COMMUN
Il y a deux méthodes à employer, suivant que le gisement est à une faible ou à une grande profondeur.
Dans le premier cas, on exploite la mine par galeries par les procédés ordinaires ; il faut pour cela avoir affaire à des filons salins assez épais et suffisamment distincts pour que le triage des différentes parties du banc puisse se faire facilement. Ce sel est parfois assez pur pour être livré directement à a consommation, mais il est souvent accompagné d'argile et de sulfate de chaux qui lui donnent un goût désagréable ; en outre, on y trouve des matières
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hilumineuses et des gaz qui paraissent y être emprisonués sons une très haute pression. On l'emploie iilors à l'alimeotation des bestiaai, ou bien on le pnrifie par nne nouvelle cristallisation.
Si le gisement salin est à une grande profondeur,
Il emploie le procédé par dissolution intermittente ou continue. Dans la méthode intermittente, on introduit dans les mines de l'eau douce que l'on retire une fois saturée et que l'on remplace ensuite par de noQvelle eau pure. Dans la méthode continue, on fait pénétrer continnellementdans la mine le liquide dissolvant, dont le débit est réglé de telle façon que l'eau sortante soit à sa concentration maiima.
Ces deux procédés sont régis par les mêmes principes de fabrication. An moyen d'un forage on introduit de l'eau dans la mine; cette eau ne doit sortir que saturée. En se dissolvant, le sel forme nne cavité qui doit être toujours pleine d'eau, car la solution saturée, à canse de sa densité, tombe au fond du liquide, ce qui fait que la dissolution ne peut s'effectuer que par la partie supérieure de la ("hambre. Il résulte de ce fait que la cavité, devant 'Hre attaquée par sa partie supérieure, doit être remplie complètement; il faut aussi tenir compte de ce fait que le volume d'une solution saline est inférieur à la somme des volumes du sel et de l'eau entrant en jeu ; la contraction due à la solution est d'environ 2o •/„ de ce volume total. On prolonge l'action de l'eau tant qu'il n'y a pas de danger d'éboulement; le temps employé peut varier de quelques semaines à 8 ou 10 mois. Les eaux, arrivées à la densité voulue, sortent filtrées à travers des planches très rapprochées qui retiennent les matières terreuses.
Quant aux sources salées, qui pour être exploitables doivent renfermer au moins '6 ", e de sel, on commence par procéder à la concentration de leurs eaux. A cet effet, on employait anciennement des bàtimentsde graduation formés d'un amas de broussailles disposées dans des châssis en bois et sur lesquelles étaient distribuées à plusieurs reprises les eaux salées, qui finissaient par arriver à la concentration voulue ; mais l'emploi de ces appareils causait une perte de 10 •/„ due à l'entraînement mécanique des gouttelettes par le vent et exigeait une dépense mécanique pour l'élévation continuelle des eaux salées à la partie supérieure du bâtiment; de plus, ces appareils occupaient une place considérable et atteignaient une longueur de plusieurs centaines de mètres. On les remplace quelquefois maintenant par des jeux de corde le long desquelles coule l'eau salée; à Moostiers, en Savoie, ces cordes ont un développement total dé 100 kil.
Quoi qu'il en soit, les solutions salines provenant fle l'exploitation des mines par dissolution ou de la concentration des sources salées sont ensuite évaporées dans des chaudières de 40 cm. de profondeur et de grande superficie, au-dessus desquelles sont disposées des hottes de tirage en bois pour enlever la vapeur qui se forme. .\u début de la chauffe, il se produit une écume de matières boueuses que l'on réunit en additionnant le liquide de sang de bœuf, dont la coagulation rassemble toutes ces impuretés : phénomène analogue au collage du vin. Ensuite il se forme un dépôt de sels de chaux que l'on enlève également ; ce n'est qu'alors que le sel commence à se précipiter. 11 est ensuite recueilli et mis à sécher en tas.
