a eu aussi des mouvements contre l'immigration des ouvriers étrangers. Ils n'ont abouti à aucune mesure. Y. G.
Droit. — L'étranger est capable de faire le commerce en France, qu'il soit ou non autorisé à y établir son domicile. Les règles du droit commercial lui sont applicables dans les conditions où elles le sont aux Français; il pourra notamment être déclaré en. faillite par un tribunal français, alors même qu'il aurait son domicile à l'étranger.
Le Français demandeur peut assigner l'étrangerdevant les tribunaux de France, même si le défendeur n'a ni résidence ni domicile en ce pays, et que l'obligation litigieuse ait pris naissance ou doive être exécutée hors du territoire français: cette règle s'applique aux Sociétés étrangères qui n'ont pas d'établissement en France. Inversement, l'étranger demandeur pourra actionner un Français devant les tribunaux de France.
La jurisprudence, qui se déclare ordinairement incompétente pour connaître des procès entre étrangers, admet, au contraire, qu'elle peut connaître des procès entre étrangers en matière commerciale.
EVENTAIL
EVENTAIL
EUCAIXE. Sous le nom A'eucaine, on connaît dans le commerce un produit syntliétique, cristallisé, blanc, soluble dans l'eau, insipide et inodore. Ce produit est utilisé comme anesthésique local, sous forme de solutions aqueuses, en injections sous-cutanées.
EUCALYPTUS. On connaît de nombreuses espèces d'Eucalyptus, toutes d'Australie, L'Eucalyptus giganteas, qu'on nomme aussi Acajou de la Nouvelle-Hollande, a un bois très beau employé depuis peu dans l'ébénisterie ; il donne en outre une matière tinctoriale. h'Eucalypius résinifère produit une gomme résine ; d'autres espèces, du tannin et une huile essentielle. L'Eucalyptus globuius, ou Gommier bleu de Tasmanie, réussit bien dans le midi de la France, où sa croissance est d'une extraordinaire rapidité. Son bois est dur, bien nuancé, susceptible d'un beau poli; les incisions faites au tronc vivant laissent couler une gomme astringente connue sous le nom de gomme kiiio.
La décoction, l'infusion, l'extrait aqueux et l'extrait alcoolique des feuilles d'eucalyptus sont considérés comme des spécifiques contre les lièvres intermittentes. On en extrait enfin une essence oxydée nommée euculyplol, qui agit puissamment, à doses très faibles, comme stimulant dilïusible et aussi, dit-on, comme antiseptique.
D'après le Journal de la Société d' acclimatation de France, l'Eucalyptus urnigera est la seule des nombreuses espèces de ces beaux arbres qui résiste aux liivers du climat de Paris ; elle réussira sans doute très bien en Bretagne et en Normandie, mais «lie ne devient rustique qu'à deux ans. Les graines doivent être semées dans des godets et passer le premier hiver en serre ; ou met la plante en pleine terre au printemps suivant, en ayant soin de la pailler de novembre à avril ; les terrains frais et humides lui conviennent.
L'Eucalyptus urnigera croît de 2 m. 50 à 3 m. par an ; il peut atteindre 100 à loO m. de hauteur sur 7 ou 8 m. de diamètre : on en a tiré des planches mesurant plus de oO m. de longueur; un arbre de dix ans vaut actuellement 40 fr., un sujet mesurant ■97 m. de hauteur, abattu à Hobart-Town, a été vendu 6.140 fr.