EUPHORBE. V. RÉSINES
EUUOPÉEXNE (L'). Compagnie belge d'assurances. V. Assurances étrangères.
ÉVENTAIL. (Syn. : Angl. : Fan. — Allem. : Fâcher. — Ital. : Vantaglio.) L'éventail est aussi vieux que le monde ; le premier a été une feuille de lotus, de bananier on de palmier. Eu Orient, ainsi qu'en Grèce et à Rome, on se servait d'éventails rigides en forme d'écran, faits en paille tressée ou «n plumes. Les éventails plissés, c'est-à-dire pouvant se fermer et composés d'une feuille et d'une monture, dont l'origine paraît être italienne, furent introduits en France sous Henri III. C'est surtout depuis Henri IV que la mode de l'éventail devint chez nous en faveur ; au XVIP siècle, elle était générale en Europe, pour les hommes comme pour les femmes. Pendant les XVIP et XVIII» siècles, malgré les ravissantes fantaisies créées sous Louis XV et Louis XVI, la forme générale des éventails a peu varié; mais ils atteignirent alors une perfection qu'on n'a plus retrouvée depuis, tant pour l'élégance des modèles et le bon goût de l'enjolivement que pour la délicatesse du travail.
Sous la République et sous l'Empire, l'éventail
artistique disparaît complètement. Les dimensions en sont beaucoup réduites: il n'a plus que 15 à 20 centim. La mode est aux éventails «brisés », c'està-dire formés simplement de branches de bois, os, corne, nacre, etc., ornées de paillettes et de peintures et retenues en haut par un ruban. Vers 1820- 1830, l'éventail grandit (25à.30cm.), mais ne gagne point en bon goût. On ne voit, jusqu'en 1848, que de mauvaises gravures coloriées, montées sur des pieds lourds et disgracieux.
Alors, quelques fabricants parisiens s'efforcèrent de rénover l'éventail etparvinrentà donner un nouvel essor à cette industrie. Alors parurent de véritables œuvres d'art qui, si elles n'atteignent pas encore la grâce charmante de cellesdu XVIII" siècle, témoignent néanmoins d'un progrès considérable et sont une véritable résurrection. Les plus grands artistes prêtèrent leur concours aux fabricants : on vit des éventails ])eints par Léon fcognet, Rosa Bonheur, Français, Hamon, Soldé, Philippe Rousseau, Glaize, Eugène Lami, Gérôme, H. Baron, Edouard de Beaumont, Gavarni, etc. Depuis, les artistes contemporains ont été pour la plupart les collaborateurs des éventaillistes : MM. Louis Leloir, Maurice Leloir ont fait de ravissantes créations, et l'on sait la vogue des éventails de M"'* Madeleine Lemaire et Louise Abbéma. A côté de ces artistes et s'inspirant de leurs exemples, s'est formée toute une école de spécialistes de talent qui composent des éventails d'un haut cachet arti.stique.
Actuellement, l'éventail, du prix le plus bas au plus élevé, est devenu un bibelot d'art, où l'imagination du fabricant parisien donne libre cours à son goût et à sa fantaisie ; mais on ne compte plus le nombre des modèles, chaque saison en voit éclore de nouveaux que se disputent les acheteurs de l'étranger.
Le fabricant doit s'adresser aux ouvriers les plus divers : peintres, ornemanistes, brodeuses, pailletenses, dentellières, plumassières, etc.
L'éventail se compose de deux parties : la monture et la feuille.
La monture se fabrique dans le département de l'Oise, principalement à Méru, Sainte-Geneviève, Petit-Fercourt, Corbeille-Cerf, le Déluge, Andeville; celle en écaille, par exception, se fait surtout à Paris. Elle est composée de deux braeches principales nommées « panaches », et de branches intérieures dont le nombre, variable, est le plus souvent de 16, et qu'on nomme « brins » ; le haut des brins, sur lequel vient se coller la feuille, forme les «bouts», qui ne sont généralement pas de la même matière que les brins : ils sont en bois d'alisier très mince, collés sur un biseau en haut des brins.
Les panaches et les brins sont percés d'un trou à la « tête»; ce trou sert à les relier au moyen d'une tige de métal rivée de chaque côté ou d'une tige vissée. C'est le fabricant parisien, à qui la monture est livrée retenue par une simple cheville de bois ou un tuyau de plume, qui pose le rivet.
La matière première, en bois des îles, os, corne, ivoire ou nacre, est préparée mécaniquement dans des ateliers spéciaux ; le fabricant de montures complète la façon par le laquage (pour le bois), la gravure, le découpage, la dorure, etc.; la sculpture intervient pour les éventails les plus beaux. Deux ou trois sculpteurs établis à Paris font ce derniec travail, qui est un véritable travail d'art.
Les montures de bois les plus ordinaires, appelée
EVENTAIL