Enfln, ces diverses industries des marais salants, des dépôts de sel gemme exploités par dissolution ou des sources salées, laissent comme résidus des eaux-mères renfermant encore des sulfates de chaux et de magnésie, des chlorures de sodium, de potassium et de magnésium, enfin du bromure de sodium. Par nne série de concentrations convenables, on arrive à extraire de ces eaux-mères : le chlorure de potassium et le sulfate de potasse, utilisés dans la production des sels de potasse et dans la fabrication des engrais; le sulfate de soude, employé dans la verrerie et dans la fabrication du carbonate de soude Leblanc ; le chlorure de magnésium, qui sert aux apprêts des tissus de coton, à la clarification des jus sucrés, à reudre les bois imputrescibles; enfin le bromure de sodium, d'où l'on tire le brome.
Quant au sel, au chlorure de sodium lui-même, outre ses emplois comme aliment et comme agent conservateur, il possède des usages industriels extrêmement importants et sert de fondement à tonte une série de fabrications, dont les principales sont celles de l'acide chlorhydrlqne et muriatiqne, et par suite du chlore et des chlorures décolorants, du sulfate de soude, du carbonate de .soude.
Rappelons rapidement les propriétés du chlorure de sodium : il se présente en cristaux se rattachant au système cubique; ces cristaux peuvent s'accoler les uns aux autres en retenant entre eux de l'eau, dite d'interposition. C'est cette eau qui produit les éclatements qui ont lieu quand on projette dn sel dafls le feu. Ces cristaux ont nne densité de 2, 12 environ et jouissent de la propriété de se laisser traverser par la chaleur sans s'échauffer sensiblement ; enfin ils sont solnbles dans l'eau en proportion peu variable avec la température.
Le chlorure de sodium, par la propriété qu'il possède de relever, de compléter le goût et la saveur des aliments, s'est rendu indispensable dans tous les pays, et cette denrée, de nécessaire qu'elle est partout, s'est faite précieuse dans les endroits où elle est rare ; certaines peuplades de l'Afrique en ont fait, non pas une monnaie, mais une base, nn moyen d'échange.
Le moyen âge tout entier fut pressuré, écrasé par la gabelle, impôt très onéreux, aggravé des rigueurs de l'arbitraire, et qui pesait sur une denrée de nécessité si absolue. C'est un des impôts les plus impopulaires qui aient existé ; il est encore perçu aujourd'hui, toujours très lourd, mais il n'a plus le même caractère d'oppression.
m. Carbonate de soude : Natron et Soude artificielle: Procédés Leblanc, Solvay, électrolytique. — Le carbonate de soude, base des sels de soude, peut être extrait de deux sources différentes : l'une naturelle, l'antre artificielle.
Le carbonate de soude naturel ou natron est formé de carbonate de soude hydraté impur et renfermant surtout de fortes proportions de chlorure de sodium et de sulfate de soude. 11 peut prendre naissance soit par la délitation de roches ou de minéraux renfermant une proportion notable de soude, soit par la réaction du sel marin sur des roches calcaires, soit par la décomposition putride des plantes riches en sels sodiques à acides organiques. Le carbonate de soude, formé par l'une quelconque de ces causes, se dissout dans l'eau dn sous-sol ; lorsque l'humidité du sol s'évapore en été, la solution de carbonate de soude monte par capillarité à la surface, s'y
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concentre et finit par prodnire des efïlorescences plus ou moins considérables de ce sel. D'autres fois les eaux chargées de carbonate de soude se rassemblent en hiver dans des bassins à fond argileux, quelquefois assez étendus pour former de véritables lacs. Au retour des chaleurs l'eau s'évapore, et il se dépose sur le bord des croûtes cristallines, d'épaisseur variable, généralement colorées, grenues et souvent translucides et même transparentes.
Telle est l'origine du natron de Hongrie ou szekso, déposé dans des marais entre le Danube et la Theiss ; du natron d'Egypte on trôna, déposé à l'ouest du Nil, près de Terraneh dans le désert; du natron d'Arabie, près d'Aden ; de celui du Thibet, des plaines voisines de la mer Noire on de la mer Caspienne, de l'Arménie, de l'Hindoustan (territoire du Nizam), des bords du Sahara et du Soudan, de la Colombie et du Mexique, où cette substance porte aussi le nom û'urao. Enfin, on a trouvé dans l'Amérique du Nord, à l'ouest des Montagnes-Rocheuses, des lacs immenses formés de solutions assez concentrées de sels de soude et dont l'un d'eux, le « Owen's Lake », en Californie, contient environ 50 millions de T. de soude impure, il est vrai, mais très facilement exploitable. (Voy. Produits chimiques.)
Le carbonate de soude peut encore s'extraire d'une source naturelle par lessivage méthodique, et cristallisation des solutions obtenues, des cendres de plantes maritimes croissant sur les rivages de la mer et des lacs salés. C'est ainsi que sont préparées la barille d'Espagne, les blanquettes de Narbonne et d'Aigues-Mortes, les soudes de Sardaigne, de Sicile, du Maroc, de Ténérifle, des côtes d'Ecosse et d'Irlande, enfin des steppes de la Russie méridionale et de l'Arménie.
Les quantités de soude naturelle fournies à l'industrie sont loin d'être négligeables, ainsi qu'en témoignent les chilïres ci-dessous, indiquant approximativement la production annuelle de plusieurs de ces sources :
Szekso de Hongrie, 2.500 à 3.000 quintaux met. ; Natron (l'Egypte, 2.5.000; Soude naturelle de Sardaigne, 5.000.
Ces quantités cependant se sont, depuis longtemps déjà, montrées insuffisantes pourparerauxdemandes faites par l'industrie ; c'est ainsi qu'on a été amené à préparer la soude artificielle.
Sans vouloir faire double emploi avec l'article traitant des gros produits chimiques, nous rappellerons sommairement les divers procédés employés pour la fabrication de la soiide a)tificielle,et nous détaillerons un peu plus longuement les diverses opérations qu'elle comporte.
C'est notre compatriote Leblanc qui parvint, à la fin du XVIII' siècle, à faire marcher d'une façon complète, satisfaisante et rémunératrice la première industrie du carbonate de soude artificiel. En principe, il faisait réagir l'acide sulfurique sur le chlorure de sodium, déterminant ainsi la production d'acide chlorhydrique et de sulfate de soude ; ce dernier corps, chauffé avec du charbon et de la craie ou carbonate de chaux, donnait naissance à du carbonate de soude et à du sulfure de calcium.
La première opération (réaction de l'acide sulfurique sur le chlorure de sodium ou sel marin), étudiée précédemment, s'effectue dans des fours à deux compartiments : le premier, la cuvette, en plomb ou en fonte, voit s'accomplir la première phase de l'opération, production d'acide chlorhydrique et de bisulfate de soude ; le second, la calcine,
en matériaux réfractaires, sert à recevoir ensuite la masse et à y déterminer la seconde phase de l'opération : nouvelle production d'acide chlorhydrique et formation de sulfate neutre. L'ensemble de ces fours porte le nom de bastringues; ils sont chauffés par feu direct ou par réverbération. A leur suite se trouvent des tuyaux de conduite pour le gaz chlorhydrique qui se dégage et une série de bonbonnes ou d'auges à moitié remplies d'eau pour la condensation de ce gaz, qui est extrêmement solnble dans l'eau; enfin, au sortir de ce jeu de condenseurs, les gaz restant passent dans une tour remplie de fragments de coke ou de poteriessurlesquels s'écoule une pluie continue d'eau qui absorbe les dernières traces de gaz chlorhydrique. L'absorption des gaz est méthodique, c'est-à-dire que le système est disposé de façon que l'eau destinée à opérer la condensation suive un chemin inverse de celui des gaz dégagés. On obtient ainsi une absorption presque complète de l'acide chlorhydrique, résultat avantageux ao double point de vue du rendement et de la non-incommodité du voisinage.
Aussitôt la réaction terminée, la masse fondue de sulfate de soude est coulée, puis concassée et mélangée grossièrement à du calcaire et à du charbon dans les proportions approximatives suivantes :
Sulfate de sonde 100 parties
Calcaire 100 —
Charbon 50 à 75 —
C'est là le commencement de la seconde opération, qui s'effectue dans des fours à flamme, de formes et de dimensions assez variées; on peut aussi employer à cet effet des fours cylindriques tournant autour de leur axe et communiquant avec un foyer latéral. Le brassage de la matière est ainsi mécanique, mieux assuré et moins pénible que par l'emploi des ringards manœuvres à bras. Quand le dégagement de l'acide carbonique se ralentit, on retire la matière à l'aide de larges ràcloirs et on la reçoit dans d& grandes caisses plates en tôle, où elle se sotidiGe. On a ainsi la soude brute utilisée dans la fabrication du verre à bouteilles et des savons.
Pour la purifier, on concasse cette soude en menus fragments et on la soumet à un lessivage méthodique dans des paniers en tôle percés de trous et placés dans des cuves disposées en gradins. L'eau qui a passé sur une première masse de soude est déversée, par un tube, dans les paniers de la caisse suivante; elle s'enrichit ainsi sur de nouveaux matériaux, tandis que les premiers, recevant successivement des eaux de plus en plus pauvres, abandonnent peu à peu toutes les substances solubles. Il reste un résidu insoluble de marc ou charrée de soude contenant, à l'état de sulfure de calcium, le soufre du sulfate de soude employé.
Les eaux saturées de carbonate de soude, marquant de 25° à 35* B, sont évaporées dans des cuves en tôle, puis dans des cuves de fours à réverbère, où un ouvrier remue la masse et la réduit en grains. Le produit blanc ainsi obtenu constitue le sel de soude du commerce et renferme, outre le carbonate de soude, de petites quantités de chlorure et de sulfate de sodium.
Enfin, pour avoir le produit désigné dans le commerce sous le nom de « cristaux » ou de « carbonate », et qui est formé de carbonate de soude cristallisé avec 10 molécules d'eau, on redissout le sel de soude dans l'eau chaude jusqu'à ce qu'elle marque 33° B. et on laisse ensuite refroidir la solution éclaircie par le repos. On obtient alors le carbonate cristallisé, que l'on faitégoutteretque l'on embarille immédiatement pour éviter son efflorescence. Les eauxmères laissées par cette cristallisation sont évaporées à sec et donnent du sel de soude moins pur.
Les résidus des opérations du procédé Leblanc sont constitués, comme nous l'avons dit, par de l'acide chlorhydrique et du sulfure de calcium. L'acide est employé ensuite à la production du chlore et des chlorures décolorants; quant au sulfure de calcium impur, qui constitue ce qu'on appelle les charrées de soude, on le transforme d'abord en hydrogène sulfuré par action de l'acide chlorhydrique, du chlo-
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rure de magnésium on de l'acide carbonique, et de cet hydrogène sulfuré on extrait immédiatement le soufre par action de l'acide sulfureux ou par une oombustiou ménafrée. Le soufre ainsi régénéré peut rentrer en fabrication dans la préparation de l'acide sulfnrique. Du reste, ces diverses opérations : préparation de l'acide sulfnrique, du sulfate de sonde et de l'acide chlorhydrique, du chlore et des chlorures décolorants, du carbonate de soude et des charrées de soude et régénération des résidus, s'exécutent généralement dans les mêmes usines, du moins pour celles qui travaillent encore par le procédé Leblanc,
L'inconvénient de cette dernière opération ainsi mise en œuvre est qae le chlore des eaax ammoniacales, et par conséquent du chlorare de sodiam, matière première, se retrouve dans les résidas à l'état de chlorure de calcium, sel à peu près Inutilisable jusqu'ici, au moins industriellement, et dont nons ne savons pas encore extraire le chlore. Il vaut mieux, pour éviter cet inconvénient, récupérer l'ammoniaque en employant la magnésie au lieu de chaux ; ie prodoit formé est alors du chlorure de magnésium, qui, desséché et traité par le procédé Weldon-Péchiney, abandonne son chlore à l'état libre. Il est pour cela calciné au ronge en présence d'un courant d'air qui donne naissance à de l'oxychlorore de magnésium, lequel dégage son chlore à une haute température. Le chlore et les
La prospérité de ce procédé est, en effet, aujour- i chlorures décolorants peuvent ainsi être fabriqués sans d'hui gravement compromise par la préparation de 1 passer par l'intermédiaire de l'acide chlorhydrique. la soude au moyen de la méthode Solvay, dite à L'économie du procédé Solvay consiste en ce qa'il l'ammoniaque. Elle est basée sur la réaction sni- I n'exige pas de sulfate de soude, et partant pas d'acide vante : le chlorure de sodium en solution saturée, ; sulfnrique; par suite, cette dernière fabrication tend
réagissant sur du bicarbonate d'ammoniaque, forme du bicarbonate de soude et du chlorhydrate d'ammoniaque. Le procédé Solvay comprend les opérations suivantes :
1* Fréparatioa de la dissolution ammoniacale de chlO'
de plus en plus à se détacher de celle du carbonate de soude, et elle vient s'annexer maintenant aux usines de superphosphates employés en agriculture. L'économie réalisée par le procédé Solvay est tellement sensible que cette méthode se répand de plas
rare de sodium. La solution de chlorure de sodium se fait i en plus, ainsi qu'en témoigne le tableau suivant, redans un réservoir bas, de fer, de pierre ou de bois, divisé j latlf aux productions annuelles moyennes de carboen six coroparlimenls contrariés, pour prolonger leconUct i Q^jg ^g ^^^^^ Leblanc et Solvay depuis l'apparition dn sel marin et du solvant : de là, cette solution passe dans I un récipient plus haut que large, en tôle galvanisée on en j>lomb. soutenu par un revêtement en bois et muni d'un double fond percé de trous, au-dessocs duquel arrivent les jaz ammoniacaux qui, divisés ainsi en un grand nombre de balles, se trouvent aisément absorbés par le liquide.
f Carbonatationou saturation de la solution précédente par l'acide carbonique. Cette solution, qui a été légèrement échauffée par l'absorption de l'ammoniaque, passe d'abord dans un réservoir où elle est refroidie par an serpentin où ' circule de l'eau froide: puis elle se rend dans un appareil | d'absorption à plusieurs plateaux, haut de 10 à 15 m., dans , lequel on envoie un courant d'acide carbonique qui agit j effectuer industriellement, au moyen de forces elecsous nne pression d'environ 1 1/2 à 2 atmosphères et opère ! triques convenables, l'électrolyse des chlorures alainsi la réaction chimique que nous avons signalée. Le gaz câlins et notamment du chlorure de sodium, tend de carbonique nécessaire à cette opération est fourni généra- 1 pjus en plus à se répandre et finira certainement, lement par des fours à chaux. j sinon par annuler, du moins par diminuer l'impor-
3* Séparation du bicarbonate de sonde des eaax-mères
de ce dernier procédé :
Leblanc
Périodes Tonnes
1874-1878 âœ.OOO
1889-1893 o-'W.OOO
Solvav
ToUui
Tonnes
Tonnes
Enfin le procédé électroly tique, qui consiste à
Le bicarbonate formé, étant peu solnble, se tient en suspension dans la solution, est rassemblé sur des filtres à vide et lavé avec une petite quantité d'eau froide. On peut alors le vendre ou l'employer comme tel.
4* Calcination du bicarbonate de soude dans des appareils permettant de recueillir l'acide carbonique et l'ammoniaque. Le bicarbonate obtenu plus haut est chaufié, soit dans des cylindres munis de plaques creuses chauffées à la vapeur, soit dans des chaudières où tournent des bras munis de ramasseurs pour agiter la masse et maintenues au degré convenable par un feu placé au-dessous. Dans ces différents cas, les gaz qui sortent des appareils sont
tance des procédés Leblanc et Solvay.
Théoriquement, l'électrolyse du sel marin doit donner directement naissance anx deux produits ultimes de la grande industrie : d'une part, le chlore et les chlorures décolorants; d'antre part, la soude et ses sels.
Pratiquement, l'opération est bien moins simple, et il se forme une quantité de produits plus ou moins intermédiaires, qui viennent compliquer les réactions, que l'on n'a pu encore régulariser, en sorte que ce procédé n'en est qu'à son enfance. Il
d'abord amenés par une pompe à air dans un appareil de | donne cependant déjà des résultats très appréciables lavage qui retient toute l'ammoniaque qu'ils peuvent ren- j et permet de préparer un certain nombre de corps fermer, puis l'acide carbonique restant est ramené aux i industriels, dont le tableau suivant indique les prinabsorbeurs. Le résidu de la calcination est alors constitué I cipaux :
Électrolyse des Chlorures alcalitis
I ,'.\ chaud : Chlorates de
V/- .u J \ potassium, sodiam, Sans dia.r^',»î^«^ baryum, phragme ^. ^' "^ /A froid : Hypochloriles / \ alcalins, pêrchlorates.
\ Cathode liquide : .\lcalis et Chlore.
/Utilisation directe des produits :
.\vec dia-N .\lcalis et Chlore, phragme yL'tilisation indirecte des produits : ( Chlorates, hypochlorites.
Électrolyse )cathode solide : MéUux : Sodium, lithium, etc. „ J . (Cathode liquide : .\lliages, alcalis et chlore.
La plupart de ces modes opératoires ont donné lien à des essais industriels plus on moins coaron-
par du carbonate neutre de soude, qu'on peut vendre à cet état ou que l'on peut transformer en cristaux, comme nous l'avons déjà indiqué à propos du procédé Leblanc.
5* Traitement des eaux-mères du bicarbonate de soude •pour la distillation du carbonate d'ammoniaque et de l'ammoniaque à l'état de chlorhydrate. Cette régénération peut s'effectuer au moyen de l'un des nombreux appareils qui existent pour distiller les eaux ammoniacales et qui sont composés de chaudières surmontées de colonnes à plateaux analogues à celles employées dans la distillation de l'alcool. .\près avoir traité par la chaux vive, qui a servi plus haut à la production du gaz carbonique, les eaaxmères du bicarbonate, on peut, après distillation, recueillir, en entraînant peu de vapeur d'eau, la presque totalité de l'ammoniaque employée.
Électrolyse
des Dissolutions i
SOUDE ET SEI.S DE SOUDE
SOUDE ET SELS DE SOUDE
nés de succès. Les méthodes sans diaphragme entre les deux pôles et avec cathode ou pôle négatif solide sont universellement employées actuellement pour la préparation des hypochlorites et chlorates. Le procédé Castner-Kellner pour la préparation de la sonde et du chlore repose sur l'emploi d'une cathode de mercure ; il est usité dans un certain nombre d'usines de la C'^ Solvay et de la Castner- Kellner Alcali Company. Mais la fabrication des alcalis et du chlore se fait surtout par les procédés avec diaphragme entre les deux pôles. A partie procédé Hargreaves-Bird, utilisant les cathodes filtres, et le procédé Outlienin-Chalandre, qui emploie des diaphragmes tubulaires, on n'a que peu de renseignements sur les procédés actuellement employés. Les méthodes de la Société « Elektron », employées dans plusieurs usines allemandes et à la Mothe- Brun , près Compiègne , sont tenues dans le plus grand secret.
Les méthodes de préparation des chlorates et hypochlorites avec diaphragme n'ont plus à l'heure actuelle de raison d'être, étant donnés les résultats obtenus sans diaphragme.
Le procédé Hulin, permettant d'obtenir un alliage plomb-sodium qui, traité ultérieurement, donne de la soude, du bioxyde de sodium, du bioxyde de plomb, du sodium, etc., suivant les conditions du traitement, n'a pas donné ce qu'il promettait: l'usine de Clavaux (Isère) l'a abandonné; les causes de cet échec consistent surtout dans la difficulté d'avoir des appareils tenant le chlore au rouge, d'obtenir du chlorure de chaux à titre suffisamment élevé pour être commercial, et de préparer de la soude ne renfermant pas du plombate. Il y a tout lieu de croire cependant que ce procédé bien étudié arrivera à donner de bons résultats.
Cette revue rapide, dans laquelle nous avons été obligé de mêler la préparation du chlore à celle des alcalis, montre cependant que la soude, et par suite son carbonate, peut être obtenue dans un certain nombre de méthodes électrolytiques. Il est malheureusement difficile de donner plus d'indications sur ces procédés, encore trop récents pour qu'on puisse se prononcer sûrement sur leur valeur pratique.
Quoi qu'il en soit, le carbonate de soude obtenu par une des méthodes quelconques signalées ci-dessns possède les propriétés suivantes : à l'état sec, c'est une poudre blanche, soluble dans l'eau, d'où il cristallise en prismes obliques renfermant 10 molécules d'eau de cristallisation et s'effleurissant à l'air ordinaire en perdant 9 de ces molécules d'eau. ChauRés, les cristaux de soude fondent dans leur eau de cristallisation ; ils sont beaucoup plus solubles dans l'eau chaude que dans l'eau froide et leur solution possède une réaction fortement alcaline.
Les soudes commerciales ont des applications extrêmement étendues qui font de cette industrie l'une des plus importantes, sinon la plus importante, du monde entier. A l'état brut, la sonde est employée dans la verrerie commune; à l'état de sel de sonde, elle est employée dans la fabrication des glaces et de la verrerie fine, dans l'émaillerie et la préparation de l'outremer artificiel, de l'amidon, des bouillies cupriques usitées en viticulture, dans la fabrication du papier. La soude brute, rendue caustique par la chaux, sert à la fabrication des savons durs. Les cristaux de soude servent dans le blanchiment, la teinture, pour transformer l'acide borique en borax
et pour préparer les sulfites, les hyposulfites, les hypochlorites et la plupart des autres sels de soude.
IV. Autres Sels de soude. — Parmi ceux-ci, nous étudierons d'une façon succincte ceux qui font l'objet d'une préparation industrielle plus ou moins étendue, c'est-à-dire la soude caustique, le bicarbonate, les sulfite et hyposulfite, le borate de soude ou borax, les arséniate et phosphate, le bromure et le sulfure. Nous ne parlerons pas à nouveau du sulfate, que nous avons examiné à propos du procédé Leblanc; de l'hypochlorite ou eau de Javel, qui fait partie des chlorures décolorants (voy. ce mot) ; du nitrate, dont il a été parlé comme engrais (voy. Nitrates); du silicate, qui fait partie intégrante du verre ordinaire. (Voy. Verrebie.) Enfin le sodium, obtenu par réduction du carbonate de sodium au moyen du charbon et de la craie, possède actuellement des emplois bien pins limités, depuis que l'aluminium est fabriqué électrolytiquement et non plus par réduction des composés aluminiques par le sodium (voy. ce mot.)
La soude caustique ordinaire, ou soude à la chaux, se prépare en décomposant par la chaux le carbonate de soude commercial dissous dans l'eau. Ce dernier sel, en solution étendue correspondante à 10 "/« environ, est misa bouillir pendant un certain temps avec de la chaux éteinte dans une marmite en fonte. On a soin par addition d'eau de maintenir la solution à sa dilution première pour éviter qu'il se produise une réaction inverse. On laisse ensuite le liquide se clarifier par le repos à l'abri de l'air, et on le décante dans une autre chaudière en fonte, où on l'évaporé rapidement. A la fin, quand la soude subit la fusion ignée, on la coule sur une plaque de cuivre où elle se solidifie; on concasse la masse et on la flaconne de suite pour éviter qu'elle absorbe l'humidité et l'acide carbonique de l'air. Le produit obtenu renferme comme impuretés de la chaux, du carbonate de soude et un peu de sulfate et de chlorure.
On peut le purifier en le traitant par l'alcool, qui dissout seulement la soude caustique; cette solution alcoolique est décantée et concentrée dans une capsule d'argent. Elle porte alors le nom de « soude à l'alcool », et n'est guère employée à cet état que dans les laboratoires, à cause de son prix élevé.
La soude caustique est un solide blanc, de densité 2,0, fusible au rouge sombre, soluble dans l'eau avec dégagement de chaleur et absorbant l'humidité et l'acide carbonique. Cette solution est très caustique. Elle est employée surtout dans la fabrication des savons ; sa fabrication est annexée soit aux usines de carbonate de soude, soit aux savonneries. La soude caustique sert aussi dans la teinture, dans le traitement des goudrons de houille, etc.
Le bicarbonate de soude est préparé en faisant passer un courant d'acide carbonique sur les cristaux de soude, concassés en fragments. Le gaz carbonique est fourni par un procédé quelconque. A Vichy on utilise pour cette préparation l'acide carbonique qui se dégage des eaux thermales.
Le bicarbonate de soude cristallise en prismes droits rectangulaires; il est peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau chaude ; à chaud, il perd peu à peu de l'acide carbonique et revient à l'état de carbonate neutre.
Ce sel existe dans certaines eaux minérales, de Vichy, de Carlsbad, etc.; il est utilisé en médecine
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